Me voilà de retour, en pleine forme, alléluia! Donc voici la suite que vous attendiez tous après ce baiser...

= Juju " Oui avec des traumatismes comme ça il faut passer par la case psy, c'est indispensable. On sait tous qui il veut voir comme visage dans ses rêves! XDD Voilà la suite! Bisous Juju "

= Unanyme " Mais moi je t'adore tout court ma très chère *évite un caillou* Hééééé ça se fait pas! ^^

Si c'est possible. C'est même nécessaire le passage chez un psy! T'as pas le choix. Il faut agir très rapidement à la suite d'un abus, pour ouvrir la parole et sortir cette idée de culpabilité chez les victimes (comme j'en ai déjà parlé) Mais si je t'assure plus vite tu interviens mieux c'est!

Tu verras s'il fait 3 pas en arrière ou pas avec ce chapitre ma grande :D

Merci à toi de commenter chaque chapitre! Même si je les voies toujours pas en entier tes reviews!

Tiens d'ailleurs c'est vrai, je peux répondre à celui sur le chapitre précédent: Oui musique dès le réveil! D'ailleurs mon réveil c'est du Bob Marley. Depuis que j'ai 12 ans, j'ai jamais changé... Oui dès que je me lève c'est musique et après je l'a met sur mon iPhone est je le trimballe partout avec moi donc... Et ma famille en a définitivement marre de moi et de mes chansons! ^^

Caffffféééééé je suis une putain de droguée!Alors les expresso à l'italienne! Je me prosterne devant les italiens! Ils mangent bien, boivent bien et on un super beau pays... Que demander de plus?, :D

Merci à toi d'être là au quotidien, j'attends toujours tes reviews avec une impatience frénétique!

Bisous mon Unanyme :-* "

= Lilian "Oh mon Dieu désolé j'ai loupé ta review au milieu des autres! Je suis infiniment désolé très cher! Alors oui thème sensible mais voilà c'est du réel et du concret! Oui ils voulaient tous défoncer cet espère d'enfoir* de bâta** de Paul... Même Erica! Ils sont tous agents du FBI donc ils ont tous envie de faire quelque chose pour ce pauvre Stiles! Mais ça s'améliore là! ça devient bon, promis. Encore désolée du retard, Bisous, Sam"

= Nathydémon "Bon si toi tu m'as jeté aucun pav" c'est bien! :-* Ouais merci Stiles hein sur ce coup là! "

Je vous laisse à votre lecture les chevreaux, Sam en pleine forme


Je me mords les lèvres en fermant les yeux.

- Mais quel con ! Quel abruti! J'suis désolé. Derek pas Paul. Merde. Ça va ? ; j'avance une main mais j'ai peur de le toucher

- C'est ok ; sa voix est voilée

- J'suis désolé. C'était… bête, absurde et…

- Instinctif ? ; me coupe April

- Je… ; je pivote pour la regarder, elle sourit bêtement ; Oui mais… Putain tu…

- C'est bon, ça va. Vraiment ; Stiles vient se lover contre moi et je lâche un long souffle

- Désolé

- Arrête de répéter ça ou je vais croire que tu regrettes

- Bien sur que je regrette. J'avais pas à t'imposer ça. T'es pas prêt…

- Si tu me laissais décider hein ! Tu regrettes ?

- Oui et non.

- Réponse de normand ça ; il grommelle

- Je regrette parce que j'ai pas à m'imposer comme ça, contre toi, entre tes bras ; je chuchote à son oreille ; Mais je ne regrette pas l'acte en lui-même. La manière dont ça c'est passé oui.

- Tu te rattrapes bien ; il rigole doucement

- Comment tu vas ? ; j'éloigne son visage pour le regarder, il a les yeux humides

- J'avance ; c'est tout ce qu'il me dit avant d'embrayer sur un autre sujet ; J'ai faim

- Déjà ?

- Hey il est 12h49, presque 50 !

- Sérieux ? Oh chiotte ! On va manger alors…

- April tu te joins à nous ? ; il demande en se penchant pour avoir un contact visuel

- Non je vous laisse en amo… ; je la coupe d'un sifflement ; Entre… Vous ; elle finit d'un rire.

Je me penche et ramasse le manteau du jeune homme, je lui tends en souriant et je remarque une légère rougeur sur ses joues. Je nettoie le tableau, ramasse les photos, je les glisse dans un tiroir et récupère mon propre manteau.

On est assis sur le canapé, l'album photo de ma famille posé sur nos deux cuisses. Je lui raconte ma vie photo à l'appui. La photo des quatre enfants, de ma maman et de mon papa. Je lui explique qu'il est mort d'une crise cardiaque sur un chantier. Qu'elle voulait refaire sa vie. Qu'en Italie ça se fait pas vraiment. Que l'opprobre de la société lui est tombé dessus. Alors on a déménagé. J'avais 6 ans et Angela à peine 2. Je lui parle de Paris, où on a vécu 3 ans avant que la mer nous manque de trop. Alors on est parti en Bretagne. Je lui parle de l'amour que j'ai pour cette région. Je lui parle du décès de notre oncle quand j'avais 14 ans, guet-apens en Syrie. Je lui parle de tout. Il regarde les photos, se moquant gentiment de nous parfois. Puis au bout de 2 bonnes heures il s'endort. Sa tête bascule sur mon épaule, son souffle se fait lent et ses muscles se détendent. Je l'allonge délicatement contre moi, le recouvre d'une couverture et pose l'album sur la table. Je récupère mon téléphone et SMS la psy.

A psy « comment il va ? »

De psy « Bonjour Derek. Oui je vais bien merci. Et vous votre journée ? C'est comme ça que doit débuter une conversation entre gens civilisés. Chloé Jacobs »

A Chloé Jacobs « Pardon. Bonjour. Alors, s'il vous plaît ? »

De Chloé Jacobs « Très fragile et en même temps incroyablement fort. Un peu comme vous… »

A Chloé Jacobs « On pourrait, je vous prie se contenter de parler de lui ? »

De Cholé Jacobs « J'ai un secret médical »

A « Je le sais mais j'ai juste besoin d'avoir certains… Conseils… »

De « Comme ? »

A « Je dois lui en parler moi ? Je dois le pousser à m'en parler malgré le fait qu'il m'ait assuré ne pas vouloir voir la pitié dans mon regard ? Je dois le laisser dormir seul et intervenir qu'en cas de terreur nocturne ? »

De « Beaucoup de question pour une si jolie tête… ^^ ». Elle me fait des smileys ?

A « Je vous en prie… J'ai besoin de réponse »

De « Alors… S'il veut vous dire certaines choses il le fera, mais le forcer ne servirait à rien à part à le bloquer et à l'énerver contre vous… Même si ça paraît difficilement concevable »

A « Comment ça ? »

De « Vous avez un lien unique. Beaucoup plus proche qu'il est normalement possible pour une victime d'abus sexuel. Où est-il, là, présentement ? » Je rougis… Je dois lui dire ?

A « Endormi, sur ma poitrine dans le canapé de mon appart »

De « C'est ce que je dis. Incroyable. Il a une confiance totale et aveugle en vous. N'importe quel autre homme le met mal à l'aise, l'effraye. Mais pas vous. Vous êtes son ancre, sa lumière dans la nuit qui l'entoure »

A « Exagérez pas hein ! »

De « C'est dixit lui … »

A « Ah… »

De « Certaines victimes ont de la violence, de la colère. Ils se mettent au sport, cherchant à épuiser leur corps pour réussir à dormir. Lui a besoin de se sentir en sécurité. Dans vos bras. Jusqu'à preuve du contraire vous êtes un homme. Grand. Musclé. Mais il se livre à vous. Sa solution pour guérir est l'amour, la tendresse que vous lui offrez. Cette stabilité émotionnelle. Il va guérir grâce à vous. Il est prêt à s'offrir entièrement à vous. Apprenez juste à faire la même chose. Baissez les armes. »

A « C'est ce que je fais… »

De « Il m'a dit que vous lui parliez beaucoup. Mais il n'ose pas vous posez certaines questions. Pas encore. Mais quand il le fera. Livrez vous »

A « OK »

De « Encore une chose. Il va vous demander peu à peu à faire des choses… Ne refusez pas »

A « Comment ça ? » Panique à bord là !

De « Il a une fascination pour les tatouages… Donc… Ne soyez pas étonné s'il vous demande de dormir torse nu »

A « Mais… Il va mourir de peur »

De « Mais non ! Vous êtes vous, pas Paul ! »

Je pose le téléphone sur la table. Dormir torse nu… C'est vrai que pourtant j'en meurs d'envie. Sa peau contre la mienne. J'imagine ses mains contre mon dos, sa bouche sur la mienne. Je perds la tête merde. Je ferme les yeux et le revois pâle, tremblant et sanglotant sur la table de la doc. Ça suffit à calmer le début d'ardeur qui me prenait les reins. Je garde mes yeux fermés et me concentre sur les sensations qui me parcourent. Son souffle qui effleurent mes clavicules, sa main posée négligemment sur mon pec, sa jambe qui recouvre les deux miennes. Je sens son cœur battre contre mes côtes. Je raffermi ma prise sur ses épaules, le collant plus à moi, j'enroule mes doigts entre les siens et calque ma respiration sur la sienne.

Un portable arrête pas de vibrer ça m'agace. Je tente de faire abstraction mais ça fonctionne pas des masses. Je tente d'éloigner mes doigts des siens mais il les resserre et sa voix sonne claire, réveillée.

- Laisse sonner c'est ma mère

- Et ? ; en revanche ma voix est enrouée

- Pas envie de parler aujourd'hui ; je sens qu'il hausse les épaules ; J'ai déjà assez parlé aujourd'hui

- Sunshine ne coupe pas le lien ; j'ouvre les yeux et ancre mes yeux aux siens ; Même si t'as pas envie de lui parler décroche. Laisse la te raconter sa journée. Laisse la te parler de la pluie. Parle lui toi du froid. Mais ne brise pas le lien. C'est ta maman

- Pourquoi t'as toujours raison ? ; il râle et se penche au-dessus de moi pour attraper son manteau et donc le téléphone

- J'ai pas toujours raison. J'ai même souvent tort…

- Genre ! ; je commence à me lever mais il m'attrape par la ceinture ; Tu crois aller où là ?

- Euh… En direction de la cuisine. Pour faire à manger.

- Ah…

- Pourquoi ? ; je pose une fesse sur l'accoudoir

- J'ai froid sans toi

Il dit ça sans intonation particulière pourtant moi j'ai le cœur qui bout. J'ai envie de l'embrasser mais je refrène cette ardeur. Je me contente de lui poser un baiser chaste sur le front et de murmurer contre ses cheveux « J'ai toujours su que j'avais assez chaud pour deux ». Il se pelotonne dans le canapé et commence une conversation banale avec sa maman. Je passe dans la chambre et enfile un débardeur pour être plus à l'aise pour cuisiner.

Je commence à éplucher les pommes de terre sans faire attention à leur conversation. Puis je prends mes écouteurs et me mets l'album Meteora de Linkin Park. Une fois les patates épluchées je les coupe, les jette dans l'eau bouillante. Je me retiens de pas chanter, à la place je me dandine. Je sors le beurre et je me retourne pour me saisir d'un couteau. Stiles a reposé son téléphone. Depuis je sais pas combien de temps. Il est accoudé au canapé. Je ne vois que ses avant-bras croisés, maintenant sa tête et surtout son sourire à fossette. J'enlève un écouteur en rougissant un peu. Il ne dit rien, se relève et se dirige d'un pas lent vers moi. Il se saisit de l'écouteur que je viens d'enlever et le met dans son oreille. Il pose sa tête sur mon épaule et ses bras autour de mes hanches.

- On a vu mieux que Linkin pour un slow Hale ; il me charrie

- Euh… Alors… Tu veux pas chercher mon IPhone ? J'ai les doigts pleins de beurre

- Il est où ? ; il descend le long du câble et finit par frôler mes fesses

- Ben ouais, tu voulais que je le mette où ? Désolé. Si tu veux je le récupère mo… ; je m'arrête quand je sens ses doigts passer dans la poche, sortir l'IPhone

- Je peux pas changer la musique il me faut ton code

- Jour et mois de naissance

- Ok ; je me contente d'un sourire, il réfléchit un petit instant puis il rentre le code et passe I'm waisting my young years

- J'ai toujours les mains pleines de beurre ; je râle

- Et ?

- Et je peux pas te serrer contre moi.

- Ah ouais pas de trace de gras sur mon pull Armani hein !

- Attends

Je recule d'un pas. Il suit le mouvement. Je pivote doucement sur mes talons. Il suit une fois encore. Il se retrouve acculer contre l'évier. J'ouvre le robinet et me savonne rapidement les mains. A peine fait, je les essuie rapidos sur le torchon et pose enfin mes mains sur ses hanches. Lui enroule ses bras autour de mon dos. La chanson se termine, il passe l'Ave Maria. La chanson finie il n'en remet plus. On reste là enlacé, dans ma cuisine, en silence.

- Pourquoi moi Stiles ? Tu m'as jamais vraiment répondu

- Sérieux aujourd'hui ?

- Si tu veux pas je comprends

- Non. Bon… Je t'ai vu aux infos. Dans ton t-shirt bleu marine, tâché de sang. J'ai entendu tous les cris des journalistes, il voulait savoir. Tout. Comment. Pourquoi. Et toi t'avais juste l'air bousillé. T'as relevé les yeux deux secondes vers la caméra et tes yeux étaient tellement tristes. Je comprends pas qu'ils aient autant insisté.

- Les journalistes insistent toujours. Ils sont comme des requins, attirés par le sang.

- Peut-être. Tu as éloigné un gars de CNN et t'as marché. Juste tu marchais. Comme un citoyen lambda. Et une journaliste t'a suivi. Continuant avec ses questions. Et…

- J'ai pété les plombs ; je murmure

- Non. Tu lui as remis les pieds sur terre. T'as déclaré qu'il fallait respecter les victimes, que l'après de ce genre de drame devait se passer dans le silence et le respect. Tu as été dur mais droit. Et après Obama…

- C'était un peu tard…

- Qu'est ce qu'il s'est passé dans cette école Derek ? ; je ferme les yeux et il pose sa main sur ma joue ; Je suis là. Ça va aller

- Les rôles s'inversent ? ; je ricane

- Non, ils s'équilibrent… ; il caresse mon visage des doigts

- Ok, alors on fait venir à manger. Je pourrais sûrement plus cuisiner après ça

- Comme tu veux.

J'ôte les écouteurs, remets le poisson au frigo et coupe le gaz de la cuisinière sans la laver. Une première pour moi. Je récupère mon ordi pour mettre du classique en fond sonore et éteints les lumières. J'allume simplement quelques bougies. Je m'assieds sur le tapis.

- Ok alors faut commencer par le début. Il y a deux ans je vais au boulot un matin. Je prenais encore le train puisque je vivais encore à LA. A peine dans la rame un jeune vient me voir. Le visage marqué de coups. Il s'assied en face de moi, me fixe pendant tout le trajet et arrivé à l'arrêt Downton il descend, avec un dernier coup d'œil lourd. Je l'oublie à peine le métro redémarre. Le lendemain idem. Comme ça pendant une semaine. Le lundi suivant il arrive. Nouveaux coups. Alors je lui pose la question la plus stupide de toute ma carrière « ça va ? ». Il a lâché un rire désabusé et est sorti. Le lendemain pas là. Et comme ça de toute la semaine. Le lundi je suis aux abois. Il arrive et de force je le traîne au bureau. Il pleure. Il crie. Il me frappe. Je le laisse sortir ce qu'il a à sortir. Puis je lui demande qui. A quoi il me répond « pour quoi ? ». Et je comprends qu'il y a pire que de la maltraitance. A cette époque je réfléchis pas et lui dit qu'il faut qu'il porte plainte. Je l'emmène à l'IML et à peine les portes passées il m'assène un coup à l'arrière de la tête et s'enfuit.

- Il t'a frappé ?

- Mh ; j'hoche la tête ; Je me suis fait allumer par Deaton. J'ai attendu toute la semaine de le revoir. Disparu. Une autre semaine s'écoule. J'ai peur pour sa vie. Alors je demande à Scott de me faire un entretien cognitif. Je ferme les yeux et revisualise le premier trajet. Je finis par me souvenir du blason du lycée où il est. Je décide d'y aller le lendemain.

- Seul ?

- Ben oui. Donc je dis au chef que j'aurais du retard. Je vais au lycée et demande après lui. Mais j'ai pas de nom rien. Je le décrit à la secrétaire elle voit pas. J'arpente les couloirs. Et finis par me poser à la cantine. Il arrive, me remarque et grimace. Un jeune lui renverse les bolognaises sur la tête. Les larmes inondent ses joues et moi j'ai le cœur qui se serre. L'autre abruti gueule « alors Fratchi c'est trop chaud ? ». Il s'enfuit avant que je puisse l'aider. Je demande au chef de faire une intervention contre le harcèlement quelques jours plus tard. Enfin je lui demande… Je l'ai forcé. Il accepte. Je rentre le soir et le cherche sur notre base de donnée. Je voulais l'aider. Vraiment. Je vois qu'il vit près des quartiers chauds. Je me déplace. Je te raconte pas le quartier. La mère prostituée alcolo. Des frères et des sœurs de partout. Tous de père différent. L'aîné dans la drogue. Une grosse brute. Je croise Eric qui rentre, il me crache au visage et me claque la porte au nez. Refusant efficacement mon aide.

Le jour de la sensibilisation au harcèlement arrive. On les réunit par grade dans la cantine. Les secondes sont plus souvent victimes qu'harceleur. On leur explique quoi faire. Puis un cri. Des dizaines de cris. On se rue et là le premier corps. Plaie par balle. On se réparti dans les bâtiments. On entend pas de déflagration. On est pas équipé. Pas de gilets. Pas de talkie. Rien. Juste nos armes.

- Et votre courage

- Mouais tu parles. Je trouve les corps suivants. Je vérifie les pouls. Tous morts. Il sait où tirer. Tous les grades sont représentés. Des hommes, des femmes, des enseignants, des lycéens. C'est une véritable frénésie. Pris d'une intuition je me souviens que le jeudi Eric a gym. Je me glisse hors du lycée et ouvre le gymnase. Que des corps. Et des armes aux chargeurs vides. Je retourne en courant au lycée. Et ouvre la porte de mathématiques. Là où il en bavait le plus après le sport. A peine la porte s'ouvre je… ; je pose ma main sur mon épaule, j'ai l'impression de sentir la balle, je souffle et Stiles vient s'asseoir en face de moi, il me prend les mains, je m'accroche à son regard ambre ; J'ouvre la porte et j'ai pas le temps de relever mon arme qu'une balle me perfore l'épaule gauche. Je suis projeté au sol. Mon arme est toujours dans ma main. Je la pose et compresse mon épaule. Eric arrive, un sourire fou aux lèvres. Il me dit qu'il reste une balle après il va devoir passer au couteau. Je le regarde et tente de le raisonner. Pourtant il a déjà tué une cinquantaine de gosse. J'essaie de lui dire que la vie vaut la peine d'être vécue. Enfin des merdes dans le genre. Il me fixe de ses yeux noirs et lève son arme en murmurant « dommage ». Mon flingue est au bout de mes doigts. Je pourrais lâcher mon épaule et tirer. Je pourrais. Mais je l'ai laissé tomber. Je mérite ça…

- Derek ; souffle indigné le jeune homme en face de moi ; Dis pas n'importe quoi !

- Mais merde c'est vrai. J'ai mis 1 mois à réagir ! L'aide il la cherchait avant. Il m'a cherché dans le train ! J'ai merdé, clairement ; Stiles secoue la tête mais je pose ma main sur son genou ; Il lève son arme et moi je bouge pas. Je suis résigné. Mais c'est une autre arme qui fait feu. Une arme que je connais aussi bien que la mienne. Un magnum desert Eagle. Celle de Scott. Il lui met une balle dans l'épaule. Lui demande de lâcher son arme. Il refuse, la lève à nouveau vers moi. Scott le supplie de pas faire ça. Même moi je lui demande, il rigole et pose l'arme sur sa tempe. J'ai rien pu faire. Au total il a tué 56 lycéens, 57 si on le compte et 9 personnels du corps enseignant. J'ai failli rendre ma plaque. Et donc…

J'ai un peu changé de vie. J'ai changé d'appart. J'ai plus pris les transports en commun. Et je préfère marcher. 1 ans et demi après je suis quelqu'un d'autre. Y a 3 mois je passe devant l'école maternelle, comme tout les matins, pour chercher mon pain. Sur le retour c'est trop silencieux. Y a toujours du bruit dans une école maternelle. Là pas un son. Je m'arrête regarde au-dessus du portail. Rien. Pourtant les lumières sont allumées. Je pousse le portail qui émet un grincement à la con. Ça attire l'attention d'un petit garçon. Il souffle sur la vitre et écrit SOS. Je réfléchis pas plus. J'appelle les collègues, parle de prise d'otage et raccroche. J'enlève ma veste et la pose sur le portail. Pour avertir de ma présence. Je sors mon arme et rentre dans l'école. J'étais tout seul mais je me sentais fort pour 10. J'allais pas laisser ses gosses en attendant le SWAT. Putain c'est des bébés encore… J'ai réussi à abattre les 2 malades mais ils ont eu le temps d'assassiner 3 petits enfants. Dont celui qui a donné l'alerte. Dorian. Il était beau comme un ange. Et je l'ai tenu jusqu'au bout ; je m'allonge sur le tapis. Je laisse les larmes couler parce que je regretterais tous les jours restants de ma vie de pas avoir regardé l'école avant d'aller acheter mon pain.

- Derek tu t'es comporté en héros ; il murmure

- Va dire ça aux parents Stiles. Va leur dire « Ouais j'ai bien agis. Désolé pour les vôtres mais j'en ais sauvé 198 ». Ils s'en foutent. Et Obama qui veut me donner une médaille. T'imagines ? Non je pouvais pas.

- T'as préféré faire une stèle aux petites victimes.

- Tu voulais que je fasse quoi d'autre ?

- T'aurais pu jouer au héros, t'enrichir avec une émission et même un livre ; il s'allonge sur moi ; T'aurais pu mais c'est pas l'homme que tu es. Toi tu es droit. Pour la justice. C'est pour ça que j'ai voulu te voir toi et personne d'autre. Je savais que tu serais assez fort pour me sauver de lui. Et je me suis dit que peut-être je pourrais aussi te sauver.

- Me sauver ?

- Oui. Il est temps de te pardonner Derek. Tu aurais pas pu sauver Eric. Tu peux pas sauver tout le monde. T'es pas Dieu. Mais tu es capable de tellement de belle chose. Regarde moi. Tu m'as sauvé. T'as pas lâché. T'étais prêt à défoncer la porte. Tu l'aurais fait d'ailleurs?

- Bien sûr que je l'aurais fait. Et j'ai failli abattre Paul comme une bête. Mais tu étais dans la voiture et ta maman sur le porche.

- Alors tu l'as simplement démonté. Tu m'as sorti du noir dans lequel j'étais. Tu m'as remonté à la surface avec toi. Tu m'entraînes au quotidien vers la lumière. Je sais que me sauver moi ne te permettra pas d'effacer la perte de ce petit bout mais…

- Là c'est toi qui dis n'imp ! C'est pas un compte. Tu es toi, comme Eric était lui et Dorian un lui en devenir. Y a pas de raisonnement genre « oh lui on peut laisser tomber, on se rattrapera avec l'autre ». Tout le monde mérite d'être sauvé. Toi peut-être un peu plus qu'Eric parce que tu es bon, gentil… Un cadeau du ciel… Eric était déjà un peu pourri à la base mais toi…

- Tais toi. Juste tais toi; il lève les yeux au ciel

- Mais non. C'est vrai. Toi c'est la vie qui a cherché à t'abattre. Mais t'es resté fort. T'es venu chercher de l'aide.

- C'est toi que j'ai été cherché. Mais je suis pas un cadeau du ciel

- Tu l'es. C'est juste la vie qui cherche à t'abîmer.

- Tais toi

- Nop

- Alors faut que je te fasse taire ?

- Tu peux y aller. On est entraîné à résister à la torture ; je rigole faussement, l'émotion encore là.

Il se penche et pose ses lèvres sur moi. Je me raidis et ne bouge plus. J'essaie de pas répondre au baiser. Mais il le sent.

- Pourquoi tu te retiens ?

- Parce que je veux pas…

- C'est moi qui t'embrasse. C'est moi qui suis au-dessus. C'est moi qui gère. Je gère Derek. Je gère

Il caresse mes joues encore humides. Il me regarde intensément et chuchote « je gère ». De manière imperceptible j'hoche la tête. Il se penche à nouveau et m'embrasse délicatement. Je pose mes mains sur ses hanches et réponds calmement. J'essaye de rester de marbre. Je tente de blinder mon cœur mais cet abruti tressaute, s'emballe. Il le sent, sourit contre ma bouche et va poser sa main sur l'organe en question.

- Au moins je peux pas douter de ton honnêteté.

- Trahi par mon propre cœur, un de ses déceptions ! Mais j'en ai pas honte… Tu me ramènes sur terre.

- Comment ça ?

- Après que Kate m'ait quitté un peu… Précipitamment dirons nous, j'ai décidé de… Ne plus tomber amoureux. Ça fait mal. Ça abîme. Alors je me suis transformé en loup solitaire. C'est pour ça qu'April m'appelle comme ça. Werewolf. Je vivais, mangeais et respirais boulot. J'ai même déjà dormi au boulot. Dans le salon de réception. Pourquoi rentrer ? Personne ne m'attendait. J'ai accepté de faire d'autres boulot, de gérer les dossiers, tout. Je m'abrutissais de boulot. Sans chercher à vivre. Puis t'es arrivé. Et voilà. Je cuisine à nouveau. J'y retrouve un plaisir fou. Je parle à nouveau. Et…

- Et ?

- Et me voilà, sous toi, sur ce tapis que j'ai acheté i mois parce que je me suis rendu compte que mon appart était vide. Genre appart qu'on vient d'acheter ou qu'on va pas tarder à quitter. Me voilà sous toi. Avec la seule pensée qui arrive à traverser mon cerveau de profileur « j'ai plus envie de bouger, de toute ma vie ». Voilà… Envie de garder ton poids plume sur mon corps, envie de sentir tes doigts entre les miens quand je me réveille la nuit, envie de t'entendre râler dans ton sommeil, envie de t'entendre chanter sous la douche, envie de voir ton sourire à fossette quand je vais te chercher au lycée. La seule pensée cohérente je te dis « envie de rester là »

- Pourquoi je t'ai pas rencontré plus tôt hein ?

- Parce que la vie est ainsi faite. Il faut d'abord souffrir pour pouvoir aimer et apprécier tous les autres instants.

Il s'allonge de tout son long sur moi. On reste tellement longtemps comme ça que je pense qu'il s'est endormi. Mais son ventre grogne.

- Qu'est ce que tu veux manger ?

- Banana split

- C'est parti

Je me redresse et l'entraîne avec moi. Je le porte et le pose sur un tabouret. Je lui fais son banana split et moi je mange juste une banane comme ça. J'ai l'estomac trop noué de tout ce qui est remonté.

On va se coucher en silence pour une fois. Il se glisse toute de suite contre moi. Il s'endort dans le calme. Moi j'y arrive pas. Je finis par m'assoupir alors que le ciel est rose.


J'en ai tué combien là? ^^