Chapitre 9
Emma conduisait sans savoir où aller. Elle n'avait aucune piste enfin si, celle donnée par Mary Margaret. Mais elle n'était pas totalement concentrée sur cette disparition, elle tombait mal. L'altercation avec Regina lui revenait sans cesse sans la possibilité de l'oublier. Henry se tenait assit sur le siège passager avant. Et s'il se rendait compte que rien n'allait entre ses deux mères ? Que lorsqu'elles se rapprochaient, elles se sentaient tout de suite obligées de se détester ? De se fuir ? De se nuire ? Et que pensait Regina ? Il était entrain de déblatérer sur un tas d'hypothèses aussi folles qu'improbables. Mais le Shérif Swan ne l'écoutait pas, elle n'arrivait pas, ses paroles ne semblaient être qu'un lointain murmure face au brouhaha de l'esprit de la blonde. Trop de question la bousculaient. Henry parlait. La blonde se lassait d'essayer de comprendre. Pourquoi Regina semblait si attirante ? Le gamin émit l'hypothèse du conte de Blanche Neige. Emma n'avait peur de rien, sauf de l'amour. Était-ce cela ? Henry parlait seul à présent. Pourquoi Emma avait-elle espérer voir la brune, le matin même ? L'enfant s'agitait. Les dossiers n'avaient-ils pas été un prétexte pour aller à la Mairie ? "Emma" criait Henry. Elle se rendit à l'évidence que jamais elle n'aurait pu vivre sans ne jamais revoir cette enchanteresse si elle était à Boston. " Emma " appela de nouveau le gosse. Les souvenirs de leurs sauvetages mutuels lui revenaient. " Maman tu m'écoutes ? " fit encore l'enfant. Ce regard lors de l'incendie avant l'élection, un regard...de braise... comme tous les autres.
- Emma ! Hurlèrent deux voix à la fois.
Swan reconnut celle de Regina le jour de cet incendie, mais aussi celle d'Henry qui la rappelait à la réalité. La voiture pila sur la route sur un grincement strident.
- Assez ! Cria Emma, pour faire disparaître les images de sa tête. Pour faire taire le gamin qui la perturbait. Elle suffoquait. Henry haletait face à cet arrêt brutal. Elle frappa le volant violemment.
- Assez...répéta Emma en étouffant un sanglot. De la sueur perlait sur son front. Terrorisée. Elle était horrifiée car tout devenait limpide. Ses mains serraient le volant faisant blanchir les jointures des doigts blancs porcelaine de la blonde qui ressentit alors une douleur presque faible comparer à celle de son cœur. Elle laissa tomber son front sur le dos de ses mains.
- Maman... Fit Henry, perturbé autant par sa mère que par la vulnérabilité qui émanait d'elle présentement. Il posa une main sur son épaule. Jamais il ne l'avait vu sangloter. Elle releva la tête, le regard vide.
Dans le plus grand des silences, elle remit le moteur en route comme si de rien n'était. Elle se concentra à présent sur David. Sa pauvre amie s'inquiétait. Elle décida de sillonner les rues de Storybrooke avant d'élargir les recherches. La voiture bifurqua de rue en rue.
Il était l'heure de rentrer à sa demeure. Regina poussa la porte du manoir. Il faisait froid dans la bâtisse. C'était calme. Elle se sentait seule, Henry était avec Archie. Elle se sentait pathétiquement petite face au plafond immense. La maison était décidément trop spacieuse pour une seule personne. Et même pour deux... Elle déposa son manteau sur le porte manteau et grelotta un instant face à l'aspect froid de la maison.
- Maudit hiver. Pesta Regina.
Elle grimpa la poignée de marches devant elle et arriva dans le couloir du hall. Son regard croisa son reflet dans le miroir. Elle se regardait et se trouvait drôlement provocatrice. La scène de la Mairie flasha un instant dans sa tête. Elle était passée trop prêt du Shérif Swan, leurs lèvres se frôlant presque. Cet instant avait été...si sensuel. Regina aimait se sentir belle et désirée. Elle aurait juré avoir vu du désir dans les yeux bleus d'Emma Swan. La brune pourtant, n'avait pas trouvé déplaisant de se sentir désirée... mais cela la rendait si confuse. Mais enfin quel était ce problème entre elles ? Pourquoi devaient-elles se détester autant ? Pour Henry ? Pour la Malédiction ? Non, ce n'était pas les vrais raisons. Plus le temps passait, plus croiser Swan lui faisait prendre conscience de ce qu'il se passait. Non, elle ne pouvait pas être impuissante, ne pas se laisser surprendre par le mystère qu'évoquait ce sentiment. Elle l'avait appris pendant son éducation par Cora, de ne jamais perdre défiance de soi-même. De respecter cette vertu noble. Cela lui était arriver une fois, et ça lui avait coûté la mort de Daniel.
Regina se dirigea à la cuisine. Comme chaque soir, elle se prit un verre de vin. Et se dirigea ensuite au salon . Elle peina à allumer le feu de la cheminée. Autrefois il ne suffisait que d'un simple geste de la main pour voir les flammes apparaître. Sans la magie le monde paraissait plus compliqué mais au moins elle n'avait pas de prix à payer. Elle ne voulait pas que la magie revienne. Elle redeviendrait alors cette femme que malgré elle, elle essayait d'oublier. Dans ce monde, Regina n'était pas détestée... Mais elle reconnut qu'utiliser la couverture de Méchante Reine avec Swan, la rassurait. Regina savait que la blonde était puissante, bien plus qu'elle même l'était. La brune était presque sûre qu'Emma pouvait la contrôler.
Les premières braises firent leur apparition, et bientôt le bois crépitait dans la maison. Regina tendit les mains devant elle un instant, réchauffant ses paumes glacées, les flammes reflétant dans ses yeux. Elle se leva et alluma un simple allogène dans le salon, plongeant la demeure dans une ambiance cosy agréable. Elle se laissa tomber sur le canapé, son verre en main. Elle se sentait si seule. Personne à qui parler. Se disputer. Plaisanter. La brune porta le verre à ses lèvres et y déposa une légère trace de rouge à lèvres. Le maire plongea ses yeux dans le feu et le fixa. Elle souffla. Elle ressentait encore le trouble du face à face. Sa chair frémit. Ce frisson..Elle savait que si chaque jour elle tentait de se faire belle, ce n'était pas uniquement que pour elle... Au plus profond d'elle, elle voulait charmer la blonde et lui montrer le meilleur d'elle même. Elle voudrait que tout se passe bien avec Emma, elle en avait marre de se battre, la brune avait fait ça toute sa vie. Elle ne niait pas qu'elle aimait la niaque d'Emma, sa détermination, son côté rebelle et garçon manqué. Cette blonde avait du mordant, et Regina, dans sa vie, avait trouvé très peu de personne prête à l'affronter. Elle aimait la répartie du Shérif.
L'heure tournait et aucune trace de David Nolan. La nuit était tombée. Bon sang où était-il ? Le Shérif ne savait plus où chercher. La ville entière avait été ratissée. Henry s'était tu depuis l'arrêt brutal prématuré. Emma se sentait coupable de ce silence pesant.
- Écoutes Henry...on a parcouru toute la ville sans trouver David Nolan. Je suis à court d'idée. Tenta la blonde.
Elle jeta un bref coup d'œil au garçon. Elle crut décerner à travers le noir, un léger sourire sur le visage de son fils.
- J'aurai bien une théorie mais ça ne va pas te plaire... fit-il persuadé qu'Emma l'écouterait. De toutes façons elle n'avait pas d'autre choix.
- Je t'écoute. Je suis prête à tout pour ramener le Prince de Mary Margaret. Lança t-elle le regard focalisé sur la route mal éclairée.
- Il faudrait qu'on aille voir Mary Margaret et lui demander à quel endroit l'avait-elle retrouvé, à la sortie de son coma ? Peut être y était-il retourné ? Il a sans doute fait une crise. Il n'est pas tout à fait remis. Expliqua Henry.
Emma savait que son fils avait raison, David était encore fragile. Il fallait tenter tout ce qu'il y avait à tenter et le retrouver. Elle prit la rue de l'appartement de la jeune enseignante.
- Tu as dis son Prince ! Tu as finis par y croire ? Demanda Henry avec la lueur qu'enfin Emma ait accepté son destin.
- Eh ! Non ! J'ai dis ça...comme ça. Tenta t-elle pour se rattraper, déclenchant un fou rire dans l'habitacle.
Henry et sa mère grimpèrent les escaliers deux à deux. Emma entra dans l'appartement y retrouvant une Mademoiselle Blanchard paniquée. Elle se releva brusquement de la chaise sur laquelle elle était assise, devant une tisane - pour sûrement se calmer.
- Vous l'avez retrouvé ? Des larmes brillaient au coin de ses yeux marrons.
- Non, mais te souviens-tu de l'endroit où tu l'as retrouvé à la sortie de son coma ? S'empressa de demander le Shérif.
- Prêt du pont à péage pourquoi ?
- Vite Emma, direction le pont des Trolls ! Cria Henry.
- Je viens avec vous !
Tous trois partirent en courant rejoindre le fameux pont.
Le téléphone brisa le silence du manoir. Regina lisait. Elle déposa l'oeuvre sur l'accoudoir du canapé et décrocha. C'était le psychologue, Archie.
- Oui criqu'...Docteur Hopper ? Fit la brune froidement sans le vouloir.
- Je suis désolé de vous importuner à cette heure-ci Madame Mills, mais Henry est avec vous ? Il n'est pas venu à sa séance.
- Bien sûr que non ! Je le croyais avec vous imbécile ! Aboya le maire pétrifiée de la disparition de son enfant.
- Eh bien non. J'ai par ailleurs entendu dire que David Nolan avait disparu et que le Shérif Swan était partie à sa recherche.
Swan, bien sûr. Elle était avec Henry. Elle aurait dû s'en douter. Regina raccrocha au nez du docteur et se hâta de s'habiller et de foncer à sa voiture. Décidément avec Emma Swan, leur relation était vraiment chaude et froide. Sans trêve, toujours en variante. Dès l'instant où un instant agréable avait lieu, il fallait qu'il soit remplacer par à nouveau de la haine. Cela rappelait une chanson au maire, une chanteuse américaine. Elle avait oublié le nom de cette artiste. Quel était son nom déjà ? Ah oui Katy Perry avec sa chanson Hot'n'cold. Regina retrouvait dans le refrain du morceau, la triste réalité qu'elle entretenait avec Emma. Un coup tout était noir, un autre coup c'était blanc. Un jour c'était oui puis le lendemain, non. Leur relation était un paradoxe. Tout était compliqué avec Swan, mais c'était pour cela que ce qu'elles construisaient ensemble était différent, inexplicable et surtout unique.
Le maire pesta après la blonde à cause d'elle son fils avait manqué une séance. Puis les paroles d'Henry revinrent. Et si la blonde avait tenté de lui enlever son fils ? La haine refit surface comme à son habitude. Nolan avait du faire une crise donc, avec un peu de logique, il se pouvait qu'il se soit à nouveau rendu au lieu de son réveil du coma. Emma devait sûrement s'y rendre. Elle réglerait le problème avec la blonde. Regina se le promit. Elle grimpa dans sa Mercedes la mine tendue. Il fallait mette les pendules avec le Shérif. La brune démarra au quart de tour en direction du pont à péage...
