Chapitre 17


Au son de la voix, Bertold s'était figé. Entre la chaleur, le bruit des tissus contre son oreille, la respiration un peu rapide de Reiner, la sensation de ses mains sur sa peau, il n'avait pas fait attention au fait que quelqu'un avait pénétré dans la pièce. Il pinça les lèvres en se rendant compte du bruit qu'il venait de faire, et s'agita légèrement pour se défaire de Reiner. La poigne du grand blond s'accentua à ce moment-là, la main dans son dos glissant pour venir s'agripper à une fesse. Bertold retint un petit couinement qui se perdit dans sa gorge.

-Rein…

Sa supplication fut rapidement étouffée par deux doigts qui vinrent s'introduire dans sa bouche, et Reiner leva légèrement la tête.

-Il est malade, dit-il d'une voix forte et claire.

-Reiner ? Ah merde, c'est pour ça qu'il faisait la gueule ?

Une cuisse se cala contre l'entrejambe de Bertold, se frayant un chemin entre les siennes. Une petite exclamation étouffée retentit sous les couvertures, bien malgré lui, et le brun donna de petits coups de poing sur la taille de Reiner. Celui-ci ne s'en souciait pas le moins du monde et continua sa discussion avec Connie à travers la couverture.

-Ouais. Je reste avec lui, tu peux prendre ma place !

-D'accord, d'accord ! Viens là, Jean…

Bertold entendit un deuxième pas, visiblement le garçon appelé par Connie. Il eut à peine le temps de s'inquiéter du sort de ce dernier que Reiner reposait la tête sur l'oreiller. Presque aussitôt, son pouce glissa au coin de ses lèvres, et il sentit son index jouer avec le bout de sa langue pendant une seconde ou deux. Tâchant de montrer ouvertement son mécontentement, Bertold entreprit de resserrer la mâchoire, mordant les doigts du mieux qu'il pouvait.

-Tu te mets dans tous tes états, souffla soudain Reiner. C'est rare de te voir comme ça…

Il parlait assez bas pour que lui seul puisse entendre. Bertold ne savait pas trop comment prendre ses propos, et frissonna quand la main de Reiner remonta lentement, ses doigts frôlant ses reins.

Essayant toujours de se dégager, Bertold s'accrocha de son autre main au poignet près de son visage, tentant d'user de fermeté pour le dégager. A ce moment-là, Reiner donna un petit coup de bassin, et il donna un coup de dents plus prononcé en sentant l'entrejambe de son camarade frotter contre la sienne.

Oh, c'était lui-même qui avait fait ce bruit-là ?

La sensation électrisante l'avait surpris, le prenant totalement au dépourvu. Pourvu que personne d'autre ne l'ait entendu. Les doigts de Reiner glissèrent enfin hors de sa bouche. A ce moment-là, il se rendit compte qu'il avait le souffle court. A l'entendre respirer, ca devait être pareil pour le grand blond. Il sentait son souffle chaud chatouiller légèrement son menton, par à-coups.

-Si j'avais su… murmura soudain Reiner.

Dans le noir, impossible de voir clairement son expression. En revanche, il avait très bien senti la main qui avait migré de son visage à la ceinture de son pantalon. Reiner le fit un peu glisser sur ses hanches, profitant que le vêtement était trop lâche pour résister. Bertold serra les dents de nouveau, peu sûr de devoir vraiment réagir ainsi. Ou réagir tout court. Il sentait les mains glisser, l'une revenant caresser sa fesse, l'autre s'aventurant à l'intérieur du pantalon avec une facilité déconcertante.

-Tu ne mets jamais rien dessous ? Tu te relâches drôlement…

Il se sentait brûlant. La fièvre était-elle finalement là ? Il osait espérer que oui, ça lui donnerait au moins une excuse presque valable.

Une excuse ?

Pourquoi en aurait-il besoin ?

Pour se laisser faire ?

-Je t'emmerde… ! gémit-il.

Les doigts quittèrent le bas de son dos durant à peine une seconde. Bertold sentit ses propres bras brusquement tirés en arrière Reiner venait de faire descendre la chemise d'un geste vif, la laissant sur ses avant-bras et les bloquant dans son dos par la même occasion. La main du blond était de retour, glissant sur la peau humide. Il gémit sans y penser quand l'autre main tira un peu plus sur son pantalon, frôlant son entrejambe de nouveau.

Reiner retint un petit sourire. Il doutait que Bertold pût le voir, mais il préférait se tenir un peu à carreau. Même si ce n'était pas de la moquerie, il était capable de le penser. Surtout que la situation ne s'y prêtait pas le moins du monde. A chaque geste qu'il faisait, il avait l'impression que Bertold allait s'enfuir. Et à chaque fois, le contraire lui était démontré. Rien de mieux pour le pousser à continuer.

Sous ses doigts, la peau du brun était devenue tour à tour moite, puis humide, brûlante. Pas besoin de beaucoup plus pour l'exciter. Sous la ceinture du pantalon, il toucha, d'abord du bout des doigts. Les boucles brunes s'allongeaient, s'écartaient légèrement sur son passage. De son autre main, il rapprocha un peu le bassin de Bertold, se collant littéralement à lui et enfouissant son visage dans son cou. Le sentir dans cet état, même récalcitrant comme il l'était, le rendait presque fou.

Contre le dos de sa main, il sentit le gland brûlant tressauter. Près de son oreille, la respiration saccadée et chaude.

Il avait atrocement envie de le toucher. Merde.

Connie leva la tête en entendant un petit bruit venant des couvertures amassées sur la mezzanine, mais s'en désintéressa rapidement. Après un tour rapide sur les étagères où Jean rangeait ses affaires, il avait ramené au jeune homme quelques vêtements pour qu'il se change au plus vite.

-Ca va mieux ? murmura-t-il.

Jean avait repris quelques couleurs et achevait de mettre un tee-shirt sombre, qui cacha aussitôt les sous-vêtements qu'il venait d'enfiler. Il hocha lentement la tête, avec cette expression dépitée qui ne le lâchait plus.

-Désolé, soupira-t-il. Un coup de fatigue…

-Ca fait un moment, ton coup de fatigue, répliqua Connie.

Il s'assit en tailleur sur le matelas, un coude sur une jambe et le menton dans la paume de sa main, fixant Jean en fronçant les sourcils.

-J'ai pas spécialement envie de me mêler de ce qui ne me regarde pas, continua-t-il, mais qu'est-ce qui se passe, au juste ?

Jean baissa les yeux sur lui, retournant la question dans tous les sens dans son esprit avant d'incliner légèrement la tête.

-Eh bien…Rien…Je suppose…

Connie fronça du nez, visiblement peu d'accord et s'apprêtait à répondre quand un gémissement retentit. Ils levèrent les yeux en chœur, écoutant le silence de plomb qui s'était abattu ensuite.

-Bertold n'a vraiment pas l'air bien, lança Connie à voix basse. J'espère que ca va lui passer très vite…

-T…Touche pas…Là…Enfoiré…

Reiner était à deux doigts de se délecter des gémissements plaintifs du brun. Celui-ci était presque tremblant contre lui, et ce n'était assurément pas de la peur ou quoique ce soit du genre. Dans le cas contraire, Bertold s'en serait déjà donné à cœur joie pour lui faire comprendre le fond de sa pensée. Il était ainsi : s'il n'était réellement pas d'accord, il faisait très clairement passer le message. Du moins avec lui.

Là, c'était un peu comme si, à chaque fois qu'il contestait, il demandait en fait plus.

Ce qu'il sentait sous ses doigts était d'ailleurs une preuve flagrante. Au milieu des boucles entre lesquelles il fourrageait, et glissait jusqu'à frôler les bourses chaudes, il avait bien du mal à contourner le membre qui se dressait.

- Pourquoi je ne toucherais pas ?

Son odeur, sa chaleur. Sa voix. Ses gémissements. Sa façon de se refuser.

Son autre main quitta le dos –ou plutôt la fesse- de Bertold, pour défaire son propre pantalon. Ces uniformes serrés étaient tout simplement atroces dans ce genre de situation, et la douleur commençait à pointer son nez.

-Ca se fait p…Eh, qu'est-ce que tu fous ?

-Je me mets à l'aise, répondit-il en essayant de rester maître de lui-même.

Difficile. Ses yeux s'étaient habitués à la pénombre des couvertures, juste assez pour voir le corps de Bertold. Là, alangui sous ses yeux et ses mains, presque pantelant entre la chaleur et ses attouchements. Il pouvait presque deviner ses joues rougies.

Et d'autant plus difficile quand il sentit le gland toucher le bas de son ventre l'espace d'une seconde. Lâchant sa ceinture défaite, il enroula ses doigts autour du membre dressé, profitant d'un petit hoquet gémissant qui résonnait à son oreille, et revint de son autre main glisser sur la fesse à moitié couverte.

Il approcha sa bouche de son oreille de nouveau, mordant le lobe à sa portée.

-Sérieux, t'imagine même pas…, commença-t-il.

Enhardi par un gémissement sourd, il laissa ses doigts glisser vers l'intérieur de la fesse, caressant du bout des doigts la ligne centrale qui se présentait. Il s'attarda à peine sur l'intimité qu'il rencontra, récoltant un sursaut à son rapide passage dessus.

-…Tout ce que je pourrais faire…Là…De suite…

-Va chier, gros dégueulasse…, gémit le brun.

Reiner se retint de sourire quand il sentit les dents de Bertold s'enfoncer dans son épaule. Entre ses mâchoires à peine entrouvertes, il avait l'impression de sentir sa langue contre sa peau. L'impression. Ca y est, il avait pété un câble et s'imaginait n'importe quoi.

Et puis ça arriva finalement.

Il l'avait senti s'agiter depuis un petit moment, et il comprit bientôt, quand il sentit le tissu de sa chemise quitter les bras de Bertold. Ah, c'était fini. Il allait se prendre une droite sous peu.

Ou pas.

Il ouvrit de grands yeux en sentant les mains se jeter presque sur sa ceinture ouverte, pour baisser le pantalon.

Ouhla. Une minute, une minute !

-Ca me gêne, ce truc…, entendit-il grogner contre son épaule. Dégage ça… !

Oh putain.