Heyllo! Heure de publication un peu plus tardive que d'habitude et je m'en excuse. Je m'attarde pas plus longtemps, bonne lecture :)
Alex inspire une nouvelle fois pour se calmer et tenter d'obtenir une bouffée d'air frais, bonheur malheureusement rare dans une rame de métro bondée. Dire qu'il regrette son invitation serait exagéré. Mais quand même…
Ressortant à peine de ses pensées, le jeune homme se fait brusquement surprendre par un coup de freins qui le projette en avant, contre des strapontins usés. Une main le prend immédiatement par la taille pour l'aider à se stabiliser.
-Ca va gamin ?
Il relève les yeux jusqu'à son interlocuteur mais s'arrête sur la bouche rose et charnue avant d'atteindre les deux orbes cachées derrière des lunettes de soleil.
-Je… Oui ça va, merci.
Le Patron le regarde d'un air moqueur mais ne dit rien. Le Gothique se redresse et se défait de la prise de la main étrangère mais informe l'air de rien son propriétaire :
-On descend à la prochaine.
Alex commence déjà à se faufiler jusqu'aux portes en jouant des coudes et des excuses, pressé de sortir. Le Boss le suit en silence, profitant du passage que lui offrent les gens en s'écartant, les yeux fixés sur lui.
Suivant la masse de gens s'engouffrant dans les couloirs étouffants, l'étrange duo se dirige vers la sortie sans se parler mais en s'assurant de temps à autre de la présence de l'autre par quelques œillades.
Une fois sortis à l'air libre, Alex offre son visage aux rayons caressants du soleil déclinant de fin d'après-midi et inspire à pleins poumons la pollution de la ville pour se réconforter de son trajet sous-terrain. Du moins jusqu'à ce que la fumée d'une cigarette vienne taquiner son odorat. Il rouvre les yeux, tourne la tête pour découvrir le Patron qui le fixe en rejetant les volutes de fumée vers lui, centre de son attention. Se refusant à s'offrir lui aussi un moment de détente dirigée par la nicotine, le jeune présumé malade se contente de reprendre sa route en tentant d'oublier la présence imposante et troublante à ses côtés qui double ses pas au gré des rues qu'ils traversent.
Après quelques minutes, Alex s'arrête devant une porte à la peinture rouge foncée qui s'écaille faute de renouvellement, vite imité par son employeur.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rien. On est arrivés : c'est là que j'habite.
-Et alors ? Tu m'fais pas monter ?
Alex sourit à l'entente de l'impatience mal dissimulée dans la question et compose rapidement le code pour déverrouiller la porte. Dès que celle-ci est ouverte, une odeur de poussière, non une odeur de cave due à la vieille pierre du bâtiment, et de cire pour bois les enveloppe avec bienveillance. Dans un silence moqueur, l'ascenseur semble les attendre, portes ouvertes. Ils s'y engouffrent, toujours sans rien dire tandis qu'Alex retient sa respiration dans une vague inquiète et excitée d'anticipation.
-Attendez-moi s'il vous plaît !
Le jeune expire d'un seul coup en répondant à la demoiselle en talons haut qui vient de les rejoindre.
-Quel étage ?
-Cinquième s'il vous plaît.
Ils s'échangent un petit sourire poli tout en se serrant dans la cabine étroite. Alex appui sur le bouton et se serre vers le fond pour laisser de la place à la femme mais bute contre le Patron qui se contente de ricaner.
*Ca va être long…*
Les portes se referment au moment où Alex tressaute parce qu'une main vient de se poser sur sa hanche pour la pétrir avec une lenteur mesurée. Pour palier à sa gêne, il tente d'engager la conversation, en essayant de faire abstraction du souffle qui lui brûle la nuque.
-Vous habitez ici depuis longtemps ? Je ne vous ai jamais vue auparavant.
Sans prendre la peine de se retourner pour regarder son interlocuteur, elle lui répond :
-J'ai emménagé il y a plus d'une semaine et je ne sors pas souvent de chez moi.
-Ah, je voiah !
Quelques doigts taquins viennent de griffer avec application la fine peau du bas de son ventre, lui arrachant un soupir pitoyable. Alex se racle la gorge et marmonne une excuse à l'adresse de sa jeune voisine mais n'ose pas reprendre la conversation polie, de peur de perdre une nouvelle fois le contrôle de sa voix suite à une attaque un peu trop plaisante de l'homme en noir. Et bon dieu qu'il fait chaud dans cet ascenseur ! Les doigts glissent un peu plus jusqu'à l'avant de sa cuise en un frôlement provocateur, attisant un peu plus son plaisir. Sa respiration se casse sous l'assaut et il se mord la lèvre pour bloquer tous sons malvenus. Les ongles s'enfoncent alors dans sa peau pour l'agripper. Heureusement pour Alex, le bruit métallique des portes qui s'ouvrent étouffe son couinement aussi bien que la main qui vient de se plaquer sur sa bouche.
Le Patron répond pour lui au vague au revoir pressé et sans regards de sa voisine puis Alex tend la main pour appuyer sur le chiffre sept et les portes les isolent de nouveau. Aussitôt, il se détache de son « invité » qui le regarde d'un air amusé.
-Ca va pas de faire ça ?!
-Quoi, t'as pas aimé ?
-Elle aurait pu se retourner !
-Ca répond pas à ma question. Quoique…
Son sourire s'agrandit et Alex se pince les lèvres pour s'empêcher de répliquer.
Le couloir leur apparaît après l'arrêt de l'ascenseur. Alex ne perd pas de temps et en sort tout en fouillant les poches de son cuir à la recherche de son trousseau de clés. D'un pas au tapotement étouffé par une moquette neuve, il se dirige vers une porte au fond et la déverrouille. La chaleur et l'odeur familière de son appartement l'accueille et il sourit avec bonheur. Il jette ses clés sur un petit meuble avant de se retourner.
-Entrez donc dans mon humble demeure. , ironise-t-il en effectuant une petite courbette.
Le Patron le suit, après avoir refermé la porte, jusque dans une petite cuisine à l'ameublement optimisé.
-Bière ?
-Café.
Le maître de maison s'attelle à la préparation du breuvage sous l'œil attentif du Boss.
-Tu vis seul ?
-Absolument. Pas de colocataires, pas de prise de tête.
-Mauvaises expériences par le passé ?
-Sucre ?
-Non merci.
-Pour répondre à votre question : oui. Mon ex était ma colocataire avant de devenir ma petite amie.
-Et vous avez rompu avant la fin du bail, pas vrai ? , ricane-t-il.
-Exact.
Alex lui tend une tasse fumante en évitant de le regarder et retourne au salon pour s'assoir dans le canapé noir poussé contre un angle.
-C'était quoi la raison de votre rupture ?
Le propriétaire des lieux se passent une main dans les cheveux en soupirant pendant que le Patron prend une chaise et s'installe en face de lui, à l'autre bout du tapis aux motifs étranges.
-C'est juste que… Elle a rencontrée mon ex qui était venu jusque chez moi pour essayer de me reconquérir.
-Et ?
Le Gothique sourit en voyant l'air circonspect de l'homme en face de lui.
-Elle n'a pas appréciée l'idée que son prédécesseur soit un mec.
-Oh, je vois. Pas trop déçu ?
-Non. Finalement c'est pas une grosse perte.
-Pourquoi ?
-Elle me correspondait pas.
Alex soupire avec bonheur.
-Et puis maintenant j'suis de nouveau libre.
L'homme aux lunettes de soleil abandonne sa tasse au pied de sa chaise et s'allume une clope en marmonnant un :
-Que tu crois…
+x+x+x
Comment en est-il venu à se confier aussi facilement sur sa vie à cet homme qu'il ne connaît que depuis quelques jours ? Il n'en a aucune idée. Le fait est qu'ils sont à présent assis en tailleur l'un en face de l'autre à même le tapis et qu'ils parlent le plus naturellement du monde de tout et de rien. Surtout de rien.
-Vous, faire du violon ?
-Juré gamin ! , réplique-t-il en levant les mains pour prouver sa bonne foi. J'maniais très bien l'archet ! Et pas que…
-J'aimerais bien avoir une preuve tiens !
-Pour le violon ou… ?
-Of, à vous de voir.
Ils se sourient. Une sonnerie de téléphone se déclenche quelque part dans l'appartement et Alex saute directement sur ses pieds pour aller décrocher. Le Patron tend l'oreille mine de rien en continuant de tirer de temps à autre sur son énième cigarette de la journée.
-Oui ? … Ah, c'est toi… Non tu m'déranges pas… Ah oui, c'est ce soir… Non j'ai pas oublié ! … Quoi, vous arrivez dans combien de temps ?! … Ouais je sais qu'on peut pas décaler. … M'ok… Tu comptes toujours venir avec ton pote et sa copine ? … Ok… Attends une seconde, quitte pas.
Le téléphone pressé contre son torse pour que le micro ne capte rien, Alex se retourne vers l'homme au sol qui semblait fumer en observant son « dos » pendant sa conversation.
-Y a des amis qui arrivent dans moins de cinq minutes pour dîner. Vous voulez rester ?
Il reprend le téléphone, tourne le dos au Patron pour sourire.
-Ouais, t'es toujours là ? … Une personne de plus, ça dérange ?
