Chapitre 5: Cauchemar

Le sous marin entièrement immergé dans l océan de Grand-Line, voguait tranquillement alors que le soleil s était couché depuis un moment et que la lune habitait le ciel. Les membres d équipage s endormirent chaqu un leur tour sauf celui qui était de garde: Jean-Bart. Prude s allongea dans son lit moelleux et se recouvra de la couverture. Il ne lui fallut que quelques minutes pour sombrer dans un profond sommeil. Mais ce dernier fut très vite perturbé par un de ces rêves vivants où l on pouvait tout ressentir.

J étais entrain de nettoyer la cale qui servait de prison pour les punitions. Le dernier homme qui y était entré, était resté longtemps, très longtemps. La cage était donc plus que crade. Je fis partir les rats qui rôdaient autour de moi et me remis à frotter le mur où des tâches de sang et d urine s étaient incrustées. L odeur était épouvantable et me collait presque à la peau. Mais bon j étais habituée. La porte en bois s ouvrit en grinçant et une voix désagréable et masculine me parvint de la sortie.

-Prude! Remonte le patron veut te voir!

-Mais je n ai pas terminé...

-Je m en tapes! Laisse ça quelqu un d autre le fera. Le patron veut te voir j'te dis, s énerva le pirate.

Je soupira et me leva. A chaque fois que je allais voir le maître, j avais un drôle de mélange de joie et de frayeur dans le cœur. La joie, c était parce que j avais encore l espoir qu il me laisse partir car j avais réussi à payer la dette de ma mère. Et la peur, c était car il y avait de forte chances pour qu il me réprimande pour tel ou tel chose. Je passa devant l homme qui m avait appelé. L équipage était tellement grand que je ne le reconnut même pas. Par contre lui me connaissait et ne se gêna pas pour me pincer les fesses. Je le laissais faire, de toute façon je n étais en position de me plaindre: j étais une esclave. Je le suivis jusqu à la chambre de Doflamingo. Je trouva cela étrange, il me convoquait habituellement sur le pont pour être sûr que je serais humiliée devant tout le monde. Le pirate qui m accompagnait frappa à la porte et avec son rire perpétuel, le capitaine m autorisa à entrer. Je m engouffra dans la pièce en baissant le regard. Le sol était recouvert d un épais tapis rouge sang. Je leva discrètement les yeux pour admirer la chambre décorée avec goût. Tout était doré et rouge, les deux couleurs de la royauté. Il aimait rappeler au monde entier qu il était le roi de Dressrosa et qu il avait fait partie des Dragons célestes. Le lit qui se trouvait au milieu de la pièce, pouvait accueillir facilement cinq personnes. Je trouva cela plus qu injuste. Les autres esclave et moi dormions à même le sol dans un débarras. Mon maître sortit de sa salle de bain personnelle et me regarda avec un sourire pervers mêlé de cruauté.

-Ah te voilà! Prude c est ça?

-Oui...

-Tu viens d avoir quatorze ans, n est ce pas?

-Oui...

-Bien. J ai peut-être un travail pour toi. Travail qui te permettra de rembourser ta dette plus rapidement. Tu le veux?

-Oh oui, merci beaucoup maître!

Un bonheur me rempli de l intérieur. Je pourrais partir plus vite de ce fichu bateau, où j étais opprimée et traitée en animal. Le capitaine élargit son sourire et mon état d euphorie s évapora d un coup. Quelque chose me dit que j allais regretter ma décision, mais avec Doflamingo il n y avait pas de retour en arrière, jamais.

-Enlève ta robe, m ordonna-t-il du ton qui ne me plût pas du tout.

-Pardon?

-Fais ce que je te dis! Enlève ta robe!

Law lisait tranquillement dans sa chambre. Le sommeil ne venait pas, un peu comme d habitude et il avait décidé de se fatiguer les yeux en se mettant à la lecture d un nouveau livre de médecine. Il entamait le douzième chapitre, quand il perçut un léger cri venir de la chambre de la seule fille de l équipage. Le silence revint tout de suite après, alors il n en s inquiéta pas d avantage.

J obéis et me déshabilla devant lui. Une fois fait, il s approcha de moi et commença à tourner autour de moi en m analysant. Il me toucha aussi, à certain endroits.

-Sur le lit, fit-il.

Encore une fois, j obtempéra et avança vers l immense matelas. Il reprit la parole.

-Avant de te donner ce travail, je dois m assurer que tu es capable de le réaliser. Tu comprends? Oui, j en suis sûr, que tu comprends. Alors je vais tester la marchandise. Tu te demandes sûrement en quoi consiste ta nouvelle tâche? Tu vas bientôt le deviner, ne t inquiètes pas. Mets toi à quatre pattes!

Je le fit, pendant que lui me touchait de ses mains rappeuses, envoyant des frissons de dégoût dans ton mon corps. Je l entendis se déshabiller et des larmes me montèrent aux yeux. Il se plaça derrière moi et introduisit une chose, qui me paraissait énorme, en moi, me déchirant de l intérieur. Les larmes qui perlaient de mes yeux se mirent à couler le long de mes joues, alors que je les fermais pour supporter la douleur qui m envahissait. Il se mit à bouger rapidement, ce qui amplifiait la souffrance que j éprouvais. Je n osais pas crier, car je savais dans un coin de ma tête qu il me punirait et que cela serait pire de ce que je vivais en ce moment. Après de longues minutes, il se tendit et je ressentis un liquide couler en moi. Il se retira.

-Je te félicite, tu n as pas fait un seul bruit, pas une seule plainte. Tu es parfaite pour ce travail. Maintenant dégage, retourne à tes occupations.

Je me releva et essuya mes larmes d un revers de la main. J allais récupérer ma robe et il me devança et la saisit.

-Non, tu vas sortir comme ça, me dit-il toujours avec cette grimace sur le visage.

J acquiesça et sortis. Absolument tous les hommes que je croisais se moquaient de moi et me lançaient tout ce qu ils leur passaient sous la main. Et moi j avançais, la tête basse et tout espoir se brisa en moi. Cela ne servait à rien de fantasmer sur une soudaine libération, cela n arriverait jamais...

Un deuxième cri se fit entendre et Law décida d aller voir ce qu il se passe. Mais surtout, lui toucher un ou deux mots sur la tranquillité au bord de son sous-marin. Il poussa la porte de la chambre de Prude. Il faisait noir, mais il pouvait aisément la voir bouger pendant son sommeil. Il s approcha d elle, laissant la porte ouverte. Il se concentra dans le but d améliorer sa vue dans la pénombre et remarqua les larmes de la jeune fille. Elle gémissait et secouait sa tête. Elle devait être en plein cauchemar. Il la saisit doucement par les épaules pour la réveiller. Elle semblait plongée dans un état léthargique. Il la bouscula d avantage. Elle cria et ouvrit les yeux brusquement.

-Hey! Du calme!

Elle reprit doucement conscience et se mit à pleurer à chaudes larmes. Pris de court, le jeune capitaine ne sut comment réagir. Il se rappela que quand sa sœur faisait un mauvais rêve, il la prenait dans ses bras et cela la rassurait. C est ce qu il fit avec l ancienne esclave. Cette dernière s accrocha à lui, comme si sa vie en dépendait et enfouit son visage trempé dans son cou, toujours secouée par des sanglots. Law la serra contre lui et caressa ses cheveux. Ce geste lui était venu naturellement. Mais de quoi pouvait-elle bien avoir rêvé pour être dans cet état? Sûrement de ce que lui faisaient subir les hommes sur le bateau de Doflamingo, conclut-il. Il dégagea l oreille de la jeune femme de ses cheveux et vint lui susurrer des paroles rassurantes.

-C est fini, ce n était qu un rêve... Calmes-toi. Je te promets que cela ne se reproduira plus jamais. Plus jamais un homme ne te touchera...

La respiration Prude s adoucit et son corps se décontracta.

Jean-Bart était inquiet. Deux cris dans la même nuit... Il y avait un problème avec leur nouvelle recrue. Il descendit de la vigie et s orienta dans le submersible jusqu à la chambre de la fille. Il fut étonné de voir la porte déjà ouverte. Discrètement il passa la tête dans la pièce et vit son capitaine, Prude dans les bras, entrain de la rassurer. Il lui caressait les cheveux par gestes lents et doux en lui murmurant à l oreille. Le géant sourit et partit sans faire de bruit. La personne qui connaissait ne collait pas aux rumeurs qui tournaient sur elle. Les gens avaient peur de Trafalgar Law, car on disait de lui qu il était cruel et sans cœur. Mais ce que ces gens ne savaient pas, c est que cet homme avait libérer deux esclaves, par simple bonté d âme et qu il consolait une jeune fille qui avait fait un cauchemar... Comment pouvait-il être mauvais dans ces conditions?

Entièrement calmée, Prude se détacha de son capitaine. Toujours avec une douceur infinie, il prit son visage dans sa main et essuya ses larmes avec son pouce. Il l admira un instant. Ses grands yeux verts le suppliait, mais de quoi? Ses lèvres encore frémissantes s ouvrirent, comme pour dire quelque chose, mais se refermèrent.

-Ca va mieux?

Elle fit signe que oui et il s apprêta à repartir. Quelque chose, pourtant, l en empêcha. Elle venait de le retenir par la manche.

-S il te plaît, ne me laisse pas toute seule...

Il poussa un léger soupir, mais il accepta sa requête. Il se retourna vers elle et la souleva dans ses bras. Il marcha jusqu à sa chambre, pour ensuite la coucher dans son lit. Il alla refermer son livre et la rejoignit.