Salutations! Voilà la suite, comme d'hab'. J'espère que ça vous plaira.
Merci pour vos reviews, c'est motivant. :)
-Monsieur ? Excusez-moi de vous déranger mais vous ne sauriez pas où est Alex ? On devait manger ensemble ce midi…
Ils se décollent soudainement l'un de l'autre, le premier perdu, le second irrité. Avec fermeté, le Patron pousse le jeune homme recherché jusqu'à la porte d'une salle attenante. Alors que le stagiaire veut protester, une main s'abat sur sa bouche, accompagnée d'un regard assassin lui intimant de se taire. Il le plaque contre un mur, et ils se regardent pendant qu'une langue joue mutinement avec ses phalanges. Il sourit puis reprend son mouvement et au moment où Alex entre dans la petite pièce pour se cacher, il repart afin d'aller ouvrir au visiteur intempestif.
Frustré, Alex reste un moment planté au milieu de la pièce sans écouter la discussion amorcée dans le bureau du Patron, juste de l'autre côté du battant. Il décide au bout d'un instant d'y prêter attention tout en détaillant rapidement la pièce dans laquelle il est enfermé.
-Oh, c'est dommage… J'espérais vraiment pouvoir passer un moment avec lui.
Il identifie cette fois mieux le propriétaire de la voix, sans les émotions parasites l'empêchant de se concentrer. Il s'agit de Laure. Il observe le lit poussé contre un mur en se demandant la raison de sa présence ici et en réfléchissant également sur la situation interrompue un peu plus tôt. Avec la redescente des sensations, il se rend désagréablement compte de la trop forte emprise qu'à l'homme sur lui et qu'il semble bien évidemment vouloir garder. Tout comme lui, dans une certaine mesure.
-J'en suis désolé. Ce sera pour une autre fois sans doute.
La voix du Patron sonne terriblement fausse lorsqu'il prononce son vœu à son employée ; fausse et grondante, presque menaçante.
-Tu tiens déjà à lui à ce que je vois.
Le silence gêné suivant cette affirmation grinçante perturbe le Gothique qui, assit sur un tabouret de bar, se met à balancer nerveusement ses jambes dans le vide en continuant fébrilement de tenter d'entendre la suite de la conversation.
-Je… Je sais que ça ne devrait pas être le cas.
-Mais tu fais ce que tu veux, Laure. Fais juste très attention à toi.
Perché sur sa chaise, Alex frissonne de la mise en garde qu'il perçoit comme étant également pour lui, comme si le Patron voulait lui dire qu'il compte le garder uniquement pour lui et que s'il va voir ailleurs, il risque de le regretter. A moins que ce ne soit ce qu'il aimerait qu'il pense.
Après avoir distraitement trituré une petite pastille blanche mentholée, il la met dans sa bouche tout en écoutant Laure qui prend congé de son supérieur pour retourner travailler.
Tandis qu'il perçoit les pas du Patron se rapprocher de sa cachette, il se rend soudain amèrement compte que son plan de résistance face au Boss est loin d'être en marche et qu'une nouvelle fois, il s'est laissé emporter par la tentation et l'appel du corps de son maître de stage. Perturbant. Il se remémore les mains courant sur ses hanches et nuance son jugement. Plaisant. Mais tout de même rageant de céder aussi facilement.
Le Patron entre finalement dans la pièce, les mains dans les poches, et observe son protégé.
-Je lui ai dit que tu étais rentré chez toi parce que tu te sentais mal.
-Merci de m'avoir sauvé. , ironise le Gothique.
L'homme réprime un rire et se fige bien rapidement. Il se rapproche d'Alex en quelques foulées souples tout en humant l'air avec un visage concentré. Son regard coule jusqu'au plan de travail où le jeune homme est accoudé et remarque un paquet vide.
-Je rêve ou tu as pris mon dernier bonbon à la menthe ?
Le présumé malade sourit face à la réaction enfantine.
-Oups, pardon. , s'excuse-t-il faussement.
Il tourne plusieurs fois sa langue dans sa bouche avec un sourire en coin.
-Tenez, prenez-le.
Il présente son petit morceau de chaire rose avec au bout, la pastille blanche enrobée de salive posée comme un cadeau. Il regarde le visage surpris du Patron avec amusement puis fixe ses yeux dans les siens avec une lueur maline. Au bout que quelques secondes, il remet le bonbon dans sa bouche et prend un air déçu en se léchant doucement les lèvres.
-Non ? Bon, tant pis. C'était une invitation pourtant…
Il descend de son perchoir sous un regard stupéfait très satisfaisant. Il ne laisse pas au dirigeant du stand le temps de reprendre ses esprits et enchaîne :
-Du coup si je suis censé être malade, je dois rentrer chez moi, n'est-ce pas ?
-Exact.
Il marque un temps d'arrêt pour savourer l'instant puis lâche d'un coup :
-Vous me raccompagnez ?
Il y a un silence où tous deux se demandent quelle sera la suite de l'échange. Puis, le Boss ferme bien vite sa bouche béate tandis qu'Alex jubile intérieurement de ses réactions. Il reprend ensuite son irrésistible sourire en rajustant sa veste.
-Ok. On passe par derrière.
Sur ces bonnes paroles, je n'ai plus qu'à vous dire à la semaine prochaine! (:
