Chapitre 3: Tentative.
Doflamingo bouillait littéralement sur place. Dans la même journée, il avait perdu une esclave qui obéissait au doigt et à l œil et son prisonnier qui n était autre que son ancien subordonné. Mais le pire, c était qu il s était fait avoir comme un débutant. C était beaucoup trop beau, la capture de Law et sa docilité plus que suspecte, il aurait dû voir la supercherie. Il s arrêta de marcher les cent pas, se tourna vers un tas de barils dans lequel il mit un coup de pied tellement puissant, que le bois se détériora. Ce qui ne suffit pas à le calmer.
-Capitaine.
Il allait pouvoir libérer toute la cruauté qu il avait en lui car Bellamy venait de se présenter à lui. Un sourire sadique se dessina sur le visage du blond aux lunettes mauves.
-Bellamy...
-Je... On m a dit que vous me demandiez.
-On t a dit vrai. Avance. Je veux que tu m expliques comment cinq intrus, dont un sérieusement épuisé et une esclave, on fait pour te filer sous le nez sans que tu ne réagisses.
-Ils... ils ont... sauté dans l océan capitaine. Je ne... pouvait pas les suivre... bégaya le concerné en baissant les yeux.
-Et tu ne pouvais prévenir personne?
-Je n y ai pas pensé capitaine, sur le moment... Je suis désolé.
-Oh oui tu peux l être! Tu sais ce qu il va t arriver n est ce pas?
-Le cachot?
-Non, aujourd hui je suis d une très mauvaise humeur et pour me la remonter je comptes... hum... Te noyer! Ca risque d être amusant, pour moi!
Aussi grand fut-il, le géant s écroula par terre, devant les pieds de son capitaine et se fit tout petit. Il tremblait, lui, alors qu il prétendait n avoir peur de rien, ni même la mort.
-Capitaine je vous en supplies, lancez-moi au cachot autant de temps que vous voulez mais pas ça, s il vous plait.
-Tu sais que cela ne sert à rien d insister quand j ai prit une décision, non?
-Oui, mais...
Il répondit dans le vent, car Doflamingo quitta la pièce, mais sans oublier de l attacher, grâce à son pouvoir, et le faire suspendre au plafond.
Law entra dans sa chambre, se déshabilla pour filer sous la douche. Qu est ce qui lui avait prit de sauver cette gamine? Et surtout, qu est ce qu il allait en faire? Passer presque tout son temps avec ses nakamas le rendait quelque peu bienveillant et il n aimait pas ça du tout. Il laissa l eau brûlante couler sur sa peau. Il avait été dans une cellule pendant trois jours, dans la crasse et l humidité; il en avait besoin.
Prude avait été emmenée dans l infirmerie et posée sur un matelas. Le coup qu elle avait reçu sur la tête n avait pas été violent, mais elle avait du sommeil à rattraper. Shashi s était proposé de la surveiller. Il était assis là, à la regarder. Elle aurait été plus que magnifique si elle avait eut une vie normale. Elle avait de jolis traits de base, mais son grand manque de poids l enlaidissait. Dommage, pensa le jeune homme.
Quand elle se réveilla, elle était seule. D abord, elle fut heureuse de sa nuit de sommeil, car elle avait dormi dans un vrai lit, puis la panique la prit. Où est ce qu elle avait trouvé un lit et comment était-elle arrivée sur celui-ci. Elle ouvrit les yeux, tout en s asseyant brutalement. La première chose qu elle fit, ce fut d étudier son environnement. La pièce n était ni grande, ni petite. Enfin pour elle, elle était énorme... Les murs étaient blancs et paraissaient être construits en métal, plutôt qu en bois. Il y avait deux autres lits, en plus du sien, drapés de blancs. Plusieurs armoires, blanches également, s alignaient entre la porte et le hublot. Hublot, par lequel Prude s aperçu qu elle était sous la mer. Le paysage qu offrait la fenêtre était la seule touche de couleur de la cabine. En premier lieu, elle fut émerveillée devant tous ces poissons multicolores et ces plantes aquatiques. Ensuite, elle réalisa une chose. Quelqu un l avait enlevé! Et elle ne pouvait pas s enfuir... Que pouvaient-ils bien lui faire, ces hommes? Etaient-ils gentils? Est ce qu ils comptaient se servir d elle comme son ancien maître? Toutes ces questions rôdaient dans sa tête, au point de lui donner des migraines. Elle remarqua qu une paire de ciseaux traînait sur une commode. Pendant de longues secondes elle la fixa. Se débarrassa-t-elle enfin de la vie qu elle n avait jamais voulu? Se libéra-t-elle de cet enfer dans lequel elle était née? La réponse était oui, car dans un élan irréfléchi elle saisit ces lames et les approcha de ses veines.
Le capitaine du sous-marin finissait de manger. Il n était pas du genre à suivre correctement les repas, mais après plusieurs jours de jeûne, son estomac le rappelait à l ordre. Il se leva alors que le reste de l équipage dînait encore. Il avait l impression que quelque chose allait se passer. Qu il n aurait pas dû laisser la jeune fille seule. Alors, il fit un détour par l infirmerie. Une odeur métallique vint lui chatouiller les oreilles. Mauvais, très mauvais présage. Il ouvrit la porte et découvrit la jeune femme, baignée dans son sang, par terre. Les ciseaux étaient encore dans sa main. Il soupira. Law la souleva, tout en appuyant sur la plaie pour stopper l hémorragie. Son pouls se faisait encore sentir, c était déjà ça. Il se dirigea vers la salle des opérations en criant des ordres pour que ces hommes l entendent bien. Ce fut le cas. Bepo se trouva à ses cotés à peine trente secondes plus tard. Penguin était présent aussi et attendait les instructions.
-Penguin, tu vas aller me trouver une pochette de sang universel, Bepo prépares le fils va falloir la recoudre, fit Trafalgar, tout en se saisissant d une seringue. Cette injection devrait suffire pour arrêter l écoulement du sang.
Penguin qui était parti dès qu il savait quoi faire, revint avec le liquide précieux à la vie dans la main. Ils pourraient commencer la transfusion dès que la piqûre fera effet.
L opération se passa sans difficulté et la jeune esclave fut couchée dans un lit propre.
-Vous ne la laissez plus seule, je ne tiens pas à gaspiller encore du sang pour elle. Si elle recommence, je vais rajouter à ma collection ses jolis petits organes.
-Oui capitaine, répondirent en même temps, l homme et l ours.
-Je vais commencer le premier tour de garde maintenant. Retournez à votre poste.
Il se retrouva seuls peu de temps après. Il prit place sur chaise, non loin du lit. Il ne comprenait pas son comportement envers cette jeune fille. C était la deuxième fois qu il lui venait en aide. Mais pourquoi? Etait ce son instinct de médecin? Ou juste parce qu elle lui faisait penser à sa petite sœur Lamy? Il souffla. Si il y avait une chose qu il n aimait pas, c était de se remettre en question. Il se massa doucement les tempes en s adossant à son siége.
Prude entendait des voix autour d elle, mais elle était incapable de comprendre le sens de leur paroles. Etait-elle dans l autre monde, celui qu il y a après la mort? Elle ne savait pas. Elle ouvrit tout doucement les yeux en grimaçant de douleur. Sa tête la lançait, c était horrible. Elle n était donc pas morte... Deux masses floues se dressaient au dessus de son corps. En les regardant avec beaucoup de concentration, elles se transformèrent en visage. Celui sur sa gauche était humain. Il avait un teint légèrement halé, des yeux couleur acier, une fine bouche et un petit bouc noir. Ses cheveux étaient tout aussi noir que sa petite barbichette. Elle se souvenait de cette tête, c était Law, l homme qui avait partagé sa cellule. L autre visage, par compte était animal. Pendant un instant elle crut rêver.
-Elle se réveille capitaine, fit l animal en question.
-Oui merci, je vois.
L homme recula puis se tourna vers une petite étagère pour y prendre un objet. Objet qu il entoura à son bras, avant de pomper une boule noire. La pression augmenta et elle tenta de se retirer . Mais elle s en abstint quand Law lui lança un regard meurtrier.
-Ta pression est correcte miss. Maintenant que tu es réveillée, je vais pouvoir te poser quelques questions. Bepo, laisse nous seuls.
-Yep Cap'tain!
-Cap"i"taine, corrigea ce dernier avec agacement.
La jeune fille eut peur, quel genre d interrogatoire allait-il lui faire passer? Lorsque le second du navire sortit, Trafalgar reprit la parole.
-Quel âge as-tu?
-J ai seize ans, murmura-t-elle avec hésitation.
-Seize? Hum... J aurais dit moins. D où viens-tu?
D où elle venait? Mais il le savait. Elle ne saisit pas vraiment le sens de sa question.
-Du bateau de Doflamingo...
-Tu n as pas compris. Je voulais dire de quel pays.
-C est vous qui avez mal compris. Je suis née sur le navire de Don Quichotte Doflamingo. Je suis née esclave.
Ce fut un choc, même pour lui. Elle est née esclave? Cela voulait dire que sa mère l était aussi...
-As-tu toujours été une esclave sexuelle?
-Non... au début j étais comme les autres, je devais nettoyer, faire à manger et des tâches dans ce genre. Plus tard, le maître m a trouvé jolie et m a trouvé d autres occupations...
-Connais-tu tes parents?
Elle fit signe que non. Le capitaine décida que cela suffisait pour aujourd hui.
-Combien temps j ai dormi? le questionna alors Prude.
-Trois jours. Tu te sens capable de te lever?
-Oui, je penses.
-Dans ce cas, lèves-toi et montes sur la balance.
Elle lui obéit, un peu par habitude. Cette homme ne semblait pas être mauvais. Cependant, il avait un ton froid et détaché quand il parlait et ces regards montraient qu il ne supportait pas qu on lui désobéisse. Il était un mystère à lui tout seul. Il la fit descendre et nota les données sur une feuille. Puis il lui prit son tour de poitrine, de taille et de hanche, il la mesura et pour finir l ausculta avec son stéthoscope.
-Il va falloir surveiller ton poids miss, trente-cinq kilo pour un mètre septante-cinq, ce n est pas normal. A part ça, tu as l air d être en bonne santé.
-Pourquoi faites-vous ça?
-Je fais ça, car si je te laisse sur une île dans cet état, tu ne pourras jamais survivre. Je ne t ai pas sauvé pour rien.
