Chapitre 7
«- Non, non désolée Oppa mais ça ne va pas être possible... » Dis-je au téléphone essayant de convaincre Jong Woon que venir chez moi était une mauvaise idée.
« - Oh allez, mon frère a eu le droit lui, pourquoi pas moi ? Allez, ça fait un mois qu'on ne s'est pas vus, je peux quand même venir te rendre visite chez toi ! Ca sera plus tranquille qu'au café avec les ELF, je les adore mais, j'aime bien voir mes proches tranquillement pour changer de temps en temps ! » Boudait-il en insistant à l'autre bout du fil.
« - Oppa t'abuse ! User de cet argument là... Bon okay mais fais toi très discret d'accord ? Deux de tes sasaeng savent ou je vis je ne veux pas qu'elles s'imaginent des choses, c'est déjà difficile de leur faire comprendre que je me fiche totalement du fait que tu sois une Idol... » Soupirais-je vaincue.
« - T'inquiète pas, la discrétion c'est ma spécialité ! » Cri-t-il fier de lui.
« - J'ai le droit d'en douter ? » M'inquiétais-je alors soudainement.
J'étais tranquillement en train de préparer le déjeuner quand l'interphone sonna. C'était mon premier jour de repos depuis mes débuts au Händel&Gretel, j'avais prévu de me reposer et éventuellement aller voir Sae Hee à la fin de ses cours, mais l'aîné de mes patrons en avait décidé autrement, heureusement je n'avais rien dit à Sae Hee pour ne pas lui faire de fausse joie en cas d'empêchement ! J'ai eu le nez fin pour le coup. Je lui ouvre la porte de l'immeuble et lui indique mon étage et le numéro de mon appartement. Il met peu de temps à montrer, vive les ascenseurs, je me précipitais donc de nouveau dans le couloir pour lui ouvrir. Oui je vous rappelle que je suis en train de cuisiner. Je l'accueil avec plaisir, le revoir me fait chaud au cœur. L'invitant à faire comme chez lui je m'excuse de devoir retourner aux fourneaux. Je l'entendais commenter ma décoration, ma collection de livres, ma collection de Cds et ma collection de DVDs, il parcourait mon appartement, en découvrant un peu plus sur moi dans chaque pièce qu'il visite. Il finit par me rejoindre dans la cuisine en souriant. J'avais mis des lardons à mijoter et je préparais la pâte en y mettant de la crème fraîche avant d'y ajouter les rondelles d'oignons que j'avais préalablement découpées pendant ce temps dans le four chauffait mon gratin de pâtes. Oui je sais, pas très coréen mais j'avais envie d'un plat français pour aujourd'hui.
« - Et en plus tu sais cuisiner ! Bon sang t'es la femme parfaite ma parole ! » Riait-il en s'asseyant en face de moi.
« - Si tu le dis... Ce sont des plats français, j'espère que tu aimeras ça... » Répondis-je rougissant légèrement.
« - Euh... Je n'avais pas vraiment prévu de manger avec toi... J'étais même près à aller manger un bout dehors une fois t'avoir un peu embêté ici... » Dit-il surpris et légèrement gêné.
« - Eh bien tu apprendras que, chez nous aussi français, nous savons accueillir nos invités. Il est hors de question que tu quittes cet appartement sans manger ! » M'exclamais-je en retirant les lardons du feu pour les ajouter à la crème fraîche et aux oignons.
« - Je suis censé être le plus âgé non ? Ce n'est pas très formel comme langage ce que tu viens d'utiliser ! » Taquina-t-il espérant reprendre le dessus.
« - Je suis la maîtresse de maison, quel que soit ton âge tu es chez moi, je décide et tu te laisse faire ! » Montrais-je alors comme je pouvais être autoritaire qu'elle que soit la personne et son âge se trouvant en face de moi.
« - Je m'incline, une femme aux fourneaux a tous les pouvoirs ! » Levait-il les mains en signe de défaite.
Me posant encore et toujours des questions comme il aime à le faire depuis maintenant un mois, et ce quel que soit le réseau social ou moyen de communication. Une fois qu'il eu finit je me mis à faire la même chose, c'était devenu une habitude entre nous, se poser des questions, apprendre à se connaître. Il m'expliquait donc sa vie d'Idol, et avant ça sa vie de trainee, puis sa vie encore avant. Ses goûts en musique, en lecture, en film... Il m'avoua aussi que s'il avait acheté ce café à ses parents c'était pour les avoir près de lui après les soucis de santé que son père a eu. C'était aussi pour voir son petit frère plus souvent car tous deux étaient très proches. J'eu les larmes aux yeux à ses révélations, ce qui le fit sourire bien entendu. Il apprécia autant que moi le repas que j'avais cuisiné. Et vint alors le moment de ranger la table, il insista pour m'aider, je le laissais donc faire. Vaisselle dans le lave-vaisselle, condiment dans le placard, boissons au frigo et ordures à la poubelle.
Il eu un geste qui m'étonna alors que nous nous disputions gentiment le rangement... Un simple petit touché, mais mon cœur en rata un battement et moi j'en oubliai même de respirer sur le coup. Il venait de poser son doigt dans le creux de la lèvre supérieur, son sourire s'agrandit à ma surprise et ses lèvres vinrent délicatement se poser sur mon front. Il déclara qu'il m'aimait bien puis alla dans le salon sans en rajouter ni demander son reste. J'étais là scotchée à ne savoir que dire ou faire... Pourquoi avoir posé son doigt précisément ici ? Reprenant mes esprits je préparais un peu de thé avant de le rejoindre, il s'était installé dans le canapé et regardait un album photo de mes amies et moi dans mon pays natal. M'installant à ses côtés je lui expliquais qui était qui et ce qu'elles étaient toutes devenues. Jade était à présent institutrice dans une école primaire très réputée, Lila était aux dernières nouvelles montée au grade de sergent chef dans l'armée de terre, Karine une DJ dont la carrière montait en flèche et Solène une esthéticienne à son propre compte. Elles me manquaient toutes, mais je savais que je les reverrais un jour, même si à présent ma vie c'était ici et nulle part ailleurs, je comptais bien retourner en France leur rendre visite de temps en temps, quand mes moyens financiers et mes jours de repos me le permettraient.
C'est une longue discussion qui suivit l'explication de chacune des photos qu'il avait regardé. Les heures défilaient mais nous nous en moquions, nous rions, nous parlons, être l'un avec l'autre donnait une nouvelle dimension à la relation que nous étions en train de construire. Déjà via texto et compagnie nous nous étions pas mal rapprochés, mais là c'était encore plus flagrant. C'était comme si nous nous connaissions depuis des années à force de se parler de tout et de rien qui font que nous savions tout de l'autre... Ou presque ! Son téléphone sonna, il grimaça en voyant le nom qui s'affichait, répondant il me fit une moue qui voulait tout dire... Il allait certainement devoir partir mais ne voulait pas. Il ne cessait de dire hyung à tout va, des oui, des pourquoi et des pitiés défilaient entre ses lèvres. Si j'avais bien tout compris il suppliait son interlocuteur de pouvoir rester avec moi encore un peu, mais il ne gagna pas, heureusement ou malheureusement, je ne le sais pas trop... Une chose dont je suis sûre, quand je vis l'heure, c'est qu'il était temps autant pour l'un que pour l'autre d'aller se coucher. Il était déjà très tard, 23H, le temps était passé à une de ces vitesses, je n'aurais pas cru ! Raccrochant il soupire assez déçu puis relève la tête pour me sourire.
« - Je vais devoir rentrer, un de nos manager a remarqué que je ne suis pas resté au dortoir comme prévu et il pique une crise... » Riait-il.
« - Et toi ça te fait rire Oppa ? Tu exagère, il se fait sûrement du souci pour toi ! Allez zou tu rentre plus vite que ça ! » Me levais-je alors pour l'encourager.
« - Je rêve ou tu mets ton Oppa à la porte ? Et puis, il a surtout peur que je fasse des vagues, quand il a sut que j'étais partit voir une fille, il a cru que j'avais une aventure au risque de me faire choper par les journalistes ! » Expliqua-t-il en se levant aussi pour me faire face. « Mais je ne pense pas que ce genre d'aventure t'intéresse, tu n'es pas comme l'image que tous se font des filles françaises... »
C'est donc un peu déçu, mais malgré tout heureux de l'après midi que nous avons passé ensemble, qu'il s'en va. Bien entendu avant de partir il réclama un gros câlin et posa de nouveau son doigt au dessus de ma lèvre inférieur. Puis il disparu dans l'ascenseur me faisant signe de la main.
