Chapitre 6

Leur regards se soutinrent jusqu'à ce qu'Henry déboule dans les escaliers et saute dans les bras d'Emma. Leurs regards se brisèrent alors.

- Mademoiselle Swan ! Articula difficilement Regina, étonnée que la blonde se trouve en face d'elle.

- Je savais que tu reviendrais ! Je le savais ! Cria Henry en trouvant refuge dans les bras de sa mère biologique.

Emma serra fort son fils, honteuse d'avoir pus lui faire du mal l'espace d'une journée. Elle releva la tête et ses yeux croisèrent encore ceux de du maire qui probablement était stupéfaite. Elle crut voir dans ses yeux sombres une lueur briller et un sourire léger se dessiner. Cela devenait difficile de se regarder sans ne pas ressentir cette chose étrange qui ne les quittait plus. Il fallait que l'une d'elles brise ce face à face. Emma s'en chargea. Elle s'agenouilla devant le garçon.

- Je suis désolée Henry. Je ne voulais pas t'abandonner. Je te promets de ne plus te laisser. Tu me crois ? Demanda t-elle, les yeux plongés dans ceux de son fils qui hocha la tête.

Regina les regardait agenouillés là. Elle était confuse dans ses pensées. A la fois presque contente du retour de Swan et jalouse à nouveau. Rien que d'imaginer son fils passer du temps avec Emma Swan, Madame Mills fulminait.

- Je suis revenue...A cet instant Emma releva les yeux au dessus de l'épaule d'Henry et plongea son regard dans celui de Regina. La brune fut désarçonnée. Je suis revenue pour toi. Finit elle droitement dans les yeux du maire.

- N'essaie plus de mentir. Et je ne laisserai plus jamais maman nous séparer. Je sais que c'est par sa faute que tu es partie. Dit Henry.

Emma fut bouche-bée. Ce n'était pas de la faute de Regina. Le maire n'y était pour rien. C'était elle, elle qui ressentait le besoin de fuir Regina par peur de ressentir ce sentiment en elle qui la perdait et lui donnait tant de haine. Emma leva une nouvelle fois les yeux sur le visage de la brune derrière Henry. Elle avait le visage décomposé. Démoli. Elle tituba et manqua de tomber. Elle se rattrapa à la colonne du perron, de style égyptien. La blonde fut attendrie par ce visage aux yeux devenues aussi noir que jamais et larmoyants. Elle sentait qu'elle devait agir. Comme pour panser le cœur meurtrie de Regina.

- Non Henry, ta mère n'y est pour rien. J'ai voulu partir de moi même. Mais je n'ai pas pu, tu vois, je suis là. Quelque chose m'a poussé à revenir. Expliqua Swan, le regard plongé dans les yeux noirs haineux du maire.

La blonde vit le visage mouillé du maire se décontracter, presque étonné, comme si à cet instant la brune avait ressentie ce qu'Emma tentait de se cacher. Ses larmes se calmèrent, rassurant Swan. Sa bouche se ferma. Ses yeux redevinrent bruns. Une lueur semblable à un étoile brilla dans chacune des pupilles. Ses paroles avaient été profondes et sincères. Le maire en fut reconnaissante en lui adressant un faible sourire en guise de remerciement.

- Et si je t'emmenai chez Granny avant l'école ? Va m'attendre dans la voiture. Ordonna Emma.

L'enfant courut jusqu'à la Coccinelle jaune. Emma se releva et fit de nouveau face à Madame Mills.

- Merci. Les paroles d'Emma l'avaient touché. A ce moment là elle ne l'a détestait pas. Au contraire. Son cœur battait plus vite encore. Jamais elle n'avait entendu de pareil choses la concernant. Elle ne se sentait pas être une Méchante Reine. Elle était juste Regina et Emma avait su la cerner.

- Je vous en prie. Vous n'y êtes pour rien. Vous n'êtes pas la Méchante Reine comme il le prétend. Sachez le. Vous êtes une bonne mère, celle que je ne serais jamais. C'est sûrement l'une des choses qui m'a effrayé. Fit Swan, un léger sourire sur les lèvres.

Regina n'en crut pas ses oreilles. Elle sourit, n'effaçant peut être pas sa jalousie ni sa haine, mais les apaisant tout du moins.

- Aussi, j'aimerai récupérer le poste de Shérif, si cela ne vous ennuie pas ?

- Souat. Tenez, Shérif Swan. Regina tendit les clefs et l'étoile jaune d'Emma déposés la veille par Mary Margaret.

Le Shérif les prit et remercia le maire une nouvelle fois. Elles se quittèrent pour la première fois sans déclencher un feu aux poudres.

Regina regarda Emma Swan se diriger vers sa voiture où Henry attendait. Sa silhouette attira un instant les yeux du maire qui très vite revinrent à la raison. Swan avait su trouver les mots juste et Regina n'en revenait pas. La voiture partit. Elle ferma la porte et alla à la cuisine. La dernière fois qu'elles s'étaient parlées aussi gentiment datait de ce soir où Emma avait ramené le petit Henry de Boston. Le soir où tout avait commencé. Le début de sa fin. Plus tard, elle remercierait Emma en lui préparant un chausson aux pommes, elle se le promit.

Emma entra dans le Granny's diner en compagnie d'Henry attirant des regards interrogateurs. Emma indiqua à Henry d'aller s'asseoir à l'une des tables pendant qu'elle commandait. La blonde s'avança au bar. Accueillit par Ruby tenant le comptoir après avoir travaillé comme serveuse un certain temps. Emma lui sourit.

- J'avais envie de rester quelque temps ici. La ville me plaît bien. Dit-elle en guise d'explication.

- Je vous apporte les chocolats chaud et deux croissants offert par la maison. Sourit la jeune brune aux mèches rouges probablement contente de revoir l'une de ses amies de retour.

- Passe le bonjour à Granny par la même occasion !

- J'y manquerai pas ! Cria la barmaid.

Emma retrouva Henry à la table et s'assied en face de lui. Elle sentait qu'elle devait expliquer la raison de son départ. Du moins l'une d'entre elles. Seulement elle ne sut pas comment lui expliquer.

- Écoute Henry... tenta Swan.

- Je sais Emma, tu es partie parce que tu avais peur de ne pas réussir à bien t'occuper de moi. Lança t-il, un petit sourire de compréhension aux lèvres.

Emma fut bouche-bée. En effet c'était l'une des raisons qui l'avait poussé à partir. Henry. Elle savait qu'elle se serait pas la meilleure mère au monde comme Regina Mills. Pour cause, elle avait abandonné son fils. Ne l'a jamais vu faire ses premiers pas, ni même ses premières dents. Encore moins sa première rentrée à l'école. C'était des choses qu'elle ne pourrait jamais plus voir. Elle ne pouvait qu'espérer d'être là lors de ses premières leçons de conduite, de sa première petite copine et examens.

Emma ne pouvait pas révéler que quelque chose l'obligeait à fuir Regina. Henry ne pouvait pas comprendre cela. Swan elle même n'arrivait déjà pas à se l' chose de complexe. Elle préférera oublier ce détail et approuva - mentit - qu'Henry avait raison.

- Tu as raison Gamin. Regina prend soin de toi et veille à te rendre heureux. Elle a toujours été là. Moi je t'ai abandonné. Je ne suis pas sûre d'être prête. Ni même d'être un bon modèle pour toi. Expliqua la blonde.

- Tu es revenue, c'est un bon geste Emma. Je suis content que tu sois là. Tu crois qu'il sera envisageable de se voir plus souvent ? D'habiter avec toi ? S'emballa t-il soudainement.

- Je doute que Regina soit de cet avis Gamin, l'idée ne va pas lui plaire. Je n'sais pas. On verra. Fit Emma, le regard perdu dans le vide, un tourbillon noir lui rappelant vaguement quelqu'un.

- Chouette ! Et nous allons pouvoir reprendre la...

Henry se tut lorsque Ruby apparut avec la commande. Il la remercia tout comme sa mère et reprit :

- On va pouvoir reprendre la Mission Cobra. Il faut que tu délivres les habitants du sort de la Méchante Reine, ma mère ! Chuchota t-il, enthousiasmé. Il but une gorgée du chocolat.

- Oh là attends ! Attends une minute. Je t'ai déjà répéter pleins de fois que je n'étais pas la Sauveuse. Ce n'est qu'un livre Henry. Un livre de conte comme tous les livres de contes de notre enfance à tous. C'est fictif. Tu devrais arrêter de croire cela et vivre dans la réalité. Ta mère n'est pas la Méchante Reine. Tu lui fais du mal tu sais, en lui disant cela. Elle t'aime, Henry. Elle n'est pas méchante, elle ne veut que ton bien. Expliqua Swan, décidément peinée et lassée de ses histoires de Sauveuse et de forêt enchantée.

- C'est la réalité Emma ! Tu ne veux pas admettre que tu es la Sauveuse parce que tu as peur ! Mais regarde Ruby, c'est le Loup-Garou et le Chaperon Rouge, là-bas, David Nolan, c'est le Prince James, le Prince Charmant de Blanche Neige, Mary Margaret. Leroy, au comptoir, c'est Grincheux, l'un des Sept Nains et l'un des amis de Blanche Neige. Ils ont tous besoin de toi pour se souvenir de qui ils étaient et vaincre la Malédiction lancée par la Méchante Reine qui est ma mère. Ici leur vie à tous n'est que superficielle. Tu ne vois pas que Regina déteste tout le monde, et qu'elle fait tout pour t'éloigner de moi ! Elle a compris que c'était toi la Sauveuse !

- Ce n'est pas ta Malédiction qui nous oppose toutes les deux Henry. Mais admettons. Tu veux faire quoi ? Il est hors de question que je me batte contre ta mère. Je ne suis pas ici pour lui faire du mal, ni quoi que ce soit d'autre Henry. Je n'ai pas appris non plus à vaincre une Malédiction à l'école. Alors maintenant tu finis ton chocolat, tu vas être en retard. Et je reprend mon poste. Exigea Emma.

Tous deux quittèrent le restaurant. Emma déposa Henry au bus et attendit que celui-ci s'éloigne pour se rendre au bureau du Shérif où une montagne de dossiers l'attendait déjà. Un vole dans la boutique de Monsieur Gold, tapage nocturne d'ivrognes sur les quais, bouchons dans l'une des rues de Storybrooke la veille.

- Une multitude d'idioties. Au travail Shérif Swan. Soupira t-elle en se laissant tomber sur la chaise de son bureau, attrapant le premier dossier et un stylo.

La journée fut tout aussi longue pour le maire qui recevait les uns après les autres, les rapports du Shérif. Shérif Swan était inscrit sur la page de chaque dossier. Madame Mills fit glisser sans s'en rendre compte l'un de ses doigts sur cet inscription avant de lire le contenu de paperasse. Elle se laissa tomber dans son fauteuil.

- Tous des imbéciles. Fit elle froidement en feuilletant les pages.

Après un moment, elle se rendit compte qu'il était l'heure d'aller chercher Henry. Il était là, seul comme toujours. Attendant l'une de ses mères. Il vit la Mercedes arriver. Il monta et fit remarquer sa déception qu'Emma ne soit pas venu le chercher.