Chapitre 22

Le Shérif s'avançait lentement en direction de la porte d'entrée entre-ouverte. Elle se posta sur le coté gauche de la porte, pointant son arme en l'air. D'un geste doux de la main, la blonde ouvrit la porte d'avantage. Elle fit un pas à l'intérieur de la grande maison pointant cette fois-ci son arme en avant.

- Regina ? Appela Emma.

Swan tendit l'oreille à l'affût d'une quelconque réponse. Mais seul le silence demeurait bavard. Après s'être assurée qu'il n'y avait personne ni dans les jardins, ni dans la maison, la blonde entra.

Le manoir était plongé dans le noir total. Les volets étaient fermés. Il faisait froid. Swan grelottait. Comment Regina pouvait-elle vivre ici ? Dans l'ombre et le froid ? Elle pensa que c'était le meilleur moyen pour Regina de se cacher des habitants, de se faire payer ainsi ses erreurs du passé. Emma s'avança dans le hall d'entrée.

- Regina ? C'est le Shérif Swan ! Tenta t-elle de nouveau.

De nouveau, elle ne reçut que la réponse du silence. Le maire ne se trouvait pas au manoir. Emma était abasourdie par la grandeur et la hauteur de la maison. Elle rangea son arme dans son étui tout en levant le nez en l'air, admirant les différentes moulures. Elle monta les quelques marches de l'entrée, le regard plongé sur un immense escalier au fond du couloir. Lorsqu'elle tourna la tête à droite, elle y vit accroché sur le mur un miroir. Son regard s'accrocha sur son propre reflet. Comme hypnotisée. Elle plongea sa main dans ses cheveux un instant, avant de pivoter sur elle même. Elle entra dans le salon, tentant d'avancer sans se heurter à un bahut grâce à sa lampe torche qu'elle alluma. Elle contourna le canapé en direction de la cheminée, le bois était consumé. Il semblait abandonné et avait fini par s'éteindre, de la fumée s'évaporant encore dans la cheminée.

Le faisceau de la lampe torche se dirigea sur la table basse devant le canapé où se tenait le livre Once upon a time. Des pages avaient été déchirées, d'autres semblaient avoir été réparées. Emma s'accroupit, scrutant de plus prêt les pages du livre de son fils. Toutes les pages arrachées étaient celles relatant de la méchanceté de la Méchante Reine, les meurtres et menaces commises dans la forêt enchantée. Le visage de la blonde se décomposa face à la lecture de l'ouvrage. Regina avait bel et bien commit toutes ces horreurs. Elle semblait culpabiliser, comme si elle voulait effacer toutes ces horreurs de sa vie, les faire oublier aux habitants, vivre en paix. Devenir meilleure. Un verre de vin non finit trônait sur la petite table. Sur les parois, une trace de rouge à lèvre. Regina semblait vraiment souffrir de son passé. Swan compatissait pour cette femme. Elle se sentait vraiment attirée par l'être de la Reine. Autant par sa beauté que par son histoire.

Une bougie se tenait également sur la table. La mèche était légèrement brûlée, comme si on avait voulu l'allumer. Pourtant il n'y avait pas de cire. Ni sur la bougie, ni sur la table. Cela interrogea le Shérif. Que pouvait bien faire la brune avec cette bougie ? Cela voulait-il dire que le maire avait retrouvé ses pouvoirs et s'exerçait ? Emma se releva, étourdit par ses propres pensées.

Elle fit un rapide tour à la cuisine lançant quelques jets de lumière avant de se diriger dans le hall et de monter l'énorme escalier où jamais elle n'était allée.

Elle vit un autre salon, doté d'une bibliothèque à la première porte à droite. Cette pièce si sombre lui donnait froid dans le dos, Swan en ressortit immédiatement. Sur les murs, quelques tableaux. Plus loin dans le couloir deux portes l'attirèrent. L'une était ouverte, Emma pencha sa tête dans l'ouverture. La chambre d'Henry. Elle était si bien rangée tel que sa mère adoptive avait dû lui apprendre. Emma sourit. Elle referma la porte avant de se diriger à la seconde porte fermée en face de celle du garçon. Cela devait être la chambre de Regina. Elle hésita. Devait-elle entrer et violer l'intimité du maire ? Devait-elle visiter l'antre personnelle de Madame Mills ?

Le véhicule se gara enfin. Le coffre s'ouvrit brutalement. Le corps de Regina fut négligemment posé sur l'épaule de son ravisseur tel un sac à pomme de terre. La Reine grogna, laissant échapper des "mmh mmh" de mécontentement. Elle gigotait toujours tentant de se débattre de l'emprise de son kidnappeur. Elle hallucinait de la manière dont elle était traitée. Jamais elle n'avait été traité de cette manière. Même lorsque Blanche Neige et le Prince l'avaient condamné à mort dans la forêt, son arrestation avait été plus agréable. Le maire continua de râler dans son bâillon.

- La boucle Majesté ! Aboya l'homme.

Regina reconnut la voix maléfique du docteur Whale. Elle pesta silencieusement. "Attendez de voir que je me libère, vous allez voir ce que c'est que de manquer de respect à sa souveraine." pensa Madame Mills plus que remontée.

Elle ne pouvait en effet pas utiliser sa magie pour le moment, celle-ci ne coopérant pas aux volontés de la Reine. Elle avait eu beau s'entraîner à refaire naître le feu d'une bougie. Rien ni faisait. Ses pouvoirs étaient dans son corps, mais hors d'état d'utilisation.

Ayant la vue et la bouche bâillonnées, le maire tenta de faire appel à son odorat et son ouïe pour se repérer. Elle calma toutes ses inquiétudes et se concentra sur le paysages qui l'entourait. L'homme marchait probablement sur du sable, le maire décela quelques crépitement. Elle entendait des mouettes. Soit elle se trouvait non loin de la plage, soit elle y était. Elle continua son inspection sensorielle.

Soudain Whale trébucha, Regina recevant un choc brutal, échappa't un grognement.

- Rooh silence. Cria t-il.

"Imbécile." pesta la brune intérieurement. Elle se concentra. Une odeur forte de poisson enivra ses narines. De la sardine. Il y avait de la poussière. Pouah ! Elle détestait cette odeur. Elle ferait la peau de Whale, elle se le promit. En tendant l'oreille, la brune perçut des bruits de gouttes d'eaux s'écrasant sur le sol. Elle en déduit qu'elle se trouvait dans un entrepôt.
Soudain elle fut allongée violemment sur ce qu'elle décela ; une table en métal dont la fraîcheur traversa ses vê se trouvait toujours ligotée mais le médecin lui défit son masque suivit de son bâillon à la bouche. Il lui attacha ensuite les pieds avec une sangle en cuir, prenant bien précaution de retirer la corde après. Il fit de même pour les mains et le ventre de la jeune femme.

- Ordure ! Aboya Regina.

Whale ne tint pas compte de cette insulte et posa ses appareil sur les tempes de la Reine, reliés à une affreuse grosse machine. Regina déglutit et garda son calme malgré sa panique intérieur.

- Maintenant Majesté, vous allez répondre à mes questions où cette machine vous enverra d'affreux chocs électriques. Menaça t-il.

- Je-je n'ai pas peur de votre engin docteur Frankenstein. Articula t-elle durement et difficilement.

Emma avait fini par entrer dans la chambre de la Reine, allumant la lampe centrale qui se trouvait être un magnifique lustre. Un lit se trouvait en face d'elle. Sur le coté droit un miroir et une porte menant à une salle de bain. La blonde s'avança lentement. Elle explora lentement la chambre, rangée. Le lit était fait. Elle alla d'abord à la salle de bain où traînait du maquillage et du parfum. De la vanille. Emma en déposa sur son poignet. Elle le renifla en fermant les yeux. Se rappelant de ce même parfum ressentit lors de leur baiser.

Une brosse à dent se trouvait dans un pot, ainsi que du dentifrice. Emma admira le shampoing de sa belle. De la pomme caramélisée. Elle retourna ensuite à la chambre regardant les cadres sur la table de nuit. Regina et Henry souriant. Une photo de son fils bébé, dans un cosy avec Regina, radieuse. Il était déjà si mignon à cette âge là et la brune semblait si heureuse. Emma regrettait de ne pas l'avoir élevé mais savait qu'il avait eu l'enfance merveilleuse qu'elle n'aurait jamais pu lui offrir. Sur le mur, l'acte officiel de l'adoption était encadré.

Emma s'assied sur le lit. Songeuse. Ou pouvait bien se trouver Regina ? Ou était-elle passée ? Lui était-il arrivée quelque chose ?

Son regard se posa sur l'oreiller où la forme de la tête de la Reine y était encore imprégnée. Swan le prit et sans réfléchir, l'apporta à son nez et huma ce shampoing délicieux. Elle rêvait de plonger nez et mains dans ses cheveux bruns. De s'endormir à ses côtés, entourée de tout ces parfums.

- Maman ? Cria Henry, en bas de l'escalier.

- J'arrive !

Emma se sépara difficilement du coussin et sortit à contre cœur de la chambre. Retrouvant son fils au rez-de-chaussé, un panier en osier dans les mains.

- Je l'ai trouvé dans le jardin, renversé. Fit-il face au regard interrogateur de sa mère. Il y a des traces sur l'herbe. Comme si on avait traîner quelque chose ou quelqu'un. Maman, je crois que Regina à ses ennuis...

Emma était de cet avis. Le prénom de Whale lui vint. C'était lui. Elle le savait. Ensemble ils rentrèrent à la voiture, et allèrent prévenir David et Mary Margaret. Emma se promit de commencer les recherches dès le lendemain tant la nuit tombait déjà.