Yo les gens! Ouais je sais le titre de ce chapitre est bien choisi, en tout cas pour moi puisque me voilà effectivement de nouveau après un mois d'absence. Me frappez pas, c'pas comme si je vous avais pas prévenues. ^^ En tout cas voilà la suite de cette fic, j'espère juste réussir à la remettre en route pour de bon afin de la mener à terme.
Bonne lecture. :)
Le retour à la dure routine constituant son quotidien fut assez difficile pour Alex après avoir passé une telle soirée. Suite à l'entrevue dans le couloir, ils étaient revenus précipitamment à table pour que personne ne se pose de questions inutilement. Frustré, le Patron avait passé la soirée à lui lancer des piques taquines, clins d'œil coquins, attirant le regard du jeune homme sur sa bouche maltraitée par ses canines effilées mordillant doucement ses lèvres.
Malgré lui, Alex avait passé une nuit délicieuse quoique gênante animée de rêves plus suggestifs les uns que les autres. C'est sans doute pour ça qu'à la reprise du travail, Alex eut du mal à ne pas baisser les yeux de honte lorsqu'il croisait le sujet principal de son univers onirique.
+x+x+x
-Alex ?
-Oui ?
-C'est Mélissandre. Ne raccroche pas, je veux te parler.
Il grince des dents et jette un œil sur l'écran de son téléphone. Numéro privé, évidemment.
-Comment t'as eu mon numéro ?
-C'est pas important. Il faut qu'on se voie très rapidement.
Il grogne mais sourit à un client que Laure est en train d'accueillir.
-Où et quand ?
-Le bar au coin de la rue du stand, huit heures.
-Aux « enfants du Paradis » ?
-Exactement. A toute à l'heure.
Alex fixe longuement son fond d'écran d'un air sombre, énervé par la simple voix de son ex. Un soupir de sa collègue le tire de ses envies meurtrières. La femme le regarde avec douceur.
-On va manger ?
Il hoche la tête en se rendant compte de la faim qui lui déchire les entrailles.
-Ensemble cette-fois ? , s'enquiert-elle avec moquerie.
Il tire la langue mais lève les yeux au ciel sitôt retourné pour atteindre la porte. Laure le suit docilement jusqu'à la cafétéria d'où à travers le couloir leur parvient le grondement des discutions des employés et clients réguliers ou en formation du stand.
Ils se servent avec le bonheur de bientôt pouvoir combler leurs besoins. Assis face à face à une longue table, Alex a une vue imprenable sur les groupes parsemant la salle par grappes. Une personne se retourne régulièrement vers leur table. Le jeune homme reconnait le profil de Marc qui lui jette quelques regards. Il préfère détourner son attention et celle-ci se pose sur une silhouette noire penchée sur une table. Son cœur s'emballe immédiatement. Le Patron relève la tête et regarde dans sa direction. Alex s'empourpre malgré lui mais l'homme ne réagit pas, ne lui offre pas un seul sourire carnassier dont il a le secret et détourne même la tête. Une petite pointe s'enfonce brièvement dans son cœur. Pour ne pas y prêter trop attention, il entame une brève conversation avec Laure.
-Je suis désolé de t'avoir laissé l'autre jour tu sais. Mais j'étais vraiment pas bien.
Elle lui sourit sincèrement en haussant les épaules. Les yeux d'Alex glissent vers le Patron au fond de la salle tandis que la femme en face de lui le rassure en parlant seule. Cette-fois ci, il le regarde vraiment. Son cœur fait un bond puis a un raté lorsque l'homme se lève.
-Tu penses pouvoir demander une prolongation de ton stage ?
Alex lui répond un bref « Je sais pas. » en suivant la progression du Patron, qui s'approche vers eux d'ailleurs. Il trouve sa démarche nonchalante et maîtrisée particulièrement excitante. Il accroche ses yeux au bassin au léger déhanché de l'homme qui s'avance vers eux, fasciné.
Cependant le stress le rattrape bien vite quand il se rend compte que c'est la première fois depuis la soirée chez lui qu'il va de nouveau être confronté à son prétendu petit-ami d'un soir. Comment doit-il se comporter avec lui ? Doit-il le tutoyer ou remettre de la distance comme le Patron l'a fait, en plus de celle professionnelle ? Alex est tiré de ses réflexions par un raclement de chaise à sa gauche. Une honteuse bouffée de chaleur le prend lorsqu'il reconnaît l'odeur si particulière et attirante de celui qui vient de s'assoir à côté de lui sans lui adresse ni un mot ni un regard.
-Bonjour Patron ! , chantonne Laure.
-Bonjour. , répond-il dans un sourire. Laure, pourriez-vous nous trouver une nouvelle femme de ménage pour le stand ?
Alex se retient de recracher sa gorgée de Fanta sur son plateau et l'avale difficilement en attendant la suite sans se manifester puisque de toute façon l'homme ne le considère même pas. La jeune secrétaire bafouille d'incompréhension.
-Mais… Mais je croyais que l'actuelle faisait un bon boulot ?
-Effectivement. Mais je pense que cette jeune personne va avoir besoin d'un peu de repos avec les événements qui l'attendent.
Là, Alex ne peut s'empêcher de vivement tourner la tête vers le dirigeant du stand en se demandant de quoi est-ce qu'il peut bien parler. Un genou se colle au sien dans une pression insistante. Le ventre d'Alex se tord.
-D'ailleurs il faut que je pense à lui demander de venir me parler dans mon bureau très prochainement. , marmonne la voix rauque pour le principal concerné.
Laure qui a tout de même entendu s'empresse de demander :
-Vous voulez que je l'appelle pour organiser un rendez-vous ?
Le Patron se redresse et hausse cette-fois ci la voix pour répondre :
-Ce ne sera pas nécessaire.
Il lui sourit puis se lève avant de poser sa main sur l'épaule d'Alex pour la malaxer discrètement, finalement souhaiter une bonne journée aux deux jeunes gens. Après s'être assurée que l'homme était sorti de la salle, Laure se penche vers son compagnon pour le questionner :
-Tu trouves pas qu'il est bizarre ces-derniers ?
Alex tourne les yeux pour voir l'homme en noir dans le couloir par l'immense porte vitrée. Au bout de quelques secondes, il répond dans un souffle :
-Si, très.
+x+x+x
-A demain Alexou !
Elle se penche pour faire la bise au jeune homme affalé dans un siège en train de vérifier quelques papiers. Il lui sourit vaguement, des frissons d'impatience le parcourant. Il a simplement hâte qu'elle parte pour aller discuter avec le Patron. Il l'accompagne néanmoins jusqu'à la porte pour abaisser le rideau de fer. Laure lui adresse un dernier petit signe de la main puis s'engouffre dans l'obscurité de la rue.
Alex secoue nerveusement les bras pour chasser la tension qui y grimpe avec un long soupir sec.
-Un problème Alex ?
L'appelé à un sursaut et se retourne vivement dans son élan de stress. A l'autre bout de l'entrée, le Patron l'observe, les mains dans les poches, ses appuis sur une jambe, l'air à la fois amusé et détaché. Le jeune homme se redresse le plus possible pour se donner une contenance et se rassurer un peu.
-Vous disiez vouloir parler à votre ménage…
Il écarte les bras avec une certaine ironie.
-Alors me voilà.
Il a l'impression qu'un petit sourire s'esquisse sur le visage de l'homme en face de lui mais avec la distance et la noirceur de la pièce, impossible d'en être sûr. Alex songe déjà avec nostalgie et plaisir aux quelques soirs passés ici où ils s'étaient croisés et se demande avec amertume pourquoi il voudrait arrêter tout ça, pourquoi vouloir installer un fossé entre eux après ça, après lui avoir dit qu'il ferait tout pour l'avoir. Finalement un seul mot arrive à franchir la barrière de ses lèvres en un chuchotement révélateur:
-Pourquoi ?
Le Patron hausse simplement les épaules.
-J'ai une proposition à te faire…
Alex frissonne en entendant presque les délicieux sous-entendus dans la vois grave.
-Qui est ? , demande-t-il un peu trop vite.
Le Patron ne bouge pas d'un pouce mais continue de l'englober dans son regard brûlant.
-Mais on en parlera plus tard dans mon bureau. , réplique-t-il avec un soupçon de taquinerie dans la voix.
Il se retourne pour partir mais avant, dit simplement :
-Au fait… Il est huit heures et quart.
Alex fronce les sourcils. Devant le manque de réaction, l'homme reprend.
-Ton ancienne Garance t'attend, jeune Baptiste.
*Le bar au coin de la rue du stand, huit heures.
La dernière phrase du Patron prend tout son sens lorsqu'il se souvient.
*Aux « enfants du Paradis » ?
Il a rendez vous avec son ex Mélissandre et il est déjà en retard.
-Fais chier.
+x+x+x
Il arrive en trombe devant le bar, habillé à la va-vite, complètement décoiffé, essoufflé. Il regarde sa montre attachée à son poignet droit. Vingt minutes de retard… Pas un nouveau record mais c'est pas mal quand même… Arrivé là, il hésite à entrer et à parler avec Mélissandre mais la crainte fait place à la curiosité et il pousse la lourde porte pour entrer dans le bar à la douce chaleur et l'univers si particulier. Dans la lumière tamisée, il cherche la jeune fille aux tables de fer aux pieds travaillés et alambiqués. Ne la trouvant pas, il décide de s'avancer pour franchir le rideau de velours qui cache une deuxième salle. Il salue au passage le patron du bar. Dans la deuxième salle, à la lueur des néons colorés, à travers les conversations plus vivantes qu'à l'avant du bâtiment, il perçoit enfin les yeux vairons braqués sur lui. Prenant son actuel maigre courage à deux mains, il s'approche avec le plus d'assurance possible vers la jeune fille qui l'attend à une table enveloppée d'une nappe de velours noir. A peine arrivé, il se fait accueillir avec la plus grande gentillesse du monde :
-T'es vraiment un enfoiré.
Voilà voilà. C'pas un chapitre exceptionnel mais ça m'a fait plaisir de l'écrire. Alors à votre avis, qu'elle est cette proposition du Patron? 8D
Pour ceux qui n'auraient pas compris la référence avec "Les enfants du Paradis", soyez un peu plus cinéphile nom de Zeus (Victor pourrait vous chasser pour moins que ça vous savez?)!
Dites-moi ce que vous avez pensé de ce chapitre si vous le souhaitez et à la prochaine! (dans un délai moins long que celui-ci promis ^^)
