Booooonjoir! Me voilà avec la première partie du deuxième chapitre. La seconde arrivera avant vendredi prochain. Rien de très exceptionnel ici (à part peut-être à la fin ^^) mais j'vous fais visiter les locaux, ça vous permettra de connaître un peu mieux le lieu crée. ^-^

Review anonyme:

CACAROZ : (magnifique pseudo que j'ai lu saccharose au début... x) ) La voilà, merci de ta patience ^-^


Le Patron se fige, surpris. Alex déglutit fébrilement. Pourtant, un sourire s'épanouit peu à peu sur les lèvres de l'homme en noir, goguenard et enchanté.

-Oui, décidemment tu me plais bien… Allez, je te prends…

Il marque une pause, prenant le temps de noter et se délecter du trouble semé par ce début de phrase suggestif chez son jeune stagiaire.

-Dans l'équipe. , complète-t-il d'un air moqueur en l'apercevant soupirer d'un coup.

L'homme se tourne alors vers la femme de l'accueil, étrangement détendu et heureux.

-Laure, tu prends une pause pour lui faire visiter, d'accord ?

Elle sourit brièvement, se lève pour sortir par une petite porte au fond de la pièce. Peu de temps après, elle sort elle aussi du couloir d'où venaient le Patron et sa victime. Laure lui fait un petit signe de la main pour l'inviter à la suivre. Après un dernier regard pour son nouveau maître de stage, il part rejoindre la quinquagénaire aux cheveux blonds dans le couloir finalement très bien éclairé. Après quelques mètres, un couloir s'ouvre à sa gauche pour mener à la porte de l'accueil par où était passée sa guide. Ils continuent encore un peu. Alex découvre alors une immense baie vitrée s'étirant jusqu'au bout du couloir et dont les lumières dans la salle qu'elle isole illuminent encore plus les murs beiges. Laure s'adresse au jeune homme dans un petit sourire sincère.

-Ici, c'est une cafétéria qui fait aussi office de salle de repos bien évidemment. Tu pourras également y trouver un point d'accès au wifi. On continue ?

Alex hoche la tête, fixant son regard sur le pan de mur qu'il distingue et qui s'allonge même après une nouvelle bifurcation vers la droite cette fois-ci. Laure désigne justement ce qu'il regarde :

-Ca, se sont les toilettes.

Elle rit sans qu'il ne sache pourquoi et elle non plus sans doute. Il n'en est pas gêné, quelques minutes à ses côtés lui avaient appris qu'elle est d'une indéniable bonne humeur.

-Ca va, tu retiens ? , demande-t-elle en le voyant plonger dans ses pensées.

-Bien sûr. Il n'y a pas grand-chose à se souvenir. , la rassure-t-il.

Ils tournent. Un peu à gauche se trouve un petit local et toujours à gauche mais sur le mur d'en face, une énorme porte est encastrée. Il parcourt rapidement le petit panneau « Stand de tir : attention. » qui lui paraît bien ridicule avant de laisser glisser son regard jusqu'au fond d'un couloir sombre à sa droite.

-Tout au fond, tu n'as pas le droit d'y aller par toi-même : c'est le bureau du Patron. En revanche, la première porte sur ta droite, ce sont les douches et les vestiaires et là bien évidemment, tu peux y aller.

Ils se sourient avant que Laure ne se détourne pour pousser les lourdes portes battantes du stand. Elle passe devant le petit nouveau qui après un instant d'hésitation et un long regard vers la porte interdite, la suit bien vite, impatient de découvrir la salle principal de l'endroit.

La salle est aussi sobre que le reste du bâtiment et pourtant, il s'y sent immédiatement bien. Il inspire longuement les quelques odeurs de poudre qui lui parviennent en jetant un coup d'œil autour de lui. En face de l'entrée se tient un petit local, probablement utilisé pour le rangement des armes et des cibles. Son regard coule sur le pas de tir. Il y a plusieurs distances possibles, trois précisément, séparées par des murs. Il lui est par contre impossible de les estimer. Il continue sa visite visuelle : tout au fond de la salle, soit à droite en rentrant, une sortie de secours est fléchée, plongée au fond d'un autre couloir dont il ne peut pas voir le fond de là où il est. Plaquée contre le mur, une rangée de casiers fait face à celle des cibles. Quelques bancs parsèment la salle ici et là, relativement rares. Le jeune homme ne peut s'empêcher de s'imaginer une arme à la main, bien qu'il n'ai jamais tiré, et un sourire béat creuse ses joues.

Attendrie par l'air heureux d'Alex, Laure l'appelle doucement pour le sortir de sa rêverie.

-Alex ? Si tu veux bien, on va régler l'histoire de ta convention de stage tout de suite, d'accord ? Autant se débarrasser de la paperasse rapidement, non ?

Il acquiesce, encore sous l'emprise du charme que cette salle lui impose. Etrangement, il l'associe à son propriétaire et un long frisson remonte son dos pour achever sa course au creux de sa nuque.

En sortant dans le couloir, il est surpris de voir une équipe de police en ces lieux. Que font-ils ici ? S'entraîner d'accord, mais… Ils ne connaissent pas l'identité du Patron de cette boîte ? Ou alors ils sont de mèche avec lui ? Ce serait beau tiens, la police se mêlant aux affaires et soutenant un (ancien ?) dangereux criminel. Il ne reste pas plus longtemps dans ses réflexions : un homme du groupe interpelle sa guide :

-Hey, salut Laure ! Comment tu vas ?

Alex note un sursaut chez l'appelée. Elle tente tant bien que mal d'agrandir la distance entre l'homme et elle, sans pour autant se départir de son sourire, la jovialité de celui-ci s'étant néanmoins brusquement cassé en une expression crispée quoique toujours très convaincante pour quelqu'un de peu observateur.

-Bonjour Marc. … Salut tout le monde !

Tendue, elle tire discrètement Alex par le bras en éludant la question du fonctionnaire.

-Je suis terriblement désolée mais on a beaucoup à faire alors excusez-nous…

Quelques exclamations joyeuses tentent de la rassurer tandis qu'elle part sans demander son reste, trainant Alex à sa suite pour aller se réfugier dans le bureau de l'accueil. Une fois enfermés, Laure baisse le store de la vitre avant de s'écouler dans un siège. Pour couper court à la crise de larmes qu'il sent monter chez la femme et dont il ne comprend pas l'origine, Alex décide de la questionner pour lui occuper l'esprit.

-Qui était-ce ?

Laure souffle bruyamment pour anéantir un sanglot.

-Un gars qui… Me harcèle depuis des mois… Il est resté très correct parce qu'il y avait du monde autour de nous mais sinon…

Alex détourne les yeux, gêné par son hoquet désespéré. Mauvais choix de question. Toutefois elle reprend d'elle-même :

-Je sais que je pourrais me plaindre, tout avouer au Patron pour qu'il le vire définitivement et lui interdise l'accès au bâtiment mais…

Elle ne finit pas sa phrase, la ravalant dans un sursaut énergique sur les tiroirs de son bureau pour les fouiller, sans doute dans le but de trouver les papiers nécessaires pour régulariser la nouvelle place d'Alex dans l'entreprise. Il se frotte pensivement une main sur le visage en réfléchissant sur le pendant protecteur du Patron dévoilé et confirmé par une femme semblant travailler pour lui depuis quelques années au vu de son assurance à converser avec cette homme paraissant de plus en plus mystérieux aux yeux d'Alex.

Une feuille de papier et un stylo apparaissent devant ses yeux, accompagnés par la voix réconfortante quoique toujours tremblotante de la femme à ses côtés.

-Tiens, voilà pour toi. Non, ne signe pas tout de suite ! Tu as encore quelques détails à voir et à régler avec lui, ainsi que sa signature à obtenir avant de pouvoir apposer la tienne.

Lui… Le Patron. Le cœur du jeune homme se serre et une douce poigne lui caresse les tripes.

-Je pense que tu te souviens du chemin alors vas-y.

Elle lui sourit comme s'il était tout à fait normal de partir à la rencontre d'un homme dont la réputation est particulièrement sulfureuse, mais duquel on ne sait rien à part ça, ça et le fait qu'il vous fait incontestablement de l'effet depuis la première fois que vous l'avez vu. Le tout dans un lieu inconnu. Encourageant, vraiment.

Il déverrouille néanmoins la porte et part dans les couloirs, l'esprit martelé de doutes.

Droite. Gauche. Droite de nouveau. Le couloir sombre au bout duquel il ne distingue même pas la porte du bureau où il doit se rendre pour la première fois de sa vie.

Un pas. Un battement de cœur.

Il resserre faiblement ses mains moites, appréhendant sa première confrontation seul face au sombre personnage. Qui sait ce qui l'attend vraiment dans la pièce là-bas au bout ? Qui sait si le Patron ne va pas lui faire amèrement regretter sa témérité et se persévérance ? Il continue malgré tout de marcher. Son rythme cardiaque accélère.

Un pas. Deux battements de cœur.

Des scénarios de morts horribles et violentes défilent à toute vitesse dans sa tête, à la hauteur des rumeurs circulant sur son maître de stage. Sa gorge se serre. Mais il presse le pas. Les battements fébriles de son cœur suivent le mouvement.

La porte est là, juste devant lui, obstacle contre lequel s'écrase le son du rythme affolé de son muscle cardiaque, rempart le protégeant du noir objet de ses pensées et des doutes qu'il engendre depuis qu'il l'a rencontré.

Alex lève lentement son bras, la main faiblement serrée en un poing pour frapper à la porte. Et alors qu'il s'apprête à achever son geste qu'il considère naïvement comme courageux étant donné les circonstances et le contexte, la porte s'ouvre.


Pardonnez ce cliffhanger de la honte! x) Mais comme je le disais en haut, la suite arrive bientôt, en plus du chapitre de vendredi 23. ^^ Dites-moi ce que vous en avez pensé!