Chapitre 13
-Montre-moi, Jean. Montre-moi jusqu'où il est allé.
Là. Sa voix. Ses mots. Doux. Qui le faisaient frémir. Il avait l'impression que ses oreilles brûlaient, la chaleur s'étalait sur ses joues. Il priait pour ne pas rougir, terriblement honteux.
La main de Marco revint sur ses yeux au moment où il se sentait à deux doigts de les entrouvrir.
-M-Marco…, gémit-il, un peu perdu.
Son souffle sur son visage s'était déplacé légèrement. Il avait dû s'avancer un peu il sentait ses lèvres presque contre le coin de sa bouche. L'air chaud le chatouillait légèrement.
Sous son nombril, Il sentait les doigts caresser sa peau. S'il n'avait pas eu les yeux cachés, il ne s'en serait probablement pas rendu compte. Mais ainsi aveugle, il avait conscience du mouvement presque imperceptible.
Marco jeta rapidement un coup d'œil à la ceinture du pantalon. Le bouton n'avait pas été refermé, la braguette remontée à moitié seulement. Reiner n'était décidément pas très regardant sur les choses lorsqu'il réglait une situation.
-Il a fait ça ? murmura-t-il.
Sous la main de Jean, il bougea de lui-même les doigts, les faisant cavaler sur la ceinture. D'un ongle, il tapota le bouton de métal, pour que le garçon comprenne où il était. Il sentait sa main sur la sienne se serrer un peu plus de temps en temps, et il pouvait deviner son train de pensées. Contre lui et sous ses mains, il pouvait se rendre compte de chacune de ses réactions.
Il aurait pu s'en vouloir d'agir ainsi. Mais non. Si Jean avait été terrorisé par son attitude, d'une quelconque manière que ce soit, il aurait cessé aussitôt, ne l'aurait pas même touché.
-Comment tu sais… ? entendit-il tout bas.
Ses lèvres étaient presque contre les siennes. C'était quelque chose d'effroyable que de le sentir aussi proche et ne pouvoir rien faire.
Contre son ventre, les doigts de Jean toujours entortillés dans sa chemise tremblaient légèrement. Mais pas de peur, constatait-il. Ils lui semblaient presque brûlants contre sa peau.
-C'est encore défait…, murmura-t-il en tirant très lentement sur la baguette pour finir de la rouvrir.
Il vint reposer sa main au-dessus du bas ventre de Jean, la main de ce dernier toujours sur la sienne. Mais à peine ses doigts furent-ils de nouveau en contact avec la peau chaud et frissonnante, que la main l'attira un tout petit peu plus bas.
Marco sentit une bouffée brûlante envahir son visage. Jean le faisait vraiment. Même si c'était lui qui l'y incitait, il n'avait aucune obligation, que ce soit de rester là, de se laisser faire, ou de lui obéir docilement. Et plus encore.
Le bout de ses ongles avaient disparu sous le pantalon. Il n'y avait pas grand-chose à parcourir pour le toucher, à travers le tissu fin de ses sous-vêtements, et ses doigts avaient glissé un tout petit peu plus à l'intérieur. Il était facile de constater que là, sous ses doigts qui glissaient juste sur le haut, ce n'était pas la peur qu'il avait ressenti avec Eren. Pas le moins du monde.
Les épaules de Jean, contre ses mollets croisés, avaient eu un soubresaut. Marco affermit sa prise sur son visage, son pouce caressant doucement son front. Il souffla légèrement, réchauffant le coin de sa bouche.
Observant attentivement ses réactions, il vit du coin de l'œil ses lèvres se pincer, visiblement en proie à une contrariété, puis s'entrouvrir.
-Ce…N'est pas…
Marco retint son souffle pendant une seconde. Les joues en feu, il commença à retirer sa main en bafouillant.
-D-désolé, je n'aurais pas dû…
-Non… !
Une boule dans la gorge, Jean avait eu une petite voix légèrement étranglée. Merde. C'était juste terriblement…Mignon ? Le blond remonta soudain ses jambes, comme s'il souhaitait soudain se cacher, trop exposé à son goût. Cependant, il continua d'ôter la main lentement.
-Ce…C'était…Enfin, juste…P-pas dessus…Mais…
-Oui ? insista un peu Marco, un brin perplexe.
-A…L'intérieur…
Là, Jean inversa le sens de la marche. Il appuya légèrement la main de Marco contre sa peau pour la faire glisser de nouveau comme plus tôt, jusqu'à ce que les doigts du brun disparaissent sous la deuxième couche de tissu.
Sous ses doigts, Marco pouvait sentir les boucles fines qui recouvraient la peau. Brûlante. Il sentait la respiration rapide et irrégulière de Jean.
Il avait envie d'envoyer sa raison se balader. Très loin et très longtemps.
Marco entendit vaguement un gémissement quand son doigt s'aventura sur l'érection contre sa main. Du calme. Du calme, bon sang.
-Est-ce qu'il…A fait ça… ? souffla-t-il en tentant de rester maître de son idée de base.
A l'origine, il ne pensait pas que ca irait aussi loin. Ou, du moins, que Jean accepterait de le laisser entrer aussi loin sur son corps, ni ne se livrerait aussi facilement sur ce qui s'était passé à peine quelques heures plus tôt.
-P-pas comme ça…entendit-il.
Sûr que si Jean ne se retenait pas autant, il aurait couiné. Prenant sa réponse comme une incitation à faire les choses différemment, Marco glissa ses doigts autour du membre, avec un frisson au contact. Mère de Dieu, que faisait-il donc ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi-pourquoi-pourq-…
-Ah, ce… !
Le petit halètement surpris le coupa dans ses questions pseudo-existentielles, qu'il envoya aussitôt au diable.
-C-c'était…Comme ça…, gémit Jean. M-Mais…
-Mais ?
Il le sentait sursauter entre ses doigts, bouillonnant.
-Ce n'était pas…Agréable…P-pas comme ça… !
Brusquement, Jean lâcha sa main alors que ses doigts glissaient un peu plus, et la fit rejoindre la première, s'agrippant au premier bout de tissu qui venait. Marco déglutit. Ce n'était pas sa chemise, ça. C'était son pantalon. Sa ceinture, plus précisément. Plus bas, même.
Merde.
Marco enleva sa main de son visage un bref instant pour enlever délicatement la main qui le perturbait et la poser sur sa chemise, près de la première, en murmurant un « Touche pas… ». Les doigts s'enroulèrent presque aussitôt sur le tissu, de la même manière que l'autre le faisait déjà depuis un moment.
-M-Marco…Tu…
Jean avait à peine entrouvert les yeux, lui lançant un regard qui ne savait décidément pas où aller. Le brun esquissa un petit sourire et se repencha sur son visage, sa main lui recachant les yeux.
-Ne regarde pas, tricheur…, dit-il doucement. Dis-moi ce qu'il a fait.
Jean essaya de se concentrer, même avec difficulté. C'était probablement la première fois qu'il se sentait aussi…Excité ? Pourquoi ? A cause de ce qui s'était passé avec Eren ? A cause de Marco, qui le touchait d'une manière aussi brûlante?
-Il n'a…Pas fait autre chose…, hoqueta Jean quand les doigts se déplacèrent de nouveau.
-Tu es sûr ?
Jean gémit un peu quand il insista ses mains lâchèrent le tissu en défaisant leur pression dessus, pour glisser sans y penser sur la peau chaude qui se cachait dessous. En sentant ses doigts caresser son ventre, et pas seulement l'effleurer par inadvertance, Marco sursauta presque. Il sentit ses lèvres frôler de trop près celles de Jean, et se décala presque aussitôt comme si de rien n'était.
-O-Oui…
-Que s'est-il passé ensuite ?
Frissonnant une nouvelle fois, Jean poussa un petit soupir qui retourna le cerveau de Marco. Lentement, guettant ses réactions, le jeune homme remonta le pouce pour caresser le gland légèrement humide, tendant une oreille pour rester concentrer autant que possible. Dur.
Les mains franchement accrochées à la taille de Marco, Jean poussa une petite exclamation qu'il n'avait pas su réprimer.
-R-Reiner…Est arriv-
-KIRSTEIN, ENFOIRE !
Un grand bruit se fit soudain entendre, et cette fois Marco se demanda s'ils n'étaient pas simplement maudits, à être interrompus à chaque fois qu'ils étaient seuls un moment.
A la porte, les joues rouges, une expression furibonde sur son visage délicat, Mikasa cherchait le blond des yeux, et Marco se mit à bénir Jean et sa timidité qui lui avait fait relever les jambes. Au moins, de là où elle était, elle ne voyait pas ce qui se passait.
Pour le moment.
Pitié, arrête d'approcher… !
