Chapitre 4 : Chez les Phénix

Le lendemain, vers Midi, Harry avait fini d'entasser dans sa grosse valise ses affaires d'école et les objets personnels auxquels il tenait le plus : La cape d'invisibilité qu'il avait héritée de son père, le balai volant que lui avait offert Sirius, la carte Magique de Poudlard donc Fred et George Weasley lui avaient fait cadeau l'année précédente. Il avait vidé sa cachette sous la lame du parquet, vérifié soigneusement chaque recoin de sa chambre pour être sûr de ne pas y oublier une plume ou un grimoire et avait ôté du mur le calendrier sur lequel il barrait les jours qui le séparaient de son retour à Poudlard.

L'atmosphère qui régnait au 4, Privet Drive était extrêmement tendue. L'arrivée imminente dans la maison d'une famille de sorcier rendait les dursley nerveux et irritables. L'oncle Vernon avait paru très inquiet lorsque Harry l'avais informée que les Weasley viendraient le chercher à cinq heure le lendemain après-midi a causé tel était les heures que benoît pouvais se déplacée en plein jour selon le code des vampires.

-J'espère que tu leur as dit de s'habiller convenablement, à ces gens, avait-il aussitôt grommelé d'un air méprisant. J'ai vu le genre de choses que vous portez, vous autres. La moindre décence consisterait à mettre des vêtements normaux.

Harry avait un vague mauvais présentement que Alucard allais leur faire une de ses blague terrifiante.

(Le présentement est bon mon cher Harry.) Il avait rarement vu les Weasley porter quelque chose que les Dursley auraient pu trouver '' Normal''. Les enfants mettaient parfois des vêtements de Moldus pendant les vacances mais Pas dans la famille de Alucard, sa serais une honte pour les vampires de s'habiller en casse-croûte sans pouvoir, il portait généralement de long robe moulante pour les vampires à capuche surtout pour alucard et hinata. Harry ne se souciait guère de l'opinion des voisins mais il s'inquiétait de la grossièreté dont les Dursley pourraient faire preuve à l'égard des Weasley si ces derniers ressemblaient trop à l'idée qu'ils se faisaient des sorciers, humain du moins.

L'oncle Vernon avait revêtu ses plus beaux costumes. Certains auraient pu voir là un geste de bienvenue, mais Harry savait que c'était seulement parce qu'il voulait paraître impressionnant, intimidant même. Dudley, lui, semblait plutôt diminué, non pas en raison de son régime qui n'avait encore aucun effet, mais par la peur. Sa dernière rencontre avec un sorcier et de son cousin vampire lui avait valu de se retrouver affublé d'une queue de cochon en tire-bouchon qui dépassait son pantalon et ses parents avaient dû l'emmener dans une clinique privée de Londres pour la faire enlever à grands frais. Il n'était donc pas surprenant de voir Dudley passer fébrilement la main dans son dos en marchant de côté afin de ne pas présenter la même cible à l'ennemi.

Le déjeuner se déroula dans un silence quasi complet. Dudley ne protesta même pas contre la composition du menu (fromage blanc et céleri râpé). La tante Pétunia ne mangea rien du tout. Elle avait les bras croisés, les lèvres pincées et semblait mâchonner sa langue comme si elle s'efforçait de retenir la furieuse diatribe qu'elle brûlait de prononcer contre Harry.

Ils vont venir en voiture, bien entendu ? aboya l'oncle Vernon, assis de l'autre côté de la table.

– Heu..., dit Harry.

Il ne s'était pas posé la question. Comment les Weasley allaient-ils venir le chercher ? Ils n'avaient plus de voiture : la vieille Ford Anglia qu'ils possédaient était retournée à l'état sauvage dans la Forêt interdite de Poudlard. L'année dernière, cependant, Mr Weasley avait emprunté une voiture au ministère de la Magie. Peut-être allait-il faire la même chose aujourd'hui ?

– Je pense, oui, répondit enfin Harry.

L'oncle Vernon renifla d'un air méprisant. Normalement, il aurait dû demander quelle était la marque de la voiture de Mr Weasley. Il avait tendance à juger les autres d'après la taille et le prix de leurs voitures. Mais Harry doutait que l'oncle Vernon ne puisse jamais éprouver de la sympathie pour Mr Weasley, même si celui-ci avait roulé en Ferrari.

Harry passa la plus grande partie de l'après-midi dans sa chambre. Il ne supportait pas de voir la tante Pétunia regarder à travers les rideaux toutes les trente secondes, comme si on avait signalé qu'un rhinocéros échappé du zoo se promenait dans les parages. Enfin, à cinq heures moins le quart, il redescendit dans le salon.

La tante Pétunia tapotait machinalement les coussins. L'oncle Vernon faisait semblant de lire le journal, mais ses yeux minuscules restaient immobiles et Harry était persuadé qu'il guettait le moindre bruit de moteur en provenance de la rue. Dudley était tassé dans un fauteuil, assis sur ses petites mains dodues fermement serrées sur son derrière. La tension qui régnait dans la pièce devenait insupportable; Harry préféra sortir dans l'entrée et s'asseoir sur les marches de l'escalier, les yeux fixés sur sa montre, le cœur battant.

Cinq heures sonnèrent, puis les minutes passèrent. L'oncle Vernon, transpirant légèrement dans son costume trop chaud, alla ouvrir la porte, regarda des deux côtés de la rue puis rentra vivement la tête.

– Ils sont en retard ! lança-t-il à Harry.

Je sais, répondit Harry. Peut-être que... il y avait de la circulation.

Cinq heures dix... cinq heures et quart... Harry aussi commençait à être inquiet. A la demie, il entendit l'oncle Vernon et la tante Pétunia marmonner quelques remarques lapidaires :

– Aucune considération pour les autres.

– Nous aurions pu avoir quelque chose à faire tout de suite après.

– Ils pensent peut-être que, s'ils arrivent suffisamment tard, on les invitera à dîner.

– Il ne manquerait plus que ça ! s'indigna l'oncle Vernon.

Harry l'entendit se lever et faire les cent pas dans le salon.

Ils emmènent ce garçon et ils s'en vont, pas question de les laisser traîner dans la maison. Si toutefois ils viennent. Ils se sont probablement trompés de jour. On peut dire que la ponctualité n'est pas une valeur essentielle, chez ces gens-là. Ou peut-être qu'ils roulent dans un vieux tas de ferraille qui est tombé en Pa... aaaaaaaarrrrgh !

Harry se leva d'un bond. De l'autre côté de la porte du salon, il entendit les trois Dursley pris de panique se précipiter à l'autre bout de la pièce. Un instant plus tard, Dudley surgit dans l'entrée, l'air terrifié.

– Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui s'est passé ? S'inquiéta Harry.

Mais Dudley semblait incapable de parler. Les mains toujours crispées sur ses fesses, il se dandina aussi vite que possible vers la cuisine pendant qu'Harry se ruait dans le salon.

Des coups frappés contre le mur et des raclements sonores s'élevaient dans la cheminée que les Dursley avaient condamnée et devant laquelle ils avaient installé un faux feu de bois électrique.

– Qu'est-ce que c'est ? Balbutia la tante Pétunia, le dos plaqué contre le mur, son regard épouvanté fixé sur le faux feu. Qu'est-ce qui se passe, Vernon ?

La réponse ne se fit guère attendre. Un instant plus tard, des voix retentirent à l'intérieur de la cheminée.

– Aïe ! Fred, non... Recule, recule, il y a eu une erreur quelque part... Dis à George de ne pas... AÏE ! George, non, on n'a pas assez de place, retourne vite dire à Ron...

– Peut-être que Harry nous entend, papa ? Peut-être qu'il va pouvoir nous faire sortir d'ici ?

Il y eut un martèlement assourdissant sur les planches qui masquaient la cheminée, derrière le feu de bois électrique.

– Harry ? Harry, tu nous entends ?

D'un même mouvement, les Dursley se tournèrent vers Harry comme un couple de belettes furieuses.

– Qu'est-ce que c'est que ça ? Gronda l'oncle Vernon. Qu'est-ce qui se passe ?

– Ils... ils ont voulu venir avec de la poudre de Cheminette, répondit Harry en réprimant un fou rire. Ils peuvent se déplacer d'une cheminée à l'autre grâce à un feu spécial mais, comme la vôtre est condamnée, ils n'arrivent plus à sortir... Attendez...

Il s'approcha de la cheminée et appela :

– Mr Weasley ? Vous m'entendez ?

Le martèlement cessa. A l'intérieur, quelqu'un fit : « Chut ! »

Mr Weasley, c'est Harry. La cheminée a été condamnée. Vous n'allez pas pouvoir passer par ici.

Allons bon! Dit la voix de Mr Weasley. Pourquoi donc ont-ils condamnée cette cheminée?

Ils préfèrent les feux électriques, expliqua Harry.

– Vraiment ? dit la voix de Mr Weasley, soudain intéressée. Comment tu dis ? Electric ? Avec une prise ! Il faut absolument que je voie ça... Voyons, réfléchissons... Aïe, Ron !

La voix de Ron se joignit aux autres :

– Qu'est-ce qu'on fait tous là ? Il y a quelque chose qui ne va pas ?

– Mais si, tout va très bien, Ron, dit la voix de Fred d'un ton sarcastique, on n'aurait pas pu rêver mieux.

Oui, on s'amuse comme des petits fous, après tout ce sang que on nous a fait boire ici, dit George d'une voix complétement étouffée, comme s'il était écrasé contre le mur.

Sang? Mais quelque George raconte la? Se demandais Harry.

– Allons, allons... dit Mr Weasley d'un ton indécis. J'essaye de trouver un moyen... Oui... Il n'y a qu'une seule chose à faire... Recule-toi, Harry.

Harry battit en retraite en direction du canapé. L'oncle Vernon, en revanche, s'avança.

– Attendez un peu ! s'écria-t-il en parlant au faux feu. Qu'est-ce que vous avez l'intention de... ?

BANG !

Le feu électrique vola à travers la pièce, soufflé par l'explosion de la cheminée. Mr Weasley, Hermione, Fred, George et Ron habillé en vampire d'halloween surgirent alors au milieu d'un nuage de débris divers. La tante Pétunia poussa un hurlement suraigu et tomba par-dessus la table basse. L'oncle Vernon la rattrapa avant qu'elle ne heurte le sol et regarda bouche bée les Weasley qui arboraient tous une chevelure d'un roux vif. Fred et George, les jumeaux, étaient parfaitement identiques, était aussi habiller en vampire, jusqu'à la moindre tache rousseur.

– Ça va mieux, dit Mr Weasley d'un ton haletant.

Il épousseta d'un revers de main sa longue robe verte et redressa ses lunettes sur son nez.

Ah, vous devez être l'oncle et la tante d'Harry !

Grand, mince, le front dégarni, Mr Weasley le seul qui était pas habiller comme un vampire contrairement a ses enfants s'avança, la main tendue vers l'oncle Vernon, mais celui-ci recula de plusieurs pas, entraînant avec lui la tante Pétunia. L'oncle Vernon était incapable de prononcer un mot. Son plus beau costume était couvert d'une poussière blanche qui s'était également répandue sur sa moustache et dans ses cheveux. Il avait l'air d'avoir brusquement vieilli de trente ans.

'' Ah, heu... oui... désolé pour tout ce dérangement, dit Mr Weasley qui laissa retomber sa main en jetant un coup d'œil vers la cheminée dévastée. C'est entièrement ma faute. Je n'avais pas pensé que nous ne pourrions pas sortir une fois arrivés à destination. Figurez-vous que j'ai fait connecter avec l'autorisation de notre hôte Benoît Phénix à son manoir d'été anglais. Votre cheminée au réseau de la poudre de Cheminette — oh, bien sûr, c'était simplement pour l'après-midi, afin que nous puissions venir chercher Harry. Normalement, les cheminées de Moldus ne doivent pas être connectées, mais je connais quelqu'un au Service de régulation des déplacements par cheminée qui m'a arrangé ça pour me rendre service et aussi a cause que Alucard la autorisée seulement aujourd'hui pour un aller et un retour après il sera bloquer contre le ministère. Je remettrai tout en ordre en un clin d'œil, ne vous inquiétez pas. Je vais allumer un feu pour renvoyer les garçons à la maison, et ensuite je réparerai la cheminée avant de transplaner moi-même.

Harry était prêt à parier que les Dursley n'avaient pas compris un mot de ce qu'il venait de dire. Ils continuaient de regarder Mr Weasley bouche bée, comme frappés par la foudre. La tante Pétunia se redressa tant bien que mal et se cacha derrière l'oncle Vernon.

– Bonjour, Harry, dit Mr Weasley, avec un sourire rayonnant, tes bagages sont prêts ? Désolé pour les costume halloween, c'est une blague de ton cousin, il croyait que sa serais drôle de faire peur à ta famille pour rire.

Tout est là-haut, répondit Harry en lui rendant son sourire.

On va s'en occuper, dit aussitôt Fred qui imitaient un accent de Transylvanie digne des films d'horreur.

Adressant un clin d'œil à Harry, il sortit du salon en compagnie de George. Ils savaient où se trouvait sa chambre pour l'avoir un jour aidé à s'échapper en pleine nuit. Harry soupçonnait Fred et George d'avoir envie de jeter un coup d'œil à Dudley. Il leur en avait souvent parlé.

– Voilà, voilà, lança Mr Weasley d'un ton un peu gêné.

Il balança légèrement les bras en cherchant quelque chose à dire pour essayer de rompre le silence de plus en plus pesant.

C'est... c'est très charmant, chez vous.

En voyant leur salon habituellement immaculé recouvert de poussière et de morceaux de briques, les Dursley ne furent guère sensibles à sa remarque. Le visage de l'oncle Vernon redevint violacé et la tante Pétunia recommença à mâchonner sa langue. Mais ils semblaient trop effrayés pour oser dire quoi que ce soit.

Mr Weasley regardait autour de lui. Il avait toujours manifesté beaucoup d'intérêt pour les inventions des Moldus et Harry sentait qu'il brûlait d'envie d'aller examiner de près le poste de télévision et le magnétoscope.

Ça marche à l'excentricité, n'est-ce pas ? dit-il d'un ton d'expert. Ah, oui, je vois les prises. Je fais moi-même collection de prises, ajouta-t-il à l'adresse de l'oncle Vernon. Et de piles. J'ai une très belle collection de piles. Ma femme pense que je suis fou, mais voilà bien la preuve du contraire.

L'oncle Vernon paraissait lui aussi clairement convaincu que Mr Weasley était fou. Il se glissa légèrement vers la droite, cachant la tante Pétunia derrière lui, comme s'il avait peur que Mr Weasley se précipite soudain sur eux pour les attaquer.

Dudley réapparut soudain dans la pièce. Harry entendit le son de sa grosse valise qu'on traînait dans l'escalier et il comprit que c'était ce bruit qui avait fait peur à Dudley et l'avait chassé de la cuisine. Dudley longea le mur, observant Mr Weasley d'un regard terrifié, et s'efforça de se cacher derrière son père et sa mère. Mais le corps massif de l'oncle Vernon, suffisant pour dissimuler la tante Pétunia, n'était quand même pas assez volumineux pour cacher Dudley.

– Ah, voilà ton cousin, c'est bien ça, Harry ? dit Mr Weasley en essayant courageusement de relancer la conversation.

– Ouais, répondit Harry, c'est Dudley.

Ron et lui échangèrent un regard puis détournèrent les yeux pour échapper à la tentation d'éclater de rire. Dudley se tenait toujours le derrière comme s'il avait peur qu'il se détache de son corps et tombe par terre. Mr Weasley paraissait s'inquiéter de son comportement.

– Tu passes de bonnes vacances, Dudley ? demanda-t-il avec douceur.

A en juger par le ton de sa voix, Harry se doutait que, aux yeux de Mr Weasley, Dudley devait sembler aussi fou que lui-même le paraissait aux Dursley, à la différence que Mr Weasley éprouvait pour lui de la compassion plutôt que de la peur. En l'entendant s'adresser à lui, Dudley laissa échapper un gémissement et Harry vit ses mains se serrer encore davantage sur son énorme postérieur.

Fred et George revinrent dans la pièce en portant la grosse valise d'Harry et leur regard se posa aussitôt sur Dudley. Le même sourire malicieux apparut alors sur leur visage.

– Ah, vous voilà, parfait, je crois que nous ferions bien d'y aller, dit Mr Weasley.

Il retroussa les manches de sa robe de sorcier et sortit sa baguette magique. Harry vit les trois Dursley reculer d'un même mouvement vers le mur du fond.

– Incendio ! s'exclama Mr Weasley en pointant sa baguette vers le trou dans le mur.

Des flammes s'élevèrent aussitôt dans la cheminée en craquant allègrement, comme si le feu brûlait depuis des heures. Mr Weasley sortit de sa poche un petit sac fermé par un cordon, l'ouvrit, retira une pincée de poudre et la jeta dans les flammes qui prirent une teinte vert émeraude en ronflant de plus belle.

– Vas-y, Fred, dit Mr Weasley.

J'arrive, répondit Fred. Oh, non, attends...

Un sac de bonbons venait de tomber de sa poche en répandant son contenu par terre — de grosses et appétissantes pralines enveloppées de papiers aux couleurs vives.

Fred se précipita pour les ramasser et les remettre dans sa poche puis, l'air enjoué, il adressa un signe de la main aux Dursley et s'avança dans les flammes en annonçant : « Le Manoir Phénix ! » La tante Pétunia, parcourue d'un frisson, étouffa une exclamation apeurée. Il y eut un bruit de bourrasque et Fred disparut.

– A toi, George, dit Mr Weasley, vas-y avec la valise.

Harry aida George à porter sa valise dans les flammes et à la mettre debout pour qu'il puisse la tenir plus facilement. Puis, après s'être écrié : « Le Manoir Phénix! », George disparut à son tour dans le même bruit de bourrasque.

– Ron, à toi maintenant, dit Mr Weasley.

– A bientôt, lança Ron aux Dursley d'un ton joyeux.

Il adressa un large sourire à Harry, puis s'avança dans le feu qui continuait de brûler et cria : Maison Phénix. Dit-t-il.

Ils restèrent silencieux et Harry s'approcha des flammes. Mais au moment où il arrivait devant l'âtre, Mr Weasley tendit la main et le retint par l'épaule. Il regardait les Dursley d'un air stupéfait.

– Harry vous a dit au revoir, dit-il remarquer. Vous ne l'avez pas entendu ?

– Ça ne fait rien, murmura Harry à Mr Weasley. Sincèrement, ça m'est égal.

Mais Mr Weasley ne lâcha pas l'épaule d'Harry.

– Vous n'allez plus voir votre neveu jusqu'à l'été prochain, dit-il à l'oncle Vernon, d'un ton quelque peu indigné. Vous ne pouvez quand même pas le laisser partir sans lui dire au revoir ?

Le visage de l'oncle Vernon trahissait une furieuse agitation. L'idée de recevoir une leçon de politesse de la part d'un homme qui venait de dévaster la moitié de son salon lui causait de toute évidence une souffrance cuisante.

Mais Mr Weasley avait toujours sa baguette à la main et les yeux minuscules de l'oncle Vernon s'y posèrent un instant avant qu'il se décide à lâcher à contrecœur un timide : – Eh bien, oui, au revoir.

– A un de ces jours, dit Harry en posant un pied dans les flammes vertes qui dégageaient une agréable tiédeur.

A cet instant, un horrible hoquet retentit derrière lui et la tante Pétunia poussa un hurlement.

Harry fit aussitôt volte-face. Dudley n'était plus derrière ses parents. A genoux près de la table basse, il suffoquait, crachait, s'étouffait, tandis que c'est canine de dent poussais a une vitesse affolante. Harry, stupéfait, s'aperçut qu'il s'agissait tout simplement des dents de Dudley – et qu'un des papiers aux vives couleurs rouge qui enveloppaient les pralines était tombé par terre devant lui.

La tante Pétunia se précipita sur Dudley. Elle attrapa le bout de sa langue enflée et essaya de l'arracher de sa bouche. Dudley se mit alors à hurler et à crachoter de plus belle, en essayant de repousser sa mère. L'oncle Vernon, pris de panique agitait les bras et vociférait si fort que Mr Weasley fut obligé de hurler pour se faire entendre.

– Ne vous inquiétez pas, je vais arranger ça ! S'exclama-t-il en s'approchant de Dudley, sa baguette magique pointée sur lui.

Mais la tante Pétunia poussa des cris plus perçants que jamais et se jeta sur Dudley pour le protéger de son corps.

Allons, voyons, dit Mr Weasley d'un ton désespéré. C'est un simple phénomène de... c'est à cause de la praline... mon fils, Fred et Alucard... des vrai farceurs... il s'agit simplement d'un sortilège de pousse-dent... c'est du moins ce que je crois... Laissez-moi faire, je peux tout arranger...

Loin d'être rassurés, les Dursley avaient l'air de plus en plus terrorisés et la tante Pétunia poussait des sanglots hystériques en tirant sur les dents de Dudley comme si elle voulait à tout prix l'arracher. Dudley étouffait sous l'effet conjugué des efforts de sa mère et du volume de ses dents qui ne cessait de grandir. L'oncle Vernon, quant à lui, avait perdu le contrôle de ses nerfs : il attrapa une figurine en porcelaine posée sur le buffet et la jeta de toutes ses forces à la tête de Mr Weasley qui se baissa à temps. L'objet poursuivit sa course et se fracassa dans la cheminée dévastée.

'' Allons, voyons! Répéta Mr Weasley avec colère en brandissant sa baguette magique. J'essaye au contraire de vous aider!

Meuglant comme un hippopotame blessé, l'oncle Vernon saisit un autre objet décoratif.

– Harry, vas y ! Vas-y ! s'écria Mr Weasley, sa baguette pointée sur l'oncle Vernon. Je vais arranger tout ça !

Harry ne voulait pas être privé du spectacle mais la deuxième figurine que lança l'oncle Vernon lui frôla l'oreille et il estima préférable de laisser Mr Weasley dénouer seul la situation. Il s'avança dans les flammes et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule en annonçant : '' Manoir Phénix!" il eut encore le temps d'apercevoir Mr Weasley, qui faisait exploser entre les mains de l'oncle Vernon une troisième figurine de porcelaine, et la tante Pétunia, toujours allongée sur son fils, qui ne cessait de hurler tandis que les dents de Dudley serpentait hors de la bouche comme un grand python gluant. Un instant plus tard, Harry se mit à tournoyer sur lui-même de plus en plus vite et le salon des Dursley disparut dans un tourbillon de flammes vertes comme l'émeraude.