Chapitre 30

Après être passée chez Granny chercher une pizza à emporter, la famille Mills rentra enfin au manoir. Il faisait noir et froid lorsque la maîtresse de maison ouvrit la porte d'entrée. Regina se rappelait alors qu'avant d'être enlevée, elle était en planque. Elle soupira.

- Je crois qu'il va falloir redonner un peu de vie ici, tu ne crois pas mon chéri ? Va ouvrir les volets, je vais aller allumer la cheminée. Fit la maman adoptive du garçon en lui caressant les cheveux chaleureusement.

Le gamin courut dans l'entrée, se déshabillant négligemment et balançant son sac à dos dans un coin. Il courut à travers bibliothèque, cuisine et salon pour redonner de la clarté à la grande maison. Regina, elle, se dirigea vers le salon avec la seule envie de se réchauffer. Elle s'accroupit face au feu, remit quelques bûches gardées de côté. Pour faire jaillir la flamme, elle tenta d'utiliser la magie. Elle concentra alors toute son énergie dans sa main afin d'y faire apparaître une boule de feu tel que le lui avait enseigné Rumplestiltskin. Mais rien ne se fit. Elle réessaya de nouveau, mais en vain. La brune grommela. Elle décida alors d'utiliser la transmission par la pensée. Chose qu'elle avait mis du temps à acquérir. Elle se concentra à nouveau. Fit le vide en elle. Pensa très fort à la naissance d'une flamme entre les entrailles d'écorces du bois. Puis un goût de brûler se diffusa dans le salon soudainement. Regina ouvrit les yeux d'excitation. Elle pensait avoir réussi, mais l'échec ne se fit que plus gros encore. Seule de la fumée s'échappait d'entre les bûches. Regina insulta tout ce qui l'entourait et pestait contre ce monde compliqué. Elle se promit une nouvelle fois de vite se remettre à la magie.

La brune se releva et attrapa une boîte d'allumettes se trouvant sur la cheminée. Elle prit l'une d'entre elles et la frotta contre le carton avant de la balancer dans la cheminée qui prit flamme immédiatement. Maudit feu.

- Tout va bien maman ? Demanda Henry en entrant dans le salon.

- Super ! Tout va bien ! Sourit Regina qui intérieurement était au bord de la crise de nerfs.

- D'accord alors. On se la mange notre pizza ? Sourit à pleines dents le gamin affamé.

- Allons s'y gros gourmand !

Regina ébouriffa les cheveux de son fils puis tous deux filèrent à la cuisine se régaler.

Henry était sur le canapé affalé comme à son habitude. Il jouait à un jeu de chevalier sur sa Xbox offerte à son anniversaire précèdent. Des bruits d'épées résonnaient dans le salon en harmonie avec les crépitements du feu. Le maire venait de finir la vaisselle et le ménage de sa cuisine qu'elle aimait tenir au propre. Elle désapprouvait les jeux vidéos de son fils et prétexta que c'était le moment idéal pour lui parler.

- Henry, veux-tu bien éteindre ta console s'il te plaît ? J'aimerais te parler.

Le garçon s'exécuta. Il éteignit la console et se remit dans le canapé. La Reine vint s'asseoir en face de lui, hésitante. Il la regardait et attendait sagement.

- Écoutes Henry, j'aimerais te parler de mes pouvoirs, de la magie et...et de la Méchante Reine, tu comprends ?

Henry hocha la tête silencieusement. Regina demeura interdite un instant. Elle cherchait ses mots dans le regard de son fils. Elle était effrayée par le jugement que lui porterait celui-ci après ses explications. Elle hésitait encore avant de se lancer. Elle devait tenter tout ce qu'elle pouvait pour se faire pardonner.

- Tu connais mon histoire Henry, grâce à ton livre. Tu sais que ma vie n'a pas été simple. Je suis passée de jeune princesse innocente à Méchante Reine du jour au lendemain. Crois moi que je n'ai jamais voulu ressembler à ma mère. Quand je la regardais jubiler devant sa sorcellerie, je me disais qu'elle avait bien une triste vie. Elle me retenait comme une prisonnière et me manipulait tout comme elle manipulait mon père. Comme de simples pions. Pourtant, malgré cela, j'étais heureuse, j'avais Daniel. Il m'apportait tout le bonheur et l'amour que n'importe quelles princesses auraient désiré. Je pensais que cela durerait éternellement, mais j'ai commis une erreur. A cause de Blanche Neige...ce soir-là...Cora... Malgré la retenue de Regina, des larmes perlèrent sur son visage. Ce souvenir lui était encore si douloureux. Si puissant. Henry, en signe de compassion, posa sa main sur le bras de sa mère. Elle renifla et continua... Cora lui a arraché le cœur sous mes yeux. C'était ainsi que cela devait se finir. Il ne devait pas nuire à mon futur de Reine. J'ai haïs ma mère. J'ai haïs Blanche. J'ai même tenté de m'enfuir mais elle ma retrouvé. Puis, Rumplestiltskin est apparu. Il m'a embobiné et m'a convaincu d'apprendre cette chose diabolique, la magie, pour me venger de ma mère. La noirceur s'est alors emparée de moi comme des mendiants sur un morceau de pain. Les ténèbres se sont mises à me contrôler et j'ai fais tout ce mal. J'ai tué par haine et rancœur. C'était ce qui faisait mon bonheur. La Malédiction m'a permis d'en sortir un minimum. Ici, je ne faisais plus le mal même si je mentais aux habitants sur leurs identités. Ici j'étais heureuse parce que je t'ai eu toi. Quand je t'ai adopté, tu as tout de suite comblée ma vie Henry. Et maintenant, même si je n'ai pas tout à fait pardonner à Mary Margaret, je n'ai plus envie de la tuer. Je regrette simplement l'arrivée de ta mère, Emma. Chaque instant j'ai senti que je te perdais et je lui en ai voulu. Mais je comprends à présent, qu'il va falloir que j'apprenne à te partager. Conclut Regina.

- Je le sais tout ça, maman. Et je suis content que tu m'en parles. Mais tu restes ma mère et je t'aime tellement fort. Aujourd'hui tu es différente et c'est ce qui compte. Tu veux faire le bien, je le sais. Répondit doucement Henry.

- Merci mon chéri. La magie fait vraiment partie intégrante de ma vie. J'ai du mal à m'en passer. Je sais que quelqu'un a réactivé la magie juste après la fin de la Malédiction. Je l'ai senti revenir en moi. Je-je...j'ai essayé de la réutiliser mais je manque vraiment beaucoup de pratique. J'ai très envie de reprendre la main. Aussi, c'est pourquoi je te le demande Henry, m'y autorises-tu ? Regina posa ses deux mains sur les épaules de son fils et plongea son regard dans le sien. L'enfant semblait réfléchir sérieusement.

- A une condition. Ordonna Henry plus sérieux que jamais.

- Laquelle ?

- Tu peux utiliser la magie mais pas pour faire le mal. Tu n'as le droit de l'utiliser que pour faire le bien. Tu leur dois bien cela, à tous. Ils ont trop connu le mal et la souffrance, ne leur refait pas vivre cette tyrannie avec l'excuse du retour de ta puissance, maman.

- C'est entendu Henry. Merci beaucoup. Je t'aime si fort. Regina encercla son fils de ses bras et le serra fortement contre elle.

- Je t'aime aussi, maman. Lui murmura t-il au creux de l'oreille.

Henry avait tellement manqué à la brune les jours derniers. Elle ne l'avais pratiquement pas vu et enfin elle l'avait de nouveau avec elle, sous son toit et dans ses bras. Sa famille était de nouveau complète. Le maire se redressa après cette longue étreinte et observa un instant l'écran noir du téléviseur.

- Alors où en étais-tu dans tes niveaux ? Crois-tu qu'à nous deux nous pouvons écraser les dragons ? Fit Regina sur un ton qu'Henry appréciait.

Les deux compères se regardèrent et ni une ni deux, le garçon ralluma la télévision tandis que Regina attrapait la seconde manette.

La nuit était tombée. Le ciel était dégagé mais l'air était gelé. Regina était seule dans le salon. Elle était assise sur le canapé, face à sa table basse. Sur celle-ci, trônaient un verre de vin, une bougie et un petit grimoire. Le grimoire de Cora lors de son apprentissage. Regina l'avait gardé cacher pendant vingt-huit ans. Ce soir, elle révisait ses bases. Elle devait se remettre au top. Quitte à y passer la nuit. Elle défiait le vieille ouvrage du regard. Elle but une gorgée de vin pour se donner du courage et attrapa le manuscrit déterminée.

Il était trois heures du matin. La Reine avait acquis plus la moitié des tours qu'elles connaissaient autrefois. La boule de feu, la téléportation d'elle même et d'objets et bien d'autres encore n'avaient plus de secret pour elle. Elle savait même comment changer d'apparence. Il ne restait plus que le plus compliqué : la transmission par la pensée. La brune était fatiguée, la bouteille de vin n'était pas loin d'être vidée, mais Regina voulait continuer. Elle avança alors devant elle la bougie. Son objectif ? L'allumer par transmission. Ce furent d'abord des qualités de fumer puis des petites apparitions de flamme. Regina pesta, râla, grogna tout le long de la nuit.

Henry descendit les escaliers encore endormi. Le jour éblouissait ses pauvres petits yeux. Il traînait avec lui son livre Once upon a time, devenu comme un doudou. Il entra dans le salon. Il vit d'abord la cheminée toujours allumée, les volets non fermés, la bougie enflammée puis vit sa mère endormie toute habillée sur le canapé. Il observa ensuite un drôle de manuscrit sur la table. Il s'approcha. Il lut à voix haute " Grimoire d'apprentissage de la magie par Rumplestiltskin." L'enfant conclut alors que sa mère avait travaillé toute la nuit et avait fini par s'assoupir. Il souffla sur la bougie et réveilla sa mère.

- Maman ! Maman ! Debout. Dit-il.

Les yeux bruns de la Reine s'ouvrirent tout doucement. Elle se demanda d'abord où elle était, puis reconnut le salon. Lorsqu'elle vit son fils, un grand sourire se dessina sur ses lèvres. Elle était heureuse de le voir.

- Bonjour trésor ! Lança t-elle. Je suis désolée j'ai travaillé toute la nuit. J'ai pas vu l'heure.

- Je veux voir tes tours de magie ! Hurla le gamin excité.

Regina le prit dans ses bras et le posa sur ses genoux. Elle remarqua qu'il avait sacrément grandit, Henry était devenu lourd.

- Pas tout de suite. Nous avons une journée chargée en ce samedi. Tout d'abord, nous allons prendre un petit déjeuné. Ensuite, tous les deux, nous allons installé un sapin de Noël et décorer la maison. Et ce soir, nous irons au marché de Noël. Qu'en penses-tu ? Sourit Regina.

- Emma sera là ce soir ? Dis, on peut demander à grand-père de nous couper un sapin ? Demanda l'enfant avec des yeux doux.

- Hum...oui. Si tu veux. Je vais appeler David pendant que toi tu iras mettre le petit déjeuner. Allez, files ! Fit-elle en faisant signe de main à son fils tandis qu'elle lui souriait chaleureusement.