Chapitre 27

Whale venait de franchir les limites de Storybrooke. Cela avait été compliqué car l'homme avait montré une forte résistance. Face à cette rébellion, le Shérif en était même venue à le menacer avec son pistolet pour enfin le voir accepter de traverser. Cela n'avait pas été sans mal mais Swan y était arrivée.

Elle retourna à son véhicule et s'adossa contre, un instant. Elle leva le nez et admira ces grands arbres autour d'elle, qui la surplombaient. Il faisait froid, mais ce bol d'air frais lui faisait tant de bien. Elle aimait le calme de la nature et surtout sa sagesse. Elle respirait à plein poumon l'odeur des sapins dans les hauteurs du Maine. Emma Swan avait besoin de se changer les idées, elle avait presque envie de retourner à Boston.

Pour la seconde fois depuis son arrivée à Storybrooke, elle ressentait le besoin de fuir. Fuir ses parents avec qui elle avait du mal de pardonner, fuir son fils qui avait refait surface, mais surtout fuir cette brune aux prunelles noisettes et aux cheveux mis-longs. Elle voulait retrouver sa vie d'avant. Sa vie de nomade solitaire. Sa vie de garante de caution. Sa vie d'orpheline. Sa vie de jeune femme joueuse et libre. Elle n'était pas habituée à vivre en famille, et de surtout devoir faire face à ses envies incontrôlables.

Emma revint à la réalité. Il fallait préparer les fêtes de fin d'année, et veiller à ce que Storybrooke soit en sécurité et sans conflit. Après tout, elle n'allait peut être pas regretter de passer son premier vrai Noël en famille.

Pour l'heure, le Shérif remonta dans sa voiture. Elle devait retourner au poste de police pour prévenir les habitants de la ville de la conférence du lendemain, tenue par le maire...Madame Mills...Un long travail qui allait encore la faire rentrer tard.

La grand voiture démarra dans la brume de la forêt et s'éloignait dans le noir qui s'imposait un peu plus à chaque seconde.

Regina marchait à tout hasard dans la forêt. Elle grelottait mais qu'importait ? Elle voulait juste se rafraîchir les idées. La nuit n'allait pas tarder à tomber. Pourtant, au loin, le maire crut déceler un petit ranch. Curieuse, elle s'approcha. Elle ignorait qu'au nord de la ville, se tenait un ranch.

Plus la Reine s'approchait, plus elle entendait des hennissements. Des chevaux. Regina aimait les chevaux. Elle marcha donc en direction du petit haras d'un pas décidé.

Elle entra dans la grange. Il y avait de la paille en grande quantité. Des flaques de boue et de sable. Une odeur de crottin et de poussière. Cela lui rappelait la forêt enchantée, lors de sa jeunesse. Des outils traînaient ici et là. Elle se dirigea aux boxes où des chevaux tapait dans les portes.

Il y en avait à peu près cinq de rentrés. Cinq chevaux dont la tête dépassait du boxe. Un noir avec une liste blanche attirait son attention. Il était beau et distingué. Grand et musclé. Il lui rappelait son étalon noir qui lui servait de monture lors de son règne. Il s'appelait Diesel. C'était un jeune cheval à l'époque. C'était Daniel, qui le lui avait offert. L'animal n'était alors qu'un jeune poulain. Daniel... le cœur de la brune se pinça durement. Ses moments passés avec le palefrenier lui revinrent en tête. Elle souffrait encore terriblement de sa mort. Il lui manquait.

Regina tendit la main doucement en direction de l'équidé. Le cheval semblait calme et ne montrait aucuns signes de peur. Il renifla la paume ouverte de la Reine et tendit ensuite le museau en sa direction. La brune le caressa alors tout doucement. Ce cheval était vraiment beau. Regina se mit alors à lui parler comme si l'animal pouvait la comprendre.

- Tu es si beau et si innocent. Je t'envie, tu sais ? Ne veux-tu pas me dire ton jolie prénom ? Murmura t-elle.

- Qui aurait pu croire que la Méchante Reine pouvait parler à un cheval sans lui arracher le cœur ? Dit une voix provenant des écuries.

Un mec plutôt âgé sortit de sa cachette et apparut non loin des boxes. Il tenait un ballet et semblaient nettoyer un minimum la grange. Cela devait être un palefrenier où un ancien cavalier pensa Regina.

- Je vois que ma réputation me précède. Ironisa le maire. Ici, je suis Madame Mills, le maire de Storybrooke. Je tente de réparer mon passé, je constate qu'il va me falloir du temps.

- Diesel. Fit l'homme pour changer de sujet.

Regina ne semblait pas comprendre ce changement soudain. Elle fronça les sourcils d'incompréhension. Pourquoi ce palefrenier prononçait-il le prénom de son jeune cheval ?

- Diesel. Répéta le vieillard en désignant l'étalon. Il s'appelle Diesel. Il n'a pas eu autant de chance que vous, vous savez. Dit-il.

Regina n'en cru pas ses oreilles. Quelles étaient les probabilités que ce cheval soit le sien ? Faibles. Mais pas improbables. L'homme comprit que sa bête intéressait le maire. Il vint à la hauteur de la visiteuse et prit appui sur son ballet. Il avait des épis de paille dans les cheveux et sur ses vêtements démunis. Regina se rappelait alors de sa jeunesse en tant que cavalière. Sa mère, Cora, n'approuvait pas la tenue que la jeune princesse avait pour ses cours. Regina montait en pantalon, comme un homme et revenait le soir couverte de boue et de paille. Cela avait créé bien des tensions.

L'homme allait reprendre son récit quand le voisin de Diesel, un cheval blanc, lui mordit le bras. La palefrenier se mit à grogner puis se tournant vers Regina qui continuait de caresser Diesel, captivée tout à coup par cette créature.

- Il a été retrouvé dans la forêt, à la fin de la malédiction. Il y a quelques temps. Il s'était blessé la patte. Lorsque nous l'avons trouvé, il a prit la fuite malgré sa blessure. Cela a été difficile de le rattraper mais nous y sommes parvenus. Nous essayons donc de la guérir mais cela prend du temps. Il ne pourra jamais servir de cheval de course à cause de sa rapidité insuffisante aux critères exigés par les hippodromes mais nous le gardons. C'est donc pour cette raison que nous l'avons nommé Diesel.

Regina était fascinée par la mystérieuse histoire de l'étalon qui ressemblait tant au sien. Elle se pencha sur le côté et aperçu le bandage à la patte arrière de Diesel. Pauvre animal. Elle regrettait de ne pas avoir retravaillé sa magie. D'un simple geste elle l'aurait guéri. Le maire pesta intérieurement. Elle se promit de s'y remettre.

- Dans ma jeunesse, quelqu'un m'avait offert un poulain noir identique celui-ci. Il avait une liste au milieu du museau. Il était grand,musclé mais également très distingué. Je l'avais appelé Diesel. Lors de mon règne pitoyable, il m'a servi de monture malgré son jeune âge. Votre cheval me fait tant penser au mien. Murmura doucement la Reine.

Le cheval sentait qu'on parlait de lui. Il écoutait attentivement sans bouger. Contrairement à ses compagnons dans les boxes d'à côté qui tapaient à coup de sabot, agités. Il donna un coup de museau à Regina et se mit à hénir doucement. Il demandait des caresses se dit la Reine.

- Il semble vous appréciez, Madame Mills. Fit l'homme.

Le portable de Regina sonna. C'était Henry. Il était tard. Elle devait rentrer et voir son fils.

- Je dois retourner en ville. Je repasserais plus tard pour m'assurer que Diesel va mieux. Merci beaucoup. Remercia la brune.

Elle se tourna vers l'étalon blessé et lui caressa le museau tendrement et lui chuchota "à bientôt Diesel". Son cœur se pinça, elle ne voulait pas quitter l'animal. Ce fut avec le cœur lourd qu'elle prit lq direction de la sortie. Même si Diesel, son Diesel était sûrement mort, celui-ci lui ressemblait tellement. Regina se promit de revenir vite.

- Je dirais aux habitants que vous avez tout de même un cœur, demain à la conférence, Madame le maire. Cria la voix du vieillard.

Regina rentra, heureuse de sa journée riche en émotions. Elle n'avait qu'une hâte, revoir son fils, et passer sa dernière soirée en compagnie du Shérif Swan.

Madame Mills poussa à peine la porte d'entrée, qu'une furie lui sauta dessus.

- Maman ! Hurla un petit bonhomme.

- Henry ! Murmura sa mère. Tu m'as manqué. Lui confia t-elle en l'embrassant très fort.

La mère adoptive de l'enfant défit son manteau et l'accrocha. Mary Margaret et David étaient attablés autour d'un café chaud. La brunette lui fit un large sourire, renforcé par celui de son mari.

- Content de vous voir sur pieds, Regina. Déclara David.

- Je vous remercie, David. Répondit Regina.

- Emma m'a appelé pour me prévenir de votre présence ce soir. Vous êtes la bienvenue Regina. S'exclama Blanche avec un grand sourire chaleureux.

- Je n'étais pas de cet avis mais elle a insisté. Je vous promets que moi et mon fils, nou vous débarrasserons le plancher dès demain matin. N'est-ce pas Henry ? Rit Regina en ébouriffant son fils. Je vous remercie de s'être occupé de lui.

Le couple lui sourirent et Regina s'éclipsa avec son fils afin de discuter des derniers nouvelles trépidantes de son enfant.

Il était tard, 21h15, lorsqu'Emma quitta le poste de police. Elle avait prit du temps à créer les affiches de la réunion du lendemain et un dossier complexe s'était avéré plus long à boucler. C'était avec joie qu'elle enfila sa veste et son bonnet. Elle éteignit la lumière de son bureau et quitta l'office.

Quand elle pénétra dans l'appartement, celui-ci était plongé dans la même pénombre que la matinée. Elle entra, posa ses clefs sur la table et se déshabilla. Elle ne vit personne sauf Regina qui lisait dans son lit. Swan se dirigea vers le frigo et prit une bière et quelque chose à grignoter. Elle se dirigea ensuite vers la brune et s'installa dans son fauteuil-lit.

- Passionnant ce bouquin n'est-ce pas ? Ironisa Emma qui avait bien reconnu son roman.

- Je vous avoue que l'intrigue est prenante. Ironisa à son tour Regina d'un air narquois. Pardonnez-moi, je m'ennuyais. Bonsoir Mademoiselle Swan.

- Bonsoir, Madame Mills. L'affaire Whale est réglée. Vous même et Storybrooke êtes en sécurité. D'ailleurs tout le monde sera présent demain matin, sauf Granny qui est malade. Vous vous sentez prête ? Demanda Swan en buvant une gorgée de bière.

- Je le suis. Ce ne va pas être simple mais je vais m'en sortir. Je ne serais pas contre une gorgée par contre. Fit gentiment le maire.

Emma lui tendit la canette. Leurs doigts se touchèrent et pour la seconde fois de la journée, ce même courant électrique les traversa. Swan sentait son ventre brûler davantage de désire. Elle ne savait pas si cela était du aux effet de la bière alcoolisée ou à la fatigue. Elle dévora Regina des yeux. Cette dernière s'en était même rendue compte. La Reine apporta ses lèvres rougeoyantes au goulot de la bouteille et but sa gorgée en fixant Emma langoureusement malgré elle. Elles lisaient en l'une et l'autre et toutes deux savaient ce que l'autre désirait. Comment en être e sûres ? Tout les empêchaient d'agir. Quelles seraient leurs propres réactions ?

Emma décida d'aller se doucher et d'ensuite aller se coucher. Regina savait qu'une fois de plus, Emma la regarderait dormir, pourtant, elle savait aussi que lorsque Swan était là, aucuns cauchemars ne l'empêchaient de dormir. Elle jubilaient intérieurement de la présence de la blonde qu'elle priait pour que ce ne soit pas la dernière fois.

Swan revint quelques instants plus tard en pyjama, et propre. Elle se glissa dans son fauteuil en position fœtale et abattue sa couverture sur elle. Elle avait hâte d'observer Regina éteignit la lumière quelques secondes plus tard.

- Bonne nuit, Mademoiselle Swan.

- Bonne nuit, Madame le maire.