Bonjour à tous,
Vous maudissez Cora, vous voulez qu'elle disparaisse ? Alors vos désirs vont peut-être devenir réalité.
Comme d'habitude, les personnages de OUAT ne m'appartiennent pas mais cette histoire est entièrement le fruit de mon imagination ).
Bonne lecture.
Z.
Chapitre 24: Exit la sorcière !
La porte s'ouvrit alors sur une Régina très remontée.
- « Maitre, Puis-je vous parler s'il vous plait ? C'est urgent. »
- « Entrez Régina »
- « J'ai entendu la fin de votre conversation… »
- « Oui bon, j'ai peut-être crié un peu fort, mais j'avais insisté sur le fait qu'il me fallait tout savoir pour mettre en place la défense la plus efficace possible. Hors là, vous m'avez caché que vous connaissiez Mendell, très bien même, selon les dires de votre mère… »
- « Oui je le connaissais, très bien… mais pas au sens où ma mère l'a laissé entendre. Et si Emma ne vous a rien dit c'est parce que je lui avais demandé de le faire. »
- « Mais enfin pourquoi ? »
- « Mendell et moi ne sommes jamais sortis ensemble. Il aurait bien voulu mais je ne me suis jamais intéressée à lui. Tout juste si je tolérais sa présence le weekend. Depuis toujours il était collant et je m'en plaignais à ma mère qui l'excusait sous prétexte qu'il était malheureux. »
- « Mais pourquoi avoir voulu le cacher dans ce cas? »
- « Parce que ma mère n'a pas raconté la vérité. La vérité c'est que Mendell était amoureux fou de moi. Oui fou, complètement. A tel point qu'un soir il a agressé le garçon avec qui je sortais et l'a envoyé à l'hôpital. »
- « Quoi ? C'était quand? Vous avez des preuves? Des témoins? »
Emma s'était interposée.
- « Gina, non, ne fais pas ça… »
- « Je ne vois que ça pour l'arrêter. Elle veut la guerre, elle va l'avoir. Leroy, je souhaite témoigner s'il vous plait. »
- « Non, non, ce n'est pas comme ça que ça marche. Je dois en savoir plus, préparer un dossier pour étayer ma demande. »
- « Vous voulez dire qu'il est trop tard ? »
Régina s'était placée à côté de la blonde. Elle lui serrait la main à faire blanchir leurs articulations. Les deux retenaient leur souffle en attendant la réponse du petit avocat. Celui-ci fit mine de réfléchir. Puis se retourna vers elles, radieux.
- « Je crois que j'ai la solution! Je vais demander un ajournement. »
Les deux femmes le regardaient interdites.
- « Si ce que vous dites est vrai et que donc votre mère a fait sciemment un faux témoignage, je peux demander un délai pour réunir des preuves mais il me faut quelques éléments pour étayer ma demande... Et Régina, il peut y avoir de lourdes conséquences pour votre mère… c'est un personnage public… »
Régina prit une profonde inspiration, entrecroisa ses doigts avec ceux d'Emma pour se donner du courage.
- « Ça m'est égal, elle n'est pas ma priorité. »
Puis elle raconta rapidement les faits qui s'étaient déroulés au parc vingt ans plus tôt. Elle rajouta la façon dont sa mère et Gold avaient manigancé pour que Greg ne soit pas poursuivi. Elle était en train de raconter la mutation du père de Daniel quand on vint frapper à la porte. C'était l'assistante du juge.
- « Le délai est écoulé. Etes-vous en mesure de revenir dans la salle d'audience afin de reprendre calmement ? »
- « Nous arrivons. »
Dès qu'elle eut tourné les talons, Leroy Dwarf se tourna vers Régina.
- « Le délai pour prescription est de 30 ans dans le Maine pour ce type d'agression. J'en sais assez pour tenter le coup si… Aurez-vous des témoins ? »
- « David, Marie-Margareth, James,… »
- « Ah, c'est bien. Sont-ils en mesure de venir témoigner rapidement ? »
- « David et sa femme Marie sont dans la salle Maître. »
- « Vous voulez parler du shérif de Storybrooke ? »
- « Oui c'est bien de lui qu'il s'agit. »
- « C'est un témoin parfait! C'est bon donc, allons-y ! »
L'avocat partait déjà en direction de la salle d'audience, Emma retint Régina par le coude alors qu'elle allait le suivre.
- « Gina, tu es sure? Vraiment? »
- « Je n'ai jamais été aussi sure Emma! Viens ! »
Elle entraina la blonde et elles entrèrent dans la salle d'audience à la suite de Maitre Dwarf. Chacune alla rejoindre sa place en silence tandis que l'avocat se présentait devant le juge.
Celui–ci s'adressa au petit homme l'air soucieux.
- « Alors Maitre, votre cliente est décidée à entendre raison ? »
- « Elle ne posera plus de problème votre honneur ».
- « Bien, voilà qui me réjouit. Nous allons pouvoir reprendre. »
- « Votre honneur, avant de reprendre, j'aimerai déposer une requête. »
- « Quoi encore ? »
- « Je vous assure votre honneur qu'il s'agit d'un revirement soudain mais étayé. Il est question d'un faux témoignage. »
- « Attendez une minute! »
Le juge fit signe à Tamara Green d'approcher. Une fois qu'elle les eut rejoints, il reprit :
- « Bien Maitre Dwarf nous vous écoutons. »
- « Madame le procureur, votre Honneur, je dispose d'un nouveau témoignage qui contredit celui de Madame cora Mills et vient éclaircir les relations que Mademoiselle Régina Mills entretenait avec Monsieur Greg Mendell. Il semble que Madame Mills n'ait pas dit toute la vérité loin de là. Il est question de violences et de subornation de témoins. Je demande une à deux heures de répit pour préparer un dossier étayé avec au moins trois témoins. »
Le juge et le procureur le regardaient sceptiques. Ce fut Maitre Green qui prit la parole en premier.
- « Vraiment ? Vous pensez réunir trois nouveaux témoins d'ici midi ? »
- « Oui Maitre, ils sont déjà dans la salle. »
- « Sont-ils crédibles ? Madame Mills n'est pas n'importe qui. »
- « L'un d'eux est shérif. »
Tamara Green souleva le sourcil en inclinant la tête, signe qu'elle était à la fois étonnée et impressionnée. Le vieux juge reprit alors la parole.
- « Bien, dans ce cas, je vous donne deux heures Maitre Dwarf, pas une minute de plus. Nous reprendrons à 11h30, passerons vos témoins avant la pause déjeuner et vous, Maitre Green, vous ferez votre plaidoirie à 14h. Cela vous convient-il ?»
Les deux avocats approuvèrent d'un signe avant de retourner à leur place. Leroy Dwarf croisa le regard de Régina. D'un simple hochement de tête, tout en retenue, il lui fit comprendre que désormais c'était à elle de jouer…
Le juge venait d'annoncer la suspension de séance, la salle se vidait déjà. Régina, David et Marie-Margareth se regroupèrent près de la porte qui menait à la petite salle mise à disposition de l'avocat de la défense. Celui-ci les interpela.
- « Bien, nous n'avons pas un instant à perdre. Shérif, suivez-moi s'il vous plait. »
Et ainsi, il reçut l'un après l'autre David, Marie-Margareth et enfin Régina. Tout au long des auditions il posait des questions précises sur les faits, les souvenirs, le rôle joué par chacun des acteurs de la scène de Mendell à Régina en passant par le leur, puis sur ce qui s'était passé ensuite, quand, contre toute attente il n'y eu pas de poursuites suite à l'agression. Tous trois donnèrent des versions parfaitement concordantes ce qui facilita la tâche de l'avocat. Il s'isola une grosse demi-heure avant d'appeler son assistante pour qu'elle fasse des copies de son dossier à l'attention du juge et du procureur.
Dans le couloir attenant, Emma discutait avec Régina. Elle semblait plus stressée que la brune qui étrangement était parfaitement sereine. Marie-Margareth et David les avaient maintenant rejointes et la petite enseignante se félicitait du choix qu'avait fait Régina d'enfin tenir tête à sa mère. Alors qu'elle l'interrogeait sur son apparente sérénité, la pharmacienne lui répondit :
- « Hier, Emma voulait savoir ce que j'avais à perdre pour céder à la panique devant ma mère… Après son pseudo témoignage, je n'ai plus rien à perdre à dévoiler l'agression dont a été victime Daniel. Rien, à part perdre ma mère… mais ça, ça m'est complètement égal désormais. Elle ne représente plus rien à mes yeux. Par contre j'ai énormément à y gagner : une famille, pas celle du sang, celle du cœur. Et ça, cela n'a pas de prix! »
Se disant, elle s'était rapprochée d'Emma qui avait glissé son bras autour de sa taille et l'attirait à elle. Elle se blottit contre son épaule.
- « Désormais c'est tout ce qui compte pour moi. »
Emma sourit et posa tendrement ses lèvres sur le front de la brune.
Quand le juge avait annoncé la suspension de séance, il y avait eu un léger chahut dans le public. Persuadés qu'on approchait de la fin, la plupart attendaient avec impatience la plaidoirie du procureur Green. La femme avait la réputation d'être impartiale mais sans pitié pour les justiciables. Après le comportement de l'inspecteur Swan face au témoignage accablant de la Maire de Storybrooke, nul ne doutait que les poursuites contre la blonde seraient jugées recevables et qu'elle ne pourrait échapper à un procès pour meurtre. Aussi, l'annonce du juge surprit tout le monde. Dans leur coin, Cora Mills, son ami le gouverneur et surtout maitre Glass perdirent soudain de leur assurance. Ce dernier s'inquiéta aussitôt de ce revirement soudain et s'empressa d'aller se renseigner auprès du procureur. Ce qu'elle lui apprit fut loin de le ravir et c'est contrarié qu'il revint vers son client pour lui présenter la situation au mieux.
- « Alors maitre, quelles sont les nouvelles ? »
- « Ce n'est pas bon, j'en ai peur gouverneur… »
- « Cessez de tourner autour du pot Sidney qu'y a-t-il ? »
- « Eh bien, il semble que la défense soit en train d'instruire en urgence trois nouveaux témoignages qui invalideraient celui de Madame Mills… »
- « Comment ? »
- « Dwarf, ce nabot, disposerait de plusieurs témoins pour attester des véritables relations entre votre fille, Madame et votre frère, gouverneur. Il est question d'une agression violente qui ne tombe pas encore sous le coup de la prescription. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas bon, pas bon du tout même. Vous pouvez être poursuivie pour faux témoignage. »
- « Quoi ? Elle n'a pas osé ? Elle n'oserait jamais ce n'est pas possible! »
Cora s'était redressée, tendue. Ainsi, Régina était capable de se rebeller, d'échapper à son emprise… cette fois c'est sûr, elle avait bel et bien perdu sa fille. Et pourquoi ? Pour qui plutôt ? Pour une lesbienne blonde et deux orphelins… La Mairesse de Storybrooke sentit soudain un poids sur ses épaules. Elle parut soudain moins fière, moins rigide, plus humaine aux yeux de ses deux compères. Mais elle se reprit vite.
- « Il doit bien y avoir un moyen… bon sang Glass, bougez-vous un peu ! »
Gold de son côté affichait un air grave. Après tout, ils étaient dans la même galère… Si Cora tombait pour faux témoignage, il serait jugé complice et si la défense allait plus loin et ressortait le dossier Daniel Horseman, pour le coup, c'était certain ils en feraient les frais tous les deux.
- « Maitre, il faut que nous parlions… »
Il confia alors à son avocat comment, vingt ans plus tôt, il avait fait en sorte que son frère ne soit pas inquiété suite à l'agression du petit ami de Régina Mills, la fille de son amie. Comment, avec la complicité de cette dernière, il avait acheté ou imposé le silence aux éventuels témoins avant d'éloigner Greg sous prétexte de l'envoyer faire ses études en Europe.
Au fur et à mesure du récit de son illustre client, Sidney Glass saisissait l'ampleur du désastre qu'un tel récit, s'il parvenait aux oreilles du grand public, pouvait entrainer. La carrière du gouverneur et celle du Maire de Storybrooke seraient irrémédiablement affectées. Passibles de poursuites pour faux témoignages, non-assistance à personne en danger et corruption de témoins, ils risquaient tous deux très gros.
- « Je ne vais pas y aller par quatre chemins, on est dans la m… Il faut absolument empêcher ces gens de témoigner. Et la seule solution consiste à négocier… »
Cora Mills ne l'entendait pas de cette oreille.
- « Quoi ? Négocier ? Avec ce… Dwarf ? Mais négocier quoi ? »
- « Madame, si ces témoins confirment que vous avez menti devant la cour et qu'avec le gouverneur vous avez manigancé pour éviter des poursuites à Greg malgré ce qu'il avait fait et que vous avez ainsi sciemment contribué à laisser libre et sans suivi un homme dangereux pour la collectivité, je ne donne pas cher de votre peau. Non seulement vous serez passibles de poursuites mais vos carrières politiques seront foutues. »
Cette dernière affirmation finit de calmer la mairesse. Elle savait que ce maudit avocat avait raison…
Gold réagit le premier.
- « Que proposez-vous ? »
- « Nous n'avons pas vraiment le choix. Il faut retirer votre plainte, je ne vois pas d'autre solution! »
Cora Mills sursauta.
- « Quoi ? Mais non enfin, il doit bien y avoir autre chose à tenter… ? »
- « Madame Mills, le juge a accepté une suspension de séance. D'ici moins de deux heures les témoins seront appelés à la barre et pour vous la tempête commencera. Je le répète, le seul moyen d'empêcher ces témoignages consiste à négocier avec la défense… et qu'avons-nous à proposer? Sans ces témoignages, Emma Swan sera convoquée en procès, sa carrière de flic compromise… A leur place, je n'accepterai aucun compromis. Seul le retrait de la plainte me semble recevable. »
- « Je refuse. Je vais aller parler à ma fille, tenter de la raisonner, elle ne peut pas me faire ça enfin, je suis sa mère ! »
- « Cora ma chère, Glass a raison, c'est la seule solution ! »
- « Non, non, laissez-moi tenter de les dissuader ».
- « Faites donc mais faites vite! Si nous devons retirer la plainte, il faut le faire avant la reprise de l'audience ».
La femme tourna aussitôt les talons et se dirigea d'un pas décidé vers le couloir où se tenaient sa fille et l'inspectrice. En les voyant, elle ne put réprimer une grimace de dégout mais se reprit aant d'aborder sa fille.
- « Régina… »
- « Qu'est-ce que vous lui voulez encore ? »
D'instinct Emma s'était interposée pour protéger la brune de sa mère. Régina posa sa main sur l'épaule d'Emma et dit :
- « C'est bon Emma, je m'en occupe. Merci. »
Puis, se tournant vers sa mère, l'air impassible:
- « Mère, que puis-je faire pour vous ? »
- « Je souhaiterai m'entretenir seule à seule avec toi. »
Déjà Emma bondissait pour s'y opposer mais Régina l'arrêta d'un simple geste.
- « Je n'ai rien à cacher à la femme que j'aime. Je vous écoute mère. »
L'autre fronça les sourcils avant de poursuivre.
- « Glass dit que tu envisages de témoigner et de révéler cette malheureuse histoire avec Daniel… »
- « C'est exact. Je ne peux décemment vous laisser prétendre qu'Emma aurait tiré sur Greg à cause de moi. C'est faux, vous le savez !»
- « Je n'ai jamais prétendu cela enfin. »
- « Vous l'avez suggéré, et de façon si sournoise que le jury sera prêt à vous croire. Vous êtes très habile pour manipuler les gens. Mais cette fois, c'est fini. Vous ne me manipulerez pas. Vous avez été trop loin. Je vais témoigner et tout raconter à la cour. La folie de Mendell, comment vous et Gold l'avez protégé, comment vous avez exigé le silence des témoins... C'est fini mère, je ne vous crains plus. A votre tour de trembler ! »
La pharmacienne se tenait debout face à sa mère, sa main dans celle de la blonde. En trente-huit ans, c'était la première fois qu'elle tenait tête à Cora, les yeux dans les yeux. Et pour la première fois, elle vit sa mère faiblir. Celle-ci fut la première à détourner le regard mais elle n'avait pas fini de cracher son venin.
- « Tu le regretteras Régina. Tu le regretteras. Cette femme ne t'arrive pas à la cheville, tu mérites tellement mieux. Tu mérites un homme qui te donnera tes propres enfants, la chair de ta chair… »
- « Ça suffit ! » Emma venait de bondir face à la mère de Régina. « Vous ne manquez pas de toupet ! Voyez comment vous vous la traitez la chair de votre chair ! »
- « Je ne vous permet pas ! Vous ignorez de quoi vous parlez ! Votre propre mère n'a pas voulu de vous ! »
Alors que Régina allait intervenir, Emma fit un pas de plus vers la Mairesse de Storybrooke.
- « Ma mère a cent fois plus de mérite que vous. Nul ne sait pourquoi elle m'a abandonné mais au moins elle m'a donné ma chance en m'évitant peut être le pire... Vous, vous considérez votre fille comme votre propriété, votre chose. Régina n'est rien de cela, elle est un être humain à part entière, qui a le droit de faire ses propres choix même s'ils vous déplaisent. Vous ne pouvez pas lui dicter sa conduite comme vous l'avez fait trop longtemps et de façon abusive. J'ignore pourquoi ma mère m'a abandonnée mais je préfère cent fois ne pas avoir de mère plutôt qu'en avoir une comme vous ! »
Tout en parlant, la blonde s'était approchée de la femme qui lui faisait face. Elle n'était plus qu'à quelques centimètres d'elle. Plus grande d'une demi-tête elle la surplombait et la fusillait du regard. Ses bras étaient tendus le long de son corps et ses poings serrés. L'autre femme prit peur et recula d'un pas, interloquée par ce qu'elle venait d'entendre.
Régina s'approcha, elle posa la main sur le bras d'Emma pour l'apaiser et, plongeant son regard noir dans les yeux de Cora, elle déclara sèchement :
- « Partez maintenant, je ne veux plus jamais avoir affaire à vous. Jamais. Je vous interdis de vous approcher de ma famille vous entendez ? MA FAMILLE ! »
La vielle femme tourna les talons avec un dernier geste de dédain et quitta la pièce.
Dans le couloir la blonde ne décolérait pas.
- « Mais c'est pas vrai, c'est le diable en personne cette femme? Comment une telle sorcière a-t-elle pu avoir une fille aussi extraordinaire que toi ? »
La pharmacienne s'approcha d'elle, de son index elle suivit la mâchoire d'Emma et l'emmena à croiser son regard. D'un coup la blonde s'apaisa. Elle avait devant elle une femme magnifique qui la regardait amoureusement en souriant. Au diable Cora Mills et ses mauvais sorts. Elle prit Régina dans ses bras et elles restèrent un moment-là, enlacées dans ce couloir, sans bouger, sans rien dire, juste à profiter de la présence rassurante de l'autre.
Elles étaient perdues dans leurs pensées quand Gus vint les rejoindre.
- « Emma, Régina, où est Leroy ? »
- « Dans la salle du fond pourquoi ? »
- « Venez, il y a du nouveau, oncle Gep m'a envoyé vous prévenir ».
Elles le suivirent donc tandis qu'il rejoignait l'avocat de la défense qui était en train de vérifier les copies du dossier qu'Astrid venait de lui ramener.
- « Qu'y a-t-il ? »
- « Glass vient de demander une entrevue au juge. »
- « Pourquoi donc ? »
- « Ils veulent retirer leur plainte. »
- « Quoi ? »
Ils avaient tous réagis en même temps, l'avocat, son assistante, Emma et Régina. Tous les quatre regardaient Gus en attendant la suite. Emma prit la parole en premier:
- « Mais pourquoi ? Pourquoi maintenant ? »
- « D'après oncle Gep, euh… enfin, d'après le juge Marco, c'est le seul moyen pour empêcher les nouveaux témoignages. »
- « Et, … il a accepté ? »
- « Pas encore, la démarche de façon aussi tardive est inhabituelle et il peut refuser en invoquant l'état d'avancement de la procédure. C'est pour ça qu'il m'envoie. Que souhaitez-vous faire ? »
Leroy s'était levé et tournait en rond en grommelant, se parlant à lui-même. Emma ne savait pas s'il fallait se réjouir de ce revirement ou pas. Elle se tourna vers sa compagne.
- « Gina, qu'en dis-tu? On continue ou on arrête tout ? »
Le petit avocat les interrompit :
- « Attendez Emma! Il faut que vous pesiez le pour et le contre: S'ils retirent la plainte, le dossier est clos. Votre casier restera vierge et vous pourrez retourner exercer votre métier. Pas de procès, vous serez libre dès ce soir, reste à savoir qui règlera les frais de la procédure mais je suis sûr qu'ils sont prêts à le faire tellement ils ont peur des révélations sur l'affaire Daniel Horseman. D'un autre côté, en arrêtant là la procédure, vous prenez le risque de trainer l'image que le témoignage de Cora a voulu donner de vous et que les journalistes vont s'empresser de colporter... Ces mêmes journalistes qui devraient également spéculer sur les raisons du retrait de la plainte… Au contraire, si vous refusez, vous aurez la satisfaction de rétablir la vérité, de dévoiler au grand jour les manigances de Gold et Cora Mills mais vous risquez gros: le jury peut encore et malgré tout décider de poursuivre la procédure en allant au procès. Cela peut durer des mois et même aboutir à une condamnation. Est-ce que cela en vaut la peine, c'est à vous de décider, à vous seule Emma. »
- « Non, pas seule. C'est quelque chose que nous devons décider ensemble avec Régina. »
La brune la regardait paniquée.
- « Mais enfin Emma… non. C'est de toi dont il s'agit, de ta liberté. C'est à toi de décider, à toi seule. »
- « Non Régina, c'est notre vie qui en dépend, notre famille comme tu l'as si bien dit à ta mère. Il est normal que nous en décidions ensemble. Je veux ce qui sera le mieux pour toi, pour nous, pour les enfants… Et puis ta mère après tout reste ta mère, que veux-tu pour elle? »
- « Ma mère est le dernier de mes soucis. Ce qui compte c'est nous et uniquement nous et les enfants. Ma mère n'aura de cesse de nous pourrir la vie si on ne la fait pas taire une fois pour toutes… »
- « Tu, … tu veux qu'on refuse? Tu veux vraiment aller témoigner contre elle? »
- « Oh oui, ça je le veux mais il y a un risque pour toi, le risque que tu sois poursuivie en procès ».
- « Avec ce que tu vas révéler sur Mendell, ta mère et Gold, je ne pense pas que le jury donnera de la crédibilité à la plainte de Gold mais le risque est réel. Je suis prête à le prendre si ça peut te permettre de régler tes comptes une fois pour toute avec ta mère. Et puis je ne supporterai pas l'idée de la laisser gagner une fois de plus et s'en tirer par une pirouette.»
Régina plongea ses yeux dans le regard émeraude d'Emma.
- « Oui pas question de lui laisser ce plaisir. A moi de faire en sorte que mon témoignage soit suffisamment convainquant pour que les membres du jury statuent en ta faveur».
11 heures 30, la cloche annonçant la reprise de l'audience venait de retentir et tous regagnaient leurs places. Dans leur coin, Cora Mills et le gouverneur Gold semblaient tendus. Leur avocat n'était toujours pas réapparu et l'audience allait commencer. Avait-il réussi à convaincre le juge Marco ? Bien sur cette solution leur déplaisait à tous les deux. D'abord l'inspectrice blonde gagnait mais en plus ils allaient devoir rembourser les frais de justice et, pour couronner le tout, il leur faudrait graisser la patte à quelques journalistes pour étouffer les raisons qui les avaient poussés à abandonner les poursuites… Non cette solution était loin d'être idéale mais c'était un moindre mal.
Quand le juge entra dans la salle, suivi des membres du jury et de Maitre Green, ils virent enfin maitre Glass revenir vers eux, l'air contrarié.
Il se glissa silencieusement jusqu'à eux et leur exprima d'un signe de tête qu'il avait échoué. Cora Mills sentit son sang se glacer. Elle se tourna instinctivement vers sa fille. Celle-ci la fixait impassible, l'air décidé. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle comprit qu'elle avait perdu la partie.
Effectivement, le long témoignage accablant de Régina Mills suivi de ceux de David et Marie-Margareth eurent tôt fait de renverser l'opinion des membres du jury et du public. Il y eut du brouhaha dans la salle et le juge dut user de toute son autorité pour rétablir le calme. Manœuvrés de main de maitre par Maitre Dwarf, les trois témoins avaient parfaitement rempli leur mission : discréditer Gold et Cora Mills.
Tamara Green fit ensuite un long plaidoyer sur le droit qu'a chaque citoyen de disposer de sa liberté et sur le devoir qu'ont les forces de l'ordre de ne pas outrepasser leurs droits. Elle établit le fait que le geste de l'inspecteur Swan n'était assurément pas guidé par la légitime défense mais plutôt par un réflexe qu'elle qualifia même d'humain. Elle rappela le profil finalement chargé de la victime et insista lourdement sur le fait que la plainte initiale provenait du gouverneur Gold, celui-là même qui avait protégé son frère en usant de son influence pour qu'il échappe à la justice. La fin de sa plaidoirie laissa peu de marge de manœuvre aux membres du jury.
- « Mesdames, Messieurs, membres du jury, vous allez devoir décider en votre âme et conscience si les éléments portés à votre connaissance lors de cette audience vous paraissent suffisants pour étayer la thèse de l'homicide volontaire, le meurtre! Emma Swan a-t-elle délibérément voulu supprimer Greg Mendell ou non? S'agit-il comme elle le prétend d'un acte réflexe ou d'un acte réfléchi. Si selon vous, il y a des preuves suffisantes de sa culpabilité, la procédure se poursuivra et elle sera jugée en procès. Dans le cas contraire, les charges retenues contre elle seront annulées et elle sera libre et lavée de tout soupçon. Maintenant Mesdames, Messieurs, a vous de décider. »
Il ne fallut pas plus d'une heure au jury pour délibérer et rendre un avis défavorable à la poursuite de la procédure. A l'annonce du verdict, la salle applaudit. Emma et Leroy s'étreignirent tandis que Régina tombait dans les bras de Gus et que Marie Margareth versait une larme, aussitôt consolée par David.
A l'autre bout de la salle, trois silhouettes cherchaient à s'éclipser discrètement, en vain. Les journalistes leur tombèrent dessus pour les inonder de questions toutes plus embarrassantes les unes que les autres…
Alors qu'il régnait une pagaille indescriptible dans le fond de la salle, le juge Marco annonça la fin des débats avant de souhaiter à tous un excellent weekend. Il rayonnait. Il quitta son siège et se dirigea droit vers Tamara Green.
- « Maitre, je vous félicite. Encore une fois vous avez fait triompher la justice. Merci pour votre impartialité. »
- « Je vous remercie, votre honneur mais je n'ai fait que mon devoir. J'ai horreur des gens qui se croient au-dessus des lois et cherchent par tous les moyens à couvrir leurs arrières. Je dois avouer que j'ai dû revoir ma copie en cours de route car j'avais prévu une toute autre plaidoirie mais ne dit-on pas qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis? »
Elle se dirigea ensuite vers Leroy Dwarf et sa cliente qui avaient été rejoints par leurs amis. Elle les félicita et s'isola un court instant avec Régina.
- « C'est une magnifique preuve d'amour que vous avez faite à Miss Swan en témoignant contre votre mère. Je sais que cela n'a pas dû être facile pour vous d'en arriver là et que vous serez surement encore perturbée quelques temps de l'avoir fait. Mais n'ayez aucun remord. Les gens comme Cora Mills ne méritent pas de pitié. Vous n'avez fait que rétablir la vérité, c'est elle-même qui s'est mise dans la situation où elle se trouve aujourd'hui. »
Emue aux larmes, Régina serra chaleureusement la main du procureur avant de rejoindre Emma. Celle-ci s'inquiéta :
- « Ca va aller ? »
- « Oui, très bien. Viens il nous faut appeler les enfants. »
Et voilà, l'horizon s'éclaircit enfin pour notre petite famille. Mon histoire touche à sa fin. Le prochain chapitre sera le dernier, déjà. Bonne fin de weekend à tou(te)s.
