Bonjouuur !
Voici le dernier chapitre de cette fic (oui, déjà, je suis aussi surprise que vous) ! Cela dit, rassurez-vous : l'histoire n'est pas vraiment terminée, puisqu'un épilogue sera publié lundi prochain ! Et j'envisage un éventuel chapitre bonus, mais je vous en parlerai plus la semaines prochaine après l'épilogue (sinon je vais vous spoiler la fin et ça serait trop bête) !
Pour changer, je vais remercier mes merveilleuses bêtas Nalou et Nauss, pluie de bisous sur vous ! Et les irremplaçables revieweuses, qui me laissent des commentaires qui m'emplissent inévitablement de joie, j'ai nommé Malya, Electre1964, Elie Bluebell et Tillie231 !
Bonne lecture !
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Sherlock n'aurait su dire combien de temps ils étaient restés comme ça, l'un contre l'autre. Il avait simplement profité de l'instant, de sentir l'odeur chaude de la peau de Greg, ses bras autour de son corps mince, l'ancrant dans ce monde qui semblait ne pas avoir de place pour lui.
Puis il avait commencé à parler. Partie d'un murmure, sa voix avait pris de l'assurance au fil de ses mots. Il avait gardé le nez dans le cou de Greg, ses doigts crochetant l'encolure de son t-shirt, et le policier n'avait pas bougé, gardant sa prise autour de ses épaules.
« Tu dois savoir que Mycroft et moi n'avons plus de parents. J'avais onze ans quand c'est arrivé, un bête accident de voiture. Mycroft avait vingt ans, il était en plein dans ses grandes études de futur maître du monde, et il s'est retrouvé avec un enfant à charge. Et comme il ne savait pas quoi faire de moi, il m'a juste… laissé de côté. En me disant que j'étais suffisamment malin pour me débrouiller seul. Sauf que ce n'était pas le cas. J'étais un gosse traumatisé qui venait de perdre ses parents, et j'avais l'impression de perdre mon grand frère du même coup. J'ai commencé à déraper, sans personne pour me servir de garde-fou. Je faisais n'importe quoi pour attirer l'attention de Mycroft. Puis quand j'ai compris que je ne réussirais pas à l'intéresser, j'ai commencé à faire n'importe quoi pour me distraire de la solitude. Il en a déduit que j'étais incapable d'être autonome, et c'est là qu'il a commencé à vouloir me contrôler complètement. »
Le silence retomba après sa tirade. Les bras de Greg se resserrèrent légèrement autour de lui, et Sherlock ravala le sanglot qui menaçait de s'échapper. L'étreinte de Greg était douce et amère à la fois. Apaisante et frustrante, le consolant tout en lui rappelant qu'il n'aurait jamais plus.
Au bout d'une éternité qui lui parut bien trop courte, Greg se recula, et lui adressa un petit sourire tordu.
« Vous êtes deux têtes de mules, en plus de ça. »
Sherlock hocha la tête. Ça, il pouvait bien l'admettre.
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Les révélations de Sherlock avaient ébranlé Greg. Lorsque le jeune homme finit par aller prendre une douche, visiblement secoué lui aussi, le policier alla repêcher son téléphone dans la poche de son manteau, et composa le numéro de Mycroft. Il était hors de question que ce soit lui qui prenne alors que le problème n'aurait pas dû être difficile à régler. Il ne s'agissait après tout que d'un manque de communication, et d'une sérieuse dose d'entêtement…
Comme pour prouver cette dernière pensée, Mycroft ne décrocha pas. Greg ne se laissa pas démonter si facilement, et attendit le bip pour laisser un message.
« Myc, c'est moi. Reviens à l'appart, c'est ridicule. Sherlock m'a expliqué de quoi il retournait, et même si je ne doute pas un instant que tu aies ta propre version de l'histoire, la seule conclusion que j'en tire c'est que vous êtes certainement les personnes les plus têtues sur Terre. Je suis sûr que tu es conscient du fond du problème, mais tu refuses de l'admettre parce que ça serait reconnaître que tu as eu tort sur le coup. Bon sang, Myc, c'était il y a huit ans ! Et de son côté, il n'essaie pas de te parler parce qu'il t'en veut et qu'il est persuadé que tu ne lui fais pas confiance. Reviens, et parlez-en. Vous ne pouvez pas laisser la situation comme ça, et j'en ai ras-le-bol d'être au milieu. »
Il raccrocha avec un soupir, et alla se vautrer dans le canapé. Ce qui s'était annoncé comme un sympathique dimanche de repos était en train de virer au désastre – surtout si les deux frères Holmes refusaient d'entendre raison.
Mycroft ne reparut pas avant une heure avancée de la soirée. Sherlock était déjà couché lorsqu'il rentra. Greg l'avait attendu, affalé sur le sofa où il avait passé sa journée, et il vit immédiatement que son fiancé n'était pas calmé. Le policier sentit l'irritation remonter, aidée par la fatigue.
« Je ne veux pas en parler, déclara Mycroft en accrochant son manteau.
- Et moi, je veux que ce bordel soit réglé, répliqua Greg en le rejoignant dans l'entrée.
- Sherlock est en train d'essayer de te monter contre moi, et je n'entrerai pas dans son jeu.
Le ton catégorique agaça Greg plus que de raison, et il saisit la chemise de Mycroft, se rapprochant pour lui parler tout près, d'une voix basse et furieuse.
- Et je suis capable de distinguer manipulation de mauvaise foi, cracha-t-il. En l'occurrence, tu es en plein dans le deuxième cas. Mets ton égo de côté cinq minutes, et réfléchis à ce que je raconte. Je ne suis pas aussi crétin que tu as l'air de le penser ! »
Mycroft se dégagea sèchement.
« Très bien. Tu veux que je lâche Sherlock dans la nature, carte blanche ? Parfait. J'appelle Duncan à la première heure demain matin, en même temps que je pars à l'aéroport.
- Ah, parce qu'en plus tu pars en déplacement demain ? C'est la meilleure, railla Greg. Combien de temps, cette fois ? Deux semaines ? Trois ?
- Un mois, coupa Mycroft. Et on sait tous les deux que ça ne m'enchante pas plus que ça.
- Un mois ?!
- Absolument. Et puisque tu es si sûr de toi, je te laisse gérer Sherlock pendant mon absence, sans l'aide de Duncan. Tu ne devrais pas avoir de problème ! Et puis après tout, si tu te plantes, ce n'est jamais que sa vie qui est en jeu, n'est-ce pas ? »
Greg resta tétanisé par la surprise, la douleur et la colère. En une phrase, Mycroft venait de lui annoncer qu'il n'avait pas confiance en lui, et qu'il le tiendrait pour responsable si Sherlock n'était pas en parfait état à son retour.
À quel moment sa vie avait-elle décidé de partir en vrille ? Le policier se força à respirer calmement. Il ne voulait pas envenimer la situation, mais il craignait que le mal soit fait. Il suivit Mycroft dans leur chambre, mécaniquement.
« Myc… commença-t-il. J'essaie simplement de comprendre et d'aider.
Mycroft soupira.
- Je t'ai demandé de rester en dehors de tout ça pour une bonne raison, Greg. Je connais Sherlock. Je sais qu'il est très persuasif, et je ne peux pas t'en vouloir de tomber dans ses pièges, mais ne me demande pas d'y plonger aussi. »
Greg haussa les épaules, et enfila son bas de pyjama avant de se glisser dans le lit froid.
« Viens te coucher, appela-t-il doucement, décidé à calmer le jeu.
- J'ai une valise à faire, répliqua Mycroft sans se tourner vers lui. Je pars à l'aéroport dans trois heures. »
Greg resta quelques minutes immobile dans le lit, s'efforçant d'être patient en attendant que Mycroft le rejoigne. Ils allaient sortir de cette impasse, ils en étaient capables. Il n'y avait aucune raison pour que Sherlock soit un motif de discorde – ou pire – entre eux. Pas après sept ans d'une relation que les hauts et les bas n'avaient fait que renforcer.
Quand il se rendit compte que Mycroft ne remplissait pas vraiment sa valise, et ne faisait que gagner du temps en déplaçant des vêtements, Greg sentit la colère le reprendre – ou plutôt, il tenta de se convaincre que la douleur qu'il ressentait n'était effectivement que de la colère.
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Adossé à la porte de sa chambre, Sherlock avait suivi toute la dispute, et il hésitait entre s'enfuir par la fenêtre et sortir en trombe pour aller mettre une mandale à son frère. Les points positifs – être débarrassé de Duncan et de Mycroft au moins pour un mois – ne suffisaient pas à compenser l'échange qui se tenait entre son frère et Greg. A croire que Mycroft avait pour objectif d'être détesté.
Malgré les deux pulsions qui le tiraillaient, il resta immobile. Dans trois heures, Mycroft partirait. Dans trois heures, il rejoindrait Greg et lui proposerait de sortir. Ou de regarder un film. Ou de faire n'importe quoi qui lui change les idées. Trois heures. Il pouvait bien tenir jusque-là sans se défenestrer. Pour Greg.
Trois heures plus tard, ses plans se retrouvèrent légèrement chamboulés.
La porte de l'appartement claqua, et Sherlock entendit Greg sortir de sa chambre. Dans le silence épais qui régnait, il entendit la porte du frigo et le cliquetis reconnaissable d'une bouteille de bière qu'on décapsule.
Le jeune homme ouvrit doucement sa porte et marcha jusqu'à la cuisine sur la pointe des pieds. Il s'appuya contre le chambranle et observa Greg. Le dos nu de Greg. Ses épaules nouées, ses muscles faussement relâchés par la gorgée d'alcool libératrice qu'il venait de prendre.
Soudain, il hésita. Il était probablement la dernière personne que Greg avait envie de voir, là, tout de suite. Le flic avait certainement besoin de calme et de solitude pour réfléchir à sa situation, et sans doute pas de voir la cause de tous ses problèmes.
L'estomac retourné par son sentiment d'impuissance, Sherlock s'apprêta à retourner se coucher lorsque la voix fatiguée de Greg le retint.
« Je te sens culpabiliser d'ici. Arrête. »
Lentement, il se retourna, sa bouteille toujours à la main, et s'appuya contre le plan de travail. Sherlock déglutit difficilement, une boule d'angoisse obstruant sa gorge. Soudain, s'enfuir par la fenêtre semblait être une bonne idée. Il n'était pas prêt.
Pas prêt à laisser Greg lui dire que ce n'était pas de sa faute, alors que ça crevait les yeux.
Pas prêt à le laisser lui parler gentiment, le réconforter, alors que c'était Greg qui était en miettes.
Pas prêt à voir cette affection dans le regard de Greg. Merde.
Le policier reposa lentement sa bière sur la table de la cuisine. Face à lui, Sherlock recula d'un pas. Il était brutalement terrifié, en plus du reste.
« Sherlock, attends. »
Le jeune homme se figea, comme un cerf pris dans les phares d'une voiture lancée à pleine vitesse. Le policier soupira, et sortit une deuxième bière du réfrigérateur. Il la décapsula et la tendit au jeune homme, qui haussa un sourcil, de plus en plus perdu.
« Je ne suis pas censé… commença-t-il, mais Greg l'interrompit.
- Que Myc aille se faire foutre. Tu as largement l'âge de boire une putain de bière, et je crois que là, c'est le moment. »
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Greg perçut nettement le moment où quelque chose changea dans le regard de Sherlock. Quelque chose qui disait « j'en ai ma claque ».
Comme au ralenti, le policier vit le jeune homme s'approcher, ignorer la boisson offerte, et saisir sa nuque à deux mains. L'instant vacilla, comme si le temps hésitait à continuer sa course. Greg sentait le souffle de Sherlock sur ses lèvres, et son regard brûlant dans le sien. Sa voix avait bizarrement disparu, l'empêchant de poser la question évidente (« Sherlock, qu'est-ce que tu fous ? »). Puis la bouche de l'étudiant fut sur la sienne, maladroite mais décidée.
Greg lâcha la bière qu'il tenait toujours.
Pendant une folle seconde, il ferma les yeux.
Pendant une folle seconde, sa main vola dans les cheveux de Sherlock et s'y accrocha.
Pendant une folle seconde, il répondit au baiser, désespérément.
La bouteille éclata sur le sol carrelé. L'instant fut brisé du même coup.
Ils reculèrent chacun d'un pas, Greg immédiatement acculé par le comptoir. Il eut à peine le temps de retrouver son souffle que Sherlock était déjà sorti de la cuisine et avait filé dans sa chambre.
Une minute plus tard, il le vit ressortir tout habillé.
« Sherlock ? » lança-t-il, mais le jeune homme ne répondit pas, se contentant d'un regard indéchiffrable.
Greg avait la nette sensation de perdre les pédales. Qu'est-ce qui venait de se passer, bordel de Dieu ? Et pourquoi Sherlock était-il en train d'enfiler ses chaussures et son manteau ?
« Sherlock, attends ! » s'exclama Greg alors que son corps rattrapait le cours des événements.
Il le retint in extremis, alors que le jeune homme allait ouvrir la porte, manifestement décidé à s'en aller le plus rapidement possible.
« Oooh non, même pas en rêve, grommela-t-il. Tu te ramènes, et on en parle. »
Il le traîna dans le salon, le cœur complètement affolé. Putain, c'était pas le moment d'en rajouter une couche, ils étaient déjà suffisamment dans la merde tous les deux…
Il n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche pour commencer à parler. La porte de l'appartement s'ouvrit.
« Greg ? lança la voix de Mycroft dans l'entrée. Je suis revenu… »
Les pas de l'homme se rapprochèrent en même temps que ses mots.
« Tu as raison, on devrait en parler calmement, continua-t-il, inconscient de ce qui venait d'arriver. Je me suis comporté comme un imbécile, j'ai repoussé mon déplacement pour qu'on puisse régler le… »
Il s'interrompit en entrant dans le salon, laissa la surprise planer quelques secondes et reprit, terminant sa phrase d'un ton lointain. Greg aurait presque entendu les rouages tourner sous la parfaite chevelure auburn.
« ... problème. »
Le silence s'abattit sur la pièce comme une chape de plomb. Greg prit pleinement conscience du tableau, et un petit coin de sa conscience eut envie de rire hystériquement. Il était toujours torse nu, il tenait toujours Sherlock par le bras, et si la pâleur de celui-ci était d'aucune indication, la profondeur de la mouise dans laquelle ils se tenaient venait d'augmenter de quelques mètres.
Mycroft s'approcha, les traits indéchiffrables.
« Gregory, dis-moi que je rêve », lâcha-t-il d'une voix neutre.
Sherlock se dégagea de la prise du policier, et tenta de contourner son frère pour rejoindre la sortie, mais celui-ci l'intercepta.
« Oh, si tu crois que tu vas t'en tirer comme ça, tu te fourres le doigt dans l'œil, poursuivit Mycroft, glacial. Reste précisément où tu es, et si tu bouges, je te promets que tu vas le regretter. Tu sais très exactement à quoi tu t'exposes, menaça-t-il, échangeant un regard entendu avec le jeune homme, qui s'immobilisa.
- Mycroft, je - tenta Greg, songeant qu'il était peut-être temps de réagir pour se défendre.
Merde, enfin, il n'avait rien demandé, lui ! Mycroft ne pouvait tout de même pas penser – si ?
- Ne te donne pas cette peine, Gregory. J'ai compris tout ce que j'avais besoin de comprendre. »
Peut-être que si, alors. Lentement, oh, tellement lentement, Mycroft ôta ses gants, et les fourra dans sa poche. Puis il fit glisser son anneau de fiançailles le long de son annulaire, et Greg écarquilla les yeux. Ça ne pouvait pas être vrai. Pas ça.
« Mycroft, non, bordel, attends… »
Celui-ci observa longuement la bague, le visage impassible mais les yeux pleins d'une tempête d'émotions contradictoires, puis la laissa tomber sur le parquet et rouler sous le canapé.
« J'ai toujours su que s'attacher aux gens était une mauvaise idée, déclara Mycroft, la voix instable. J'ai cru que tu serais l'exception à cette règle. J'avais tort. »
Sans un mot de plus, il se détourna, et entraîna Sherlock avec lui hors de l'appartement.
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Quelque chose s'était brisé en Sherlock. C'était bien plus qu'un simple déclic, à ce stade, c'était une putain de détonation. Il avait cru dépasser ses limites, avant. Il se rendait compte qu'il venait simplement de les atteindre. Etrangement, au lieu de perdre le contrôle de son cerveau et de ses actes, il se sentait parfaitement lucide – et bouillant de rage.
Dès que les portes de l'ascenseur se furent refermées derrière eux, il donna un coup dans le bouton d'arrêt d'urgence, et poussa violemment son frère contre la paroi métallique. Les mains fermement agrippées à son manteau, il le maintint en place de toutes ses forces, et laissa libre cours à sa fureur.
« Ce que tu peux être con ! cracha-t-il. Est-ce que c'était vraiment nécessaire, ton petit numéro dramatique ? Je n'arrive pas à croire que je te dis ça, j'ai pourtant passé des nuits entières à rêver que tu le quittais enfin, mais est-ce que tu as cru avoir le droit de lui faire ça ?! Alors que tu as parfaitement compris ce qui s'était passé – à moins que je ne me trompe sur tes capacités intellectuelles ? »
Il le secoua comme un prunier pour faire bonne mesure, mais finit par le lâcher et s'éloigna autant qu'il le put dans l'étroite cabine, et s'effondra par terre. Mycroft resta étrangement amorphe.
« Tu n'as pas le droit de lui briser le cœur alors que tout ce qu'il essayait de faire c'est préserver votre relation. Tu ne le mérites pas, Mycroft, tu ne mérites pas d'avoir autant d'impact sur lui », continua Sherlock, la voix soudain entrecoupée de sanglots.
Il se haïssait d'avoir embrassé Greg. Il haïssait Greg de ne pas s'être défendu face à Mycroft. Il haïssait Mycroft d'avoir réagi comme la victime alors que depuis le début c'était lui qui creusait sa propre tombe.
Puis son frère se baissa lentement, s'assit face à lui et soupira dans l'ascenseur immobile.
« Sherlock… tu ne crois pas que je le sais ? Tu ne penses pas que je m'en mords les doigts tous les jours ? Tu ne t'imagines pas qu'à chaque seconde, j'ai peur qu'il se rende compte d'à quel point je suis minable ? Non, je ne devrais pas avoir autant d'importance pour lui. C'est pour ça que je l'ai quitté. Je n'ai pas le droit de continuer à gâcher sa vie après tout ce que je lui ai fait…
Sherlock releva les yeux de la moquette et ricana, incrédule. C'était ça, son excuse ?
- Tu ne comprends vraiment rien à rien, hein ? »
Mycroft haussa un sourcil interrogateur. Il était plus pâle encore qu'à l'accoutumée, et son expression hautaine avait disparu. Le jeune homme secoua la tête.
« Ça ne marche pas comme ça. C'est trop tard, maintenant, tu as cette importance pour lui, et tu ne peux pas juste t'en aller comme si ça allait miraculeusement régler le problème. Ce n'est pas à toi de prendre cette décision. Il faut assumer.
- Assumer ? C'est trop tard pour ça, je lui ai rendu la bague…
- Non, mais merde, tu as entendu ce que je t'ai dit ? Ce n'est pas une simple histoire de bague ! Je sais que ça va être difficile, surtout pour toi, mais il va falloir ravaler ton ego et t'excuser. Il va falloir que tu rampes pour le récupérer. Mais tu n'as pas le droit de piétiner son cœur comme tu l'as fait alors que tu t'en vas parce que tu te sens coupable.
- Sherlock…
- Laisse-moi finir. Je vais t'expliquer encore une chose. Tu ne peux pas tout contrôler, toujours, complètement. Ça fait des années que je me bats pour que tu arrêtes d'essayer, alors que ce soit clair : là, tout de suite, tu perds ton contrôle sur moi. Je ne te laisserai plus interférer avec ma vie, et je vais la mener comme je l'entends, que ça te plaise ou non. Et on va passer un marché.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Mycroft, l'air abattu et résigné.
- Je veux que tu me lâches la grappe. Je veux que tu débloques mon accès à mon compte en banque, et que tu me laisses vivre sans être ta marionnette. Fais-le, tout de suite, je sais que tu peux le faire depuis ton téléphone et que tu as ma carte dans ton portefeuille. »
Lentement, Mycroft obéit. Sherlock hocha la tête et se remit sur pieds. Il se sentait vide. La satisfaction d'avoir obtenu gain de cause n'était nulle part en vue. L'idée de renvoyer Mycroft auprès de Greg était en train de broyer son cœur. Bien obligé d'accepter qu'il en avait un, finalement.
« Très bien, reprit Sherlock, comme un automate. Maintenant, je vais relancer l'ascenseur, tu vas remonter à ton étage, et tu vas aller t'aplatir devant Greg. Tu vas lui expliquer à quel point tu n'es qu'un pauvre con, mais que tu l'aimes, et que tu te plieras à son choix quel qu'il soit. Maintenant. »
Il appuya sur le bouton. L'ascenseur redémarra.
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... ouais. C'est à la relecture que je me suis rendu compte que c'était vraiment salaud, comme fin x) ... Oups ? Pas taper ? Bon, hein, pas de panique, il reste l'épilogue ;)
Merci d'être passé par là, et n'hésitez pas à me laisser un petit retour !
