Chapitre 23
P.O.V Conan
Ma tête me faisait mal. C'est comme si quelqu'un s'acharnait à l'intérieur, attendant désespérément une réponse de ma part. J'aurais voulu lui donner cette réponse, j'aurais voulu lui crier que j'étais là et qu'il n'avait plus besoin de crier, mais j'en été incapable. A vrai dire, en cet instant je n'étais pas capable de grand-chose. Mes articulations étaient immobilisées par le froid. J'essayai d'ouvrir les yeux mais en vain, une lumière aveuglante m'obligea à les refermer immédiatement. Au bout d'une dizaine de tentatives, je pus enfin les ouvrir complètement.
Une sensation de déjà vu m'envahit. Je connaissais cet endroit.
J'observai brièvement la salle. Une pièce carrée, des murs blancs tachés par l'humidité à certains endroits. Une pièce vide. J'étais assis sur une chaise en face d'une porte. J'essayai de bouger, mais quelque chose m'en empêcha. Je baissai les yeux et vit mes poignets et mes chevilles liés, respectivement aux accoudoirs et aux pieds de la chaise.
Je connaissais trop bien cette salle. Je ne voulais pas, je ne pouvais pas. Un stress apparut dans mon ventre remontant petit à petit vers mon cœur. Il me faisait mal. Cela faisait deux ans presque trois que je n'avais pas remis les pieds ici, et je dois bien avouer que cet endroit ne m'avait pas manqué. Je voyais des flashes dans ma tête, ces mêmes flashes que je voyais la nuit pendant mes cauchemars, cette période me hantait, je ne pourrais jamais l'oublier, alors comment pourrais-je la revivre ?
Je relevai la tête à l'entente d'un grincement de porte. Lui ? Comment ? Non il devait être mort ou au moins en prison !
L'homme qui entra avait de longues mèches brunes qui lui tombaient devant les yeux. Il s'approcha de moi. Mon cœur rata des battements. Le stress était définitivement monté jusqu'à lui.
Eh bien je crois qu'on ne s'est jamais vu, Arack, enchanté.
Je ne comprenais plus rien, comment pouvait-on ne jamais s'être rencontré ? Et au collège ? Je ne comprenais plus rien, j'étais perdu. Je ne savais même pas comment jetait arrivera ni pourquoi et encore moins depuis combien de temps. Qu'est-ce qui était la réalité ?
Un rire s'échappa de sa gorge ayant apparemment remarqué toutes les questions que je me posais mentalement.
Haha, mais oui tu as vu quelqu'un s'appeler Arack au collège, n'est-ce pas ? Crois-tu réellement que je serais aussi bête que ça ? Que l'organisation coule je m'en fiche, je veux simplement ne pas être arrêté.
Alors l'homme au collège n'était qu'un déguisement ? Je me suis fait avoir comme un bleu.
L'homme s'approcha encore plus de moi, il regarda mon bras et e découvrit. Je détestais cette sensation, je détestais voir mon bras nu. Il fixa quelques instants avant d'arborer un sourire carnassier.
Gin n'a vraiment aucune tenue, souffla-t-il.
Il s'approcha de mon oreille, je sentais son souffle chaud dans mon cou. J'avais envie de fondre en larmes, cet homme dégoutant.
Si je te demande qui sont tes collègues, me répondras-tu ?
Quoi ? Comme si j'allais les trahir, je n'ai rien dit la dernière fois et je ne dirais rien cette fois encore !
Je te répondrais d'aller clairement te faire foutre.
J'avais affiché un souriez fière. Comment pouvais-je sourire dans un moment comme ç a? Étais-je suicidaire ?
Le brun regarda la caméra et fit un signe, quelques secondes plus tard un gringalet entra. Si je l'avais croisé dans la rue, jamais je ne l'aurais imaginé dans une organisation criminelle. Pareil pour le blond, comment un homme si fin et intelligent pouvait-il être au service du mal ? Le brun ne devait pas être plus âgé que Shinichi ou même Shiho.
L'homme tira rapidement de mes réflexions. Il s'était rapproché, trop prêt à mon gout, et tenait dans sa main une seringue. Il l'approcha de mon cou, je pouvais sentir la fine pointe sur la plate de mon cou.
Cette merveille est une sorte de sérum de vérité, un variant de la scopolamine. Alors toujours pas prêt à parler ? Tu pourrais te taire tu me fais mal à la tête…
Les adultes m'ont toujours dit d'arrêter d'être insolent, je crois que cette fois mon insolence va me couter vie…
Arack afficha un sourire.
Très bien.
Je fermai les yeux m'attendant à sentir la fine aiguille me transperçait, mais rien. Je les ouvris en toute hâte. Le gringalet venait de retenter dans la salle avec cette fois ci un charriot en fer. Des centaines de couteaux, piques et toute autre sorte de moyen de torture étaient là, exposés sur la table de fer.
Le brun attrapa une ceinture de cuir.
Que comptes-tu faire avec ça ? Avais-je demandé. Quelque chose comme ça.
L'aire claqua, je criai. Du sang s'échappa de mon torse. Un nouveau claquement meurtrier se fit entendre, qui vit rapidement d'un nouveau hurlement, et encore un autre. Mecs lamentations emplirent rapidement l'espace immaculé, désormais tournant au pourpre. La ceinture de cuir continuait interminablement de cingler l'atmosphère, meurtrissant ma peau.
Le brun se délectait de voir me voir souffrir sous ses coups. Il abattait sans scrupules sa main, laissant des estafilades le long de ma joue, de mon cou, de mes cuisses, de mecs bras, de mon torse. L'odeur de rouille caractérielle du liquide vermeil emplit l'oxygène du lieu.
Qui sont-ils ? Va-te-faire-foutre, ai-je réussi à articuler.
Le brun se retourna, me laissant semblant un espoir, mais avant même que j'eus le temps de dire « ouf », ma main droite fut transpercée par un pique argenté. Je laissai échapper un cri qui raisonna dans la salle. Des gouttes de sang coulèrent sur l'accoudoir avant de s'écraser sur le sol. J'ouvris les yeux pour regarder à quoi ressemblait ma main. J'eus une soudaine envie de vomir. L'homme s'approcha dangereusement de moi. Il leva les yeux vers mon visage et afficha un sourire qui me dégoûta. La langue de mon bourreau vint lécher perversement le sang qui coulait abondamment de la plaie. Je sentis un frisson de dégout me parcourir l'échine. Il se releva soudainement et récupéra un second pique. Allait-il ? Non !
Des gémissements de douleur mélangés à de la frayeur, sortirent de ma gorge. Je me sentais mal, très mal. Pas seulement au niveau de mes plaies.
Il brandit le pique. Mais avant que celui-ci ne rejoigne son jumeau, je ne voyais déjà plus rien. Aucun son ne me parvenait, seuls les battements de mon cœur qui persistaient pour que je reste en vie.
P.O.V narrateur
- Ah, enfin réveillé.
Conan espérait que ce n'était qu'un mauvais rêve et qu'il allait se retrouver dans son lit bien au chaud chez lui. Mais non, au lieu de retrouver une petite tête rousse qu'il aimait tant, c'est une tignasse brune qui apparut devant ces yeux encore embrumés. Brune ? Un brun? Mais alors ce n'était pas un rêve. Il ouvrit difficilement les yeux. Il tomba nez à nez avec un tissu rougeâtre posé sur sa main. Il soupira. Le brun n'avait apparemment pas l'intention de le tuer si rapidement.
Plusieurs heures passèrent, les cris résonnaient, le sang coulait, les dents et les articulations se crispaient et son cœur se serrait. La même question s'échappait du bourreau : « qui sont tes collègues ?! ».
La pièce blanche était maintenant maculée de taches, certaines rouges, d'autres marrons, et les plus anciennes avaient même tourné au noir.
La foi de Conan était partie en fumer, et sa dernier part de logique allait bientôt suivre. Sa haine s'intensifiait de plus en plus jusqu'au moment où elle n'avait même plus la force d'exister. Il n'en pouvait plus. Son corps entier le brulait, ses poumons se décriraient à chaque respiration, son cœur se serrait à chaque battement. La mort le frôlait sans vouloir une bonne fois pour toute l'emporter. Il était devenu un corps inerte attendant que la faucheuse ne daigne faire attention à lui. Il pouvait presque sentir sa vie s'échapper de ses plaies.
Il se sentit partir une nouvelle fois. Quand un voile sombre eut recouvert les yeux de la victime, celui-ci vit apparaître des visages. S'il en avait eu la force il aurait souri tant ces visages il les aimait. Trois collégiens souriants, une rouquine tellement belle. Une grande brune, un vieil homme ou encore une blonde et un homme aux yeux verts. Etait-ce la dernière fois qu'il voyait ces visages ? Pourrait-il un jour tous les revoir en vrai ? Pourra-t-il reposer une fois, juste une fois encore ses lèvres sur celles de la rousse ? Pourra-t-il simplement encore vivre ?
« Avant que je devienne Conan, je n'avais jamais vraiment ressenti l'envie de vivre, je pensais que mon quotidien durerait toujours. Je jouais les détectives, me croyant utile au monde. Mais je viens de comprendre que le simple fait d'être en vie, de mener une existence ordinaire, ça n'a pas de prix. » Pensa Conan avant de sombrer une nouvelle fois dans le néant.
