Chapitre 7: Épanchement.
Le soleil traversa le hublot pour se répandre sur le visage paisible de Prude. Un peu dérangée par ce faisceau de lumière, la jeune fille se cacha sous la couverture. Une odeur, qui lui était très familière, caressa son nez et elle inspira fort pour s enivrer. Les souvenirs de la nuit précédente se réveillèrent petit à petit, ce qui la fit bêtement sourire. Elle s assit sur le lit et remarqua qu elle était seule. Cela ne la déçut pas, elle savait que Law se levait tôt. Elle se sentait étrange, changée... Pour la première fois de sa vie, elle s était entièrement laissée aller dans les bras d un homme, chose qu elle pensait impossible. Elle lâcha un soupir heureux. La chambre dans la quelle se trouvait l ancienne esclave était fort différente de la sienne. Elle était plus grande, disposait d un lit double place, d un bureau et d une grande armoire. Le sol était recouvert d un tapis foncé qui semblait doux et chaud. Prude aperçut qu il y avait deux portes. Une servait pour sortir mais à quoi servait l autre? Elle se leva et se dirigea vers la porte inconnue et l ouvrit. Elle découvrit alors la salle de bain privée du capitaine. Cela faisait un an qu elle était dans cet équipage, mais elle ignorait l existence de cette pièce d eau. Elle se dit que Law lui en voudrait pas si elle utilisait sa douche et donc se déshabilla pour ensuite faire couler l eau chaude sur elle.
Le chirurgien de la mort s était réveiller plus tôt, par habitude. Il avait regardé la blanche dormir un moment puis s était levé et préparé pour la journée. Il était en ce moment, assis dans la cuisine à boire un café noir. Ben qui allait commencer à cuisiner le petit déjeuner constata que son capitaine était préoccupé et dans la lune. Il prit place en face de lui et l appela. Une fois, deux fois... Trafalgar ne semblait pas avoir remarquer sa présence. Il pensait trop à Prude et à la relation qu ils avaient à présent. Il ne pouvait pas faire comme avec les autres filles, elle était beaucoup fragile. Le problème c est qu il n avait jamais fait autrement.
-Capitaine, dit le cuisinier une dernière fois.
-Hum... Oui?
-Ca ne va pas?
-Pourquoi ça n irait pas?
-Parce que je vous appelle depuis une dizaine de minutes mais vous ne réagissez pas.
-Je m excuse j étais perdu dans mes pensées. Qu est ce qu il y a?
-Justement, c est ce que j allais vous demander.
-Ah... je vais bien. Ne t inquiète pas.
L aîné voyait bien qu il ne voulait pas en parler et décida de retourner dans sa cuisine.
Prude sortit, tout sourire de la chambre du capitaine et rencontra Jean-Bart dans un des nombreux couloirs qui composaient le sous-marin. Elle s approcha de lui et s accrocha à son bras.
-Bonjour!
-Bonjour princesse. Qu est ce qu il te rend si enjouée? lui répondit le géant.
Elle ne savait pas vraiment si elle avait le droit de raconter sa nuit passée avec Law. Elle trouvait aussi un peu embarrassant de lui avouer une chose pareil. D ailleurs ses joues s étaient légèrement rosies.
-Oh rien... je suis juste contente. Et toi? Tu vas bien?
-Oui très bien.
Le colosse trouva son comportement plus que suspect. Que lui arrivait-il? Son côté détective s éveilla et il décida de mener l enquête. Au moment où il allait lui poser d avantage de question, elle le tira par le bras pour l obliger à avancer plus vite. Les deux nakamas se dirigèrent vers la salle de rassemblement où tout le monde partageait le repas. Quand il arrivèrent, il n y avait qu une seule personne. Personne qui mit Prude très mal à l aise sans le vouloir. Elle rejoignit Ben pour l aider à mettre la table. Shashi, Penguin et Bepo entrèrent quand elle amena deux plats de croissant.
-Salut la compagnie, clama le roux en faisant de grands signes avec ses bras.
-Bonjour, sourit la jeune femme.
Tout l équipage manga dans la bonne humeur. Cependant deux personnes particulières restèrent calmes. Jean-Bart le vit. Law c est normal. Par contre, Prude... pensa-t-il. Il décida de garder cela pour plus tard.
Le supernovae se leva et attira l attention sur lui.
-Les gars, aujourd hui, vous avez quartier libre. On repart demain matin à la première heure.
-Déjà? se plaignit Penguin.
-Ne te plains pas, on peut faire ce qu on veut jusque là! le consola son meilleur ami.
-Mais, reprit Law, je ne veux pas que vous vous retrouviez seuls à un seul moment. Cette île parait peut-être jolie et sans danger mais on ne sait jamais.
-Ne vous inquiétez pas cap'taine! On est des pirates redoutables! se réjouirent les Hearts en criant.
Il lâcha un soupir puis les laissa partir. Prude sortit en même temps que ses amis. C était étrange, la veille elle se sentait bien en la présence de cet homme mystérieux, et là elle se sentait toute gênée. Elle rejoignit Bepo avait qui elle avait envie de passer sa journée, après avoir fait un petit signe au brun.
Le médecin de bord des Hearts voulait être seul et pour le faire il retourna au bar où ils avaient fait la fête. La serveuse, une jeune femme blonde, lui servit une coupe de rhum et tenta de lui faire la conversation. Elle essayait, comme beaucoup d autre, de le charmer, sauf que lui, il n était pas d humeur.
-Ca n a pas l air d aller. Et vu votre tête c est une femme qui vous rend comme ça. Vous voulez en discuter?
Il releva la tête et regarda son interlocutrice. En temps normal, il aurait déjà sauté sur l occasion de passer du temps seul avec une aussi jolie demoiselle.
-Non, fit-il, peut-être un peu trop froidement.
Elle le laissa tranquille, légèrement vexée de ce "non" catégorique, et s occupa des autres clients présents. D ailleurs, un nouveau venait d entrer. Elle le reconnut directement, c était l un des hommes qui avaient passer la soirée dans la brasserie. En même temps ce n était pas un homme qu on oubliait facilement. Rien que sa taille était impressionnante!
-Capitaine! Je vous cherche depuis tout à l heure!
-Pourquoi?
-J ai à vous parler.
Law soupira, cependant, il sentit qu il pouvait peut-être se confier à lui. Après-tout un avis extèrieur l aiderai, qui sait?
-Je t écoute Jean-Bart.
-C est à propos de Prude...
-J avais deviné.
Le géant ne savait pas du tout comment commencer la conversation. C était embarrassant de parler de sentiments à quelqu un comme Trafalgar.
-Avez-vous remarquez à quel point Prude était heureuse aujourd hui?
La question prit le brun au dépourvu. Non, il ne l avait remarqué, il s était enfermé sur lui-même pour comprendre ce qu il ressentait et complètement ignoré les autres.
-Non, pas vraiment. Pourquoi?
-Depuis qu elle est avec nous, jamais je ne l ai vu si souriante. Je ne sais pas ce qu il s est passé hier mais cela lui a fait beaucoup de bien.
-Moi non plus je ne sais pas ce qu il s est passé...
-Vous êtes sûr? insista le géant qui était certain qu il avait contribué au changement brusque de leur petite sœur.
Law hésita, devait-il lui dire ou le garder secret?
-Je l ai embrassé, elle s est enfuit et après, sans trop savoir comment, on s est retrouvé dans ma chambre à se cajoler... C était trop étrange.
-Pourquoi étrange?
-Parce que c est une gamine! s énerva le capitaine en se levant abruptement de son tabouret. Une gamine qui me rend fou, à qui je n arrête pas de penser, au point que je ne suis plus moi-même, finit-il sa phrase en se rasseyant.
-Capitaine, je pense juste que vos sentiments pour elle sont entrain de changer. Laissez-vous faire et tout se passera bien.
-Non, je ne peux pas. J ai un côté obscur depuis que je suis enfant, un instinct pervers qui quand il se réveille je ne contrôle pas. Je ne veux pas lui faire du mal, tu comprends? Prude est si frêle...
-Si vous voulez mon avis, si elle vous a laissé la toucher c est qu elle vous fait confiance. Voir, plus que ça. Et je crois aussi, que des cas pervers elle en a connut dans sa vie.
Jean-Bart se leva et partit pour le laisser réfléchir. Il l avait assez chamboulé pour la journée.
Le soleil se couchait lentement dans l océan, ce qui créait de jolies couleurs rougeâtres dans le ciel. Bepo, qui se faisait caresser par la jeune recrue, et cette dernière étaient installés devant le plus grand hublot du submersible pour admirer le spectacle. L ours polaire était couché à même le sol et elle s appuyait contre lui. Ils ne parlaient pas. Pendant un instant, elle crut même que le second dormait. Après une dizaine de minutes, elle entendit des pas s approcher de la pièce, et ensuite entrer. Elle tourna doucement la tête, afin de reconnaître l intrus et se heurta au regard de Law. Elle eut un sourire timide.
-Bonsoir, dit-elle de sa petite voix.
-Bonsoir Prude. Qu est ce que vous faites?
-On regarde, elle se retourna vers son ami animal qui dormait à points fermés, ou plutôt je regarde le soleil se coucher.
Elle se remit à contempler le ciel. Le capitaine s avança vers elle, d un pas de tigre et prit place à ses côtés.
-C est peut-être un peu trop, deux personnes sur Bepo, non?
-Ne t inquiètes pas, il a déjà supporté pire.
Il se mit à la regarder, longuement, détaillant chaque parcelle de son visage. Il se retenait de toutes ses forces de ne pas la toucher.
-Arrête de me regarder... Tu me gènes...
-Excuses-moi.
Petit à petit Bepo bougea pour finir par se réveiller. Il se leva en renversant les deux jeunes gens. Ils se retrouvèrent l un sur l autre à rire aux éclats de leur mauvaise chute. L ours qui se rendit compte de ce qu il venait de faire, il s excusa avant de s en aller. Law aida son amie à se lever. Il redevint entièrement sérieux.
-Prude, il faut qu on parle.
Elle fit les gros yeux, quelque chose n allait pas pour qu il soit aussi grave.
-De quoi?
Il ne lui répondit pas, préférant lui prendre le poignet. Ils s acheminèrent vers l appuit du hublo où ils s installèrent. Il lui embrassa les mains, doucement.
-Qu est ce qu il y a ? s enquit-t-elle.
-Pour que tu comprennes bien ce que je veux te dire, il va falloir que je te parle de moi.
Prude hocha la tête, heureuse d en savoir plus sur son héro. Il se mit à lui raconter son enfance sur l île de North Blue, dans la capitale: Ville Blanche. Elle apprit que ses parents avaient été médecins et que c est eux qui lui ont transmit cette passion et qu il avait même eut une petite sœur qui devait être un peu plus jeune qu elle. Il lui expliqua, les yeux brillants de larmes et la gorge serré, qu à leur mort, il avait été recueilli par des religieuses. Ses amis aussi sont décédés, à cause d une épidémie de Saturnisme.
-Je crois qu avoir côtoyer autant de mort à changer ma vision du monde. Après tout ça, je me suis mis à errer. Ce que tu vas trouver drôle, enfin non, c est que c est Doflamingo qui m a reprit sous son aile. Mais cela ne m a pas du tout aidé. Voir toute la violence dont il était capable n a fait qu empirer ce côté sombre en moi.
Elle l écoutait attentivement, sans le juger, elle en était incapable.
-Bref, ce que je veux te dire, c est que j ai peur, peur de te faire du mal, car cette perversité je ne la contrôle pas, et d habitude je n ai pas besoin de le faire. Mais avec toi c est diffèrent, tu es... si délicate. Je...
-Tais-toi! l interrompit Prude, sachant où il voulait en venir. Tu n es pas ce que tu me décris! Les hommes pervers ce sont ceux qui m ont violée et frappée, pour leur plaisir malsain. Tu veux que je te raconte comment Doflamingo m a prit ma virginité? Je peux t assurer que non! Alors ne me dis pas à moi que tu es une personne mauvaise et morbide.
Elle avait déballé tout ça en pleurant de rage et en tremblant. Law ne s attentait pas du tout à une telle réaction de sa part. Elle qui d habitude était tellement calme et réservée. Il attrapa son visage dans ses mains et essuya les perles qui coulaient sur ses joues. Il l obligea à se blottir contre son torse et caressa ses longs cheveux ondulés. Il lui fallut un long moment pour s adoucir de cette colère qu il l avait animée.
-Je voulais juste te mettre en garde. Ne me fais pas trop confiance Prude.
-C est trop tard, dans ce cas.
Elle releva la tête et l embrassa tout en ressentant son cœur battre la chamade.
Jean-Bart, qui se trouvait non loin de là, regarda, par la légère ouverture de la porte, les deux personnes s embrasser puis s en alla le sourire aux lèvres. Sa mission avait été accomplie.
