Chapitre 4: Intégration

Trois jours passèrent. Prude resta cloîtrée dans l infirmerie, refusant de sortir à tout prix. Elle n était pas douée en société, puisque depuis sa plus tendre enfance, elle fut traitée comme un animal et cela lui faisait peur d être entourée d autant d inconnus. Bepo, qui la terrifiait moins malgré le fait qu il n était pas humain, alla lui apporter de quoi manger et lui montra où se trouvait la douche. Ce refus de la part de la jeune fille énervait démesurément Law, qui décida d y mettre fin ce jour là. Alors que Ben, un type d une cinquantaine d année, aux larges épaules et de grande taille, faisait son possible pour cuisiner le petit déjeuner, le capitaine entra dans la pièce où vivait l ancienne esclave.

-Aujourd hui que tu le veuilles ou pas, tu vas sortir. Cela ne se fait pas de nous ignorer alors qu on t as sortie de ta salle condition. Alors tu vas te lever et tu vas me suivre.

Il ne lui laissa même pas le temps de répondre. Il lui attrapa le poignet et la fit avancer vers la porte.

-Je... je peux pas... sortir comme ça, bégaya Prude, en essayant d extraire son bras de sa poigne.

Il la regarda un instant et dû lui donner raison. La "robe" en toile qu elle portait était fortement déchirée. Et personne n a penser à lui donner quelque chose à se mettre, s énerva le capitaine.

-Attends moi là, je vais te chercher des vêtements.

Et c est comme ça que la jeune fille se trouva habillée d un sweet-shirt, appartenant à Law, et d un pantalon beaucoup trop large pour elle.

Elle suivit docilement le brun, tout en tenant le jean noir, pour éviter sa chute. Il poussa une porte, qui ressemblait d ailleurs à toutes les autres et entra dans une salle où régnait une agréable odeur. Elle passa en premier sa tête, puis timidement, et sous le regard insistant du capitaine, entra entièrement. Tous les hommes présents arrêtèrent de parler pour se tourner vers elle. Pendant une seconde, elle pensa à s enfuir mais se reprit. Elle observa tout ce beau monde avec attention et ils faisaient de même avec elle. Elle remarqua d abort Jean-Bart, à cause de sa taille, mais aussi à cause des tatouages tribaux qu il portait au visage. Elle sentait une énergie, qui lui paraissait familière, s émaner de lui. Son regard se posa ensuite sur le cuisinier qui portait les plats. Elle reconnu Bepo et pour finir s attarda sur les deux hommes coiffés de casquettes. Eux aussi, elle les avaient déjà vu, mais c était l occasion de les examiner plus attentivement. Un roux aux cheveux mi-long et un brun aux cheveux courts. Les deux étaient vêtus de la même combinaison blanche et portaient des lunettes, ce qui limitait son observation.

-Vas-y entre, on ne va pas te manger, l encouragea le géant avec un sourire doux flottant sur son visage.

Elle avança et choisit de s assoir à côté de l ours, qui était sûrement celui qu elle connaissait le plus, après Law, puisqu il était plusieurs fois venu lui rendre visite.

-J espère que vous avez faim! s enthousiasma l aîné du groupe en posant des assiettes sur la table.

Il y avait des petits pains au chocolat, des croissants, d autres pâtisseries qu elle ne reconnût pas, du lait, du thé et du café. Tous les garçons foncèrent sur la nourriture pour en avoir le plus possible. Seul Trafalgar était calme et attendit. Prude, elle resta interdite, comme si elle attendait une autorisation.

-Sers toi, c est là pour ça. Tu n as pas besoin d une permission ici, tu sais? Enfin, pas pour tout, lui dit Jean-Bart, installé en face d elle.

Elle tendit la main pour saisir un croissant et le mangea discrètement. Elle fut surprise de constater, que tous ces hommes se parlaient et se considéraient comme des frères. Une étrange affection semblait les lier tous les uns aux autres. Elle découvrit aussi, que tout l équipage, sans exception, admirait et respectait Law. Même si ce dernier ce montrait froid et cruel envers eux de temps en temps.

Une saison passa et l été battait maintenant son plein. Prude se sentait mieux, entourée de tous ces hommes, même si elle restait un peu inquiète à leur égard. Elle préférait passer son temps avec Jean-Bart et Bepo. Elle avait appris lors d une discussion avec le géant, qu il avait été aussi esclave. D accord, pas du même genre qu elle, mais elle voyait en elle un semblable. La jeune fille avait reconnu alors l aura qu il l entourait: la peur de redevenir qu un servant non aimé et sans famille. Il lui avait expliquer qu il servait de monture aux Dragons célestes et que quand il fut sauvé par Trafalgar, il lui avait fallu des semaines pour remarcher rien que sur ses pieds.

Pour Bepo, elle trouvait son côté animal adorable. Et puis, il n était pas un de ces hommes qui l avait fait souffrir et cela lui suffisait. Elle aimait caresser sa fourrure douce et chaude. L ours prenait plaisir à se faire câliner, chose que ses autres nakamas ne faisaient jamais. Chaque membres de l équipage des Hearths pirates considéraient Prude comme une petite sœur et faisaient leur possible pour qu elle se sente bien.

Law fut satisfait de remarquer qu elle avait pris un peu de poids. Autant que médecin, il surveillait son évolution avec intérêt et lui faisait passer tout un tas de test médicaux. Il voulait, aussi, en connaître plus sur son passé, mais il décida, qu elle devait d abord s habituer à sa nouvelle vie et à ses compagnons. De toute façon il avait tout le temps dont il avait besoin pour l interroger.

L ancienne esclave se montrait très curieuse et voulait qu on lui explique comment fonctionnaient les choses. Normalement, c était les enfants qui avaient ce genre de comportement, cependant elle n avait pas eut d enfance. Tout le monde répondait au mieux à ses questions et même Law lui accordait un peu de son temps pour satisfaire sa curiosité.Voulant absolument se rendre utile sur le sous-marin, Prude eu comme occupation d aider à la cuisine et de nettoyage. Cela lui permit d apprendre à connaître Ben, qui s occupait d elle comme un père. Ils avaient mis pied sur une île où elle put s approvisionner en vêtement. Elle ne pouvait pas emprunter éternellement les habits de son récent capitaine. Elle possédait sa propre chambre, en face de celle du Chirurgien de la mort. Cette dernière était petite, mais avait la place pour un lit et une commode. Il y avait même un hublot pour qu elle puisse admirer les fonds marins.