BON-SWAR ! On enchaîne avec un petit chapitre du Survivant de l'Enfer, que, j'avoue, j'avais très très très hâte d'écrire :3 Merci à S'yelenn (et non, on ne verra pas Enoch, ou tout du moins pas tout de suite :3), SunWings, Isil-gawien, juliabakura, Klervia, Untel_Master et Mikeyran pour les reviews :3 J'avoue, j'ai ri sadiquement devant toutes vos reviews. Certains d'entre vous se rapproche de la vérité. C'est parti, bonne lecture à tous !
Chapitre 14 : L'heure de vérité
A l'intérieur de l'Église de la Lumière...
Mahyar suivait Théo dans les couloirs depuis quelques minutes maintenant. Il ne se sentait pas réellement à sa place. Cette Église avait quelque chose de malsain, il en était certain. Il ne savait pas si c'était les paladins au garde-à-vous qu'ils ne cessaient de croiser ou les énormes portraits des anciens archevêques qui semblaient le juger, mais il se sentait observé. Ils étaient escortés par les paladins de l'entrée, qui avaient finalement réussi à obtenir une audience avec l'archevêque. On les laissa dans une grande salle, en les priant d'attendre quelques minutes. Théo fit un tour sur lui-même.
« L'archevêque ne sera pas là avant une bonne demi-heure. Reste ici, je vais dire bonjour à une vieille connaissance.
- Qui ça ?
- Mon... Père. Pas mon biologique. Celui qui m'a adopté. Viktor il s'appelle. Bref. Reste ici, ne fais pas de bêtises, je reviens vite. »
Théo laissa son bouclier aux pieds de Mahyar et disparut dans une couloir, au fond de la pièce. Le Maître du Jeu, d'ordinaire solitaire, chez lui, se mit à très fortement angoisser. S'il y avait une chose qu'il avait appris durant ces quelques jours de voyage, c'est qu'être seul n'était jamais bon. Il décida de focaliser son attention sur quelque chose, de peur de devenir fou. Et ce fut une frise gigantesque, de plusieurs dizaines de mètres de long, qui attira son attention. C'était très coloré, mais Mahyar identifia quelques personnages, plutôt fièrement. Le Dieu de la Lumière, tout d'abord, tout en haut, surveillant un paysage dévasté, où des hommes en armure d'or, sur des chevaux, semblaient suivre un personnage sombre, habillé tout de noir. Mahyar retint sa respiration. L'homme en question avait des dreads. En y regardant de plus près, il remarqua plusieurs autres similitudes avec lui, la forme du visage, la taille.
Sans trop savoir ce qu'il se passait, il fut pris de vertige. Il se laissa mollement tomber contre un mur. Quelque chose lui échappait. Quelque chose d'important. Pourquoi n'arrivait-il pas à s'en souvenir ? Il se redressa difficilement. Le mal de crâne était toujours là. Il posa une main sur la peinture. Quelque chose d'étrange se produisit. Il sentit un long picotement courir le long de son bras, puis il s'effondra au sol, inconscient.
« Papa. Pourquoi n'ai-je pas le droit d'aller jouer avec les autres ?
- Parce que tu dois nous aider Mahyar. Reste assis. »
Le jeune Mahyar poussa un soupir las. A quoi pouvait bien servir toutes ces saignées ? Il n'était pas malade, il n'était pas non plus un hérétique. Il ne comprenait plus vraiment ses géniteurs. C'était comme s'il n'était plus qu'un outil. Depuis qu'il avait ce foutu pouvoir, tout avait changé. Il poussa un petit soupir.
« C'est bon, tu peux y aller. Tu te souviens ? Tu imagines la pomme et... »
Les yeux de Mahyar prirent une lueur dorée. Il tendit la main, des particules dorées en sortirent, et commencèrent à former une forme ronde. Une pomme sembla vaguement se matérialiser, avant de se modifier. Le père fronça les sourcils. Un serpent naquit de la main de l'enfant. L'animal glissa silencieusement dans les fourrés et disparut au loin.
« Pourquoi est-ce que tu as fait ça ?
- Parce que j'en ai marre Père. On est là depuis ce matin.
- Tu te crois malin Mahyar ? »
Le Père se relève, lève la main. Mahyar le voit arriver, roule sur le côté au dernier moment, et se met à courir, vers la forêt, à en perdre haleine, alors que son géniteur lui hurle de revenir, sous peine de lui faire la peau. Il l'entend juste derrière lui. Il se retourne, tend les mains. Les arbres semblent s'enrouler entre eux, formant une barrière infranchissable. Plus jamais il ne lui mettra la main dessus. Il continue encore sa course sur quelques mètres, puis tombe au sol, épuisé. Il ne maîtrise pas encore tout à fait ses pouvoirs, ils demandent une énergie importante. Dormir. Oui, c'était bien dormir. Il se roula en boule et ferma doucement les yeux.
« Mahyar ? Eh oh ? Debout ! »
L'intéressé ouvrit un œil en grognant. Il se releva doucement. Les vertiges étaient toujours présents. Il abandonna et se laissa retomber sur le sol. Théo était au dessus de lui, accompagné d'un deuxième homme. Tout tournait. C'était horrible. L'homme qui accompagnait Théo, Viktor, de toute évidence, s'accroupit à son niveau.
« Tu as bien dit que c'était l'enfant de la Prophétie, non?
- Oui, pourquoi ?
- Tu as lu la prophétie jusqu'au bout Théo ?
- Non. J'ai toujours considéré ça comme étant des bobards stupides pour faire peur aux gosses.
- Et bien, pour tout te dire, moi aussi. »
Viktor se releva, examina attentivement la peinture derrière le maître du Jeu. Son regard se plongea de nouveau dans celui de Mahyar.
« Lorsque l'enfant de la Prophétie, récita Viktor, viendra pour nous sauver, il sera le seul à être capable de toucher la sainte peinture et en survivre. Tu as déjà vu ce que fais cette peinture aux gens Théo ?
- … Non.
- Elle les réduit en cendres.
- Sympa de prévenir, lâcha Mahyar sur un ton de reproches, en tentant de s'asseoir une nouvelle fois. »
Le « prophète » réussit finalement à s'appuyer contre un poteau pour tenir en position assise, non sans mal. Au même moment, une escouade de pladin entra dans la pièces, armés jusqu'aux dents, entourant une jeune femme encapuchonnée, habillée d'une robe ample couleur or. Théo et Viktor s'inclinèrent immédiatement. Mahyar suivit le mouvement, sans vraiment comprendre pourquoi.
« Messire Silverberg, dit-elle d'une voix douce, mais ferme, vous avez demandé ma présence ?
- Oui Dame Maëlis. »
Théo se releva doucement, puis lança un regard nerveux aux gardes. L'archevêque de l'Eglise de la Lumière leur demanda de déguerpir d'un mouvement de main, ils s'exécutèrent sans un mot. Le paladin désigna alors Mahyar du menton.
« Qui est-ce ? Demanda t-elle.
- Il se nomme Mahyar Sh...
- Shakeri, intervint l'intéressé avant qu'il ne commette une bourde.
- Oui. Et j'ai des raisons de croire qu'il est l'Enfant de la Prophétie. Vous savez, celle qui est représentée sur cette toile ?
- Savez-vous seulement ce que vous êtes en train d'annoncer Inquisiteur ? Cette affaire n'est pas à prendre à la légère. Surtout au vu des récents événements. A t-il montré... Des signes ? De pouvoir ? »
Mahyar aurait voulu dire qu'il était là mais se retint. C'est vrai qu'il n'avait jamais vraiment expérimenter la chose. Alors que l'archevêque et Théo continuait de parler, Mahyar s'imagina une pomme, puis tendit la main. Un silence se fit, entre Dame Maëlis et Théo. Les yeux du MJ avaient pris une lueur dorée, un peu comme celle qui émanait de la source de la Lumière, mais en un peu plus vive. Des particules s'échappèrent de sa main, puis se rassemblèrent, se solidifièrent, et, finalement, une pomme roula jusqu'aux pieds de Théo. L'archevêque resta un long moment silencieuse, puis prit la parole.
« Sir Mahyar, l'Eglise de la Lumière est désormais à votre service. Nous devons parler, et vite. J'ai des informations confidentielles concernant le mal qui secoue ce pays. Suivez-moi. »
Mahyar attrapa le bras que Viktor lui tendit et se releva péniblement. Il tenait sur ses jambes, c'était déjà ça. Il s'appuya sur Théo, et suivirent l'archevêque dans les couloirs de l'Eglise.
De retour aux laboratoires...
« FANTA ! FANTAAAAAAAAAAAAA !
- Putain, mais faites le taire !
- FANTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! »
Retenu sur la table par l'honorable nombre de dix personnes, Bob Lennon était en train de se défendre, couché sur une table dans un laboratoire. Il avait déjà mordu deux scientifiques, castré un autre, qui était toujours plié en deux dans le fond de la pièce, par ailleurs. Il réussit encore une fois à libérer son pied et l'envoya dans la tête de la première personne qu'il croisa.
« Tu le tiens ?
- Je croyais que c'était toi qui lui tenais la jambe !
- Tenez-le, j'envoie le sédatif ! »
Bob redoubla d'efforts. Hors de question qu'il termine ici. Quand on l'avait amené, il avait tout de suite reperé les corps de ses amis, endormis, ou pire, et il avait décidé que ce ne sera pas son cas. L'un de scientifiques exerça une pression sur son épaule blessée, le faisant se courber de douleur, alors qu'une aiguille se plantait dans sa cuisse. Il essaya en vain de lutter contre le produit, mais il se retrouva bien vite à demi-comateux, une douleur sans nom au niveau de l'épaule.
« Vous pouvez le lâcher. On attaque le transfert de suite. »
Bob se sentit faiblir, alors qu'on lui posait un casque sur la tête. Une décharge électrique le surprit, et il sombra dans l'inconscience.
Dans un train pour Paris...
Fanta était peu fier de lui. Il avait poussé un vieil homme avec un ticket de train dans les mains, lui avait piqué son ticket, et c'était barré avec. Gagner la capitale lui semblait véritablement important. Plus loin il serait de ce laboratoire de fous, mieux ce serait. Boubou lui souleva la main du bout du museau, pour réclamer des caresses. Fanta avait sacrifié la moité de son sandwich (volé, lui aussi) avec son chien. Boubou avait mangé la tranche de jambon et le fromage, Fanta avait grignoté le reste du pain. Mais il le vivait bien. Encore une heure de train et il pourrait s'estimer en sécurité. Il espérait que Bob aille bien, également. Il craignait qu'ils se servent de lui comme appât, et il savait qu'il tomberait dans le panneau, de toute manière.
Il avait un plan en tête. Ou tout du moins un semblant de plan. Il y avait une convention sur Paris, le lendemain de son arrivée. Avec des YouTubers, donc. S'il réussissait à contacter Antoine Daniel, Matthieu Sommet ou même Squeezie, il serait content. Ne serait-ce qu'au cas où ces malades décident de s'en prendre à d'autres, à cause de lui. Il s'installa un peu plus confortablement sur son siège, Boubou vint se blottir contre lui. Il en était certain, tout allait finir par bientôt s'arranger, il ne pouvait en être autrement. Il ferma les yeux, et, pour la première fois depuis plusieurs jours, il se laissa sombrer dans les bras de Morphée.
Non loin de la Capitale du Cratère...
« C'est lui mon créateur ? Demanda Balthazar, légèrement surpris. Je l'imaginais... Plus... Moins... Il me ressemble comme deux gouttes d'eau quoi ! C'est quoi son nom ?
- Bob, répondit Krayn, en plaçant un semblant de coussin sous la tête de leur ami.
- Il s'appelle vraiment Bob ?
- Non. Mais on l'appelle comme ça, c'est tout.
- Pourquoi ? »
Krayn tenta de ne pas paraître agacé. Alors que Bob et lui étaient partis faire un tour pour bavarder un peu, ils étaient tombés sur le corps inconscient de Bob Lennon, le vrai. Enfin, celui qui ne venait pas de ce monde. Le Streamer avait essayé de rapidement expliquer la situation au pyromage, mais il ne pouvait s'empêcher de poser des questions. C'était mignon au début, mais une fois passé le stade d'une question à la seconde, ça devenait rapidement ingérable. L'amateur de fromage (ndla : j'avais plus d'idées pour ne pas répéter Krayn, okay ?) passa une main dans le dos de Bob.
« Tu m'aides à le porter B.O.B ?
- Oh. Oui, bien sûr. »
Balthazar souleva les jambes de son créateur, et ils l'emmenèrent au camp. Shin libéra sa couchette pour laisser les deux hommes allonger le Pyro-Barbare à l'intérieur. Ils remontèrent la couverture, et traînèrent le sac de couchage près du feu. Balthazar posa une main sur la tête de son double et tira une grimace.
« Fièvre. Et son épaule a l'air d'être gonflée.
- Oui, il s'est fait tiré dessus il y a quelques jours, intervint Seb.
- Avec quoi ?
- Une arme à feu. Mais vous ne devez probablement pas en avoir par ici. Et j'espère pour vous qu'il n'y en aura jamais. Bref, c'est... Pas normal qu'elle soit aussi gonflée ! Et il était tout seul ?
- Oui, répondit Krayn. Aucune trace de Fanta. Il a peut-être vraiment réussi à s'enfuir. »
Cette idée arracha un sourire à Fred, un peu en retrait du groupe. Si Fanta était dehors, tout n'était peut être pas perdu, après tout. Bob sembla doucement émerger, commençant à s'agiter sous la couverture. Balthazar retira doucement le bras de son double de son T-Shirt, pour observer la plaie.
« C'est pas infecté, juste très gonflé. Personne ne lui a dit qu'il ne fallait pas utiliser ce bras-là pendant quelques jours ?
- C'est Bob Lennon, le jour où il écoutera ce qu'on lui dit c'est vraiment qu'il sera mourant, lâcha Fred en riant. »
Balthazar replia le bras du blessé contre lui même, puis, avec une de ses ceintures, improvisa un repose bras. Ce serait toujours ça de fait. Bob finit par ouvrir un œil, et se releva, paniqué, lançant des regards fous autour de lui. Seb qui était assis près de lui posa une main sur son torse, pour le forcer à se recoucher.
« Calme-toi mec, t'es en sécurité.
- On est où ? »
Il lança un regard à Balthazar, puis fronça les sourcils, perplexe. Il dévisagea ensuite intensément Shin. Son cerveau s'était mis à fonctionner à deux cent à l'heure.
« Est-ce qu'ils sont...
- Oui, dit calmement Krayn. On en sait pas plus. Mahyar et Théo sont en ville, ils vont pas tarder à revenir.
- Et Fanta ? Il était avec moi ? Vous savez où il est ?
- On pense qu'il est toujours dans l'autre monde, lui expliqua calmement Fred. Ne t'inquiètes pas pour lui, il est grand, il se débrouillera.
- On a essayé d'aller chercher de l'aide. Les flics bossent avec eux...
- Arrête de t'inquiéter Bob, ça va aller je te dis. »
Bob, moyennement convaincu, décida de changer de sujet. Il fixa intensément Balthazar, qui le dévisageait lui aussi, la tête légèrement penchée sur le côté, comme s'il l'analysait.
« Tu fais vraiment du feu ? Lâcha soudainement Bob.
- Ouais.
- C'est cool. Et ça marche comment ? »
Les Bob partirent dans un débat sans nom, qui dura plusieurs heures. Ils étaient tous les deux aux anges, pour une fois qu'ils pouvaient parler et se comprendre, c'était la fête. Shin, à l'écart, était monté dans un arbre, et surveillait désormais le retour de leurs amis. Il n'aimait pas beaucoup ça, les savoir loin d'eux, sans possibilité de les aider en cas de problèmes. Un grondement sourd l'alerta soudain. Il descendit de son arbre et rejoignit les autres, eux aussi l'avaient entendu. Eden renifla le sol, puis gratta, nerveuse.
« Oh non, lâcha Shin, en relevant la tête.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?! Hurla Bob, hystérique. »
Dans le ciel, une énorme masse d'énergie maléfique se déplaçait lentement vers la Capitale. Ils n'eurent pas le temps de réagir, une secousse les envoya tous au sol, alors qu'une fissure commençait à s'élargir doucement sous eux.
« COURREZ ! Hurla Balthazar. »
Woaw. Je crois que c'est mon plus long chapitre jusqu'à présent bwahahahahahaha. Je sais que vous avez envie de me taper, frapper, acidifier et autre, mais si vous voulez la suite, il va falloir réprimer vos pulsions :3 Merci à vous d'avoir lu, n'hésitez pas à laisser une petite review, c'est toujours sympa, et on se retrouve -normalement, lol- pour la 100ème fanfiction très très très bientôt :3 Bisouilles à vous !
