Bonjour bonjour, voilà la suite du chapitre. Dites-moi ce que vous en avez pensé! (:


La porte s'ouvre sur un bureau à l'ambiance étrangement chaleureuse, dévoilant petit à petit une pièce agréablement meublée de façon confortable et optimisée. En face d'un Alex pantelant, derrière un bureau d'un noir aussi profond que ses vêtements, le Patron se prélasse dans un fauteuil, les pieds posés sur la surface plane du meuble dans une attitude nonchalante, presque insolente qui lui va si bien. Il lève ses bras comme pour l'accueillir.

-Entre, ferme la porte.

Alex s'exécute en silence, sans oser regarder l'homme.

-Assis-toi.

Il prend place en face de lui, les yeux toujours baissés, la respiration faisant fébrilement valser sa poitrine en un souffle hésitant et bien trop lent pour l'aider à calmer les pulsations de son cœur.

-Qu'est-ce qui t'amènes ici Alex ?

Ce-dernier sait bien qu'il connaît déjà la raison, pense même que ce n'était qu'un prétexte pour prononcer son prénom de sa voix délicieusement rauque car usée par le tabac. L'odeur flotte d'ailleurs dans la pièce. Alex relève vivement les yeux.

-C'est au sujet de ma convention de stage.

-Ah, oui.

Le Patron désigne d'un doigt la feuille qu'Alex tient dans ses mains tremblantes.

-C'est ce papier ?

-Oui…

-Eh bien voyons ça.

Avant qu'Alex ne puisse bouger pour lui tendre le contrat, l'homme se lève souplement et contourne le bureau puis le siège de son stagiaire dont il empoigne le dosser à deux mains pour finalement prendre appui dessus et se pencher par-dessus l'épaule du jeune homme. Celui-ci, troublé par la soudaine proximité entre eux, prend une bouffée d'air pour se calmer mais inspire involontairement le parfum envoûtant du Patron : une forte odeur de tabac dominant un discret mais poignant mélange de menthe et de lavande. Son regard se brouille quelques instants tandis que son esprit lui propose une scène où il loge avidement sa tête dans le cou de son maître de stage pour happer sa gorge en un brûlant baiser, pour respirer sa peau… Il expire longuement en fermant les yeux.

-Bien, tu peux signer : j'ai rajouté ce que je voulais.

Alex obéit, la tête encore embrumée d'images pour le moins émoustillantes, renforcées par le souffle chaud provoquant l'épiderme de son cou. Après quelques instants, il se lève, part vers la porte mais s'arrête, poignée en main, lorsqu'une voix l'interpelle :

-Je suis heureux que tu aies accepté mes conditions Alex. Tu vas pouvoir commencer maintenant.

Le Gothique se retourne, les sourcils froncés.

-Commencer quoi ?

-A faire le ménage : on va bientôt fermer de toute façon.

Alex en reste muet. Il allait vraiment se faire exploiter ? Et dire qu'il avait signé sans regarder les clauses rajoutées… Le Boss s'assoit sur le rebord du bureau pour le regarder.

-Allons, ne fais pas cette tête…

Sa voix se fait basse et traînante et lorsqu'elle parvient aux oreilles du jeune homme, elle lui fait l'effet d'une chaude caresse.

-Je suis sûr que la tenue de ménagère te va très bien…

Alex rougit, la bouche légèrement entrouverte cherchant sur le visage de l'homme en noir une pointe d'amusement qui annulerait l'effet du sourire enjôleur. Mais il ne trouve rien et frissonne longuement.

-Allez va, tu trouveras des affaires laissées par ton prédécesseur dans le local au bout du couloir.

Sur cette phrase, il retourne à ses occupations, faisant comprendre au petit nouveau qu'il doit le laisser et partir déambuler dans les couloirs, animé par divers sentiments parfois contradictoires.

+x+x+x

Après être allé chercher les clés des diverses salles à l'administration d'où Laure était partie, ayant finie sa journée –et aussi parce qu'il n'y avait plus de clients, le stand étant fermé à partir de 20h-, Alex part en direction du local pour se préparer et prendre les produits dont il a besoin pour nettoyer, conformément à l'ordre du Patron.

Le local est en réalité un peu plus grand que ce qu'il s'imaginait. Une étagère sur la droite laisse la place entre le mur et elle pour deux hommes côte à côte voulant accéder à la sortie de secours. En face de lui, une armée de balais et de produits d'entretiens. A sa gauche, une autre étagère.

Il se faufile entre elle et le mur, se faisant tout petit même s'il a largement la place de passer. Poussée contre le mur au fond de la petite allée, une pile de cartons remplis de vêtements s'avachie, comme si quelqu'un avait l'habitude de s'assoir dessus. Alex ouvre celui du dessus pour en extirper un jean troué taché de peinture beige, la même que celle des murs des locaux, un t-shirt blanc qui, à son grand dépit, lui colle à la peau une fois enfilé et une chemise en jean qu'il décide de mettre aussi pour ne pas avoir froid. Après ça, il ne peut s'empêcher de se regarder rapidement dans le petit miroir accroché au mur, sans trop savoir pourquoi.

Alex revient au centre de la pièce une fois préparé sans trop savoir à présent quoi faire. En faisant un tour sur lui-même, il remarque un petit bout de papier scotché au-dessus de l'interrupteur. En s'approchant il remarque qu'il s'agit en fait d'une liste, sans doute établie par son prédécesseur dont il porte les vêtements, associant une tache à faire pour chaque jour de la semaine. Alex bénit rapidement l'inconnu avant de lire à quelle salle il allait devoir s'attaquer.

Vendredi : WC + Douches

Après un long soupir, il retrousse les manches de sa chemise et part s'armer afin de s'atteler à la tache.

+x+x+x

Après une bonne heure de nettoyage, Alex se rend compte qu'il doit encore s'occuper des douches. Il se dirige donc vers celles-ci avec tout ce dont il a besoin et ouvre la porte battante étrangement non verrouillée d'un coup de pied puis dépose toutes ses affaires sur les bancs. Il s'affaire à la tache, pressé d'en finir et de partir prendre le dernier trainpour rentrer à son appartement. Le jeune homme passe une main sur son front pour essuyer quelques gouttes de sueur dues à la chaleur étouffante et humide la pièce sans entendre que quelqu'un vient tout juste de sortir d'une cabine…

-Je te l'avais dit que ça t'irais très bien comme tenue, Alex.

Le jeune lève brusquement la tête avant de la baisser aussitôt pour camoufler le rosissement de ses joues provoqué par la vue du Patron torse nu vêtu uniquement d'un boxer noir. Il inspire longuement l'air suffocant, les yeux obstinément baissés.

-Vous êtes encore là ?

-Je vis ici la plupart du temps gamin. Tu peux relever la tête tu sais, je ne suis pas pudique.

-Mais moi si. , grogne-t-il. Surtout avec vous.

Il se retient d'ajouter un « et votre réputation qui ne me permet pas de savoir ce que vous feriez de moi » qui serait franchement malvenu et dangereux.

-Oh. , laisse simplement tomber l'homme aux lunettes de soleil. Il faudrait remédier à cela…

Alex rougit d'autant plus mais ose relever son regard, prenant pour le rouge de ses joues les volutes de vapeurs encore brûlantes de la douche du Boss comme justification. Il l'observe à la dérobé, jetant entre deux essorages de serpillères un coup d'œil aux fins mais bien dessinés abdos tandis que l'autre reste statique et semble le reluquer aussi.

-Alex…

La voix rauque susurrant son prénom le fait trembler aussi aisément que le tapotement de pieds sur le carrelage se rapprochant de lui. Néanmoins, il se redresse pour faire face à l'homme. Ce-dernier fait semblant de lisser les pans ouverts de la chemise du Gothique avant de les empoigner doucement mais fermement pour l'attirer vers lui.

-Tu n'as pas à avoir peur de moi.

Il passe un doigt, léger comme une plume, le long de sa mâchoire et penche sa tête un tout petit peu sur le côté.

-Après tout, toi et moi on est pareils…

Le doigt descend jusqu'aux clavicules pour les redessiner d'un délicat touché mutin. Les deux hommes se regardent dans les yeux, le souffle tendu. Le Patron continue :

-On veut la même chose tout les deux… Pas vrai ? , ronronne-t-il d'une voix enjôleuse.

Il le regarde, passe lentement le bout de sa langue dans le creux derrière l'oreille d'Alex puis continue sa route pour plonger avidement dans le cou du jeune homme et le mordiller. Après quelques secondes passées à retenir un soupir de contentement, le jeune homme se défait subitement de l'emprise terriblement plaisante du Patron et ramasse rapidement ses affaires sous les yeux attentifs de l'autre pour partir s'enfermer dans le local au plus vite.

Devant le miroir dans la petite pièce, il contemple une nouvelle fois son reflet, cette fois-ci pour détailler la marque rougissant la peau de son cou. Le Gothique y passe distraitement deux doigts pour y raviver la légère douleur lié à autre chose secouant tout son être, une sensation formant une boule d'impatience et d'envie sous son sternum qu'il ne s'explique pas et qui pourtant grandit lorsque ses pensées convergent vers la situation d'un peu plus tôt.

Troublé, il part défaire la pile de cartons pour les aligner et s'allonger dessus. Il ne peut de toute façon plus rentrer chez lui : au vu de l'heure tardive, plus aucun train ne passe jusqu'à son domicile. Il se résout alors à chercher le sommeil dans la scrutation du plafond et des néons et au bout de quelques minutes, il y parvient, l'état cotonneux de tout son être pressant contre son cou le souvenir des dents et des lèvres du Patron comme une douce caresse.


Voilà, prochain chapitre vendredi. :) Pitite review en attendant? :3