Bonjour à tous !
Voici le deuxième chapitre.
Petit résumé : la bonne humeur et le ton léger restent présent, bien qu'une petite évolution sensuelle montre le bout de son nez vers la fin. En effet, Bofur numéro deux apparaît. Ça y est ! Je me suis permise d'arranger son physique à mon goût. ^^ Vous avez le droit de baver devant. Il y aura également un petit passage entre Bilbo et Bifur parce que c'est un personnage trop ignoré.
Voilà. Merci pour les reviews, ça fait très plaisir d'avoir des retours. :)
Cet univers ne m'appartient pas. Je l'emprunte pour jouer avec les personnages parce qu'ils sont plus marrants que les Barbie.
Bonne lecture !
Chapitre 2
Ils installèrent le camp suffisamment loin de la rivière afin qu'elle soit cachée par un amas d'arbres. Bombur s'attela à la préparation du repas à laquelle Bilbo proposa de l'assister. Ensemble ils s'occupèrent de faire cuire les lapins chassés par Gandalf et à l'aide de quelques herbes aromatiques, ils créèrent un bouillon au parfum délicieux. Les estomacs de la Compagnie se réveillèrent lorsque les agréables odeurs se répandirent dans le bois, ouvrant leur appétit.
-C'est qu'ça sent bon c'que vous préparez tous les deux ! commenta Bofur en se plaçant juste derrière Bilbo.
-Et ce n'est pas encore prêt alors bas les pattes ! le réprimanda le Hobbit en donnant un coup de cuillère sur sa main qui essaya innocemment de goûter.
-M. Baggins est un excellent cuisinier ! Il ferait la parfaite épouse ! plaisanta Kíli.
-C'est vrai. Ses talents culinaires rivalisent avec ceux de Bombur. On a de la chance de l'avoir avec nous ! ajouta Fíli.
-Un homme comme j'les aime ! s'exclama le mineur en passant un bras autour des épaules du cambrioleur.
-Je vous remercie pour vos compliments mais cela n'a rien d'exceptionnel. Les Hobbits sont réputés pour être doués en cuisine. De plus, vivant seul depuis longtemps, j'ai appris à me débrouiller. Je ne vois pas en quoi cela fait de moi un soupirant potentiel.
-Pour les Nains, il n'en faut pas plus. Nous adorons la nourriture tout autant que l'or. Une fois qu'on aura récupéré Erebor et que le royaume sera reconstruit, vous serez courtisé de tous les côtés ! expliqua l'archer.
-Si je comprends bien, je dois me résigner à avoir un Nain comme compagnon. Je suis un Hobbit, cela ne se peut.
-On a vu pire comme mélange, poursuivit le jeune prince en haussant les épaules.
-Cela implique quand même que j'emménage définitivement à Erebor, ce qui n'est pas en projet.
-Comment cela ? Vous ne comptez pas rester avec nous ? s'affola Kíli.
-Et bien je dois avouer que l'idée ne m'a pas traversé l'esprit. Que voudriez-vous que j'y fasse ? Je suis un Hobbit de la Comté, c'est là que se trouve ma demeure et ma famille, répondit Bilbo qui remarqua que plusieurs membres de la Compagnie semblaient déçus.
-Mais vous pourriez vous installer à Erebor ! On vous construirait une nouvelle maison ! Et ainsi nous n'aurions pas besoin de nous séparer ! Vous ne pouvez pas nous abandonner ! insista le brun d'une voix suppliante.
-Je ne vais pas vous abandonner, j'ai promis de vous aider à récupérer votre maison et je le ferai, seulement la mienne est à Bag End, pas ailleurs. Je ne suis dans cette aventure que pour vous donner un coup de main. Qu'est-ce qu'un simple Hobbit comme moi pourrait faire dans un puissant royaume Nain ? Je n'y aurais pas ma place, expliqua patiemment le semi-homme qui se sentit mal de voir le regard découragé sur le visage du prince.
-Vous faites partie de la Compagnie, c'est comme si vous étiez de notre famille, intervint Fíli. Il y aura beaucoup à faire sur place, la reconstruction du royaume, la mise en place de routes commerciales, la réhabilitation des mines. Vous pourriez y participer. Vous recevriez tout l'or que vous souhaiteriez !
Bilbo soupira, il se rendait bien compte que sa décision de rentrer chez lui déplaisait à ses compagnons, ils désiraient presque tous qu'il reste avec eux et cela le touchait. D'après l'air triste de Kíli et le regard implorant de son frère, les deux jeunes héritiers étaient prêts à tout pour le convaincre. Bombur avait arrêté de préparer le repas, Ori avait relevé le nez de son journal, Balin le fixait de manière étonnée et Thorin grogna. Ils s'étaient tous rapprochés et étaient devenus de bons amis mais jamais Bilbo n'avait envisagé de passer le reste de sa vie avec eux. Son espèce ne vivait pas dans les montagnes.
-Il faut que vous compreniez qu'il y a énormément de différences entre les Nains et les Hobbits. Nous nous contentons des petites choses, nous avons besoin de Soleil, de nature et grand air. Nous mangeons les légumes que nous cultivons nous-mêmes, faisons du troc et ne sortons que rarement de la Comté. Pour nous, une poignée de feuilles de Vieux Toby a plus de valeur que tout l'or possible. Même si je venais vivre à Erebor, je ne pourrais jamais m'intégrer.
Le discours de Bilbo fut suivi d'un lourd silence, chacun réfléchissant à ce qu'il venait d'apprendre. Aucun des Nains n'avait imaginé que leur cambrioleur ne resterait pas avec eux une fois l'aventure finie, pour eux, il était logique qu'il s'installe dans leur royaume, c'était sa place. Ils ne s'étaient pas attendus à un refus de sa part et ne savaient pas quoi en penser. L'idée que le semi-homme sorte de leurs vies en dérangea plus d'un, notamment Thorin qui n'avait absolument pas envisagé cette éventualité. Il ne souhaitait pas que Bilbo reparte chez lui, à l'autre bout de la Terre du Milieu, il voulait le garder auprès de lui. Il devrait trouver un moyen de lui faire changer d'avis.
Bofur resserra inconsciemment sa prise sur l'épaule du Hobbit, ce qui attira l'attention de ce dernier qui leva la tête et vit son ami regarder dans le vide, une grimace sur le visage. Avant qu'il ne lui demande ce qui se passait, le mineur s'éloigna en murmurant qu'il avait besoin de tabac. Le petit cambrioleur se sentit mal à l'aise, il avait visiblement affaibli le moral de la troupe sans le faire exprès, il faudrait qu'il se rattrape. Bien sûr que cela lui faisait plaisir d'être considéré comme un membre à part entière de la Compagnie et de savoir que tous l'appréciaient au point de vouloir le garder avec eux, mais il n'avait jamais été question de ne plus se séparer. A moins qu'en signant le contrat il avait offert sa vie à Thorin et que celui-ci pouvait en faire ce qu'il désirait, mais personne ne l'avait prévenu. Pour être honnête, il n'était même pas certain de survivre à cette aventure. Depuis qu'il avait quitté Bag End, Bilbo essayait de ne pas y penser mais le dragon au bout de leur quête ne le rassurait pas et il ne voyait pas comment il pourrait s'en sortir. Le fait que ses camarades pensent à l'avenir était rassurant en soi car cela signifiait qu'ils croyaient tous qu'ils réussiraient. Ils étaient aussi fous les uns que les autres. Comment pouvaient-ils espérer vaincre Smaug ? C'était impossible, ils périraient tous au cours de cette mission et Bilbo les maudirait jusque dans sa prochaine vie.
Cela ne servait à rien d'y réfléchir pour le moment, ils venaient de sortir d'une situation critique et avaient l'occasion de profiter d'un moment de calme. Le Hobbit se remit à cuisiner, apportant les dernières touches au civet qu'il goûta, cela lui semblait bon mais il avait besoin d'un avis extérieur. Regardant autour de lui, il vit que tous les membres de la Compagnie lui tournaient le dos, faisant sembler de s'occuper. Cela lui fit un peu mal, même Fíli et Kíli l'ignoraient. Quant à Bofur, il avait mis tellement de distance entre eux qu'il en était arrivé à l'autre bout du camp. Avaient-ils tous décidé de bouder parce qu'il ne voulait pas venir vivre avec eux ? Quelle attitude puérile ! Peu importait qu'ils soient de fiers et valeureux guerriers, ces Nains ne savaient pas se comporter en société.
Agacé, Bilbo remarqua que Bifur se tenait seul dans un coin, le regard dans le vague. Le mineur était celui avec qui le semi-homme parlait le moins, ce qui s'expliquait à cause de son ignorance en Khuzdul et aussi parce qu'il ne savait pas comment l'approcher. Le pauvre avait beaucoup souffert dans sa vie, le morceau de hache enfoncé dans son crâne témoignant de son passé violent et responsable de son infirmité. Peut-être était-ce mal placé mais Bilbo avait un peu pitié de lui et souhaitait le connaître. Il n'était pas méchant, lorsque ses cousins lui adressaient la parole il répondait normalement, bien qu'il lui arrivait de s'énerver pour rien par moment. Ce qui poussait le Hobbit à s'intéresser à lui était que contrairement au reste de la Compagnie, Bifur n'attendait rien de lui. Il ne le sous-estimait pas, ne le surveillait pas constamment en se doutant qu'il échouerait, ne le regardait pas de manière condescendante, n'essayait pas de l'entraîner dans des conversations ennuyeuses et ne se moquait pas de lui. Bilbo n'avait pas peur de le décevoir ou de recevoir des reproches de sa part, le Nain ne lui prêtait pas attention mais il ne l'ignorait pas entièrement non plus. C'était le seul à ne pas lui faire sentir une pression insupportable. Le voir ainsi, mis de côté, à l'écart de sa propre famille, attrista le cambrioleur. Bifur ne communiquait qu'avec Bofur et Bombur, les autres ne l'approchaient pas, n'ayant aucune patience pour son handicap. Ce traitement était parfaitement injuste et révolta Bilbo.
Saisissant son courage à deux mains, il était amusant de noter qu'il en avait de plus en plus ces jours-ci, le Hobbit s'approcha du mineur d'un pas décidé et s'arrêta devant lui. Il attendit que le Nain remarque sa présence pour lui sourire et lui adresser la parole.
-Monsieur Bifur, excusez-moi de vous déranger. J'aurais besoin de quelqu'un pour goûter le repas. Seriez-vous d'accord pour me rendre ce service ? demanda-t-il le plus poliment possible.
Apparemment sa requête étonna tout le monde car toute activité, aussi fausse fut-elle, cessa autour du camp. Les autres observaient l'échange avec de grands yeux. Ils n'avaient jamais vu leur cambrioleur parler avec Bifur, c'était la première fois. Les plus surpris furent Bombur et Bofur qui échangèrent un regard abasourdi. Ils avaient secrètement peur que leur cousin ne s'affole pour rien et blesse le Hobbit mais à leur grande stupéfaction, le mineur se contenta de fixer Bilbo quelques minutes, comme s'il essayait de comprendre la question, et grogna quelques mots.
-Je vais prendre cela pour un oui, conclut le Hobbit content.
Bifur se leva et se dirigea dans la direction inverse du feu, forçant le cambrioleur à attraper sa main et à le ramener dans le bon sens. Il eut la délicatesse de ne rien dire mais ne relâcha pas le fabriquant de jouets pour autant, l'emmenant juste devant la marmite. Il prit une cuillère et la trempa dans le bouillon pour la tendre à son compagnon.
-Dites-moi ce que vous en pensez. Est-ce à votre goût ?
Bifur se laissa faire, il ressemblait à un enfant à qui l'on apprenait à cuisiner et qui ne voulait pas décevoir, c'était attendrissant. Il osait à peine regarder Bilbo et ne supportait pas de sentir tous les autres l'observer, il n'avait pas pour habitude d'être le centre d'attention. Cela le gêna et il s'énerva, gesticulant dans tous les sens et crachant des paroles incompréhensibles. Croyant qu'il avait fait quelque chose de mal, le Hobbit recula involontairement. Une main se heurta à la sienne, envoyant la cuillère et son contenu par terre. Bifur continua de crier après les autres Nains et sans savoir pourquoi, le semi-homme se rapprocha à nouveau de lui et posa délicatement ses mains sur ses épaules afin de l'apaiser. Il lui parla d'une voix douce, comme s'il s'adressait à un animal sauvage, et réussit à le calmer.
-Qu'est-ce que vous regardez ? Ce n'est pas un spectacle ! s'écria-t-il à l'intention du reste de la troupe. Vous aviez tous quelque chose à faire tout à l'heure, remettez vous-y. Le repas n'est pas encore prêt. Je vous appellerai quand ça sera le cas ! finit-il sèchement et si une pointe d'amertume se glissa dans sa voix, personne ne lui reprocha. Ce n'est rien, tout va bien, reprit-il en se retournant vers Bifur.
Le semi-homme tendit une nouvelle cuillère au fabriquant de jouets et l'observa attentivement. Bifur se sentit moins stressé et un coup d'œil vers le visage souriant et encourageant du Hobbit le convainquit de goûter le repas.
A côté de lui, Bilbo appréhendait un peu sa réaction, il voulait vraiment que le plat plaise à son camarade, aux autres aussi évidemment mais en particulier à Bifur. Ce dernier avala la nourriture et se mit à gesticuler dans tous les sens sauf que cette fois-ci, il n'était pas violent, plus excité peut-être.
-Vous aimez ? tenta le Hobbit.
Il reçut un hochement de tête frénétique pour toute réponse. Au vu de son enthousiasme, Bifur avait l'air de trouver le repas bon, ce qui soulagea instantanément le cambrioleur.
-Vraiment ?
Un sourire éblouissant naquit sur les lèvres du Hobbit, il était heureux d'avoir réussi à faire plaisir au mineur. Ce dernier effectua quelques gestes que Bilbo ne comprit pas. Il insista mais il n'y avait rien à faire, le sens de ses mouvements ne parvenait pas au semi-homme. Bifur mimait quelqu'un qui écrasait et saupoudrait au-dessus du civet.
-Je ne vois pas ce que vous essayez de dire. Des épices ? Du sel ? C'est cela ? Le plat manque de sel ?
Le fabriquant de jouets hocha à nouveau la tête. Bilbo était fou de joie, il pouvait communiquer avec Bifur, c'était un exploit. Il s'empressa de suivre son conseil mais alors qu'il allait verser le sel dans le bouillon, il s'arrêta et se tourna vers son compagnon pour lui proposer de le faire. Au début, le Nain le regarda d'un air perdu puis Bilbo lui expliqua qu'il pouvait arranger à sa façon. Le mineur attrapa la boîte, peu rassuré, ne voulant pas faire de bêtises, et lança une première pincée. Il jeta un coup d'œil vers le cuisinier qui l'incita à continuer. Y prenant goût, Bifur versa deux poignées de plus mais une petite main le stoppa alors qu'il allait en mettre une quatrième. Après avoir remué et testé une nouvelle fois, Bilbo estima le repas prêt.
-Voulez-vous m'aider à distribuer les bols ? proposa-t-il à son assistant qui accepta instantanément.
Le Hobbit remplit les écuelles une à une et Bifur les amena à leurs destinataires d'un pas joyeux sans en renverser. Bilbo ne pouvait réprimer un sourire à la vue de son compagnon ravi de se rendre utile. Quand son tour vint, le cambrioleur rajouta une louche supplémentaire dans son bol, ce qui lui valut un regard interrogateur.
-Pour vous remercier de m'avoir aidé, lui expliqua le semi-homme.
Tout le monde se mit à manger et contre toute attente, le repas fut plutôt bon. Les autres en auraient bien repris une deuxième portion. Et si le bouillon était un peu trop salé, personne n'en fit la remarque, tous conscients qu'il était rare de voir Bifur de bonne humeur.
Bofur s'était éclipsé sans toucher sa part, il était parti en direction de la rivière pour prendre son bain et profiter d'un peu de solitude afin de réfléchir. Lorsque Bilbo avait avoué qu'il ne comptait pas rester avec eux, le cœur du mineur s'était mis à saigner. Il n'avait pas vraiment songé à ce que réservait le futur et n'osait pas se l'imaginer au-delà de leur arrivée à la Montagne Solitaire, mais pas une seconde il n'avait envisagé la possibilité de dire au revoir au semi-homme. Ce n'était pas possible, il s'était habitué à sa présence, leur cambrioleur avait officiellement sa place parmi la Compagnie, pourquoi ne vivrait-il pas avec eux une fois que tout serait terminé ? D'un autre côté, Bofur pouvait comprendre son envie de retrouver sa maison. Il avait vécu toute sa vie à Bag End entouré de ses amis et de sa famille, son foyer se trouvait en Comté, pas au milieu de Nains. Pourtant, le fabriquant de jouets était persuadé qu'avec un peu de temps, le semi-homme se ferait aux superbes couloirs recouverts d'or, aux mines regorgeant de pierres précieuses, aux salles remplies de trésors, à la puissance des Nains et à leurs coutumes. Si Bilbo pouvait voyager avec eux et les côtoyer tous les jours, il arriverait à accepter de s'installer définitivement dans un royaume de Nains. Bofur ne souhaitait pas que son ami parte, il tenait à lui, un peu trop, et ne supporterait pas de ne plus l'avoir à ses côtés. Au moins pendant leur traversée de la Terre du Milieu, il avait l'occasion de lui parler autant qu'il le désirait, même s'il ne lui appartenait pas. Le perdre entraînerait une dépression à laquelle aucun remède n'existait.
Le Nain au chapeau l'avait bien compris, il était amoureux du petit Hobbit, totalement et éperdument amoureux. Rien ne pourrait le sauver, il avait déjà sombré et son bonheur ne viendrait que sous la forme d'un semi-homme retournant son amour, ce qui avait malheureusement peu de chance d'arriver. Thorin avait l'avantage et Bofur savait qu'il ne pouvait lutter contre le roi mais bon sang ce que cela lui faisait mal de voir son Hobbit regarder le leader taciturne avec des yeux débordants d'adoration et faire tout son possible pour recevoir le moindre compliment alors que lui n'attendait qu'un sourire de sa part. Ce n'était pas juste mais qu'y pouvait-il ? Il ne devait pas y penser pour l'instant, Erebor était encore loin et ils avaient beaucoup de chemin à parcourir.
Si d'entendre le Hobbit annoncer qu'il n'avait pas prévu de rester l'avait bouleversé, sa tentative d'inclure Bifur dans la préparation du repas l'avait plus touché qu'il ne l'aurait cru. Peu de gens s'intéressaient à son cousin, il effrayait les inconnus à cause de la hache dans sa tête et de ses gestes un peu grossiers. Il parlait fort mais n'était pas méchant, juste un peu désorienté. Bombur et Bofur étaient les seuls qui savaient comment s'y prendre avec lui, le reste de la Compagnie ne l'approchait pas, plus par indifférence que par peur. Pourtant Bifur était quelqu'un de gentil, il aimait les enfants et fabriquer des jouets pour eux était sa passion. Malheureusement depuis son accident les petits n'osaient plus l'approcher et dédaignaient ses œuvres. Bifur ne l'avouerait jamais mais cela lui faisait de la peine, il ne serait jamais heureux, tout cela à cause d'une bataille pour récupérer la Moria et qui, au final, était toujours entre les mains des orcs.
Malgré tout cela, Bofur adorait son cousin, peu importait ce que les gens pensaient, c'était quelqu'un de très bien, il fallait juste être patient avec lui. De voir quelqu'un de l'extérieur lui adresser la parole et lui demander son avis avait ému le Nain à la pioche. Étant l'aîné des trois, il était assez protecteur de son cousin et son frère et quiconque tenterait quoi que ce soit à leurs égards aurait à faire à lui. Les efforts de Bilbo envers le mineur handicapé avaient eu bien plus d'impact qu'il ne le pensait, ils avaient scellé les sentiments de Bofur envers leur petit cambrioleur. Si quelqu'un était capable d'accepter la différence de Bifur, alors il avait un cœur d'or et ferait un parfait compagnon. La situation avait plu au Nain blessé puisqu'il avait pratiquement couru dans tout le camp pour distribuer les bols. Le fabriquant de jouets ne se souvenait pas de la dernière fois qu'il avait vu son cousin si joyeux. Le semi-homme avait réussi à lui redonner le sourire et pour cela, Bofur lui en serait éternellement reconnaissant.
Au même moment, dans le camp, tous les membres avaient fini leur repas et se détendaient. Certains chantaient, d'autres fumaient ou encore discutaient d'une époque révolue. Alors qu'il rangeait les bols, Bilbo remarqua qu'un était resté sur une souche, il était encore plein, le civet froid. Regardant autour de lui, il nota l'absence de Bofur. Quand est-ce que le mineur était parti ? Pourquoi n'avait-il pas mangé ? Il ne disait jamais non à de la nourriture, c'était étonnant de sa part. Trouvant cela inacceptable de gâcher, il plaça le bol au-dessus du feu afin de le réchauffer. Son ami aurait faim et leurs rations n'étaient pas éternelles, il fallait consommer le peu qu'ils avaient et ne surtout pas gaspiller. Tout bon Hobbit était incapable de jeter quoi que ce soit de comestible et les Nains n'étaient pas vraiment connus pour être difficiles.
Au bout de quelques minutes, le plat fut chaud. Bilbo l'attrapa, en faisant attention de ne pas se brûler, et s'éloigna du campement pour rejoindre la rivière. Bofur devait probablement s'y trouver, il n'y avait rien d'autre dans les parages. Que pouvait-il bien faire au bord de l'eau à l'heure du repas ? Il aurait tout le temps de se baigner plus tard même si l'après-midi était bien avancé. Déjà le Soleil glissait derrière les montagnes, recouvrant la vallée d'une lumière orangée, ses rayons caressaient la cime des arbres et coulaient au travers des branches, transperçant le bois et illuminant l'herbe verte.
Le semi-homme se balada entre les conifères, se laissant gagner par l'ambiance magique et sereine du lieu. Il avança tranquillement, ses yeux se perdant entre les rais apparaissant depuis le sommet des arbres. C'était très beau et il en oublia presque la raison pour laquelle il était parti du camp. Se rappelant qu'il devait porter son repas à Bofur, il se remit en marche et arriva à la rivière. Le spectacle qu'il y vit était ravissant : les rayons mourants du Soleil se reflétaient sur l'eau, la faisant passer pour une étendue d'or liquide. La rive était baignée d'une douce lumière chaude, une légère brise faisait voler les feuilles et brisait la tranquillité de la surface. Le cadre était déjà magnifique en temps normal mais à la tombée du jour il devenait idyllique. Le souffle de Bilbo se coupa, il grava ce décor dans sa mémoire afin de s'en souvenir toute sa vie. Au milieu de tout cela il découvrit autre chose qui le subjugua tout autant. Il y avait quelqu'un dans la rivière qui se tenait dos à lui, ses longs cheveux bruns formaient une cascade dans son dos musclé, descendant juste en-dessous de ses omoplates. Ses mains se perdaient dans les mèches, les démêlant délicatement. L'eau lui arrivait jusqu'aux hanches, recouvrant le bas de son corps, mais permettait de voir les rayons du Soleil illuminer les multiples gouttes sur sa peau. Ses épaules carrées laissaient voir ses muscles se tendre, ses bras puissants pouvaient probablement soulever de lourds chargements sans difficulté.
Bilbo ne pouvait plus bouger, il était comme hypnotisé par la vision qui se trouvait devant lui. Son cœur s'accéléra et il eut chaud, cet individu était divin, quelques cicatrices apparaissaient de ça de là mais elles n'enlevaient rien à son charme. Il en oublia complètement ce pourquoi il était venu, préférant se délecter de cette vue magnifique. Soudain la personne se retourna, sa frange tombant devant son front et accentuant son regard. Le semi-homme dut se forcer à respirer, c'était Bofur. Son ami se tenait à quelques mètres de lui, complètement nu, dans l'eau, les cheveux détachés, au naturel et Bilbo n'avait jamais rien vu de plus captivant. De face, le fabriquant de jouets était encore plus séduisant, son torse était relativement bien dessiné, moins que Thorin mais il n'était pas forgeron après tout, un duvet de poils recouvrant légèrement son buste et descendant plus bas jusqu'à un endroit caché par l'eau. Le Hobbit rougit violemment, il était en train de détailler son camarade de manière peu discrète et pouvait se faire remarquer à n'importe quel moment.
Il n'eut pas à attendre longtemps avant que le Nain se rende compte de sa présence. Lorsque ses yeux se posèrent sur le petit cambrioleur, ce dernier se sentit pris au piège, il ne pouvait pas se déplacer, ses nerfs étaient paralysés. Il venait d'être surpris en flagrant délit, il avait dérangé son ami lors d'un moment privé, c'était impardonnable. Alors que Bilbo était convaincu que le mineur allait le réprimander, il le vit sourire mais pas de la même manière que le reste du temps, ses yeux s'étaient assombris, son regard paraissait plus… provocant. C'était étrange de voir une telle expression sur le visage de Bofur, lui qui était si tendre et si doux. D'un coup il sembla différent, plus sûr de lui et mystérieux.
Le Nain sortit lentement de l'eau, absolument pas gêné par sa nudité, en fixant toujours Bilbo qui ne savait plus où se mettre. Il s'arrêta juste devant lui et son sourire se fit plus carnassier, déclenchant un frisson dans le dos du Hobbit. Bofur posa une main sur sa hanche et prit une pose nonchalante, visiblement le plus à l'aise des deux.
-Alors M. Baggins, on s'promène ?
Cette voix grave et sensuelle ne pouvait pas appartenir au fabriquant de jouets, c'était impossible, elle était trois octaves plus bas que son ton normal. Le cambrioleur refusa d'admettre qu'elle lui fit de l'effet.
-Ou p'têtre êtes-vous intéressé par un bain ?
-N… non. Je… je… bredouilla le Hobbit, incapable de formuler une phrase, ce qui fit s'agrandir le sourire de son compagnon.
-Seriez-vous venu m'espionner pendant que j'me lavais dans c'cas ?
Le visage de Bilbo vira au rouge pivoine à cette supposition.
-Absolument pas ! s'écria-t-il. Ce n'était pas mon intention de vous trouver… ainsi…
-Mais vous m'cherchiez, insista Bofur qui savait qu'il avait raison.
-Oui… Je… J'ai remarqué que vous n'aviez pas mangé alors je vous ai apporté votre repas, avoua le semi-homme en baissant les yeux.
En effet, un bol se trouvait dans ses mains, de la fumée s'en échappait, il avait dû être réchauffé. Bofur sourit, ce Hobbit était vraiment adorable, il était aux petits soins avec tout le monde.
-Vous feriez véritablement la parfaite épouse.
Le Nain attrapa délicatement le récipient, laissant ses mains s'attarder volontairement sur celles de son compagnon qui sursauta au contact. Le plus grand s'approcha jusqu'à ce que sa bouche soit au niveau d'une oreille pointue et y donna un coup de langue.
-Merci mon très cher Bilbo, murmura-t-il d'une voix grave, se délectant des frissons qu'elle produisit.
Le pauvre semi-homme ne comprenait pas la situation, sa tête lui tournait, son cœur menaçait d'exploser dans sa poitrine et ses joues lui brûlaient. Il n'avait pas l'habitude de voir son ami ainsi, si entreprenant. Il ne ressemblait absolument pas au mineur prévenant et farceur qu'il côtoyait depuis le début de leur quête. Bofur semblait si différent, la sensualité émanait de sa personne par vague et il savait parfaitement quel effet il avait sur Bilbo. Il avait l'air d'en profiter si on en croyait son sourire en coin. Il était nettement plus audacieux en cet instant que pendant tout leur voyage, le fait qu'il soit entièrement nu ne le gênait pas. Il exhibait son corps sans la moindre honte et se ravissait des coups d'œils furtifs que lui lançait le cambrioleur.
Bofur s'éloigna et s'assit en tailleur pour manger son repas. Bilbo tourna la tête, n'osant pas le regarder mais ne pouvant s'en empêcher. C'était plus fort que lui, ses yeux étaient attirés par la plastique de son ami. C'était la première fois qu'il le voyait ainsi et même s'il ne voulait se l'avouer, il le trouvait très attirant. Il comptait bien en profiter.
-Vous… Vous ne vous rhabillez pas ?
-Pour quelle raison ? J'ai pas eu l'temps d'sécher et j'aime sentir la chaleur du Soleil sur ma peau. Et puis, vous avez plutôt l'air d'apprécier la vue, j'm'en voudrais d'vous en priver, expliqua Bofur avec un sourire moqueur.
Le Hobbit laissa échapper un couinement manquant totalement de dignité et essaya de se faire plus petit qu'il ne l'était. Ses yeux, qui s'étaient de nouveau égarés sur le torse du Nain, se plantèrent au sol et il ne releva plus la tête. Un éclat de rire le fit se sentir humilié mais il ne bougea pas.
-Y a pas d'mal. J'suis honoré que vous m'trouviez à vot' conv'nance. Restez pas dans vot' coin, approchez-vous. J'vais pas vous mordre.
Sans savoir pourquoi, la voix de Bofur incita le semi-homme à faire ce qu'il disait, elle était envoûtante. Le Nain aurait pu lui demander n'importe quoi, Bilbo aurait dit oui. Il s'installa à genoux à quelques centimètres de l'autre, en prenant bien garde de ne pas lever les yeux, et attendit. Au bout de cinq minutes il daigna regarder son camarade et se rendit compte que ce dernier le fixait intensément, son repas terminé. De près, les pupilles du fabriquant de jouets étaient encore plus captivantes, elles ressemblaient à deux puits sans fond dans lesquels on était indéniablement attiré. Le Hobbit ne pouvait détourner les yeux, il se sentait faible face à ce regard perçant mais aussi en sécurité, étrangement.
-Je… Si vous avez fini, je vais ramener votre bol et vous laissez terminer votre bain, chuchota Bilbo en tentant de se lever mais une main saisit son poignet alors qu'il allait attraper l'écuelle et le serra, l'empêchant de bouger.
Surpris, le cambrioleur leva les yeux et se trouva nez à nez avec son ami. Ils étaient si près l'un de l'autre que si le semi-homme s'était penché, il aurait collé leurs lèvres ensemble. Ce n'était pas une bonne idée de penser à cela mais il ne put s'arrêter, il était tenté, il souhaitait savoir quelle sensation cela lui procurerait. Il se mordit les siennes à cette pensée et vit les prunelles de Bofur suivre le mouvement. La situation était sur le point de déraper.
little-ratgirl : C'est une émotion que suscite souvent Bofur. Il est tellement sympathique et affectueux qu'on pense que rien ne peut le blesser alors qu'en réalité, la plupart du temps c'est lui qui se retrouve mis de côté. J'adore ce personnage.
Merci pour ton commentaire !
Angelnaru : Chaque couple va passer par des hauts et des bas. Certains vont beaucoup morfler, sinon ça ne serait pas drôle. x) Ce qu'il faut retenir dans cette fic est qu'il ne faut pas considérer quoi que ce soit comme acquis. Tout change de chapitre en chapitre.
Merci d'avoir commenté !
