Chapitre 8: Exotisme.

Au fond des océans, les températures sont toujours bien loin de zéro, sans compter que le sous-marin passait près d une île hivernale. Le mercure était en dessous de moins quinze, autrement dit il faisait glacial. Seul Bepo était heureux de la situation; il était dans son élément. Les autres étaient obligés d être en mouvement permanent pour ne pas geler, mais par ces températures, l envie n y était pas.

Prude avait déjà connu le froid dans son ancienne vie mais jamais un aussi rude. Alors, pendant la journée, pour se réchauffer elle se blottissait contre son ours préféré. La nuit par contre, elle se recroquevillait dans son lit avec le plus de couverture possible en s endormant tard. Cependant, cette nuit là cela ne fonctionnait pas. Cela faisait trois jours qu ils étaient dans cette zone et son corps ne suivait plus. Elle savait que de l autre côté du couloir se trouvait un lit immense aux draps rouges sang dans lequel dormait un homme et qui pourrait peut-être la soulager de cette fraîcheur. Pourtant elle hésitait à se lever et à se faufiler auprès de lui. Plusieurs choses la retenait comme par exemple la gêne, malgré de longs baisers qu ils avaient partagé tous les deux, elle ne savait pas comment qualifier sa relation avec lui. Ensuite, il y avait encore une petite peur d être aussi proche d un homme, quelqu il soit. Si je reste là, je vais finir par congeler et puis j ai déjà dormi avec lui... Elle prit son courage à deux mains et sortit de son nid de couettes. Elle sortit de sa chambre, regarda dans le couloir puis couru jusqu à la porte d en face. Là, elle compta jusqu à trois et entra.

Law lisait comme à son habitude. Recouvert d un sweet chaud et aussi d un édredon, il parcourait des yeux les pages de son livre. Celui là, il l avait déjà lu mais ce n était pas grave, il le distrayait et permettait de le fatiguer un peu. Ce n était pas un livre de médecine comme il pouvait lire, mais un roman qu il avait conservé de son ancienne vie et qu il aimait lire de temps à autre. Soudain, le bruit de sa porte, légèrement grinçante, lui fit tourner la tête. La vue de la jeune fille l étonna et pas qu un peu.

-Euh... Law?

-Oui? fit-il un peu agacé d être arraché à sa lecture.

-Est ce que je... p-peux... bégaya Prude en sentant son sang affluer vers son visage.

-Peux quoi? demanda le jeune homme, se levant de son siège pour s approcher d elle.

-Dormir avec toi? murmura-t-elle les yeux rivés au sol.

-Je n ai pas entendu Prude, parles plus fort.

-Dormir avec toi. Il fait vraiment froid dans ma chambre et j ai pensé que... voilà.

-Tu as pensé que quoi? sourit Law qui trouvait cela très amusant en fin de compte.

-Qu on aurait plus chaud à deux... Mais c est stupide, je vais retourner dans mon lit, désolée pour le dérangement.

Elle se retourna prête à partir quand il lui prit le bras.

-Non c est une très bonne idée, allonges toi.

Elle le regarda un instant puis doucement alla se coucher dans le grand lit.

Le capitaine s agaça inconsciemment de l animation du corps de la nymphette qui n arrivait pas à trouver une position confortable. Celle-ci ne la trouva que quand elle se lova contre le dos masculin de son compagnon. Il sursauta, ce qui lui arrivait rarement, au contact de la poitrine contre lui. Malgré un petit trouble, il ne la repoussa pas, et trouva ce "câlin" plutôt agréable. Peut-être un peu trop... Il changea de position espérant qu elle s éloigne, mais elle ne fit que s approcher d avantage. Law soupira et pour augmenter sa contrariété Prude nicha son visage dans son cou. Elle ne dormait pas et profitait de ce moment de solitude avec lui. C était rare qu ils se retrouvaient seuls et que le capitaine ne se montrait pas autoritaire. Il se trouve, qu elle adorait ça. Un sourire apparut sur son visage quand des doigts agiles commencèrent à lui masser le cuir chevelu. Le jeune homme continua tendrement, descendant vers sa nuque. Après qu elle ait poussé un soupire d aise, il sentit son sang ne faire qu un tour dans tout son corps. Calme toi, calme toi, se répétait-il en boucle, elle a fait ça accidentellement... Il arrêta ses papouilles et jeta un œil sur elle. Se sentant observée et aussi un peu déçue par cet arrêt soudain de caresse, elle leva les yeux et rencontra ceux de Law.

Plongé ainsi dans son regard velouté, il se tourna vers elle. Furtivement, il avança sa main près de son visage et le frôla. Avant qu il eu le temps de faire quoi que soit de plus, elle écrasa ses lèvres aux siennes ce qui amplifia l émoi du capitaine. La main gauche de celui-ci descendit sur la taille de la jeune fille afin d attirer son corps le plus près de lui que possible. Son autre main plongea, quant à elle, dans ses cheveux. Comme lors de la première nuit qu ils avaient passé ensemble à se câliner, elle l enlaça mais le laissa prendre le contrôle. Le baiser changea, Law força légèrement sur les lèvres de Prude pour les entrouvrir et glisser sa langue entre elles. Bien qu elle fut assez surprise par ce geste, elle l apprécia et se calqua sur les mouvements de l intruse. Law sentait que cette fois, il ne pourrait pas se contenter d une étreinte et de quelques baisers. Il en voulait beaucoup plus. Il voulait la faire sienne, qu elle lui appartienne. Il voulait lui montrer qu un homme pouvait être délicat et tendre, même si lui était loin de cet idéal. Mais sera-t-elle d accord pour dépasser ce palier? Il stoppa l unisson de leur bouche pour reprendre son souffle et chercha à la regarder dans les yeux. Ils étaient pétillants et dilatés. De désir? se demanda le supernovae. Il fixa ensuite cette bouche qu il venait d embrasser; entrouverte et frémissante elle avait envie de se rapprocher de sa jumelle. Il la laissa faire et un nouveau baiser s entama. Trafalgar se mit à caresser le dos de la jeune fille, descendant jusqu au bas de ses reins; serrant ses épaules entre ses doigts. Minutieusement, il abaissa la manche de sa robe de nuit, qui était bien trop grande pour elle, pour toucher la peau de son bras directement et remonter progressivement vers son cou. Il délaissa les lèvres de la jouvencelle pour ensuite envoyer des frissons de plaisir dans son corps en suçotant la peau fine de sa gorge. Prude laissa un autre soupir s échapper et ses mains se dirigèrent d elles même dans les cheveux courts de son compagnon. Elle sentit que sa robe de nuit tirait vers le bas: Law tentait de dégager sa poitrine de son enveloppe de tissus. Elle contorsionna un peu ses épaules pour lui rendre la tâche plus facile. Le jeune homme recula suffisamment pour admirer ses deux petits seins à la peau pâle et aux tétons roses. Il releva la tête vers elle pour l embrasser.

Prude entrait dans un état second, où elle sembla oublier son passé et ce que les hommes de ses cauchemars lui avaient infligé pour se laisser aller dans les bras aimants de son sauveur au plus grand bonheur de ce dernier. Elle, si pudique en général, se défit de ses vêtements sans contester. Par contre, quand le tour de Law fut venu, elle eut une légère hésitation. Hésitation qu il lut facilement dans ses yeux.

-Prude... si tu en as pas envie, dis-le moi maintenant parce que après je ne pourrais pas m arrêter. Je comprendrais.

-Ce n est pas ça... C est que... j appréhendes un peu la douleur, lui répondit-elle en évitant son regard.

-Je peux t assurer que tu n en ressentiras aucune. Prude, regarde moi. Fais-moi confiance.

Elle hocha la tête en signe de consentement et épousa ses lèvres afin de lui prouver qu elle en avait le désir. Il l enlaça fort pour la rassurer. Se faisant le plus doux que possible, Trafalgar caressa, embrassa et titilla le corps fragile entre ses doigts. Il se délecta des réactions de surprise et de plaisir de la jeune fille. Voulant, sûrement, lui rendre la pareil, la blanche tenta quelques étreintes maladroites mais appréciées par son partenaire. De ses lèvres rouges, elle frôla les zones les plus sensibles du capitaine, ce qui augmenta son état d excitation. Le plus exaltant, se fut quand elle s approcha lentement du creux de son ventre.

Encore une fois, je plonge mes mains dans cette chevelure immaculée qui m attire de manière invraisemblable. Je frictionne quelques mèches de cheveux entre mes doigts afin de sentir leur douceur. Cette sensation ne fit que m enivrer d avantage et sans réfléchir je lui agrippe les cheveux. La forçant un peu, je baisse sa tête vers ma verge en érection.

Pendant un cours laps de temps, la perversité du jeune homme revint et il dû s arrêter.

-Ca va? lui demanda Prude stupéfaite par cet arrêt soudain.

Law, revenu à lui par l appel de sa douce, la regarda, posa son doigt sur ses lèvres, avant même qu elle pu en rajouter, et les caressa doucement. Il exerça une légère pression sur sa bouche ce qui la fit s entre-ouvrir. Progressivement, il y enfonça son index.

La jeune fille abasourdie se questionna sur l étrange comportement qu avait le chirurgien de la mort mais cela ne dura pas car elle s habitua à l effet que lui procurait ce geste. La situation étant assez gênante pour elle, elle préféra fermer les yeux. L index tatoué d un "D" distraya la langue humide alors que Trafalgar lui baisait son cou. Tout en parsemant des baisers et des caresses le long de son corps, il s abaissa au niveau de son bas-ventre. Tout comme pour sa chevelure, une certaine fascination le prit pour sa toison blanche. Quand il y approcha la main gauche, Prude eut un sursaut de panique qu il calma aussitôt d un baiser papillon sur le ventre. La délicatesse de son entre-cuisse était d avantage flatteuse que ses cheveux, au goût du jeune homme. Il câlina son temple d amour pour faire monter la fièvre de la fille et ainsi lui faire connaître des choses qu elle pensait impossibles. La main droite de Law glissa entre ses propres cuisses pour y serrer son sexe tendu à l extrême et le soulager du désir qu il avait pour elle. Alors qu il faisait son possible pour faire monter son plaisir et le sien, une contraction le secoua et l obligea à se blottir contre elle. Un léger gémissement s échappa de ses lèvres pour aller se perdre dans l oreille de la blanche. C est de cette manière qu elle découvrit qu un homme pouvait être délicat et tendre. Ne pouvant plus attendre, il lui écarta les jambes et s installa entre elles. Pour la mettre en confiance et pour que son geste ne soit pas trop brusque, il tourna le visage de la nymphe vers lui et l obligea à le regarder dans les yeux. Il la pénétra. Encore une fois, c est un bien-être immense qu elle ressentit contrairement à ses souvenirs. Il resta immobile un instant pour qu elle s habitue à sa présence puis seulement après commença un lent va et viens. Graduellement, il se mouva de plus en plus vite jusqu à ce que la jouissance les libère tous les deux de leur tension.

Law utilisa le peu de force qu il lui restait pour s allonger à côtés de Prude et reprendre son souffle. Après une dizaine de minutes où les deux jeunes gens calmèrent leur respiration, l homme souleva la fille pour l étendre sur son torse.

-Maintenant Prude, tu m appartiens, lui susurra-t-il au creux de l oreille.

-Pour toujours? lui demanda la jouvencelle en tournant son visage vers lui.

-Pour toujours.

Habillé chaudement, l équipage des Hearths pirates attendait que le sous-marin remonte à la surface. Personne n avait fait attention au fait que leur petite sœur était sortie de la chambre du capitaine, ce qui arrangeait les deux nouveaux amants. La remonté prit trente minutes durant laquelle tout le monde s ennuya. Il n y avait même pas de jolis poissons à regarder dans cette mer gelée. La demi-heure passée, Bepo stationna leur submersible à côtés d autres bateaux marchants ou pirates. Law fut le premier à poser pied à terre. Il regarda un peu autour de lui avant d autoriser au reste de l équipage à l imiter. Tout, absolument tout, était blanc. Le sol, les maisons, le port et même les gens étaient recouverts de neige. L ours polaire sourit avant de se rouler par terre. Il espérait, dans un coin de sa tête, rencontrer une belle ourse qui parlait comme lui. Penguin et Shashi enfoncèrent encore plus leur casquette sur leur crâne pour se protéger du froid. Prude, malgré les températures, était aux anges, faut dire que le paysage avait un certain charme. Trafalgar semblait indiffèrent comme d habitude. Les rues n étaient pas très remplies. Quelques couples ici et là, un clochard jouant de l harmonica pour des pièces et un groupe d enfants qui faisaient une bataille de boules de neige. Un coin calme. La ville, ou plutôt le village, était séparé par une grande avenue qui, elle même se divisait en plusieurs ruelles. Les pirates venaient s engager sur la chaussée. Ils eut le temps d avancer jusqu à la moitié. Là, une femme poussa un cri et cacha son fils derrière elle sans oublier de reculer. Cette femme avait peur. Les autres habitants commencèrent à paniquer aussi, se mettant à courir dans tous les sens et à chercher une cachette. Seuls les Heaths restaient tranquilles. En quelques minutes à peine, la rue se déserta. Ils n y avait plus qu eux et l équipage de Donflamingo, qui venait d arriver.