IMPORTANT : les textes qui sont entre :****...****, sont des visions de Conan, des sortes de cauchemars
Chapitre 29
Il n'avait jamais mis les pieds dans une prison. C'était l'un des seuls endroits qu'il détestait. Ce bâtiment enfermait des centaines de criminels, les pires phénomènes d'une espèce déjà bien coupable.
Il n'avait jamais ressenti l'envie d'y aller. Démasquer les meurtriers lui suffisait, il n'était pas nécessaire de les accompagner jusqu'au bout du voyage sordide qu'était leur incarcération.
Mais alors pourquoi se dirigeait-il en ce moment même vers ce bâtiment ? Pourquoi avait-il tant insiste pour y aller ?
Pour être sure qu'Arrack croupissait au fond de l'une de ces cellules miteuses ? Sûrement.
Pour défier une nouvelle fois l'autorité de son père ? Possible
Pour voir l'homme, qui lui avait fait vivre des choses qu'il ne devrait même pas imaginer, soumit devant lui ? C'était évidemment la raison la plus probable.
Il voulait le voir attaché à une chaise comme lui l'avait été. Le voir privé de sa liberté. Voile les cernes sur son visage grisâtre.
Le fameux bâtiment se dressa derrière le pare-brise de la voiture qu'occupé Yusaku et son fils. L'adolescent se pencha vers la fenêtre curieux. Quand le véhicule s'arrêta finalement, il hésita un instant et posa sa main tremblante sur le poignée et ouvrit finalement la portière.
En silence, lui et son père se dirigèrent vers la grande porte où se trouvaient de vieilles connaissances. Conan serra la main de l'homme et salua de la main la femme.
- Eh bien, tu as grandi, cool kid !
Le dit « cool kid » lui répondit par sourire. Yusaku salua vaguement les deux adultes ne leur prêtant aucune attention.
- Jodie-sensei ! C'est bon ils sont prêts ! Cria une voix venant de sortir de la porte.
C'est finalement Ai qui apparut sous les yeux écarquillés de son nouveau copain et son père. Akai, le second adulte donc, lui sourit tendrement comme à une petite sœur.
- Parfait ! S'exclama Jodie dans un parfait accent anglais.
Ai observa un instant Yusaku qui la regardait mal et sourit.
- Vous savez, je ne vais pas manger votre fils, je ne fais que sortir avec lui, affirma-t-elle amusée.
Akai regarda Conan semblant le féliciter silencieusement. Yusaku soupira, de toute façon il ne pouvait rien faire, même sa femme les encourageait…
Haibara s'approcha de Conan et se pencha légèrement vers lui.
- Ne dis pas bonjours surtout.
Conan leva les yeux au ciel et afficha un léger rictus avant de se pencher vers les lèvres de sa nouvelle petite-amie, ajoutant un « Bonjour » au moment de se séparer. Après les moqueries, plus ou moins drôle de Jodie, le groupe fut pousser par un Yusaku plus que presser.
Ils entrèrent donc dans le bâtiment.
Ils passèrent d'abord par l'accueil où les attendait un policier. Un grand couloir se présenta, ensuite devant eux, couper par plusieurs portes en métal.
Les bruits de pas raisonnaient. Le son des clés en métal rebondissaient sur les murs blancs. Les uniformes des gardiens frottaient à chacun de leurs pas. Les portes claquaient dans leur dos. Plus ils s'enfonçaient dans ce couloir, plus un sentiment d'étouffement et de mal-être s'immisçait jusqu'au cœur de Conan. Ses mains tremblaient. Il interpella son père d'une façon presque apeurée.
- Pa-Papa…
Cela faisait bien deux ans qu'il ne l'avait pas appelé ainsi, si gentiment, sans rancune dans le son de sa voix.
Yusaku se stoppa, suivi par tout le groupe et se retourna vers son fils.
- Je...je...euh j'ai pas pris mon médoc...et si…enfin tu vois…je pourrais faire une crie...et…, bafouilla Conan.
Son père le regarda, d'abord surpris par le manqua d'assurance dont il faisait preuve, puis sortit une seringue ( autorisé par les gardiens évidemment) de son sac. Conan tendit le bras et Yusaku lui administra le produit, non sans une petite grimace de son père.
- Me-merci,
Ils arrivèrent finalement dans une grande salle aussi blanche que le couloir, à croire qu'il était dans un hôpital.
Une vingtaines de tables rondes étaient installées plus ou moins écartées les unes des autres. La plupart étaient déjà occupées par les détenues et leurs proches. Si seulement il était encore au FBI, il aurait pu faire passer ça pour un interrogatoire et aurait eu une salle privée. Il ne serait pas obligé de supporter la vue d'autant de criminelle, tous là pour de lourds crimes.
Un gardien demanda à tout le monde d'attendre devant la salle et emmena Conan à une table vide. L'idée qu'une personne puisse croire qu'il venait en visite pour de la famille lui fit avoir un haut-le-cœur.
Il attendit quelques minutes au milieu de ce monde. Cette impression d'étouffement de plus en plus présente.
Ce n'était que maintenant qu'il réalisait ce qui faisait là. Allait-il vraiment revoir Arrack ? Et s'il essayait de le tuer ? Non il était surveillé et menotté. Et puis il avait eu tellement d'occasions de le tuer sans jamais finir le travail. Et si c'était justement pour « finir le travail » qu'il l'avait fait venir aujourd'hui ? Non il avait plein d'autres victimes à achever, alors pourquoi le choisir lui ? Mais c'est vrai ça ! Pourquoi utiliser sa seule visite pour faire venir une ancienne victime ?!
Des bruits de pas de plus en plus proches fient brusquement relever la tête à Conan encore effrayer par ses propres penser.
Il aperçut d'abord l'uniforme bleu du gardien. Il ne releva pas plus la tête et entendit le grincement de la chaise, et Arrack apparu devant ses yeux.
Il avait un simple sourire, comme monsieur tout le monde qu'on croise tout le matin. Lias se sourire se pervertit quand le policier le lâcha finalement, menotté à sa chaise. Il le regarda s'éloignait et redirigea son regard vers sa victime.
Un silence mortel s'installa entre les deux « connaissances ». Un silence qu'Arrack décida finalement de rompre.
- Eh bien, tu n'es pas content de me revoir mon cher Conan ?
Silence
- Tu es tout aussi bavard qu'à l'époque à ce que je vois. Aurais tu encore peur de moi ?
- La ferme ! Qu'est-ce que tu me veux ?
Il était faible, bien trop faible. Arrack allait forcément le remarquer. N'ayant pas la force de soutenir le regard de son agresseur, Conan se contentait de fixait un point fixe derrière ce dernier.
Un rire échappa au prisonnier.
- Rien de particulier, je voulais simplement te revoir, histoire de me rappeler de merveilleux souvenirs.
Arrack se leva légèrement de sa chaise, s'appuya sur la table et s'approcha doucement de l'oreille de Conan, figé par la peur.
Le souffle du meurtrier finissait sa course au creux du cou de l'adolescent. Un murmure presque inaudible passa la barrière des lèvres du meurtrier et raisonna dans la tête de Conan.
Conan s'écroula.
Sa tête lui faisait horriblement mal, le murmure grandissait jusqu'à devenir un cri, puis un hurlement.
Sa cage thoracique se bloqua.
Des gardiens accoururent vers Conan très vites suivis par les compagnons » de ce dernier. Tous les regards de la salle se tournèrent vers le corps semi-inconscient de Conan.
- Il fait une crise ? Demanda Ai.
- Ce n'est pas possible il vient de prendre son médicament, il fait juste une crise d'angoisse, répondit Yusaku.
- Juste ?
Conan attrapa sa tête ne faisant pas attention au monde autour de lui, son crâne le brûlait, son cerveau fondait. Des flashs apparaissaient à une vitesse insoutenable.
****La tête de Conan fut plongée dans de l'eau glacée. C'est comme si des centaines d'épées lui transperçaient le crâne en même temps. Le manque d'air se fit rapidement ressentir. Il suffoquait, et le comble, c'est qu'il s'en fichait. Il ne bougeait pas, attendant sagement que la faucheuse vienne le chercher et l'emmène loin de cet enfer. Quand elle lui tendait enfin les bras, on le tira de cette eau glacée, remplissant ses poumons d'air, pour le replonger dans ce liquide mortel la seconde d'après.****
Conan fut emmener dehors par les gardiens. Arrack riait de plus belle, affirmant à tout va qu'il allait se revoir.
Ai lui jeta un regard, et put lire sur ses lèvres : « A la prochaine Sherry ». Et Arrack éclata de rire de nouveau, se perdant dans son hystérie.
**** Les murs étaient usés et peints de sang, comme si des centaines de mains s'y étaient accrochées désespérément en cherchant une échappatoire. Mais il n'y en a pas. Il vous laisse là, dans une salle, dans le noir, accroché par les mains au coin de la salle. Et vous n'avez d'autres choix que de rester en position fœtal tout le long de votre séjour.
Ils viennent le matinpour vous arroser au jet d'eau. Les premiers jours vous réagissez, puis peu à peu vous ne prenez même plus le peine de les regarder, vous gardez la tête baissée cherchant à préserver le peu de cette saleté de fierté qu'il vous reste.
Ils vous apportent ensuite un repas, mais le mettent trop loin pour que vous puissiez l'attraper. Vous ne pouvez que le regarder fixement avec envie, vous imaginez en train de le déguster, mais vous n'en faites rien.
Les premiers jours vous essayez de garder votre fierté, mais ensuite, vous n'avez pas le choix. Alors vous attendez le jet d'eau et léchez ensuite le sol à la recherche d'une quelque conque façon de vous déshydrater.
Et quand vous pensez qu'enfin le supplice est fini, que vous pensez enfin mourir de faim, ils vous nourrissent et trouvent une autre forme de torture.****
- Conan ! Oi ! Conan !
****Les pieds et les mains liées, son corps frottait au sol, comme traînait par quelque chose, ou plutôt par quelqu'un. Quand il reprit connaissance il était suspendu au plafond par les mains. Ses épaules le tiraillaient. Son pois l'entraînait vers le sol, mais ses mains le retenaient pour ne pas qu'il tombe. Il était écartelé sous son propre poids.****
- Conan ! Eh répond ! Tu nous entends ?
Évidemment qu'il entendait, il n'était pas sourd ! Mais qui lui parler ?
- Conan !
Haibara ?
C'était sa voix en tout cas. Il essaya vainement d'ouvrir les yeux mais son corps lui refusait tout mouvement, même les plus petits.
Après plusieurs minutes de lutte contre lui-même. Il se laissa lentement retomber dans l'inconscience, oubliant les diverses voix qui l'appelaient.
