Bonjour !

Comment vous allez mes amours ? Moi trrrrrrrrès bien !

Avant toute chose, réponses à vos reviews :

Sweetylya : Je te remercie c'est très gentil à toi ! je suis surprise que toi et copine vous adorez Drago... Ça fait un peu flipper même. XD Moi je peux pas le cadrer franchement. x) Mais tu vois au contraire... J'aimais Khal. *S'apprête à sortir* Ouais je sais no comment ! Mais franchement j'aimais bien ce fou, dommage qu'il soit mort au final ! xD J'espère que la suite te plaira, bonne lecture ! :)

Timothe : Merci beaucoup ! Pour la fin tu verras bien... Il vaudrait mieux que je ne dise rien... Vous allez me hair. * Se cache *

Cyclonedragons : Ok, alors merrrrrcccciiii ! Au début j'ai cru que t'allais me dire : JE HAIS. Mais apparemment tu aimes le drama c'est génialllll ! :D Contente que cette histoire te plaise ! Je vois que Drago vous fait bien rire avec Sweetylya ! Dommage que vous ne le preniez pas plus au sérieux car il va faire des choses horribles par la suite... *Lève les yeux au ciel* J'adore faire peur aux lecteurs. Mouahahahaha ! Bonne lecture !

Little Tooth : QUEEEE JE T'AIMMEEEE QUE JE T'AIMMEEEE QUE JE T'AIMMEEEE ! Pourquoi je chante du Johnny Halliday quoi... En plus je hais. xDD Excuse moi chérie d'ailleurs mais pour moi le chapitre 7 était SOFT HEIN ! xD Qu'est ce que je rigole devant tes reviews petite dent d'amour ! :') T'as l'air limite de prendre ton pied quand tu lis toi. xD ET OUI KHAL IL EST MORT !

Mais je suis triste qu'il soit mort. #LaFilleChelou En fait je l'aimais bien le petit Khal ! Ça folie était démente sérieux ! POURQUOI JE L'AI TUÉ ? *PLEUUUUUREEE*

Bref, vu tout tes pavés et surtout vu que j'ai pas répondu aux reviews la semaine dernière, je ne tarde pas trop... Alors bonne lecture ma petite dentition d'amour ! Surtout... Ce chapitre, tu vas te régaler ! J'espère ! On retrouve tout le monde ! Ou presque. xDD

Bonne lecture !

Dark Frozen VI : XD Toi aussi tu deviens skyzo dans tes reviews n'amour ? C'est DÉMENTIEL ! J'adore ce surnom pour Grad... Tête de gland. xD SOOOO SEX.

Pour ces idées communes de tortures... Il faut croire que nous sommes liés par le destin mon cher. Surtout que comme tu aimais Khal... Je t'apprécie qu'amplement ! Putain mais je l'aimais trop ! Je regrette de l'avoir buté ! XD Pourquoi personne ne l'aime ? Ok il est sadique, mais justement ! ... Nan mais me dis pas que tu déconnais ? Parce que moi je l'aimais vraiment. * Pleure*

Oh je suis déçue.

Nan je te rassure ils partent tranquillement du pont... Je suis très gentille aujourd',hui. :3

Bonne lecture n'amour ! Bissssouuuuuuuuuuusss !

Rafxsulslovestory : J'ai grave du mal avec ton pseudo toi. xD Ah oui j'ai pris mon pied à écrire ce chapitre gore. *Sourire sadique* C'est GOT qui me rend comme ça, c'est une excuse ? :p Ouais Grad est chelou de base... Alors faut pas s'étonner de ses sentiments. xD Khal is dead YES ! Alors écoutes, j'espère que ça te plaira ce petit retour peu accueillant sur Beurk ! :)

Bonne lecture ma chère Raf !

AstridxHaroldstrory : Merci beaucoup ! :)

JustLilly07 : Ouais j'ai adoré aussi... Merci ! :)

xXx

Chapitre plutôt... Émouvant. Rien de bien machiavélique je vous rassure. xD En fait de base, il était très soft mais je l'ai totalement modifié en quelque chose de dramatique. J'espère qu'il vous plaira moi je l'adore ! Ça a été un plaisir de l'écrire ! :)

Dédicace à Emadurly, toujours aussi présent ! Je vous aime mes amours ! :3 xD Bisous à l'Univers de Dragons et aux nombreux fans présents. :)

Bonne lecture !


Chapitre 9

PDV général

Le silence régnait à nouveau à cet endroit fulminant. Depuis quelques temps, Harold s'était détaché des bras d'Astrid et s'était avancé au bord du navire. Il regardait alors la plage qui paraissait tellement sinistre et triste alors que derrière celle-ci, la forêt était devenue si sombre et si menaçante... Pas un bruit, pas un cri, pas un souffle… Rien. Les dragonniers fixaient au loin, leur arme à la main, la bordure de leur village qu'ils ne percevaient pas. Égaré, le chef de ce hameau se tourna le souffle court vers ses amis et sa femme qui tentaient tant bien que mal de croire en une autre fin. Une fin qui aurait pu épargner leur famille et leur maison… Oui, le chef les observait. Dans le profond de leurs yeux, il percevait la douleur et la peur… Car oui, rien n'était fini ! Drago avait à nouveau disparu et même si Khal était mort, ses craintes étaient reportées sur les dégâts du village, sur sa mère et surtout sur le plan machiavélique de Poings-Sanglants ! Il savait sa femme et son enfant hors de danger surtout vis-à-vis du psychopathe qui leur tournait autour pourtant, ils étaient loin d'être en sécurité ! Qu'avait-il à dire à ce sujet ? Il l'avait pensé… Mais c'était faux ! Comment pouvait-il croire un instant qu'une fois le sous commandant de cette flotte massacré, tout soit fini ?

C'était loin d'être terminé.

Aussi, il comptait la mettre à l'abri de tout ça… Mais c'était mal la connaître ! Il devait le savoir qu'Astrid ne se laisserait pas faire ! Elle était prête à se battre, à défendre sa liberté et surtout son village ! Enceinte ou pas… Elle ne pouvait pas permettre Harold de la traiter comme cela. Elle était femme mais guerrière tout de même !

« Harold… »

Grad était totalement apathique devant le cadavre de son frère. Il s'en était approché lentement et s'était mis à genoux avant d'avoir récité une brève sentence dans un murmure à peine audible… Harold s'en approcha alors lentement puis il s'accroupit aux côtés du jeune frère qui continuait de fixer sans ciller le mort à ses pieds, les lèvres pincées.

« Ça va aller ?

- Je pense…

- Grad, on te remercie pour tout ce que tu as fait… Ne t'en veux pas, ton frère avait trop de sangs sur les mains.

- Ouais… Il l'a mérité après tout. Mais… J'ai… Je l'ai tué.

- Nous l'avons tué. Qui sait ce qu'il se serait passé si nous ne l'aurions pas fait ? Il t'aurait achevé… Et tu le sais.

- Je sais… Mais c'était mon frère Harold. Et ça, jamais ça ne pourra changer. »

Au fond, le dragonnier culpabilisait un peu pour lui. Il est vrai… Ils ont massacré sans pitié Khal devant les yeux de son frère et malgré le fait que celui-ci s'était totalement rangé de leur côté, il était totalement normal de sa part de s'en vouloir.

Mais c'était inévitable, ils avaient dut le faire.

Alors, il se releva en soupirant doucement, une main sur l'épaule de Grad, qui continuait de se lamenter, tête baissée. Se tournant vers ses amis toujours aussi distants, il leur annonça :

« Bien. Il est temps de partir, rester ici est une mauvaise idée. Nous allons retourner sur Beurk et faire notre possible pour défendre notre poste et notre village.

- Et si y a plus de village ? Lança sèchement Rustik.

- Il y sera encore ! Nos hommes sont des guerriers, des vikings ! Ils savent se défendre… Alors qu'importe ce que nous a dit Drago nous allons y aller et en avoir le cœur net. S'il compte lancer une nouvelle et dernière attaque, elle risque de ne pas tarder.

- Et Grad ? » Demanda Kognedur.

Le concerné se tourna vers le groupe lorsqu'il entendit son nom.

« Quoi ?

- Te décide-tu à venir avec nous ou à rester ? Demanda Varek.

- Mais… J'ai fais tout cela pour vous ! Pour Astrid ! Pour que vous puissiez sortir et défendre votre village, je ne vais pas faire demi-tour ! De toute façon, maintenant Drago veut me tuer… Alors j'ai pas trop le choix… Si ? »

Tous lui adressèrent un sourire abordable puis il se releva à son tour sans lancer un dernier regard à son frère qui commençait déjà à attirer les mouches et les bestioles immondes.

« Bien ! En selle dragonniers ! »

Sans tarder, ils montèrent à dos de dragon. Astrid était montée derrière Harold sur Krokmou, les bras solidement noués autour de lui et sa tête posée contre ses omoplates. Grad s'était avancé à petits pas vers les dragonniers, quelque peu timide.

« Et… Moi … ? Dit-il d'une petite voix.

- Monte derrière moi ! Lui propose Eret, je préfère ça plutôt que ma fiancé…

- Vous m'avez pris pour un pervers ou quoi ? »

Ils explosèrent tous de rire puis, Kranedur sur le cou de Pet lui donna une tape derrière le crâne en guise de taquinerie.

« Pas touche à ma sœur ! »

Après un nouveau ricanement, Grad grimpa d'un pas nonchalant sur Cranecrusher derrière Eret. Tremblant et totalement en panique, il ne savait pas du tout où mettre ses mains ni où regarder.

« Première fois, hein ?

- Ç-Ça se voit t-tant qu'ça ?

- Détends-toi ! Tu risques rien, tu peux me croire !

- C'est que… Ton dragon est… Impressionnant. »

Cranecrusher était sûrement le reptile le plus imposant et fort de tout le groupe ! Même Krochefer semblait insignifiant à côté cela ne pouvait que ravir le bras droit d'Harold. D'ailleurs, celui-ci leur rappela vivement que le temps était grave et compté et qu'il fallait se dépêcher alors… Dans un battement d'aile, ils décollèrent un par un à la vitesse lumière ! Grad s'était mis à hurler comme une fillette, accrochant Eret comme un sac ; ce qui le fit bien rire. La plage et forêt furent alors vite survolés jusqu'à ce que d'un signe, Harold n'ordonne de ralentir… Krokmou avait cessé ses battements d'ailes et planait doucement au dessus des sapins épineux, sombres et humides. L'ambiance était tendue… Aucun signe de vie à l'horizon et les dragonniers tâchaient de garder le silence. Allaient-ils vraiment retrouver que des décombres ? Par dessus tout, Harold craignait de perdre son deuxième parent… Surtout vu ce qu'il s'est passé i ans. La mort de Stoick l'avait amené dans une certaine dépression et il s'en souvient encore ! Astrid avait été son seul soutien et il n'avait plus osé regarder Krokmou dans les yeux pendant un long moment. Pourtant il savait que cet homme redoutable était le coupable… Mais de nombreux cauchemars l'avaient hanté ! Et toutes les nuits c'était la même chose, le même choc… Son père l'avait sauvé : il était mort à sa place ! Chaque fois, il se demandait ce qui se serait vraiment passé s'il n'était pas arrivé à temps. Après tout, son dragon était vraiment prêt à le tuer !

L'aurait-il vraiment fait ?

Il n'aura sûrement jamais la réponse mais il espérait ne plus jamais revivre ça… Il escomptait vraiment que sa mère est survécut sous les détonations.

Le souffle court, ils aperçurent sur leur chemin, des arbres déracinés, calcinés et lorsqu'ils levèrent leur tête, ils virent la maison de Gothi en hauteur transpercée par un bloc de glace le cœur battant, ils purent enfin atteindre la place de leur village qui semblait à présent totalement inexistante. Ils atterrirent sans plus tarder et sautèrent de leur dragon aussi vite qu'ils sont montés pour accourir vers leurs demeures où ils espéraient retrouver leur famille.

Seulement, rien n'avait été épargné.

Les huttes et les maisons était totalement détruites et brûlées, tout avait été anéanti et les blocs de glaces transperçaient tout ce qu'il y avait tellement de vivant ou de mort, de solide ou de fragile. De la poussière et des cendres virevoltaient encore un peu partout, mais ils réussissaient à voir clairement que le nombre de morts était considérable. Encore une fois, comme au début de cette histoire, les cadavres épousaient le sol et les murs. C'était même pire.

Tous partis, Harold était seul. Il longeait les habitations explosées le pas lent et surtout le regard détruit. Tu ne pouvais rien faire… Tu ne pouvais pas… Mais encore une fois, c'était la même danse : Drago avait à nouveau gagné ce round. Il s'arrêta auprès de quelques dragons et quelques personnes qu'ils connaissaient bien … Il s'en voulait tellement et il savait qu'ils lui en voudraient ! Il n'avait pas été là et tous ces gens étaient morts sans que personne n'est pu s'interposé entre-temps.

Tu ne peux t'en vouloir, Drago en est le seul responsable...

Sans s'y attendre, il s'agenouilla carrément aux côtés d'un corps inerte. Qui était-ce ? Ça, seul lui pouvait le savoir.

Il le fixa longuement… Au même moment, Krokmou était venu se caler contre lui, le regard compatissant et triste.

Sa gorge lui brulait et ses yeux lui piquaient. La moitié de son corps était brûlé et déchiqueté, sa peau était si pâle que s'en était terrifiant et il baignait dans une mare de sang séchée. Harold ravala ses larmes et inspira lourdement en déviant son regard…

De longs cheveux roux et un regard aussi innocent que sa propre fille.

C'était la mère de Mélina.

« Je suis tellement désolé. »

Il avait à nouveau échoué : il n'avait pas su la protégé.

PDV Astrid

Mes parents… Tempête… Mes parents… Tempête…

C'était impensable ! Ils étaient vivants, ils avaient survécu ! Ce sont mes parents, ils sont forts ! Ce sont des vikings, des guerriers nés qui ont appris à lutter dans ce genre de guerre ! Et Tempête ! Où était-elle ? Elle ne pouvait pas non plus… Elle était blessée la dernière fois mais… Non… Pas elle. Je ne pouvais pas l'imaginer !

Il fallait que je rejoigne le domaine familial où j'ai passé le plus clair de mon enfance… S'ils n'étaient pas au village, ils étaient sûrement là-bas ! Tempête les avait toujours protégée alors elle y était peut-être aussi ! Courir… Courir à en perdre son souffle… Je voulais en être sûr. Mes jambes me faisaient un mal de chien, j'avais besoin de repos… Mais j'étais loin de penser à cela pour le moment ; quitte à en souffrir. Il y avait des morts ! Des enfants, des dragons, des femmes et des hommes… L'odeur était presque insupportable et la vue aussi. Du sang avait coulé en abondance, c'était sûr... Fort heureusement pour tous ces gens, je me suis forcée à me dire qu'ils n'avaient peut-être pas souffert suite à ces explosions ; même ceux empalés par de gros blocs de glaces…

D'ailleurs cet Ice Beast ne s'est toujours pas montré, pourtant… Il avait fait lui aussi, des dégâts considérables ! Et malgré mon empressement, je l'avais bien remarqué… De plus, il semblait n'y avoir personne de bien vivant jusque là et ça… Ça ne faisait qu'amplifier mon inquiétude.

oOo

Arriver sur le lieu-dit, la panique me submergea.

L'espérance avait continué de me suivre de près et malgré les dommages autour de moi je pensais pouvoir arriver à temps ! Seulement… Comme dans un vieux souvenir, ma maison était partie en fumée.

Il n'y avait plus rien.

De longues poutres en bois à moitié calcinées s'étaient entassées les unes sur les autres. Le néant continuait de s'évaporer lentement et ce qui jusque-là parvenait à tenir debout… Finissait par s'effondrer tôt ou tard.

C'est comme si une partie de ma vie s'était envolée. Tous ces souvenirs, tous ces moments, tous ces instants de famille… Tout.

Disparus.

Tout s'est déroulé tellement vite… À petits pas lents, j'avançai tremblante et peu rassurée. Il y avait sûrement des choses à récupérer ! Des souvenirs importants ! Des objets que ma mère aurait pris la peine de sauver au risque de sa propre vie ! Des biens pour lesquels mon père aurait tout donné…

Mais d'ailleurs, où étaient-ils ? Pourquoi n'étaient-ils pas ici à pleurer prêt de cet incendie ? Pourquoi étaient-il si absents ?!

Un premier pas au milieu des décombres m'a fait ressentir mon premier pincement au cœur.

C'était une douleur indéfinissable. Certes, plus légère que la mort mais tout de même plus familière alors, avec tout le courage nécessaire, je commençai déjà à fouiller les déblais en quantité.

J'étais dégoutée et un certain malaise commençait à m'envahir… Malgré quelques lourdes charges, je parvenais avec force à atteindre ce que je pouvais récupérer. Je retrouvais diverses babioles plus ou moins importantes aux yeux de ma famille : par exemple, une sculpture de Dragon Vipère fait des mains de ma mère était intacte ! Quand je le vis, un sourire parcouru mes lèvres… Et je ne pus m'empêcher de me revoir lui annoncer que j'avais définitivement changé de camp.

Je le balançai de l'autre côté où il rejoignit alors les autres « rescapés » puis continuais mes recherches. Un peu plus loin, j'avais retrouvé un pendentif que mon père portait très souvent lorsqu'il partait chasser ou péché avec Mulch et Bucket ! Lorsqu'on a fait la paix avec les dragons, il n'a jamais cessé de le porter. C'était important pour lui de montrer à nos rivaux ou nos voisins que tout était possible ; il avait changé et il voulait partagé notre différence avec ceux que l'on ne perçoit pas, tout comme moi. Il a toujours dit que ce collier représentait la paix, la volonté, l'ambition et le courage. Mon père a toujours été un model pour moi… Quelqu'un qui a toujours su me protéger et me défendre ! C'est mon ange gardien à tout jamais.

Un souvenir en plus.

Après quelques minutes de recherches et de trouvailles, je parvenais enfin au fond de ma maison, du moins, au bout de ces décombres. Le bois était plus abondant et beaucoup plus lourd à déplacer ! D'ailleurs, j'étais tellement préoccupée à bouger le moindre millimètre sans résultat… Que l'odeur qui régnait à cet endroit ne m'atteignait pas tout de suite.

Je m'arrêtai et reniflai l'air.

C'était atroce. Une odeur de choses gâtées et corrompues…Ça me piquait les narines et ça finissait même par être irrespirable tellement que c'était horrible ! C'était même comme… Une odeur de sang séché.

Le cœur qui palpite, la respiration coupée, les lèvres et les jambes tremblantes… Ça commence à être la panique !

Tu n'oses plus bouger Astrid.

Tu restes là, la respiration courte et saccadée à te demander qu'est-ce que tu dois faire et surtout si tu dois continuer… Et soulever cette lourde charge qui t'empêche de voir… Ce qu'il y a vraiment en-dessous. Tu regardes autour de toi. Personne. Toujours ce même silence… Insignifiant. Que faire ? Tu ne pourras trouver que des réponses de toute façon ! Pourquoi restes-tu planter là ? As-tu peur de ce que tu vas découvrir ? Contrôle-toi et ait le courage d'avancer et de continuer dans ta lancée ! Alors... Tu prends avec toute ta vigueur et ton énergie la grosse et épaisse futaie qui semble recouvrir d'autres poids et tu pousses… Tu pousses… Ça semble enfin se dégager alors que l'odeur semble augmentée à chaque centimètre enlevé ! Mais tu n'abandonnes pas, tu continues ! Tu fermes les yeux, tu serres les dents et tu te donnes au maximum… Quand enfin tu entends le bois glissé et se fracasser contre les autres décombres en dessous, tu ouvres les yeux. Tu te redresses… Et lorsque tu prends conscience de ce qui se trouve devant toi…

Tu hurles.

Tu ne te sens même plus pleurer…Tu t'effondres à genoux, tes mains se joignent autour de ta bouche et puis… Devant tes yeux.

Comment décrire mes ressentis ? C'était douloureux… Monstrueux et douloureux.

Pourtant, je n'avais pas peur de la mort. Je n'avais pas peur du sang. Je n'avais pas peur de toute sorte de scènes morbides en général ! Mais là, c'était pas possible.

C'était un bain de sang.

Ils étaient tous les deux dans une horrible position transversale. L'un découpé quasi en deux et l'autre complètement empalé sur deux longs piquets de glaces… Du sang séché s'était écoulé de leur bouche et de leur nez et leurs jambes étaient totalement carbonisées. Ils se tenaient par la main. Leur tête était légèrement tournée, ils avaient les yeux totalement ouverts et leur peau était terne…

Mes parents avaient laissé échapper leur dernière lumière. Sous les explosions, les détonations et les attaques…

Ils s'étaient éteints, ensemble.

C'est un vide que jamais personne ne pourra remplacer. Je venais de perdre deux irremplaçables personnes : celles qui m'ont tout appris.

Je relevai mon regard embué et dégageai mes mains pour les percevoir tous les deux dans un moment fatidique.

« Je suis tellement désolée… Papa… Maman… »

J'aurai tellement voulu que leur réponse me parvienne mais que pouvais-je espérer à présent ? Plus jamais je n'entendrai la douce voix de ma mère et les rires de mon père !

Je m'en voulais tellement ! Quand avais-je été là ? Je n'ai pas su les protéger ! Je n'ai pas été à leurs côtés… Je les ai abandonné. C'est une raison pour me maudire à jamais…

« Astrid ! »

La présence non loin derrière moi ne m'avait été nullement reconnue jusqu'à ce qu'enfin… Elle ne vienne poser sa main sur mon épaule, accroupit derrière moi.

« Astrid… »

Surprise, je tournai brusquement la tête vers la femme qui semblait être la seconde personne sur cette île que je voulais à tout prix trouver. En la voyant, je m'étais remise à fondre en larmes puis elle m'avait prise dans ses bras.

« Je suis désolée… Me souffla t-elle.

- Valka… »

La mère d'Harold me caressa longuement les cheveux tout en marmonnant quelques paroles de réconfort. Après quelques instants, je me décollai d'elle gentiment tout en m'essuyant les yeux, embarrassée.

« C'est tout à fait normal de pleurer Astrid…

- Je les ai abandonné…

- Non. Tu ne les as pas abandonné ! Ils se sont battus jusqu'au bout, tu n'as pas à t'en vouloir. »

Son visage était égratigné et son regard insistant. Certaines parties de ses vêtements étaient arrachées brièvement et ses cheveux commençaient à se détacher comme les miens ; elle avait également dut lutter pour survivre.

Il eut un silence morose jusqu'à ce qu'une silhouette apparaisse derrière elle. Lorsque je le vis, j'eus le réflexe de me relever et de me jeter dans ses bras dans un instant de pur deuil. Après un nouveau sanglot, Gueulefort enleva son casque et de son autre main, il frotta doucement mon dos pour me consoler.

« C'était de braves personnes… »

Ma tête près de son épaule, je vis par-dessus, la présence de Grad qui observait la scène tristement près des décombres. Lorsqu'enfin Gueulefort et moi nous séparions, il s'est avancé vers moi tête baissée puis il a posé lourdement sa main sur mon épaule.

« Ça va aller Astrid ? »

Il ne semblait pas très sûr de lui… Apparemment, il n'avait pas l'air doué quand il s'agissait d'apaiser une personne ! J'esquissai un sourire très sincère –en réalité, j'avais surtout envie de rire- et acquiesçai doucement.

« Merci Grad. »

Il me rendit son sourire alors que ses joues s'empourprèrent légèrement. Mes pommettes encore humides, je lançai un regard vers mes parents et repartis vers leur direction. Je me mis à genoux près de leur visage et alors que je ressentis à nouveau une vague émotion, je fermai les yeux et la ravalai difficilement.

« Pardonnez-moi… »

Je me ressaisis et ouvrai à nouveau les yeux pour venir fermer les leurs dans un instant difficile. Tremblante, je portai ma main à ma bouche et laissai quelques larmes s'échapper encore avant de soupirer bruyamment, de me relever et d'annoncer :

« Je veux qu'ils soient enterrés tous les deux… »

Les trois personnes hochèrent la tête de compréhension.

« On va les emmener et on s'en occupera…

- Quand ce sera fini. » Finis-je.

À nouveau, ils ne répondirent pas et se contentèrent de faire un mouvement de tête. Gueulefort passa alors devant moi en adressant un regard compatissant puis il commença à déplacer les corps en tâchant d'abord de les dégager. Le dos tourné, je commençai à avancer vers un endroit bien précis.

« Où vas-tu As ? Demanda Grad.

- Il faut que je trouve Harold. »

Automatiquement, Valka m'avait rejoins. Ses deux yeux brillaient d'une lueur maternelle, elle semblait ne pas en revenir.

« Il… Est ici ? »

C'était à mon tour d'acquiescer. Le sourire aux lèvres, je lui pris la main .

« Et moi ?

- Tâche d'aider Gueulefort, Grad. C'est le moment de nous montrer de quoi tu es capable ! Ordonnai-je.

- Viens bonhomme, nous allons nous charger de… »

Mais les filles étaient déjà bien loin ! Astrid trainait Valka en courant vers le village, elle espérait croiser Harold en chemin ! Ils s'étaient tous dispersés pour retrouver leur famille, celui-ci devait être aux alentours de la forge ou du hangar, inquiet de vouloir retrouver sa mère et Gueulefort ! C'était même une certitude. Cloudjumper suivait à la trace, il semblait pressé de vouloir retrouver Krokmou !

« Val, vous savez où est Tempête ? Demandai-je une fois que nos pas furent ralentis.

- Je suis désolée Astrid… Mais je ne l'ai pas revus depuis ton départ… En fait, j'étais plus occupée à satisfaire le village.

- Comment ça ?

- Il y a eu quelques soucis… »

Mais elle n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Nous fûmes toutes les deux surprise par l'énorme foule qui se dressait devant nous. Elle formait comme un demi cercle au bout du village et ils semblaient tous occupés à protester contre quelque chose… Ou quelqu'un.

Je me faufilai à toute vitesse au travers de la foule, poussant chaque personne de coups de coudes et coups de pieds pour arriver au bout. Sortis de ce rassemblement, je manquai de perdre l'équilibre lorsque quelqu'un me donna un croche-pied qui me fit tomber lourdement au sol. Ma tête s'était cognée et j'eus tout juste le temps de comprendre qu'Harold était intervenu lors de cet « incident ».

« Excuse-toi tout de suite !

- VOUS NOUS AVEZ ABANDONNÉ ! » Hurlait la foule.

Mon mari me tendit sa main, son regard toujours porté vers son peuple. Je lui pris et fus relevée délicatement. Je frottai brièvement mes vêtements et regardai la scène qui était entrain de se dérouler.

« Vous êtes partis comme des lâches !

- Mon fils est mort par votre faute !

- Vous méritez le bannissement !

- Vous n'êtes pas digne de votre poste ! »

Bientôt, ce sont divers objets qu'ils s'amusaient à nous lancer avec force. Harold hurlait contre eux, il tentait de se défendre… Mais ils étaient tous contre nous et ça me rendait faible. Pendant un instant, j'étais venue à me demander où était passée Valka mais cette idée fut vite sortie de ma tête ; il fallait surtout régler ce problème ! Ils ne pouvaient se permettre de nous juger ! Pas après ce que l'on a vécu !

« Ma femme est morte à cause de votre silence ! »

L'homme qui venait d'hurler s'était jeté sur moi à une vitesse que j'eus à peine le temps d'intercepter. Il me tenait les deux bras violemment, son emprise me faisait rudement mal et je ne pus m'empêcher de lui hurler de me relâcher.

« Je vais prendre la vie de la tienne ! »

Harold était devenu dingue, il s'apprêtait à se jeter sur l'homme… Lorsque tout à coup quelque chose nous stoppa. Mon assaillant venait de recevoir dans son épaule quelque chose de pointu et de gros… Bleu et blanc mais surtout très familier, je me tournai vers l'endroit exact où cela avait été lancé et quand je vis ma dragonne arrivée tout courant vers moi, je fis de même les bras grand ouvert en criant son nom. Elle me donna plusieurs coups de têtes affectives très successives qui me firent limite décoller du sol ! Elle était vivante ! Elle était vivante ! Et surtout debout ! Je la serrai fort dans mes bras, gratouillant avec avidité ses écailles bleues. Les hommes continuaient de protester et mon agresseur venait de s'enlever l'épine de Tempête avec une grande rage. Ma dragonne se mit alors devant moi sur ses gardes de manière protectrice. Notre peuple avait sortit leurs armes et j'étais entrain de me dire qu'ils avaient vraiment décidé de nous abattre.

« NON ! ARRÊTEZ ! »

Et puis elle est venue.

Valka avait réussit à se frayer un passage à travers la foule et la bande l'avait suivi de près. Ils avaient tous une horrible mine sauf Rustik, Varek et Eret qui semblaient plutôt bien se porter. En fait, il n'y avait que les jumeaux qui semblaient dépités… Je n'ose pas savoir ce qu'il s'est passé mais j'espère que tous ont pu retrouver ceux qu'ils aimaient !

« Vous allez bien ? » Nous demanda Kranedur, le regard noir.

Harold et moi ne répondîmes pas mais ce silence signifiait amplement que pour le moment, rien ne nous avait été infligé. Valka se mit alors face à ce monde.

« Que vous arrive t-il ?! Vous avez pété les plombs ? Mon fils vient de revenir parmi nous !

- Et c'est comme ça que vous l'accueillez ?! Ajouta Eret.

- ILS SE SONT ENFUIS COMME DES LÂCHES ET ONT ABANDONNÉ LEUR VILLAGE ! Protesta la foule.

- Regardez le nombre de morts ! Ceux qu'on a perdus ! Cria une femme

- Et vous pensez qu'ils auraient pu empêché tout ça ?! Nous aussi on a perdus quelqu'un ! Notre mère est morte dans nos bras ! »

Kognedur venait littéralement d'hurler.

Le silence se mit à régner, il n'y avait plus que quelques murmures qui se transmettaient. Pendant de longues secondes, plus personne n'osait parler alors… Je fis un pas en avant pour me libérer de la protection de Tempête puis avouai alors dans cet instant fébrile :

« Je viens de retrouver mes parents morts… Dans notre maison. Vous croyez vraiment que je l'ai décidé ? » Dis-je la voix tremblante.

Harold s'était retourné vivement vers moi, la bouche entrouverte. Il avait un regard vraiment désolé, il semblait même totalement incapable de parler. C'est seulement à ce moment que je venais de remarquer que derrière lui, le corps d'une jeune femme rousse était posé.

La mère de Mélina.

Bon sang… Il devait tellement s'en vouloir.

Je m'avançai alors presque courant vers lui pour venir l'enrouler de mes bras. Son regard intense me transperça, des larmes lui perlaient les yeux alors que devant nous, ça continuait de débattre :

« Nous sommes revenus pour vous sauvez et c'est comme ça que vous nous accueillez ?! Criait Rustik.

- MENTEURS !

- Soyez raisonnables mes amis ! Nous avons toujours assuré la protection du village pourquoi… Tenta Varek.

- TRAITRES ! »

Nous ne nous lâchions pas du regard, c'est comme si à travers ces lueurs nous tentions de nous donner du courage mutuellement comme si, nous décidions aujourd'hui de vivre nos derniers instants et de se battre ensemble. Les gens autour n'étaient devenus que des murmures… Ma tristesse et ma peur avaient disparus. Il m'embrassa délicatement le bout du nez puis il m'adressa un doux sourire avant de venir s'imposer au milieu du groupe. Personne ne l'avait remarqué… Ils hurlaient, résistaient et se révoltaient ! Mais tout cela cessa au moment où sous son ordre, Krokmou vint faire un tir plasma entre lui et son peuple. Il avait sortit son épée de feu. Il adressa un remerciement à son dragon suivit d'une ou deux caresses puis il fixa longuement les hommes, les femmes et les enfants en face de lui qui s'était tuent.

« Vous croyez que ça va vous sauvez ? Vous ne pensez pas que ça vous a suffit tous ces morts ?

- VOUS… !

- NON ! Il est temps d'arrêter vos accusations ! Je n'y suis pour rien ! Astrid non plus ! Les jumeaux, ma mère et les autres non plus ! Arrêtez un peu de faire comme si nous étions le déclenchement de cette guerre ! Nous avons déjà perdu suffisamment d'hommes, ce n'est pas le moment de mener une guerre civile ! Si c'est ce que vous voulez et bien allez-y ! Tuez-nous ! Punissez-nous ou bannissez-nous ! Faîtes cette erreur là, mais n'oubliez pas qui vous protège depuis toutes ces années ! »

Cette fois-ci, même les chuchotements avaient cessé. Ils regardaient tous Harold avec de grands yeux plus ou moins accusateurs ou agacés. Tous, attendaient patiemment la suite de son discours… La bande s'était resserrée et formait un demi-cercle sérieux et uni.

« J'ai fais de mon mieux pour satisfaire vos besoins et faire en sorte que vos vies soient meilleures alors n'osez surtout pas me dire que j'y suis pour quelque chose ! Vous savez ce qu'on a dut endurer pour vous ? Ce qu'on a vécu ? Vous pensez qu'on a fuit ? Mais vous ne savez RIEN ! Vous n'avez pas souffert comme nous on a dut souffrir ! À cause de cet entêtement à vouloir vous secourir, l'une a perdu une partie de sa vue et l'autre s'est fait à demi-égorgé ! Vous croyez que ces hématomes sont fictifs ? Que j'ai frappé ma femme jusqu'au sang pour tromper les pistes peut-être ?! »

Les bruissements ont repris. Dans l'oreille de l'un, on s'en voulait et dans l'oreille de l'autre on avouait ses tords. Pour la bande, ce moment était particulièrement difficile… Ils avaient l'impression de revivre chaque instant dans ces cellules humides et lugubres… C'était un souvenir douloureux. Valka écoutait chaque mot, chaque parole, les larmes aux yeux. Elle n'osait imaginer quelle torture ils ont du subir pour en arriver là.

« Vous êtes plus intelligents que ça ! Nous sommes revenus pour vous, pour notre village et pour nos familles ! On aurait très bien pu fuir mais non nous avons repris le chemin en sens inverse… Drago va lancer une dernière attaque fatale. Aucuns de nous ne pouvaient se permettre de vous abandonnez. Nous avons fait un serment et nous le tenons ! »

Des cris incontestables parcoururent la foule. Ils avaient levé leur poing et exprimait leur pardon et leur confirmation à cette déclaration. Harold le souffle presque coupé, revivait chaque instant de rage… Tout ce qu'il avait ressenti… Il repensa à ce foutu Khal… Celui qui a tant voulu le détruire ! Il revoyait Drago et Rugus le menacer… Et c'est comme si en un instant, il pouvait exprimer toute sa colère et sa frénésie !

« Soyez fiers de ce que vous êtes ! De ce que nous sommes ! Reprenez vos armes, réunissez vos dragons et battez-vous une dernière fois ! N'ayez pas peur de ce qui vous attend… N'ayez pas peur de mourir… Une dernière lancée avant votre liberté ! Empêchez ce monstre de vous prendre ce que vous aimez ! Battez-vous pour ceux que vous aimez, pour ceux qui sont déjà tombés et pour votre peuple ! Qu'importe ce que nous devons encore traverser ! Oublions nos peurs et nos tracas ! Combattons ce qui doit être battus ! Ensemble ! »

À nouveau, les acclamations emplirent nos oreilles ainsi que de nombreux applaudissements. Ils avaient leur épée, leur hache, leur massue en main… Tous chantonnaient le même refrain, les mêmes paroles :

« HAROLD ! HAROLD ! HAROLD ! »

Il m'eut fallu du temps pour comprendre que Valka avait glissé sa main dans la mienne… Alors je lui adressai un sourire et une fois fait, je pris celle d'Harold. Bientôt, une chaîne humaine reliait la bande au complet qui dans un signe de solidarité avaient brandis leurs poings unis vers le ciel, près à guider leur peuple vers la victoire.