Chapitre 42
Marco déglutit de nouveau. Honnêtement, même avec beaucoup d'imagination il n'aurait pas pensé se retrouver un jour avec Jean entre ses cuisses, et encore moins…Particulièrement dominant. Ce n'était pas une situation qui lui paraissait vraiment normale. Mis à part le jour où Jean l'avait embrassé dans l'infirmerie, le garçon s'était toujours laissé faire sans dire un mot. Que ce soit sous forme de petite taquinerie ou autre. Il avait accepté cette idée.
-Eh, Marco…
Jean murmurait. Il s'était penché, son visage se retrouvant à quelques centimètres à peine du sien. Ses avant-bras s'étaient posés contre ses épaules, appuyés sur le matelas.
-Pourquoi tu ne veux jamais ?
Marco considéra un moment le visage sérieux et rougissant qui lui faisait face, essayant de comprendre exactement de quoi il parlait, et ressentit une terrible difficulté à réfléchir posément.
Il avait juste une furieuse et irrésistible envie de la dévorer.
Là. De suite.
Il détourna finalement les yeux, essayant de fixer un point sur la vitre au loin, de l'autre côté de la pièce.
-De…De quoi tu parles ? marmonna-t-il.
-Tu te caches toujours…
Jean bougea un bras et glissa une main sous le tee-shirt large de Marco sans prévenir, ses doigts caressant la peau sur leur passage. Le brun pinça légèrement les lèvres sans parvenir à retenir un frisson. Puis elle revint, le bout de l'index parcourant la forme des muscles, frôlant le nombril en le dépassant. Marco releva légèrement plus les jambes en voyant la main s'aventurer sous la ceinture lâche et tombante, essayant un peu désespérément de déranger Jean dans ses gestes. Celui-ci lui dédia un regard perplexe et arrêta sa main. Contre l'articulation de son pouce, il pouvait sentir le membre brûlant et raide. Sous ses doigts, la fine toison –probablement brune- qui surplombait son sexe n'avait pas encore le toucher rêche de l'âge adulte.
-Là aussi…, souffla-t-il. Merde, Marco…Comment veux-tu que je m'en sorte…
Marco n'osait pas regarder Jean, gardant les yeux rivés sur la fenêtre. S'il revenait vers lui, il tomberait inéluctablement sur son visage, sa bouche, son corps, ses muscles, qui s'exposaient dans une nudité totale.
-T'es pas obligé…, gémit Marco, fermant les yeux un instant en sentant la main glissée sous sa ceinture. Touche pas, Jean… !
Le garçon fronça les sourcils. Ce qu'il sentait représentait tout sauf une absence de désir chez son camarade. Au contraire. Un brin furieux de ne pas comprendre et d'être laissé dans le flou de cette manière, il se pencha un peu plus, mordant dans le lobe à sa portée.
-C'est comme d'habitude, tu touches, tu regardes…, susurra-t-il.
Il donna un coup de langue là où ses dents s'étaient refermées, se repaissant du soupir qui s'élevait.
-Et moi je n'ai droit ni à l'un…Ni à l'autre…, continua-t-il.
La main de Jean s'abaissa soudain, emportant avec elle le pantalon qui tomba sur les hanches de Marco, lequel hoqueta de surprise et tendit une main aussitôt. Les regards se croisèrent, le brun fut le premier à baisser les yeux, sa main s'agrippant à son propre tee-shirt pour tenter de maquiller son geste. Le coup d'œil de Jean ne le trompa pas. Il l'avait parfaitement vu, même penché ainsi sur lui.
Le blond se redressa un peu, ses doigts s'enroulant dans l'élastique détendu de son pantalon. D'un regard, il passa sur Marco son abdomen se soulevait rapidement, sa main crispée sur son haut. Le bas de son ventre était dégagé, ses hanches nues. Le pantalon s'était bloqué peu après les fesses, arrêté par le corps de Jean.
Marco ne le regardait pas. Il refusait même d'être vu ou touché.
Jean soupira doucement. Un de ses doigts glissa rapidement sur l'os d'une hanche et il ôta sa main.
-…Mais je ne pensais pas te dégoûter…
Maco écarquilla les yeux et se redressa sur un coude. Il ne s'attendait pas à cela, et déjà Jean s'éloignait.
Merde.
-J…Jean, non…
-Arrête un peu…
Le garçon avait remis la main sur sa serviette et avait déjà commencé à cacher son entrejambe en la renouant, les mains un peu tremblantes.
-Tu te fous bien de moi depuis le début, en fait…, ajouta-t-il lentement.
Sa voix aussi tremblait, et Marco sentit ses idées se renverser. Comme Jean quand il l'attrapa presque violemment par l'épaule, le jetant sur le matelas. Le souffle court et un brin coupé par la surprise, Jean lui lançait un regard perdu et Marco tenta de se reprendre. Ses mains s'étaient abattues sur le garçon, maintenant ses épaules contre les draps froids.
-M…Marco, c'est assez compliqué comme ça…, murmura-t-il, la voix légèrement suppliante.
Marco fit glisser un doigt sur les lèvres de Jean, lui intimant gentiment le silence.
-Il n'y a rien de vraiment compliqué…, souffla-t-il. Nous sommes…Différents, Jean…Je ne veux pas que tu regrettes…
D'une main, Jean attrapa le poignet, et mordilla le doigt qui le gênait.
-Je ne comprends pas, dit-il tout bas. Je ne sais même pas ce que tu attends de moi…Ni même si tu attends quelque chose…
-Je pourrais attendre tellement, tu sais…
Marco eut un petit sourire contrit et un peu triste en le regardant faire, et essaya de supporter son regard interrogateur. S'il avait su qu'un jour sa relation avec Jean arriverait à ce stade, ou même juste le fait d'avoir une relation de ce genre avec lui, juste un peu…
-Mais, Jean, reprit-il en soupirant, tu ne t'es jamais intéressé à ce genre de choses…
-Qu'est-ce que tu en sais ? grogna son camarade.
Il tiqua au sourire un peu gêné de Marco.
-Tu as souvent été bien occupé à comparer la taille des poitrines des filles avec les autres gars…Et…Tu sais que tu t'es toujours confié à moi…Concernant Mikasa…
Jean se mit à rougir fortement. Il commençait un peu à saisir le sujet de la conversation. Ou pas. Enfin, pas complètement surtout.
-M…Marco…C'est pas…, tenta-t-il en vain.
Le brun posa son front contre le sien, le coupant. De nouveau, Jean pouvait sentir son souffle chatouiller ses lèvres et son menton, son nez frotter légèrement contre le sien. Le bout des doigts d'une main caressait à peine la ligne de sa mâchoire.
Il aimait ces petits gestes qu'avait le garçon.
Un soupir résonna.
-Tu t'intéresses aux filles, Jean…, murmura-t-il. Je ne devrais même pas t'entraîner dans mes affaires…
Jean arqua un sourcil. C'était donc ce sujet.
-Marco…Tu…
Son camarade glissa une main dans ses cheveux, caressant un court instant la base courte qui apparaissait sous ses doigts.
-Tu t'intéresses aux filles, répéta Marco dans un souffle. Moi…Aux garçons…
Jean ne savait plus vraiment ce qu'il devait dire. Il ne s'attendait pas vraiment à ce genre d'aveux, et ne s'était d'ailleurs pas vraiment encombré de cette pensée.
Marco le touchait et il aimait ça.
Marco le regardait et il aimait ça.
Marco…était Marco. Si le garçon était à ses côtés, il était rassuré et se sentait bien.
-Et…Et alors ? marmonna-t-il en détournant les yeux. C'est une raison pour que ça te dégoûte que je te touche ?
Marco eut un air effaré, reculant légèrement le visage. Jean affichait une moue déçue. Non, plus que déçu, le garçon était plutôt attristé.
-Tu ne me dégoûtes pas… ! dit-il précipitamment. Seulement…Je…Tu…
Il vit un œil glisser vers lui un court instant, attendant la suite avec une impatience non camouflée. Il se sentait hésitant, menaçait de bégayer. Comment voulait-il rester concentré ? Jean était définitivement nu sous lui, avec cette érection qui était à peine cachée par la serviette de douche –trop courte.
-…Je ne veux pas que toi, tu le sois…
-Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire ? grogna Jean.
-Mais Jean…Enfin…Tu te rends compte, au moins… ?
Jean secoua la tête, avec un agacement visible. A ce moment-là, il attrapa Marco par le col et l'utilisa pour se hisser sur les quelques centimètres qui manquaient, déposant un baiser simple, chaste et rapide sur les lèvres devant lui.
-Tu me prends pour un abruti ? murmura-t-il.
-M…Mais…
Le visage de Marco avait viré sur une formidable nuance écrevisse ébouillantée, et Jean glissa son autre bras autour des épaules du garçon, pour le serrer contre lui en le faisant presque tomber sur son torse.
-Alors laisse-moi te regarder, ajouta-t-il tout bas. Et te toucher…
Marco hoqueta de surprise en se rendant compte que la main sur ses vêtements avait disparu, se glissant vicieusement entre eux deux jusqu'à son entrejambe. Les doigts glissèrent sur le membre, le faisant gémir sans qu'il pensât à se retenir à cet instant. Il n'y avait personne dans la pièce, se rassura-t-il.
-J…Jean…, gémit-il.
-Mh…
Le blond l'attira un peu plus de son bras, sa main glissant dans ses mèches courtes et le poussant dans un nouveau baiser. Brûlant, Marco gémissait comme la main allait et venait, le caressant lentement. Il s'agrippait d'une main au bassin de Jean, qui soupirait quand leurs entrejambes entraient en contact par inadvertance. Leurs jambes s'étaient un peu emmêlées, les gênant légèrement. Peu importait.
La serviette disparut de nouveau, tirée volontairement par la main de Marco et Jean frissonna puis eut un petit râle quand le gland lisse de Marco glissa contre le sien dans un petit coup de rein.
-Marco…Ah… ! Tu…
Il pinça les lèvres, essayant de se concentrer sur sa main. Marco avait le souffle rapide, saccadé. C'était étrange d'avoir le membre entre ses doigts. Ce n'était pas le sien, et pourtant il ressentait un étrange plaisir à le toucher. A cause du contact contre le sien, justement ? Ou parce que c'était Marco qu'il touchait ? (Ou les deux, peut-être ?)
Son train de pensées s'effilochait de plus en plus, comme une main venait se mêler à la sienne, les enserrant tous les deux délicatement. Le bout d'un doigt les titillait, et Jean oublia de retenir un gémissement sourd.
-Marco… ! Mar…
Le brun l'avait coupé, reprenant possession des lèvres entrouvertes et tremblantes. Un peu plus à l'aise, il donnait de petits coups de reins, soupirant et gémissant sous les assauts endiablés de la langue du blond.
Et le reste.
Marco perdit un peu la notion des choses en se sentant venir, mordant et suçotant tour à tour brusquement la lèvre inférieure du garçon. Entre ses doigts, il sentait les flux couler et recula son visage, haletant. Jean semblait à peu près dans le même état, ce qui le rassura légèrement. Il lâcha les cheveux du garçon, défaisant adroitement la serviette d'une main pour essuyer lentement ce qu'ils avaient répandu sur eux.
Respirant profondément, Jean le regardai faire, redressé sur un coude. Sous le regard insistant, Marco rougit de nouveau, brusquement intimidé.
-C…Ca par contre…T'es vraiment pas obligé de regarder…, marmonna-t-il.
-Et pourquoi pas ?
Jean avait eu un léger ricanement en voyant sa gêne, et il s'arrêta soudain, brusquement songeur. Marco nota le changement et haussa un sourcil. Le visage du blond s'était brusquement un peu rembruni. Regrettait-il déjà ?
-Eh, Marco…
-Quoi ?
-Si t'es complètement homo…
Le brun crut qu'il allait s'étouffer sans aucune aide. Jean, le tact, bordel…
-…Qu'est-ce que tu fous avec Mikasa ?
Le tact, putain !
