Bonjour ! Bien, bien, bien.
Résumé du chapitre : nous sommes toujours chez Beorn. Bilbo a du temps libre et décide de visiter la propriété. Au cours de sa petite promenade, il va croiser Thorin et un petit court-circuit va avoir lieu dans son cerveau. ^^ Oui, ça y est, Thorin revient sur le devant de la scène et se fait un poil plus entreprenant. Gandalf va briser la bonne ambiance régnante et traumatiser le pauvre Hobbit.
Petite précision : l'Autre d'un Nain est celui que leur cœur choisit et qu'ils aiment à jamais. Ils ne peuvent en avoir qu'un seul par vie et parfois, ils ne le rencontrent jamais. En Anglais c'est "His One". C'est une tentative de traduction de ma part.
(Quelqu'un sait comment mettre des liens ? J'y arrive pas. :( )
Cet univers ne m'appartient pas.
Merci pour les reviews. Bonne lecture.
Chapitre 6
Bilbo s'ennuyait, c'était officiel. Maintenant que la Compagnie était en sécurité et n'avait pas à se battre ou chercher de la nourriture, il n'avait rien à faire et se rendait compte de son inutilité dans le groupe. Tous avaient un rôle à jouer et un métier avant de venir, certains sculptaient, d'autres jouaient de la musique ou s'entraînaient. Ori était parti s'excuser auprès de son frère qui l'avait pardonné mais regardé de travers, l'aveu concernant les avances de Dwalin toujours présent. Depuis, le scribe s'était attelé à la confection de l'écharpe pour le grand guerrier et vue la vitesse à laquelle elle avançait, elle serait rapidement finie. Bilbo sourit devant l'entrain du jeune Nain, il paraissait décontracté et joyeux. Visiblement, leur conversation lui avait faut du bien. A présent, il était déterminé à se faire respecter par ses frères et à répondre à Dwalin.
Le Hobbit était content de voir l'évolution que ses conseils avaient entraînée, si seulement il pouvait les appliquer à son propre cas. Bofur ne l'avait pas quitté de la matinée, lui offrant une compagnie agréable et enjouée mais il était retourné s'occuper de son cousin un peu plus tôt, lui promettant de lui donner quelque chose quand il reviendrait. En bon représentant de son espèce, la curiosité du cambrioleur avait été piquée au vif et il languissait de savoir de quoi il s'agissait. Pour le moment en revanche, il n'avait absolument rien à faire. Gandalf n'était toujours pas revenu, Beorn non plus et il n'osait pas approcher les membres présents de la Compagnie. Fíli et Kíli étant absents depuis plusieurs heures, le calme régnait et personne ne pouvait discuter avec lui. Thorin avait disparu peu après Dwalin mais nul ne semblait s'en soucier. Le roi ne devrait pas faire trop d'efforts à cause de ses blessures, il risquerait de les rouvrir.
N'ayant pas d'autre choix, Bilbo se leva et décida de sortir. Il pouvait en profiter pour visiter la propriété et peut-être qu'il trouverait une distraction en chemin. Il commença par la terrasse, faite de bois comme le reste de la maison, où planait un doux parfum de fleurs. Le Hobbit respira un grand coup, s'emplissant les poumons de cette odeur sucrée qui lui rappelait sa Comté natale. Il s'approcha d'un bosquet de bleuets et en cueillit quelques uns puis fit de même avec des pâquerettes, des allium, des agapanthes, des armérias, des alstroemères et d'autres encore. Au final, il se retrouva avec un joli bouquet aux couleurs vives et aux douces fragrances. Il plongea son nez dedans et se laissa emporter par ces délicates senteurs. Bilbo continua de marcher dans une direction aléatoire, laissant ses pieds le guider là où ils le souhaitaient. Cela lui faisait du bien d'être dans la nature, de se ressourcer au Soleil et au calme. C'était probablement ce qui lui manquait le plus, un moment de paix. C'est ainsi qu'il arriva dans une clairière mais pas n'importe laquelle, celle qu'avaient choisie Thorin et Dwalin pour se battre. Le combat était achevé depuis longtemps mais les deux guerriers s'étaient donnés à fond et avaient tous deux reçus des coups violents, il leur fallait se soigner. Bien évidemment, le roi n'était pas en condition pour un tel affrontement et ses plaies s'étaient rouvertes. Aucun des deux n'ayant de connaissance spécifique en la matière, ils se débrouillèrent comme ils purent, empirant presque les choses.
Devant un tel spectacle, Bilbo poussa un cri de stupeur, faisant se retourner les deux Nains vers lui. Le torse de Thorin, en plus d'être dénudé et musclé, était couvert de bleus et de sang. S'arrachant à la vue plus que tentante, le cambrioleur se précipita vers lui, prêt à le sermonner.
-Qu'avez-vous fait ? Ne pouviez-vous pas attendre ? Vous n'êtes pas encore rétabli ! Regardez dans quel état vous êtes ! Je vous ai dit de vous ménager. Quelle tête de mule ! Ces Nains, toujours prêts à engager le combat à la moindre excuse... Vous êtes plus buté que mon grand-oncle Ponto Baggins ! Votre tête est semblable à une marmite de ragoût de mouton aux herbes après un assaut de Hobbits lors d'une fête, ou d'une troupe de Nains affamés... grommela Bilbo. Solide et toujours entière mais désespérément vide ! Il va falloir tout recommencer et en plus vous m'avez rajouté du travail !
Le semi-homme poursuivit sa diatribe tout en posant son bouquet au sol afin d'avoir les mains libres pour juger l'ampleur des dégâts. Les deux guerriers l'observèrent, échangeant un regard médusé que Thorin brisa en grognant de douleur lorsqu'une de ses plaies fut tâtée trop violemment. Bilbo se confondit en excuses, n'osant plus toucher le souverain de peur de recommencer mais ce dernier le rassura en lui affirmant qu'il allait bien. Dwalin s'amusa de la situation et ne broncha pas lorsque le Hobbit l'envoya chercher de l'eau, bien qu'il ne put cacher son étonnement face à son autorité.
-Qu'attendez-vous ? Qu'il se vide de son sang ? Vous avez besoin d'un roi vivant pour gouverner, pas d'un cadavre, alors dépêchez-vous ! le morigéna le cambrioleur après plusieurs secondes d'immobilité.
Il faut préciser que ce dernier avait tendance à paniquer à la vue du sang, son calme s'envolant dès que quelqu'un était mal en point. Thorin envoya un sourire moqueur en réponse à l'expression éberluée de son ami qui se décida à obéir, se dirigeant vers le ruisseau le plus proche. Bilbo continua de s'occuper des blessures qui saignaient abondamment, trop concentré et inquiet pour remarquer le silence environnant et qu'il se retrouvait maintenant seul avec l'une des personnes pour lesquelles ses sentiments étaient flous.
Le souverain déchu observa le Hobbit travailler avec diligence, prenant bien soin de ne pas lui faire mal. Il était ravi de l'attention que lui portait le semi-homme, ne lui ayant pas parlé de la journée. Non pas qu'il l'avait fui mais un certain Nain au chapeau se l'était accaparé toute la matinée, limitant les contacts. Thorin n'avait rien contre Bofur mais le mineur passait beaucoup (trop) de temps avec Bilbo et l'empêchait de tenter la moindre approche qui pourrait se transformer en début de cour. Il n'était pas bien sûr de ce qu'il ressentait pour le plus petit membre de leur Compagnie mais il savait qu'il l'appréciait nettement plus qu'au départ et que si le fabriquant de jouets persistait à se mettre entre eux, il ne pourrait pas voir où cela mènerait. Il lui faudrait trouver un moyen de les séparer, surtout connaissant la particularité de Bofur. Bilbo devait à tout prix être tenu éloigné de lui si jamais le Nain à la pioche se détachait les cheveux.
Thorin contempla le Hobbit qui continuait de le panser, ses petites mains fines travaillaient avec précision et soin, faisant attention de ne pas appuyer trop fort sur les endroits sensibles. Ses doigts habiles ne tremblaient pas, effectuant leur tâche avec assurance sans causer la moindre douleur. Ils n'entraient pas directement en contact avec la peau, l'effleurant à peine mais cela suffisait à créer des sensations inattendues chez le souverain. Partout où passaient ces doigts de fée, l'épiderme de Thorin lui picotait, ils laissaient derrière eux une agréable chaleur qui enivrait ses sens et lui faisait tourner la tête. Cela fit naître un nouveau désir en lui, quelque chose qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps. Un feu brûlant s'embrasa au fond de son être, se répandant dans ses veines, coulant plus vite que le sang. Il prit possession de son âme et de son cœur, ravageant tout sur son passage, se déversant de partout, ne laissant aucune partie de lui intacte. Un instinct animal le prit, l'incitant à s'approprier le Hobbit et à le faire sien pour de bon. Thorin avait conscience que le concerné ne l'y autoriserait pas et n'apprécierait pas d'être violenté ni traité comme un objet mais en cet instant, il n'en avait rien à faire. De sentir ses petites mains sur sa peau nue, chose dont il avait rêvé mais trop rare, enflamma ses sens.
Le roi ne se reconnaissait plus. Il avait mis sa vie privée de côté depuis longtemps, se consacrant entièrement à son peuple et à la conquête de son royaume. D'où provenaient ses pulsions ? Il n'était point un animal en rûte, les descendants de Durin avaient plus de dignité que cela. Jamais ils ne se laisseraient aller ainsi, c'était dégradant et humiliant. Lui-même n'était pas un saint mais il trouvait ce genre de comportement méprisable. Il fallait à tout prix qu'il se ressaisisse, un souverain devait savoir maîtriser ses envies. De plus, qu'elles soient déclenchées par un Hobbit demeurait inexplicable. On n'avait jamais vu créature plus molle et faible, bien que ce spécimen là soit particulièrement fougueux, chose apparemment exceptionnelle dans son espèce. Bilbo Baggins n'avait rien d'un valeureux guerrier ou d'un chasseur de dragons téméraire. Il ne possédait aucune qualité requise pour faire un bon consort, n'était pas capable de diriger un royaume, de prendre d'importantes décisions ni de faire preuve d'autorité face à des Nains un peu trop sanguins. La seule caractéristique dont il pouvait se vanter était d'être plus malin que toute la Compagnie réunie, ce qui n'était pas si difficile vus les cas présents. Il n'avait rien d'un cambrioleur et ne pouvait compter que sur sa taille pour tromper l'ennemi. Malgré cela, il avait réussi à les sortir de situations périlleuses plus d'une fois et Thorin lui devait la vie, chose qu'il n'aurait jamais cru possible lorsqu'il avait franchi le seuil de Bag End et posé les yeux sur ce petit être si propre sur lui. Gandalf l'avait prévenu, Bilbo cachait bien son jeu et avait plus d'un tour dans son sac.
Le roi déchu observa plus en détails son soigneur et constata que ses boucles n'étaient ni brunes ni rousses, elles tiraient plutôt vers un châtain clair aux reflets blonds lorsque le Soleil les illuminait et tombaient délicatement sur son front et autour de ses oreilles pointues. De sa position, il ne pouvait voir les deux magnifiques pupilles vertes qui brillaient plus fort que tous les joyaux d'Erebor réunis. Elles étaient tantôt remplies d'une étincelle curieuse, tantôt d'un feu vif et brûlant initié par un accès de colère. Thorin les préférait dans ces moments-là car ainsi, elles reflétaient une grande détermination et envoûtaient tout être les croisant. Son visage rond était sublimé par ses pommettes légèrement relevées, son nez droit et ses lèvres fines et roses si tentantes. Une seule main du Nain aurait entièrement recouvert une joue de ce petit être. Il émanait de lui une aura captivante à laquelle on ne pouvait résister. Il se dégageait une naïveté telle que Thorin n'en avait jamais vu. La candeur de Bilbo Baggins devait être mondialement reconnue comme une marque de fabrique tellement elle était impressionnante. Pourtant, ce n'était pas négatif, au contraire, elle apportait une sorte de fraîcheur. C'était une douce lumière apaisante qui luisait au milieu des ténèbres dans lesquelles vivait le roi depuis des décennies. Cette innocence si pure, si belle, si fragile était la source du comportement anormal du souverain, elle l'attirait et personne n'aurait pu rester de marbre face à elle. Il ne souhaitait pas qu'elle disparaisse, c'était la lueur salvatrice qui avait le don de le sauver de sa mélancolie. Jamais il n'avait croisé quelque chose d'aussi magnifique ni n'avait désiré posséder quelqu'un aussi ardemment. Si Bilbo le lui permettait, il ferait de lui sa nouvelle Arkenstone.
Le cambrioleur sentit un regard insistant sur lui, le déconcentrant à plus d'une reprise mais il redoubla d'efforts pour terminer son travail. Une fois qu'il fut sûr qu'aucune blessure n'avait été oubliée et que le sang avait cessé de couler, il releva la tête pour se retrouver instantanément confronté aux yeux clairs du roi. Ne pouvant y lire ce qu'ils dévoilaient, il ne sut si Thorin comptait lui faire des reproches ou non. Bilbo n'était pas vraiment à l'aise, d'autant plus qu'il ignorait où il se tenait par rapport à lui. Un moment il avait l'impression qu'il l'appréciait, celui d'après il n'en était pas aussi sûr. Comment déchiffrer les pensées de cet être si renfermé qui ne laissait rien paraître ? Et pourquoi plus Thorin refusait de s'ouvrir, plus il intriguait le Hobbit ? Ce n'était pas logique mais les faits étaient là. Si Bilbo n'arrivait pas à se faire une opinion définitive du leader de la Compagnie, c'était parce qu'il le fascinait tout autant qu'il l'exaspérait. Le seul moyen pour y mettre un terme était d'en apprendre davantage sur lui mais pour cela, il lui faudrait s'armer de patience, Thorin était plus borné qu'un troupeau de mules.
-J'ai fait ce que j'ai pu, ça devrait suffire pour le moment mais il faut impérativement que vous vous ménagiez. Il est impensable de se battre dans un tel état. Vous devez faire attention, vos compagnons comptent sur vous. Ils ont besoin de vous…
Bilbo baissa la tête pour faire semblant de vérifier une ultime fois qu'il n'avait oublié aucune blessure afin de cacher sa gêne. Il ne savait pas trop ce qui lui avait pris de dire cela de manière si désespérée, ce n'était pas en faisant preuve d'inquiétude à son égard qu'il obtiendrait le respect du souverain taciturne, même si son sort lui importait vraiment.
-Je vous remercie de vos efforts, M. Baggins, répondit Thorin de sa voix grave. Votre sollicitude me touche mais nous faisons une quête périlleuse, le danger est partout. Je crains que le pire reste encore à venir mais nous y sommes préparés.
-Justement ! s'exclama soudainement le semi-homme. Puisque vous le savez, pourquoi créer des situations où vous vous retrouvez en difficulté ? A quoi bon prendre des risques inutiles ? Est-ce que les Nains sont dénués de bon sens à vouloir constamment se battre, même en lieu sûr ?
Le descendant de Durin n'avait pas pour habitude de se laisser insulter, l'honneur était très présent dans sa famille or cette fois-ci, il avait conscience que les paroles du Hobbit n'avaient pas pour but de nuire mais reflétaient son désarroi. Il n'était pas habitué à ce mode de vie, traverser la Terre du Milieu en étant pourchassé par des orcs pour détruire un dragon était nouveau pour lui. Il était difficile de lui reprocher de se laisser aller à la panique et serait inutile de s'énerver après lui. Thorin devait même avouer que de savoir que Bilbo l'appréciait suffisamment pour se soucier de son état de santé le comblait d'aise mais il n'en montra rien, encore une fois.
-Si vous croyez que la mission pour laquelle vous avez été engagé consiste à se promener en Terre du Milieu afin de découvrir de nouvelles terres, vous vous êtes lourdement trompé, M. Baggins.
-Les termes du contrat n'étaient pas suffisamment clairs à ce sujet, répliqua le plus petit d'un ton acerbe. Si j'avais su que ma tension sanguine serait constamment multipliée par deux à cause de Nains trop têtus et impétueux, effectivement, je n'aurais pas signé ! s'écria-t-il en colère, croisant les bras.
Étonnamment, sa crise de nerfs n'encensa pas Thorin. Au contraire, elle l'amusa. C'était rassurant de voir le cambrioleur s'emporter, il était donc capable de se défendre et pouvait faire preuve d'agressivité. Il s'autorisa à esquisser un léger sourire satisfait, ce qui irrita davantage Bilbo, croyant que le souverain se moquait de lui. Tournant la tête, l'aîné aperçut le bouquet au sol et en fut surpris. Il n'avait pas remarqué sa présence jusqu'alors mais il n'y avait qu'une explication quant à son existence : le semi-homme l'avait créé en se baladant. C'était tellement typique de lui, Bilbo était une créature de la terre, aimant la nature et le Soleil, bien à l'inverse des Nains. Heureusement, il n'avait rien à voir avec les Elfes. Ces maudits lécheurs d'écorce étaient bien trop hautains et imbus d'eux-mêmes, leur cambrioleur ne leur ressemblait pas.
Thorin ramassa les fleurs et les observa. Il y en avait de toutes les couleurs, formant un arc-en-ciel dans lequel se mélangeaient subtilement différents parfums. Il devait avouer qu'il ne connaissait pas grand-chose aux plantes et n'y voyait pas d'intérêt mais il devinait aisément que cela avait beaucoup d'importance pour le Hobbit. Sans trop savoir pourquoi, le roi y reconnut la marque de Bilbo, c'était comme s'il avait mis tout son cœur à fabriquer cette œuvre et qu'une partie de son âme s'y était ancrée. Le résultat était tellement lumineux et gai qu'il en apportait de la joie à tous ceux qui le regardaient. C'était en effet la même impression avec le semi-homme, quand il était là, sa présence joviale faisait disparaître les nuages dans le cœur des gens.
Le souverain attrapa une unique fleur, orange, et l'approcha de son visage pour mieux la contempler. Elle était assez petite mais sa couleur vive se chargeait de la rendre visible et l'on ne pouvait la rater. Sa corolle se répartissait en une première couche de trois pétales à laquelle était superposée une seconde en décalé, les faisant se chevaucher sans pour autant cacher ceux du dessous, permettant ainsi de tous les voir. Ils partaient d'une forme arrondie à la base pour se terminer en une délicate pointe et Thorin ne put s'empêcher de les comparer aux oreilles de Bilbo. Le cœur était entièrement découvert, laissant le pistil à l'air libre. À l'intérieur, l'orange s'éclaircissait jusqu'à devenir jaune au centre de la fleur. C'était une jolie plante et elle avait attiré l'attention du roi. Il l'avait choisie non pas pour sa teinte joyeuse, les autres variétés du bouquet étaient encore plus éclatantes, mais pour son originalité. La logique voulait que son œil soit attiré par celles qui paraissaient plus robustes et plus normales, comme tout le monde, mais sa curiosité avait été attisée par cette pousse hors-du-commun. À première vue, elle n'avait rien d'extraordinaire, ce n'était qu'une fleur banale, plus petite que le reste et qui se fondait dans la masse or lorsqu'on prenait la peine de s'y intéresser, elle se révélait être fascinante et plus complexe qu'on le croyait. Elle sortait du lot et n'avait pas son pareil parmi ses sœurs. Elle était unique et rayonnait, c'était cela qui plaisait au souverain.
-Dites-moi M. Baggins, comment se nomme celle-ci ?
-C'est une ornithogale, répondit Bilbo, surpris par le soudain intérêt du Nain pour son bouquet. Elles sont très courantes en Comté. Ces plantes aiment le Soleil et n'ont pas besoin de beaucoup d'attention. (Cette information arracha un sourire secret à Thorin) Vous aimez ?
-Beaucoup, répondit Thorin en faisant tourner la fleur entre ses doigts. C'est celle que je préfère.
Le semi-homme fut content de voir cet être si supérieur apprécier quelque chose d'aussi simple. Il semblait fasciné, comme s'il observait un joyau très précieux. C'était une expression que le cambrioleur n'aurait jamais pensé le voir arborer pour une fleur.
-Elle est ravissante mais sa place n'est pas dans ce bouquet, reprit le forgeron au bout d'un long moment. Au vu de sa taille et de sa fragilité, elle risque de se faire écraser et oublier. De plus, elle n'est pas mise en valeur ici, elle passe presque inaperçu. Seul un œil avisé peut la repérer.
Le Hobbit était perdu, son compagnon était tellement concentré qu'il ignorait si ce dernier parlait juste de la fleur ou s'il avait changé de sujet. Son trouble augmenta lorsque les yeux du monarque changèrent d'objet de contemplation pour passer à lui. Bilbo ne comprenait plus rien, il sentait qu'il avait raté quelque chose mais ne parvenait pas à l'identifier.
Thorin se pencha vers lui et plaça l'ornithogale sur son oreille droite. Il l'emmêla dans ses cheveux afin de la faire tenir, prenant garde à ne pas tirer dessus. Il passa délicatement les boucles cuivrées autour de la tige de ses doigts puissants, usant de la plus grande tendresse dont il était capable, comme s'il maniait un trésor important. Il ne fit pas de tresse, n'osant se le permettre sans la permission du concerné car cela aurait signifié bien plus qu'il n'était prêt à assumer pour le moment.
Le résultat était tout à fait plaisant, l'orange se mêlait harmonieusement à la couleur de la chevelure du cambrioleur dont les joues s'étaient légèrement empourprées.
-Elle est bien mieux ici, conclut Thorin en observant son travail.
Le semi-homme n'osa pas répondre, il était comme paralysé. Que venait-il de se passer ? Avait-il rêvé ou le roi Nain venait d'effectuer un geste très intime envers lui ? Comment était-il censé réagir face à cela ? Bilbo n'en avait aucune idée mais fort heureusement, aucune réponse de sa part n'était attendue.
Ce fut à cet instant que Dwalin réapparut, un seau d'eau à la main. Il n'était pas allé bien loin, un petit ruisseau coulait à cinquante mètres, il n'en avait eu que pour cinq minutes, en profitant pour se rincer un peu. Lorsqu'il était revenu, il avait trouvé son roi et le Hobbit en pleine conversation et l'atmosphère régnante l'avait incité à ne pas les interrompre. Il s'était donc appuyé contre un arbre à l'écart et avait patienté jusqu'à ce que Thorin ait fini de flirter avec leur cambrioleur. Pourquoi perdait-il son temps à l'approcher de manière subtile ? S'il le désirait, il n'avait qu'à lui dire, le marquer comme sien et le prendre. Au moins il serait sûr que personne ne s'imposerait. Sauf que son ami, en bon Nain respectueux, refusait de jouer son rôle de mâle alpha et acceptait de subir l'humiliation d'un autre prétendant faisant la cour à sa conquête. Tout le monde avait remarqué la fascination que Bofur éprouvait pour Bilbo, il n'était pas discret à ce sujet. Mais c'était le problème de Thorin, pas de Dwalin.
Le chauve s'avança dans la clairière, seau à la main, et le déposa à côté des deux tourtereaux qui sursautèrent (presque seulement pour Thorin) à son arrivée. Même s'il doutait de l'utilité du Hobbit dans leur Compagnie, il lui reconnaissait un talent pour soigner les plaies. Il avait fait un meilleur travail qu'eux.
-Merci Dwalin, balbutia ce dernier.
Thorin échangea un long regard avec son bras droit et hocha la tête en remerciement.
Bilbo récupéra le seau et prenant la main du monarque, la plongea dedans. Il laissa l'eau laver toutes les impuretés et le sang puis récupéra un mouchoir pour nettoyer soigneusement les phalanges abîmées. Il fit de même avec la deuxième pendant que les deux guerriers se laissaient aller au calme environnant.
-Je vous remercie de vous être donné autant de mal, M. Baggins, déclara Thorin en se levant une fois soigné.
-Je vous en prie. Essayez de ne pas aggraver les choses tout de suite, plaisanta le semi-homme.
-J'y veillerai. Nous retournons vers les autres. Venez-vous avec nous ?
-Non, merci. Je vais rester un peu et me promener dans les bois.
-Tâchez de ne pas vous éloigner, le mit en garde l'aîné des trois avant de s'en aller, suivi de Dwalin.
Le Hobbit fit comme il avait dit et visita le domaine de Beorn. Il y croisa divers animaux, pas du tout effrayés par sa présence. Les lapins gambadaient dans l'herbe et jouèrent à ses pieds, les biches l'observaient de loin puis se rapprochèrent jusqu'à cinq mètres pour paître et les écureuils sautaient de branche en branche au-dessus de sa tête. Il ne rentra qu'au bout d'un long moment, son bouquet à la main et l'ornithogale toujours dans ses cheveux. Il l'avait caressée du bout des doigts à plusieurs reprises, s'assurant qu'elle n'était pas tombée et s'était même penché pour voir son reflet dans un cours d'eau. L'image qu'il y avait vue l'avait enjoué et mis d'excellente humeur. Il ne savait que penser de ce geste ni n'avait deviné les intentions du roi mais le simple fait que Thorin se soit montré amical envers lui suffit à éclairer sa journée.
Lorsqu'il arriva à la maison de l'ours, il se fit immédiatement attaquer par les neveux royaux qui lui sautèrent dessus. Comme chacun avait vaqué à ses occupations de son côté durant la journée, nul ne s'était vu depuis longtemps. C'est ainsi que le semi-homme apprit qu'il était plus de 14h, ce qui expliquait la faim qui le tiraillait douloureusement. Remarquant que le plus jeune prince s'appuyait sur son frère et favorisait sa jambe gauche, il lui demanda ce qu'il en était.
-J'ai glissé sur des pierres en courant après un lapin puis je suis tombé à l'eau. Fíli m'a bravement secouru, tel un preux chevalier !
-Le rôle de la demoiselle en détresse te revient dans ce cas. Remarque, tu étais effectivement dans une situation périlleuse et ton physique laisse planer le doute sur ton sexe, commenta l'épéiste, ce qui lui valut un violent coup dans l'épaule.
-Si je ne dépendais pas de toi pour marcher, je te ferais ravaler tes mots, espèce de rat ! Tu peux parler ! Les Nains ne sont pas réputés pour avoir les cheveux blonds, c'est un trait distinctif des Elfes. Peut-être que tu en es la descendance, rétorqua sournoisement Kíli avec un sourire mesquin, blessant au passage l'aîné.
-Si tel est le cas, ça veut dire qu'on n'est pas frères. Est-ce là ton vœu secret ? répliqua Fíli les sourcils froncés.
Cette remarque apaisa la colère du brun qui eut mal d'entendre sa moitié insinuer qu'il ne tenait pas à leur lien étant donné que ce n'était absolument pas vrai. Il se calma et se colla un peu plus à lui pour lui faire comprendre que jamais il ne souhaiterait une telle chose. Il n'aimait pas quand son amant doutait de lui, ni quand il le regardait de cette manière, sévère et austère. Dans ces moments-là, il représentait parfaitement l'aîné et donnait l'impression d'avoir davantage que cinq années en plus. Kíli se sentit tout petit et penaud, conscient d'avoir été trop loin. Étant le neveu de Thorin Oakenshield, son orgueil prévalait sur tout mais face à Fíli, il se retrouvait souvent inférieur et agissait en soumis devant son courroux. Il fut rassuré lorsque la main autour de sa taille le serra, signe qu'il était pardonné mais il ne releva pas la tête du cou du blond pour autant.
Bilbo les observa sans comprendre, remarquant le climat tendu émanant des deux jeunes princes habituellement si joyeux. Il les regarda s'isoler dans un coin, tournant le dos à la Compagnie, Kíli toujours docile.
-Ils sont comme ça depuis qu'ils sont rentrés. J'pense qu'il a dû s'passer queq' chose cet après-midi, intervint Bofur qui apparut soudainement. Il est joli vot' bouquet. Vous avez l'œil pour repérer les plus belles fleurs ! Et celle dans vos ch'veux vous va à ravir ! Vous r'ssemblez à un esprit d'la forêt.
Le Hobbit sourit au compliment et s'enquit de sa journée. Ils discutèrent tous les deux, devisant autour de leurs pipes sur la terrasse. Au bout d'un moment, le mineur mit la main dans sa poche et en ressortit un petit objet qu'il tendit à son compagnon. Ce dernier le prit pour l'inspecter.
-J'vous avais dit qu'j'vous donnerai queq' chose.
Bilbo se souvint de cette promesse et retint son souffle devant la qualité du cadeau fait main. C'était un dragon endormi, roulé en boule, les ailes repliées, la queue entourant une bricole de manière possessive. Il était difficile de reconnaître ce que c'était mais ce devait être un objet de valeur. L'œuvre était superbe et incroyablement détaillée.
-Il fait moins peur comme ça, hein ? Comme vous avez paniqué la dernière fois qu'j'vous en ai parlé, j'voulais rectifier les choses, expliqua Bofur.
-Merci beaucoup de vous être donné tout ce mal. Il est magnifique. Je crains de n'avoir rien à vous offrir en retour.
-C'est pas grave, tant qu'il vous plaît. Il est pas parfait, j'ai fait avec c'que j'avais. Vous savez, les Nains agissent comme les dragons avec leurs trésors. On les garde très précieusement et on est possessifs. Ça marche aussi avec not' part'naire.
Le semi-homme s'en voulut de ne pas pouvoir retourner le geste. C'était la coutume chez les Hobbits : quand on reçoit un cadeau, on en donne un en échange. Regardant autour de lui, il tomba sur son bouquet. Ce n'était pas grand chose mais ça ferait l'affaire. Il attrapa une fleur bleue en forme d'étoile, une de ses préférées, et la tendit au fabriquant de jouets.
-Tenez, en témoignage de ma gratitude. C'est une ancolie.
Bofur accepta le présent, un peu surpris car c'était la première fois qu'on lui offrait une fleur, mais content. Il se dit qu'il n'aurait rien pu recevoir qui correspondrait aussi bien au cambrioleur. C'était mignon, délicat et inattendu, exactement comme Bilbo. Son cœur s'emballa. Est-ce que le Hobbit se rendait compte de la signification de son geste ? Et du sien par la même occasion ? Venait-il officiellement d'accepter ? Probablement pas mais cela importait peu, c'était quand même bon signe. Le Nain au chapeau pouvait y croire.
-Merci Bilbo.
Le Nain à la pioche observa la plante en détails, apprenant tous ses secrets, tandis que son compagnon en faisait autant avec son dragon. Ils restèrent côte à côte en silence pendant un moment, chacun ravi et plus touché qu'il n'osait l'avouer.
Thorin les avait vus échanger des cadeaux et s'était retenu de ne pas s'imposer pour les séparer et brûler l'objet que Bofur avait remis au Hobbit. Il était roi, il pouvait tout donner à Bilbo, rien n'était trop beau pour lui. Bon certes, pour l'instant il lui manquait un royaume mais si tout se passait tel que prévu, il en aurait un d'ici peu et alors il serait en mesure d'affirmer sa puissance et son autorité. Il couvrirait son consort de bijoux et de pierres précieuses. Il lui construirait un petit potager afin qu'il ne soit pas trop dépaysé et ferait importer du Vieux Toby directement de la Comté. Il irait même jusqu'à l'emmener visiter la cité de Dale qu'ils auraient reconstruite. Oui, le forgeron était prêt à tout pour satisfaire son Hobbit. Il savait que ce serait pénible pour leur cambrioleur de tout quitter mais il serait heureux à Erebor, Thorin en fit le serment et ce n'était pas un minable mineur qui l'en empêcherait.
Se rendant compte que ses projets tenaient plus de la démence pathologique que de la réalité, le monarque y mit fin. S'il en arrivait à menacer ses compagnons, la situation était plus grave qu'il le croyait. Il n'avait jamais été amoureux auparavant, si tel était ce qu'il ressentait actuellement. Un roi ne se laissait pas aller à de telles frivolités et n'en avait pas le temps. Cela ne signifiait pas qu'il n'avait pas eu d'autres aventures mais elles n'avaient servi qu'à combler le manque qui le pesait depuis toujours. Or cette fois-ci, les choses avaient pris une toute autre tournure. Bilbo était celui qu'il avait choisi, sa moitié, et il ne lui permettrait pas de s'échapper.
C'est au milieu de cette ambiance des plus lourdes que Gandalf fit son apparition. Il ne lui suffit que d'un coup d'œil pour se rendre compte que la Compagnie était au bord de la dissolution. Chacun se concentrait sur ses problèmes personnels et relationnels plutôt que sur la raison de leurs présences. L'esprit de groupe s'était évaporé pour ne laisser place qu'à des petits clans individualistes. Même Bilbo ne semblait plus se soucier du danger dans lequel ils se trouvaient. Que Thorin réagisse de manière égoïste et n'en fasse qu'à sa tête, cela était habituel, il était naturellement têtu, mais que leur Hobbit mette de côté leur mission pour se concentrer sur ses histoires sentimentales, c'était tout simplement inacceptable. De plus, il n'était pas difficile de deviner que c'était lui la cause du feu incandescent qui dévorait Thorin et Bofur. Ce petit être déchaînait les passions sans même s'en apercevoir et il empirait les choses en s'enfonçant dans son innocence.
Concernant Dwalin, il était loin d'avoir impressionné Dori et n'obtiendrait jamais l'accord de ce dernier pour faire la cour à Ori s'il s'entêtait à agir comme un ogre. Nori ne lui laisserait aucun répit et était prêt à tout pour le tenir le plus éloigné possible du plus jeune de la famille. Quant au scribe, il n'osait pas s'affirmer et n'avait pas suffisamment de cran pour se rebeller. Ce dont il ne se rendait pas compte, c'était qu'il ne pourrait pas obtenir son vœu le plus cher s'il s'obstinait à rester passif.
Ne restaient que Fíli et Kíli. Ces deux-là étaient probablement ceux avec la pire situation. Ils entretenaient une relation secrète et interdite, encouraient de gros risques et faisaient tout pour ne rien laisser paraître mais on ne bernait pas si facilement un mage. Gandalf avait compris ce qui les unissait au premier regard mais ne leur en avait pas fait part. Il n'était pas surpris que leur oncle n'ait rien remarqué, trop concentré sur son désir de vengeance et depuis peu, un autre bien plus ardent et destructeur.
Les deux princes avaient fait le serment de ne jamais se séparer et leurs sentiments étaient forts et sincères mais ils étaient jeunes et ne réalisaient pas entièrement la gravité de leurs actes. Du moins Kíli ne comprenait pas. Fíli en avait pleinement conscience et sa tendance à surprotéger son petit frère, à vouloir le préserver loin de tout danger et à prendre sur lui toutes les responsabilités serait la raison de leur perte. L'Istari le savait et il se trompait rarement.
Le reste de la Compagnie ne se perdait pas en de quelconques problèmes mais ne pouvait avancer sans leur leader. Les Nains fonctionnaient selon un système hiérarchique précis et ne prenaient pas d'initiatives personnelles. Tant que Thorin se concentrerait plus sur son potentiel consort que sur la récupération de son royaume, ils ne bougeraient pas d'ici et cela, Gandalf ne l'accepterait pas. Il ne s'était pas amusé à rassembler tout un groupe, à trouver un cambrioleur plus innocent qu'un nouveau-né qu'il n'aurait jamais dû mêler à cette histoire et n'avait pas désobéi à Saruman pour rien. Il ferait en sorte que cette troupe mène à bien sa mission, volontairement ou non.
Les querelles entre familles ne le concernait pas et le cas de Fíli et Kíli était trop privé pour qu'il intervienne mais il connaissait bien Bilbo et l'ayant entraîné ici, le Hobbit était sous sa responsabilité. Il lui parlerait et mettrait fin à cette absurdité.
-Mon cher Bilbo, pouvez-vous venir un instant ? demanda-t-il en interrompant la conversation entre son protégé et le mineur.
-Bien sûr. Nous reprendrons plus tard, Bofur, assura le semi-homme en serrant un objet en bois contre lui.
Un sourire apparut sur son visage au hochement de tête de son compagnon. Il suivit le vieillard sur la terrasse et s'assit à ses côtés, l'imitant lorsqu'il sortit sa pipe. Comme Gandalf ne prit pas la parole, il le fit pour lui.
-Pour quelle raison m'avez-vous amené ici ?
-Dois-je me justifier de souhaiter fumer un peu en la compagnie d'un ami ? répondit le magicien, faussement vexé, ce qui fit rire le cambrioleur.
-Non, ce n'est pas nécessaire.
-Il est vrai qu'il est devenu difficile de vous parler seul à seul. Vous semblez vous être bien adapté à vos nouveaux camarades, commenta l'aîné en observant Bilbo du coin de l'œil.
-En effet. Cela fait plusieurs semaines que nous avons quitté Bag-End et ce fut pénible pour moi au début, je ne vous le cacherai pas. Je n'avais jamais rencontré de Nains et n'étais pas habitué à leurs manières… rustres. Je croyais que je n'arriverais pas à m'y faire et plus d'une fois j'ai désiré rentrer chez moi. J'ai failli le faire mais finalement, je suis resté et je ne le regrette pas. J'ai même réussi à me lier d'amitié avec certains. Ils ne sont pas si désagréables une fois qu'on les connaît, expliqua le Hobbit avec un petit sourire.
-Ils peuvent paraître dangereux mais ne sont pas des monstres sanguinaires. Les Nains et les Hobbits ne sont pas si différents, assura le magicien. Vous avez même réussi à obtenir les faveurs du roi. Ce n'est pas rien !
-Oui, enfin, disons que Thorin est moins hautain. Nous arrivons à discuter presque normalement, ce qui est une grande amélioration, confirma le plus petit en rougissant.
-Il ne fait pas confiance aux étrangers. Que vous ayez gagné son respect est un symbole fort, poursuivit Gandalf dont la voix se fit plus sérieuse. Il vous apprécie et ce n'est pas le seul dans la Compagnie, de ce que j'ai vu. Vous avez beaucoup de succès.
Le semi-homme ne sut comment répondre. Il sentait que son compagnon ne faisait qu'effleurer la surface du sujet mais qu'il avait bien plus à ajouter.
-Pour tout vous dire, j'ai l'impression que depuis qu'il a changé d'opinion sur vous, il ne se concentre plus uniquement sur la quête. Vous représentez une importante distraction, ce qui pourrait se révéler dangereux. Je comprends que vous ne le faites pas exprès mais votre présence le perturbe et il a besoin de rester extrêmement vigilant. De plus, comme vous persistez à ne pas choisir, cela va déclencher une furieuse rivalité au sein du groupe. Je suis soulagé de savoir que vous avez fini par trouver votre place mais je n'imaginais pas que ce serait à ce point-là. De nombreuses vies sont en jeu et le chemin est encore long. La route que vous avez choisie d'emprunter est plus chaotique qu'elle n'en a l'air, déclara Gandalf en se relevant. Permettez-moi de vous rappeler que contrairement aux Hobbits, les Nains n'aiment qu'une fois dans toute leur existence. Ils trouvent leur Autre et l'aiment à jamais. Êtes-vous prêt à affronter les conséquences de vos actes ? Quelle que soit la décision que vous prendrez, elle entraînera une tragédie.
Sur ce dernier conseil, le mage s'en alla, laissant le cambrioleur déboussolé, sa pipe fumant dans le vide, son tabac se consumant de lui-même. Les paroles du vieillard l'avaient remué et effrayé. Qu'avait-il cherché à lui faire comprendre ? Que par sa faute, Erebor risquait de ne pas être reconquis et que l'un d'eux mourrait le cœur brisé ? Quelle horreur ! Une violente nausée le prit lorsqu'il s'imagina Thorin, Bofur, Kíli, Fíli, Ori et tous les autres baignant dans leur propre sang, lui-même étant le seul rescapé. Non, il ne le supporterait pas, il refusait de causer la perte de ses amis. Ne pouvant tenir face à la culpabilité, il se pencha sur un buisson et vida son estomac. Des larmes brûlantes coulaient sur ses joues tandis qu'il vomissait, l'angoisse lui nouant les entrailles. Il resta agenouillé et tremblant, son cerveau lui repassant l'avertissement de Gandalf en boucle. Bilbo se retrouvait seul et terrifié.
Angelyoru : Ori est celui qui a le plus de courage dans toute la fic, c'est pour ça que son histoire avance plus. Quant à Fili et Kili, c'est le début de la fin. ^^
C'est encore plus dur de choisir maintenant, non ? :P J'avoue que j'aurais du mal si j'étais à la place de Bilbo. On peut faire une garde alternée sinon. Merci pour la précision et ton commentaire. ^^
Ellinael : Merci à toi. :)
Mousseline : Fili et Kili... Leur histoire est la plus risquée et celle que je préfère. Elle ne peut que mal tourner vu comme ça part, pourtant ils insistent.
Et Bofur, il ose rien entreprendre quand il est en mode "gentillet". Lui aussi on ne peut que l'aimer. ^^ Merci beaucoup ! J'espère que c'est toujours à la hauteur de tes attentes. ^^
Nekona-Myu : Bienvenue ! Comme tu dis, ce couple est trop peu exploité, c'est pas juste. Bofur aussi a le droit d'être heureux ! Merci beaucoup ! :D
YsalonnaDurin : Je convertis tellement de gens au Bofur/Bilbo, c'est génial. *rire maléfique* C'est un peu le point central de la plupart de mes fics donc tant mieux. Merci !
