Bonsoir tout le monde,
Le procès est lancé, notre Cora adorée est entrée dans l'arène (c'est ironique on est bien d'accord et vous allez encore plus l'adorer après avoir lu ce chapitre). Je ne souhaitais pas trop casser la dynamique en vous laissant mariner trop longtemps mais j'ai quand même mis 2 semaines pour vous proposer ce chapitre, j'en suis désolée.
Merci beaucoup pour vos reviews, elles font toujours chaud au cœur. Je craignais que ces chapitres un peu moins SwanQueen vous fassent décrocher, apparemment ce n'est pas le cas. J'en suis ravie.
Guest puisque je ne peux te répondre directement sache qu'il te faudra attendre le chapitre 24 (donc encore un peu de patience) pour que le procès soit histoire ancienne. Et merci pour ta review. Merci également à Raphi5930, voici de quoi satisfaire très momentanément ton impatience, désolée pour le stress.
Comme d'habitude, les personnages de OUAT ne m'appartiennent pas mais cette histoire est entièrement le fruit de mon imagination ).
Bonne lecture.
Z.
Chapitre 23: Retiens-moi !
La brune restait sans voix, ses yeux cherchaient désespérément à échapper à l'inquisition du regard émeraude. Emma renouvela sa question :
-« Gina, dis-moi, qu'as-tu à y perdre?».
Les yeux de la pharmacienne s'emplirent de larmes tandis qu'elle baissait la tête refusant de répondre.
Emma la lâcha et tourna les talons en pestant, exaspérée par ce silence qui trahissait la soumission morale de la brune envers son horrible génitrice. Elle bouscula une chaise, lança un regard désespéré à Gus et finit par se diriger vers la porte de sortie.
Son avocat l'interpela.
-« Emma, Attendez… où allez-vous ? L'audience reprend dans moins d'un quart d'heure. »
- « Je sors ! J'ai besoin de prendre l'air! Je serai juste devant. »
- « Laissez-moi vous accompagner… »
Et il lui emboitât le pas sans attendre sa réponse.
Arrivée dans le sas qui séparait la salle du couloir, Emma se retourna vers lui, furieuse :
- « Bon sang vous ne pouvez pas me lâcher deux secondes? J'ai besoin d'être seule, besoin de réfléchir… Vous pouvez comprendre ça non ? Tout ce en quoi je commençais à croire semble soudain si fragile… Cette…, cette Cora Mills, … comment peut-elle faire subir ça à sa propre fille? Si je ne me retenais pas, j'irai lui mettre mon poing dans la figure…»
L'avocat la regardait comme subitement pétrifié. Puis, au bout d'un court instant, un large sourire s'afficha sur son visage. Il s'approcha de la blonde et lui posa la main sur l'épaule.
- « Mais oui… C'est ça ! … Vous avez raison! C'est ça qu'elle attend cette tordue… Emma vous êtes un génie ! »
L'inspectrice regardait son petit avocat rondouillard qui sautillait sur place, comme un gamin qui vient de trouver la solution d'une devinette.
- « Quoi ? Qu'est-ce qu'elle attend ? Que je lui en mette une ? »
- « Emma, écoutez-moi. Cora a du se renseigner sur vous. Elle vous sait donc obstinée, impétueuse et entière. En fait, je pense qu'elle cherche à vous faire perdre les pédales pour vous discréditer à la fois devant le jury mais également aux yeux de sa fille. C'est évident ! Vous avez raison… Et comme vous, je suis persuadé qu'elle n'ira pas jusqu'à témoigner… »
- « Mais vous l'avez vue, vous avez vu comment Régina la croit capable du pire ? Comment a-t-elle pu la terroriser comme ça ? »
- « Cette femme est machiavélique, Emma. Régina a du s'en éloigner physiquement pour avoir la force de résister à son emprise morale. Mais là, avec sa mère de nouveau dans les parages, elle faiblit… Vous devez l'aider à lui résister, lui montrer votre soutien. Surtout pas la brusquer. »
Il appuya cette dernière phrase d'une légère pression de sa main sur l'épaule de la policière, comme pour la sortir de sa torpeur. Celle-ci se tourna vers lui, le visage apaisé.
- « Depuis quand faîtes vous dans le conseil conjugal Maitre Dwarf ? »
Le petit avocat émit un petit rire, haussa les épaules puis tourna les talons faisant mine de retourner dans la salle où ils avaient mangé en lançant :
- « Ah ça? C'est depuis qu'une de mes cliente a fait de l'ingérence dans ma propre vie sentimentale, avec bonheur je dois l'avouer... »
La main sur la poignée de la porte, il se retourna et regarda la policière l'œil sévère :
- « Et bon sang Emma, appelez-moi Leroy enfin! »
Maitre Dwarf venait de quitter la pièce dans les pas d'Emma. Régina se laissa tomber sur une chaise et enfouit son visage en larmes entre ses mains.
Gus s'avança alors et posa une main sur son bras.
- « Ce n'est rien Régina, ne t'inquiète pas, elle va revenir, elle revient toujours… »
La pharmacienne releva la tête et croisa le regard compatissant de l'avocat.
- « Je…, Emma a raison, ma mère… »
L'homme tira une chaise et vint s'asseoir face à elle. Il lui prit les mains et plongea son regard dans le sien.
- « Régina, de quoi t'a-t-elle menacée? Pourquoi refuses-tu de le dire à Emma ?»
Elle hésita puis murmura.
- « Dans tous les cas je la perdrai… »
Gus se redressa sur sa chaise, gardant toujours les mains de la brune dans les siennes.
- « Mais enfin, pourquoi ? Emma t'aime, ça crève les yeux, Elle t'aime toi, elle aime aussi les enfants. Tous les trois vous êtes sa nouvelle famille… Crois-moi, elle se sacrifierait plutôt que de vous perdre. »
- « C'est justement ça le problème. Ma mère l'a très bien compris… »
- « Je ne comprends pas… »
- « Ma chère mère ma menacée de s'opposer par tous les moyens à ma demande d'adoption pour Erin si je ne quitte pas Emma… Et, non Gus, je t'arrête de suite, elle n'est pas complètement folle. Sa position politique la rend très influente dans certaines sphères et je suis persuadée qu'elle a les moyens de mettre ses menaces à exécution. »
- « Donc en gros elle te fait un chantage: Tu choisis Emma ou Erin ! »
- « C'est exactement ça ! Si je reste aux côtés d'Emma, elle mettra sa menace à exécution. Au pire le dossier sera rejeté, au mieux il dormira pendant des lustres sur le bureau d'un administratif à qui elle aura su graisser la patte. Et pour parfaire le tableau, elle serait même capable de témoigner comme elle l'a dit pour témoigner en faveur de Mendell et donc contribuer à enfoncer Emma. »
Gus se pencha vers elle, et resserra sa pression sur les doigts de la brune.
- « Enfin Régina, soit un peu réaliste. Pour le dossier d'adoption, ta mère n'est pas la seule à avoir un réseau influent… Vous aussi. Regarde : Moi par exemple, j'ai des connaissances dans le monde juridique et Kathryn, … ta meilleure amie, … tu crois qu'avec son poste de directrice de l'orphelinat elle n'a pas son mot à dire pour débloquer un dossier? Non Régina, ne te laisse pas faire par ta mère, tu n'es plus seule face à elle et c'est là qu'elle se trompe sur toute la ligne.»
Quand Leroy Dwarf et sa cliente revinrent dans la pièce, ils trouvèrent Régina en pleurs dans les bras de Gus. Celui-ci s'effaça pour laisser la place à la blonde qui s'était précipitée. Emma prit Régina dans ses bras, la tête celle-ci reposant sur son épaule. Elle déposa de tendres baisers dans les cheveux d'ébène puis au bout de quelques instants se recula, sécha les larmes sur les joues de Régina et murmura :
- « Hey, Gina, qu'importe ce que ta mère a en tête, on ne se laissera pas faire. Ok ? »
La pharmacienne se contenta de hocher la tête en esquissant un sourire. Emma reprit :
- « Elle cherche à nous séparer. Je ne la laisserai pas nous manipuler. On reste ensemble quoi qu'il arrive. OK ? Ça veut dire que moi je fais en sorte de me retenir de lui rentrer dans le lard et toi tu me dis tout… je veux savoir ce qui te fait si peur. Tu m'entends ? »
Régina tressaillit quand d'Emma, dans un geste protecteur effleura sa tempe pour passer une mèche rebelle derrière son oreille. Elle pencha la tête sur le côté pour prolonger le contact avec les doigts fins de la blonde. Celle-ci lui sourit et déposa un baiser chaste sur son front.
- « Emma, tu as raison, ma mère veut que je te quitte et si je ne le fais pas, elle promet de tout faire pour m'empêcher d'adopter Erin… »
- « Quoi ? Mais c'est une grande malade ? J'y crois pas ! Elle irait jusqu'à punir une gamine parce qu'elle refuse de te voir heureuse avec moi ? »
- « C'est moi qu'elle veut punir avant tout. Elle veut me faire payer de n'avoir rien pu faire contre mon mariage avec Léopold et l'adoption d'Henry qu'elle continue à appeler le bâtard… Si je ne lui obéis pas et reste à tes côtés, elle témoignera en faveur de Mendell, comme quoi c'était un gentil garçon qui a beaucoup souffert. C'est texto ce qu'elle m'a dit.»
Emma serrait les poings et, la mâchoire crispée, elle se tourna vers son avocat.
- « Maitre,… »
- « Leroy j'ai dit. »
- « Ok, Ok, Leroy, quelle est le délai de prescription pour une agression caractérisée ayant entrainé une invalidité ? »
Régina se raidit.
- « Emma, non ! »
La blonde se tourna vers sa compagne et lui murmura discrètement:
- « Ne t'inquiète pas, je ne vais rien révéler mais je veux savoir quelles sont les cartes dans mon jeu et dans celui de mon adversaire… Leroy ? »
- « S'il reste des témoins fiables et qu'il y a des preuves de la gravité des blessures, 20 ans minimum en fonction de l'état dans lequel se sont produits les faits. »
- « Pas de problème pour les témoins et je suis sure qu'il doit y avoir un dossier médical quelque part. Pour le Maine c'est 20 ans ou plus ? »
- « J'en sais rien, je dois vérifier. Le Maine ? A quoi pensez-vous Emma ? »
- «Rien de vraiment utile dans l'immédiat mais renseignez-vous s'il vous plait, ça peut être important. »
La policière se tourna vers sa compagne, un sourire en coin. La brune la regardait affolée.
- « Non Emma, non, je ne veux pas remettre tout ça sur la table… »
- « Ecoute moi Gina, je n'y tiens pas non plus mais s'il le faut, je n'hésiterai pas à faire chanter ta mère. Si elle veut la guerre, elle l'aura. Mais avant je dois te demander une chose. L'agression, c'était il y a combien de temps? »
- « Je n'avais pas 18 ans, cela fait un peu plus de 20 ans… »
- « Eh M… ! Enfin, attendons le résultat des recherches de Leroy. »
- « Tu l'appelles par son prénom maintenant ? »
- « Ouais, c'est une longue histoire. C'est un type bien sous ses airs bourrus… »
On frappa à la porte et Astrid entra avec un plateau. Ils eurent tout juste le temps de boire leur café avant que la sonnette annonçant la reprise de l'audience ne sonne.
L'après-midi commença par le témoignage d'Emma. Elle dût reprendre une à une toutes les étapes de cette terrible journée et y apporter des précisions quand c'était nécessaire. Alors quelles abordaient la scène de l'intervention, le procureur insista pour qu'elle détaille précisément tout ce qui s'était passé à partir de leur entrée dans le cabanon de pêcheur.
- « Jeff et moi nous sommes présentés devant la porte. Il a frappé en criant « Police, Ouvrez!» Comme il n'y avait pas de réponse, j'ai tenté d'ouvrir la porte. Celle-ci n'était pas verrouillée. Nous sommes donc entrés mais, de là où nous étions, nous n'avons vu personne. L'endroit était exigu mais renfermait tout un tas de choses empilées çà et là. Il y avait peu de lumière qui filtrait par l'unique fenêtre, minuscule. Nous avons dû nous avancer plus à l'intérieur pour nous assurer qu'il n'y avait réellement personne… »
Emma marqua un temps d'arrêt avant de reprendre.
- « Et puis là, soudain, il nous est tombé dessus. Enfin, pas à moi, à Jeff. Ce n'est que plus tard que j'ai compris qu'il se cachait sur une espèce de grande étagère suspendue au-dessus de la porte. »
- « Vous a-t-il parlé ? »
- « Dès qu'il est apparu, il s'est placé derrière Jeff et l'a plaqué contre lui. C'est alors que j'ai vu le couteau… »
- « Vous a-t-il parlé inspecteur ? »
- « Je… euh non, enfin, si. Il a crié de jeter nos armes c'est tout. »
- « Bien, que s'est-il passé ensuite ? »
- « Il y a eu un long silence. Jeff ne bougeait pas, Mendell appuyait la lame du couteau de chasse sur sa gorge… »
- « Pouvez-vous nous montrer exactement comment il se tenait ? »
Emma posa le pouce de sa main droite sur le côté gauche de son cou. Le poing refermé autour d'un couteau invisible.
- « Bien, merci. Que s'est-il passé ensuite ? »
- « J'ai vu la lame du couteau qui entamait la peau de Jeff. Le danger était réel et je savais que d'un geste, avec un tel couteau, il pouvait le tuer. J'ai donc choisi de baisser lentement mon arme et de la déposer par terre devant moi tout en levant l'autre main en signe d'apaisement. »
- « C'est la procédure dans un cas pareil ? »
- « C'est une des procédures, celle que j'ai choisi de suivre. Je pensais que même s'il s'enfuyait, on ne tarderait pas à le rattraper. Du coup, ça ne valait pas le coup de risquer la peau de Jeff. »
- « Vous tenez beaucoup à votre coéquipier on dirait. »
- « Bien sûr, Jeff est mon ami en plus d'être mon collègue. »
- « Que s'est-il passé ensuite ? »
- « Dès que j'ai eu déposé mon arme et alors que je me redressais en montrant distinctement mes mains Jeff m'a crié que j'avais tort et Mendell l'a fait taire en appuyant sur sa lame. Il a dit en ricanant que j'étais plus raisonnable que Jeff. J'ai voulu parlementer avec lui, je lui ai demandé de ne pas aggraver son cas. Que tôt ou tard il se ferait arrêter et qu'il n'avait aucun intérêt à tuer un flic. Il a… Il a hésité un instant en regardant la porte puis mon arme restée au sol… j'ai cru, j'ai cru qu'il allait tenter de s'enfuir… »
- « Et ? »
- « Sans que rien ne le laisse prévoir, d'un coup sec il a tranché la gorge de Jeff. »
Il y eut un cri d'horreur dans l'assemblée. Emma tourna la tête vers les membres du jury. Tous semblaient choqués. Horrifiés même pour certains qui n'étaient pas préparés à ça.
- « Que s'est-il passé ensuite inspecteur Swan ? »
- « Je…, J'ai cru que Jeff était mort, je me suis ruée sur mon arme et j'ai tiré. »
- « Vous avez dit que vous aviez cru qu'il était mort ? »
- « Oui, euh enfin, qu'il allait mourir. »
- « Avez-vous tiré pour vous protéger ou pour protéger votre coéquipier ? »
- « Non… »
- « Avez-vous tiré pour vous venger ? »
- « N…, Non ! Non ! Je ne le connaissais pas deux minutes plus tôt. Je… Je crois que ça a été un réflexe. Quand j'ai vu le sang jaillir de la gorge de Jeff, j'ai voulu stopper le geste de Mendell… mais trop tard ! ».
- « Donc vous avez tiré, par réflexe sur Monsieur Mendell ».
- « Oui, c'est ça. Il a pris une balle en pleine tête et s'est effondré sur la terrasse. Je me suis précipitée sur mon coéquipier et j'ai tenté de comprimer la plaie de son cou. Puis j'ai appelé David, euh… le shérif Nolan qui surveillait dehors sous le cabanon… »
Emma finit ensuite de raconter l'arrivée des secours et l'intervention du Docteur Whale.
- « Donc vous vous êtes occupée de Monsieur Jefferson Hat tout au long de son évacuation, c'est exact ? »
- « Oui, j'ai d'abord limité la casse mais quand le toubib est arrivé, il avait perdu connaissance et je pensais qu'il était mort. »
- « Et Mendell ? »
- « J'en sais rien, je m'occupais de Jeff . Il était étendu sur la terrasse. Lui aussi je le croyais mort. »
- « Avez-vous pensé à lui porter secours ? »
- « Non, non, j'avais la main sur le cou de Jeff, je ne voyais que ça. »
- « Ensuite vous avez accepté de faire une transfusion dans l'ambulance ? »
- « Oui, je savais que Jeff et moi on avait le même groupe sanguin car on avait donné notre sang ensemble quelques temps avant et l'idée de pouvoir se sauver l'un l'autre nous avait amusée à l'époque. »
- « C'est un geste héroïque que vous avez fait là. Vous devez vraiment beaucoup tenir à Monsieur Hat. »
- « Ecoutez, si vous voulez savoir si je sors ou suis sortie avec Jeff la réponse est non. Non, je n'ai fait que mon devoir, je l'aurai fait pour n'importe qui d'autre si j'avais eu la certitude de pouvoir être compatible. Jeff est un type extra mais nous sommes seulement amis vous comprenez?»
- « Je crois que c'est clair. Une dernière question : l'auriez-vous fait pour Monsieur Mendell ».
Il y eut un murmure dans la salle puis un long silence.
- « Franchement ? Non je ne crois pas. »
- « Mademoiselle Swan, regrettez-vous d'avoir tiré sur Greg Mendel ce jour-là ? »
- « Non Madame. Je ne regrette pas de lui avoir tiré dessus. Je regrette simplement d'avoir baissé mon arme avant pensant qu'ainsi il ne toucherait pas à mon équipier. »
Emma regardait Tamara Green droit dans les yeux.
- « Bien, merci Inspecteur Swan, j'en ai terminé pour aujourd'hui. Vous pouvez regagner votre place. J'appelle maintenant l'inspecteur Jefferson Hat. »
Jeff témoigna à son tour, expliquant qu'il s'était effectivement opposé à ce qu'Emma dépose son arme mais il ne se souvenait de rien après le coup de feu. Puis vint le tour du shérif David Nolan et du docteur Whale. Leurs témoignages vinrent confirmer celui de l'inspectrice.
La journée touchait à sa fin et il restait un témoin à auditionner : le plaignant, le gouverneur Gold.
- « Gouverneur Gold, quand avez-vous fait la connaissance de l'inspecteur Swan ? »
- « C'était le jour même de l'intervention. L'inspecteur Swan et son co-équipier ont débarqué à mon bureau espérant y trouver Greg. »
- « Comment s'est passé votre entrevue ? »
- « Pas très bien. Miss Swan a visiblement du mal avec les hommes politiques. Elle s'est montrée arrogante et m'a menacée, elle m'a même fait du chantage en me menaçant de parler à la presse si je ne lui disais pas où se trouvait mon frère. »
- « Vous refusiez donc de le lui dire ? »
- « Madame le procureur, Greg était mon petit frère, je m'en suis occupé depuis son adolescence. Je savais qu'il avait des petits problèmes mais jamais je n'aurai imaginé qu'il puisse être le monstre que me décrivait l'inspecteur Swan. Du coup quand j'ai vu débarquer à mon bureau ces deux inspecteurs, j'ai cru qu'ils faisaient erreur sur la personne… »
- « Mais vous avez fini par leur dire où trouver votre frère. »
- « Oui, Greg avait beau être mon frère, je me devais de remplir mon devoir d'honnête citoyen. Je leur ai donc indiqué la ville de Storybrooke et le cabanon de pèche. Greg adorait s'y réfugier pour se ressourcer. C'est là qu'ils l'ont trouvé.»
Le gouverneur paradait, fier de lui et de l'image de citoyen modèle qu'il voulait donner. Emma, elle, se tenait raide sur sa chaise, tendue. Ce n'est pas du tout comme ça que cela s'était passé, elle le savait, et bouillait de rectifier les choses. Elle regarda Leroy qui d'un regard la rassura avant de se lever et de prendre la parole pour interroger le témoin.
- « Gouverneur Gold, ainsi, quand les inspecteurs sont entrés dans votre bureau ce jour-là vous ignoriez complètement que votre frère puisse être dangereux ? »
- « Bien évidemment. »
- « Dans ce cas, pouvez-vous dire à la cour quels sont ces petits problèmes auxquels vous avez fait référence ? »
- « Je ne pense pas que ce soit utile à l'instruction du dossier. »
- « Laissez-nous en juger par nous-même, voulez-vous ? Je vous rappelle que vous avez prêté serment. »
Un murmure parcourut l'assemblée, Dwarf n'y allait pas de main morte face à Gold qui était un personnage public ayant l'habitude d'être respecté. D'ailleurs l'homme grimaça pour montrer son mécontentement mais il finit par répondre à l'avocat.
- « Notre mère est morte alors que Greg était adolescent. Il a été fortement perturbé, c'était un garçon fragile, à fleur de peau. Il a été soigné pour une grave dépression à l'âge de 18 ans.»
- « Avait-il un problème avec les femmes ? »
- « Pas à ma connaissance. »
- « Donc, c'est parce que vous le croyiez innocent que vous avez dans un premier temps choisi de ne pas le dénoncer ? »
- « Je n'imaginais pas mon frère capable des horreurs dont ces inspecteurs l'accusaient. Non. »
- « Qu'est ce qui a fini par vous faire changer d'avis ? »
- « L'inspectrice a parlé d'un témoin qui l'aurait formellement identifié. »
- « N'est-ce pas plutôt quand l'inspecteur Swan vous a menacé de tout révéler à la presse que vous avez changé d'avis ? ». La salle se figea.
- « Objection votre honneur, maitre Dwarf cherche à influencer le témoin»
- « Objection retenue, Maitre Dwarf poursuivez s'il vous plait. »
- « J'en ai terminé votre honneur. »
- « Bien, ceci clôture donc cette première journée. Demain matin viendront les éventuels témoignages complémentaires puis le procureur présentera ses conclusions et le jury pourra délibérer. La séance est levée ».
Tandis que la salle se vidait peu à peu, Emma et son avocat se rendirent dans la salle qui les avait abrités le temps du repas. Peu après, Régina et Gus les rejoignirent, accompagnés de Jeff, David et Marie-Margareth. La petite brune se jeta dans les bras de l'inspectrice.
- « Mon dieu Emma, je suis tellement désolée de la tournure que prennent les choses… j'espère qu'on lui rabattra le caquet une fois pour toute à ce… à ce…»
- « Bonjour Marie, merci, c'est gentil d'être venu. »
David prit alors la parole.
- « Elle n'aurait raté ça pour rien au monde… Depuis que Kathryn nous a dit que toutes les deux vous étiez ensemble, Marie est intenable. Elle était si pressée de vous voir.»
La petite brune fusilla son mari du regard.
- « N'exagère pas non plus mais j'avoue que la perspective de vous retrouver toutes les deux m'enchante en effet. Et pour être honnête, je trouve votre histoire tellement romantique…»
Emma et Régina se regardèrent complices et la pharmacienne vint se placer à côté de l'inspectrice. Elle glissa une main sur sa taille tandis que la blonde posait un bras protecteur sur son épaule.
- « Oh mon Dieu, vous formez un si beau couple…»
Marie-Margareth avait les larmes aux yeux mais avait réussi à redonner le sourire à toute la troupe.
Emma s'exclama :
- « Bon que diriez-vous d'un debriefing autour d'un bon restau? Leroy, Astrid, vous venez avec nous ?»
Tous la suivirent donc pour une virée dans une brasserie. La bonne ambiance dans le groupe leur fit un peu oublier les tensions de l'après-midi mais ils attendaient tous avec impatience le lendemain et les fameux témoignages complémentaires. Cora Mills mettrait elle ses menaces à exécution ?
C'est donc bien fatiguées mais pas complètement sereines qu'Emma et Régina regagnèrent leur hôtel. Après une douche revigorante elles se couchèrent sagement l'une à côté de l'autre. La journée du lendemain allait s'avérer cruciale. Si les membres du jury jugeaient que les accusations n'étaient pas suffisamment étayées, alors Emma serait définitivement libre. Dans le cas contraire, il faudrait aller au procès et même s'il était peu probable qu'elle soit lourdement condamnée vu les circonstances des faits qui lui étaient reprochés, elle avait gros à perdre: sa liberté mais également sa carrière dans la police.
Pour apaiser ses craintes ainsi que celles de sa compagne, Régina se lova dans le dos d'Emma et enroula un bras protecteur autour d'elle. Au bout de quelques minutes, apaisées comme par magie, elles finirent par s'endormir.
En arrivant au tribunal le lendemain, l'ambiance était morose. Régina aperçut sa mère en grande discussion avec Gold et son avocat. Elle choisit volontairement de l'éviter mais celle-ci le remarqua et vint aussitôt à sa rencontre. La brune s'éloigna de sa compagne afin d'éviter une confrontation qui promettait d'être houleuse et qui ne pourrait que nuire à Emma.
- « Bonjour Régina »
- « Bonjour Mère »
- « Tu as donc fait ton choix, tu es sure ? »
- « Certaine§ J'aime Emma et je refuse d'envisager de partager la vie de qui que soit d'autre fusse-t-il un excellent parti selon vos critères douteux ».
- « Tu es une sotte ! Qu'attends-tu de cette femme ? Elle n'a rien à t'offrir ? »
- « Vous vous trompez mère, Emma a énormément à m'offrir, bien plus que tous vos prétendants fortunés ou célèbres. »
- « Bien, puisque tu refuses de te plier à la raison, je vais devoir t'y contraindre. »
- « Mais enfin Mère, qu'est-ce que cela peut vous faire à la fin, contentez-vous d'oublier jusqu'à mon existence et je ferai de même, je vous assure.»
Vexée, Cora Mills tourna les talons et alla rejoindre le gouverneur. Sa fille avait marqué un point en lui montrant qu'elle pouvait amplement se passer d'elle mais il n'était pas question que cette Emma Swan s'en sorte comme ça. C'était décidé, elle allait agir comme l'avait suggéré l'avocat de Gold, quitte à biaiser un peu avec la vérité. L'essentiel à ce stade était d'induire le doute dans l'esprit des membres du jury. Elle n'eut qu'un signe de tête à faire à l'attention de Maitre Glass. Celui-ci confirma à son tour avoir bien compris le message. Il sortit une chemise de sa sacoche et la posa bien en évidence devant lui, l'air satisfait.
Ce petit manège n'avait pas échappé à Emma qui n'avait eu de cesse de surveiller Cora Mills depuis qu'elle avait accaparé Régina à leur arrivée. Elle s'approcha de son avocat.
- « Leroy, je crois que Cora Mills s'est décidée à témoigner… »
A son tour, Maitre Dwarf jeta un œil à son confrère. Ce dernier le regardait, l'air fier de lui en lui montrant le dossier devant lui.
- « Bien, c'est là que tout va se jouer Emma. Visiblement, il a un témoin supplémentaire. Nous allons être vite fixés ».
Dès que la cour fut entrée, le juge déclara l'audience ouverte et donna la parole au procureur. Avant même que celle-ci prenne la parole, l'avocat du gouverneur se leva et demanda à s'approcher du juge.
- « Je vous écoute Maitre Glass. Maitre Green, Maitre Dwarf , approchez également s'il vous plait. »
- « Votre honneur, j'aimerai proposer un témoignage supplémentaire. »
- « Je pensais que nous avions auditionné hier tous les témoins de cette affaire ? »
- « La personne en question n'a pas été témoin direct de la scène mais peut apporter des éléments qui peuvent éclairer les membres du jury sur un lien qui existe bel et bien entre l'inspecteur Swan et Greg Mendell. »
- « Bien, faites donc. »
L'avocat, satisfait de son effet confia donc une copie de son dossier au juge, une autre à Maitre Darf et enfin la dernière à Tamara Green. Celle-ci s'empressa de parcourir le dossier puis se tourna vers Glass le sourcil levé.
- « Vraiment ? »
- « Oui Madame le procureur ! »
- « Bien dans ce cas, allons-y !»
Tamara Green rejoignit alors le Jury et prit la parole.
- « Mesdames et Messieurs les jurés, hier nous avons pu revivre dans le moindre détail la journée de l'assaut du cabanon de pèche. Tous les témoins que nous avons entendus avaient assisté à un moment ou un autre aux événements qui nous intéressent. Ce matin, un nouveau témoin se présente à nous… J'appelle Madame Cora Mills, Maire de Storybrooke. »
La mère de Régina s'approcha droite comme un I. Elle prêta serment avant que le procureur ne commence son audition.
- « Madame Mills, vous connaissiez Greg Mendell je crois. »
- « C'est exact. Le gouverneur Gold et moi-même sommes amis de très longue date et j'ai connu son frère quand il l'a recueilli il y a plus de 25 ans. »
- « Pouvez-vous nous parler de lui ? »
- « Eh bien, c'était un jeune homme discret mais bien élevé. Il a traversé des périodes difficiles notamment au décès de sa mère mais il s'en est remis et a réussi de brillantes études. Nous nous voyions souvent le weekend les Gold et ma famille quand Greg et ma fille Régina étaient adolescents. Puis il est parti étudier en Europe avant de revenir et d'entreprendre une belle carrière dans la foulée de son frère. Il était brillant, je l'appréciais énormément. D'ailleurs, à un moment lui et ma fille Régina se fréquentaient. J'ai bien cru que nous finirions par les marier mais cela ne s'est pas fait. »
- « Savez-vous pourquoi ? »
- « Eh bien il semble que ma fille préfère la gente féminine. »
Un murmure parcourut la salle.
- « Madame Mills, en quoi votre témoignage a-t-il un lien avec notre affaire ? »
- « Il se trouve, voyez-vous, que ma fille est actuellement en couple avec l'inspecteur Swan, l'accusée ».
Cette fois, le public dans la salle s'agitât, Emma se tourna l'air désespéré vers Leroy Dwarf. Celui-ci la regardait. Il avait l'air furieux mais se leva pour interroger le témoin à son tour.
- « Madame Mills, combien de temps Greg Mendell et votre fille Régina se sont-il fréquentés ? »
- « C'est difficile à dire, voyez-vous, nous passions quasiment tous nos weekend ensemble avec les Gold. J'ai toujours su que Greg avait un faible pour ma Régina. »
- « Et savez-vous depuis quand votre fille fréquente ma cliente ? »
- « Ma fille et moi sommes en froid depuis plusieurs années. Mais elle est veuve depuis l'an dernier, je n'ose pas imaginer que cela puisse dater de plus d'un an… »
-« Mais enfin, c'est n'importe quoi ! »
N'y tenant plus Emma s'était redressée. Son avocat se précipita vers elle et lui demanda de se taire.
- « Mais enfin, c'est faux ! Complètement faux ! Régina n'a jamais été en couple avec Mendell et … »
- « Ca suffit, suspension de séance. Maitre Dwarf, venez me voir s'il vous plait. »
Le juge avait frappé avec son marteau ce qui avait fait taire Emma, immédiatement.
- « Maitre, soit vous faites taire votre cliente soit nous continuons sans elle. Je vous donne 15 minutes pour la raisonner. »
Le petit avocat, revint à sa place puis, l'air décidément furieux, il empoigna Emma qui faisait encore des raisonnements et l'enjoignit de le suivre. Il l'entraina dans leur pièce et dès que la porte fut refermée derrière eux, laissa exploser sa colère.
- « Ah bravo ! Comme si on avait besoin de ça ! Vous vous rendez compte de la gravité de ce qui vient de se produire ? Non ? Eh bien, en moins de deux, Cora Mills a persuadé l'assistance que Mendell était un ange romantique et que vous et Régina êtes des monstres sans cœur qui n'attendiez que la mort de son époux pour vous afficher ensemble… et comme si cela ne suffisait pas, voilà que vous me faites une belle colère en plein tribunal. C'est parfait ! La garce a bien manœuvré ! Comment croyez-vous que le jury va statuer après ça? Pas besoin d'être devin pour comprendre qu'ils ne vont vous accorder aucun bénéfice du doute… »
- « Fait chier ! Vous avez vu ce qu'elle laissait entendre? Que Régina trompait son mari, que j'ai volontairement tué un rival potentiel ? Mais c'est n'importe quoi? Vous vouliez que je la laisse faire sans réagir ? »
- « Elle n'a fait que suggérer… aucun mensonge Emma, c'est là tout l'art de la politique! Et vous, vous n'avez pas marché, vous avez couru et vous êtes engouffrée dans le piège qu'elle vous a tendu. Et puis cette histoire avec Mendell, vous saviez qu'ils se connaissaient si bien Régina et lui? Pourquoi ne m'avoir rien dit ? J'aurai pu parer le coup. Essayer au moins…»
La porte s'ouvrit alors sur une Régina très remontée.
- « Maitre, Puis-je vous parler s'il vous plait ? C'est urgent. »
Encore une coupure trop abrupte ? Je sais, je ne me supporterai pas moi-même. Mais je travaille dès à présent à l'écriture de la suite c'est promis. A très bientôt donc.
