Chapitre 6: Libération

Prude passa un an entier avec l équipage des Hearts pirates, jour pour jour. Elle sentait pleinement comme chez elle avec ces hommes, qu elle avait appris à aimer comme ses frères. Le sous-marin jaune était devenu sa maison. Grâce à Law, Bepo, Jean-Bart, Ben, Shashi et Penguin, le sourire naissait de plus en plus souvent sur son visage. Les hommes du submersible l adoraient énormément aussi en retour. Pour eux, elle était un membre à part entière de leur famille. Ce soir là, donc, ils décidèrent d aller fêter l anniversaire de la venue de la jeune fille. Ils venaient d accoster sur une île et cela tombait plus que bien.

L ancienne esclave se retrouva assise à la même table que son géant préféré où ils parlèrent et s amusèrent ensemble. Les autres pirates de leur équipage étaient éparpillés dans le bar qu ils avaient trouvé. Elle était assez mignonne cette brasserie avec sa décoration vieillotte et ses grandes fenêtres. Cela apportaient beaucoup de lumière dans l établissement, comme cette nuit là, puisque la pleine lune était au rendez-vous. Une odeur de café mêlée à celle de l alcool habitait l atmosphère. Ce petit bar de village était plutôt réputé pour son saké d une excellente qualité. Même Prude fut obligée d en goûter.

De son côté, Trafalgar charmait une jeune femme rousse et aux yeux bleus azur. C était une jolie femme. Il essayait par ce moyen, d oublier Prude qui hantait de plus en plus ses pensées. Cela l énervait, car il ne savait pas pourquoi. Dés qu il arrêtait de travailler pour se reposer ou dés qu il fermait les yeux, il la voyait elle. Sa chevelure blanche, ses grands yeux verts tellement expressifs et profonds et ses lèvres si rouges... Il mit ça sur le compte de ses hormones. Cela faisait longtemps qu ils n avaient pas mis pied sur terre et qu il n avait pas pu calmer certains de ses besoins. Oui, ça doit être ça, se dit-il pour se rassurer. Jean-Bart avait remarqué que le chirurgien de la mort se comportait différemment, en tout cas, en présence de leur recrue féminine. Alors quand il le vit avec sa future conquête, tout se mit en place dans sa tête. Il était amoureux de Prude, mais essayait de se convaincre du contraire. Il s aperçut aussi que cette dernière avait arrêter de parler pour regarder faire son capitaine.

-Jalouse? lui demanda-t-il alors pour voir sa réaction.

Elle se retourna vers lui, ses yeux grands comme des soucoupes.

-Jalouse? Pourquoi le serai-je? le questionna-t-elle en retour avec naïveté.

-Pourquoi tu fixes le capitaine alors?

-Parce que je ne comprends pas. Je ne comprends pas l attitude de cette fille.

-Je ne vois pas ce qui est étonnant pourtant.

-Quand j étais petite, les autres femmes esclaves me disaient que les hommes étaient méchants, sans intérêt et pervers. Ensuite, j ai fait ma propre expérience et..

-Ce que tu as vécu est loin d être normal! C est la même chose pour les autres esclaves. La jeune fille que tu vois là, elle est consentante. Je dirais même plus, si tu veux mon avis.

-Mais pourquoi veut-elle ça?

-Parce qu elle est attirée par lui. Comme beaucoup... Comprends juste qu il ne lui fait et fera aucun mal.

Elle hocha la tête, puis bu une gorgée de saké.

Quelque chose l avait troublé et lui avait fait rater son coup. La jeune femme qu il avait essayer d attirer venait de partir. Law tourna la tête en soupirant et surprit Prude entrain de le regarder. Elle ne détourna pas le regard, comme il l aurait pensé, quand elle se rendit compte que lui aussi la dévisageait. Ils se regardèrent un petit moment, puis la jeune fille fut appelée par Jean-Bart qui lui demandait si elle voulait partir. Elle refusa sa proposition. Elle voulait rester encore un peu et puis leur capitaine était toujours là, elle ne risquait rien. Elle se fit servir une autre coupe d alcool et écouta la joyeuse musique qui s échappait du piano sous les doigts agiles d un homme petit. Après une demi-heure, Law s avança vers elle et la prit par le bras.

-On y va, lèves-toi, lui ordonna-t-il.

-Mais...

-Non. Je suis fatigué et je ne vais pas te laisser seule ici, alors lèves-toi.

Elle saisit vite son verre et le vida d un trait avant d être tirée vers l extérieur par le jeune homme. Alors qu ils marchaient, lui n ayant toujours par lâché prise sur l avant bras de Prude, une question trottait dans son esprit, mais il hésitait à la lui poser. Et puis qu allait lui apporter cette réponse? De la joie, de la tristesse ou encore de la colère? Non, ce n était pas son genre. Par contre il se sentait extrêmement frustré, par conséquent il allait lui poser cette question. L ancienne esclave s aperçut que son capitaine ralentissait et du faire de même. Ensuite, son dos rencontra le mur qui était à sa droite.

-Pourquoi me observais-tu tout à l heure? Serais-tu jalouse? lui dit-il en l obligeant à le regarder dans les yeux avec sa main posée sur son menton.

Elle fit signe que non rapidement avec sa tête, puis d un murmure presque inaudible lui répondit.

-J essayais de comprendre capitaine. Je dois avouer que les relations homme/femme me rendent perplexe. Jean-Bart m a un peu aidé. Je suis désolée si tu t es senti mal à l aise à cause de moi.

Elle baissa les yeux et ses joues se rosirent légèrement. Law trouva cette réponse quelque peu décevante, mais il n aurait pas su dire pourquoi. Que lui arrivait-il? Depuis qu elle naviguait avec eux, il était constamment entrain de s interroger, que se soit par rapport à elle ou à lui-même.

-Capitaine?

Sa voix le sortit de sa rêverie et il reporta son attention sur elle. Il ne put s empêcher de contempler ses lèvres rouges si tentantes... Sans réfléchir, il fonça sur celles-ci et les embrassa. Prude se tendit et tenta de reculer, mais le bâtiment derrière elle, lui fit obstacle. Elle attendit juste qu il se replie et une fois fait, elle se dégagea de son emprise et courut vers le sous-marin qui devait être à une centaine de mètres de là. Law ne fut pas vraiment surpris de sa réaction, c était plus que prévisible. Mais quel con, se dit-il, si ça se trouve elle va se perdre maintenant... Il essaya de suivre le même chemin qu elle et il fut rassuré de la voir entrer dans leur submersible. Il pénétra dans l appareil pour ensuite se diriger vers sa chambre. A l instant où il arrivait dans le bon couloir, il vit la jeune fille entrer dans sa pièce réservée. Sans savoir vraiment se qu il faisait, il frappa à la porte.

-Prude?

-Va-t-en.

-Prude, je... je suis désolé. Je ne voulais pas te faire peur. C est juste que... je ne sais plus se que je fais. Tu comprends?

-Non.

-Que t a expliqué Jean-Bart?

Il ne pouvait pas lui faire comprendre son geste s il ne savait pas comment elle voyait les choses. Il devait utiliser les mêmes mots que le géant pour être certain qu elle saisisse bien.

-Que cette fille était attirée par toi et que c est pour ça qu elle se comportait de cette façon. Il m a aussi dit que tu ne lui faisais pas de mal et que tu n allais pas lui en faire, répliqua la jeune fille.

-Bien, saches alors que je ne te voulais pas de mal et je ne veux pas te faire mal. Jamais.

-Tu es attiré par moi dans ce cas?

Il soupira. Il ne pouvait admettre cela sans en être sûr. Il se laissa glisser contre la porte et s assit par terre. Il entendit la fille l imiter. Avant de lui répondre il devait se poser la question. Était-il attiré par sa jeune recrue? Oui, c était une belle jeune femme et beaucoup d hommes devaient être sous son charme. L appréciait-il? Oui, sinon, il ne l aurait pas accepter dans son équipage. Mais voyait-il en elle une petite sœur comme les autres ou voyait-il en elle une femme qu il pourrait aimer? Peut-être...

-Oui, on peut dire ça, lâcha le brun dans un soupir.

-C était alors un geste gentil? Un geste amoureux?

Il sourit de son étrange formulation. Un geste gentil... amoureux...

-Oui Prude.

De l autre côté du couloir, elle s interrogeait aussi. Si cet acte avait un but aimant, elle en conclut qu il devait l aimer ou alors l apprécier beaucoup. Ce qui par pur déduction, voulait dire que cela devait lui faire plaisir. Était-ce le cas? Un peu, cela avait été doux... Sa frayeur ne l avait pas laisser expérimenter assez pour pouvoir répondre. Elle devait réessayer. Elle ouvrit la porte délicatement et le découvrit assis, les yeux tournés vers elle. L ancienne esclave n avait jamais vraiment fait attention à ses traits fins, à ses yeux orageux, à ses cheveux noirs et à ses lèvres pastels. Jamais, sauf cette fois là.

Elle s approcha timidement du jeune homme qui ne bougeait pas et adopta les mêmes mouvements que lui tout à l heure. Law fut abasourdi de ce qu elle faisait. Il devait cependant pas la repousser. Il ferma les yeux, tout en indiquant à sa partenaire ce qu elle devait faire. Cela dura plusieurs secondes. Quand elle recula, elle put constater qu elle avait éprouvé un drôle sentiment de bien-être. Le grand brun ne lui laissa pas d avantage de temps pour réfléchir car il lui prit le poignet afin de l obliger à se lever et l entraîna dans sa chambre.

-Qu est ce que tu fais? s affola Prude.

-Ne t inquiète pas.

Quelque chose en elle lui disait de faire confiance à son capitaine, qu il ne représentait pas une menace pour elle. Elle se laissa, donc, guidée par lui et s infiltra dans la chambre. Il alluma la lampe de chevet posée sur la table de nuit. Ensuite, il se tourna vers elle et la regarda. Elle lui semblait détendue, attendant qu il se passe se qu il devait se passer. Il se pencha sur son visage, effleura ses lèvres puis les explora plus ardemment. Il avait toujours imaginé que la bouche de la jeune fille était duveteuse mais il n aurait jamais pensé qu elle l était autant. Sa main gauche s enfouit dans la chevelure de neige de la jouvencelle et les lettres de son tatouage s effacèrent dans les mèches de cheveux. Par instinct, elle se rapprocha de lui, collant son corps au sien. Des picotements très agréables naquirent dans le creux de son dos et comme s il était télépathe, il y déposa doucement la main. C était, pour elle, la surprise totale. Jamais, au grand jamais, elle n aurait crû ressentir de telles sensations dans les bras d un homme. Méticuleusement, il lui retira son gilet de laine bleue pour après le laisser tomber à terre. Ils délaissèrent aussi leurs chaussures pour pouvoir se coucher dans le lit. Law n avait pas l impression d être lui-même, bien que cela ne le dérangeait pas tant que ça. Habituellement, il était beaucoup plus brute avec les femmes, les dominant totalement. Mais avec elle, son côté pervers disparaissait pour laisser place à une grande tendresse. Pour lui, elle était en porcelaine et il avait peur de la casser...

Petit à petit, elle se montra plus complice dans leur baiser et leurs caresses. Elle était bien et heureuse et se sentait prête à l imiter. Un moment passa et le supernovae mit fin à leur câlinerie. Il embrassa son front et se quitta le lit.

-Où vas-tu? lui demanda-t-elle la voix légèrement voilée.

-Je reviens dans deux secondes.

Il entra dans salle de bain et s adossa à la porte. Il ne voulait surtout pas laisser ses pulsions prendre le dessus. Il ne pouvait pas se permettre de gâcher la confiance qu il venait de mettre en place. Alors il attendit et ressortit que quand il se sentit calme. Il la rejoignit et elle ne tarda pas pour se blottir contre lui.

-Merci, merci, merci, murmurait-elle sans cesse et il ne comprenait pas.

Law était loin de s imaginer qu il venait de la sauver une nouvelle fois. Il venait de délivrer la dernière part de son âme encore sous l emprise de Doflamingo...