Bonjour à tous ! En avant pour le chapitre suivant !

Résumé du chapitre : en première partie, une dispute entre Fili et Kili qui souligne à quel point leur situation est tendue. Fili n'en peut plus et trouve que son frère ne le soutient pas assez. Ils sont à deux doigts de craquer. Cette mise au point laisse présager que que l'avenir ne sera pas joyeux pour eux. Ensuite l'histoire se concentre sur Bofur qui subit le contrecoup des propos de Gandalf. Il souffre de devoir renoncer à Bilbo et choisit de s'isoler. Petit lime en fin de chapitre, oui, oui. ^^

Alors, vos avis ? Plus Bofur/Bilbo ou Thorin/Bilbo ? :D

Merci à tous pour les reviews !

Cet univers ne m'appartient toujours pas. Sinon, Bofur aurait été beaucoup plus à l'écran !

L'image qui sert maintenant de couverture n'est pas la mienne. Je l'ai trouvée sur pixiv. Le nom de l'artiste est : 六. Bonne chance pour la trouver. ^^

Bonne lecture !


Chapitre 7

Fíli s'était installé par terre pour aiguiser ses épées et dagues, ignorant complètement son frère qui se tenait toujours debout, appuyant son poids sur sa jambe gauche, hésitant sur la conduite à suivre. Étant en public, il ne pouvait pas montrer à son amant à quel point il tenait à lui pour le rassurer alors que la situation l'exigeait. De plus, le blond ne semblait pas vouloir lui parler, chose qui inquiéta Kíli. Il reconnaissait que ses propos avaient été blessants mais ce n'était pas la première fois que cela arrivait et habituellement, sa moitié l'oubliait rapidement or aujourd'hui, ce n'était pas le cas. Il y avait autre chose, un second problème avait surgi, créant un froid entre eux. Le plus jeune était déterminé à le chasser et à arranger les choses.

-Fíli ? demanda-t-il d'une petite voix.

Son appel resta sans réponse, son frère ne releva même pas la tête vers lui, passant frénétiquement sa pierre sur ses lames. Se raclant la gorge, l'archer retenta d'une voix plus forte.

-Fíli ? Tu m'en veux toujours ? (Voyant que ça ne marchait pas, il employa une autre méthode et s'agenouilla face à sa moitié blonde, faisant fi de la douleur, et posa une main sur son genou.) Fi', parle moi. Qu'est-ce que j'ai fait ? Je suis désolé d'avoir dit ça, tu sais que je ne le pensais pas. Tu es tout pour moi, ajouta-t-il en baissant d'un ton. Jamais je ne souhaiterai que les choses soient différentes. Fíli, s'il te plaît.

Kíli passa tendrement une main dans la crinière de son frère et lui caressa la joue mais à sa grande stupeur, il fut repoussé. Un claquement sec résonna et l'intérieur de son poignet lui piqua. Il s'immobilisa, choqué d'avoir été délibérément frappé par son amant. Ce dernier lui lançait un regard noir des plus effrayants. Avant que le brun n'ait pu dire quoi que ce soit, il fut saisi et entraîné plus loin de force. Fíli ne prêta pas attention à sa cheville et continua d'avancer malgré les petits gémissements de douleur de son cadet. Lorsqu'ils furent seuls et à une distance respectable des autres, il relâcha sa victime et lui fit face, son visage toujours aussi menaçant. Kíli se sentit mal à l'aise et fit un pas involontaire en arrière. Son frère était énervé, chose très rare, mais pire que tout, c'était après lui qu'il en avait. Il ne supportait pas quand l'épéiste était dans cet état. Pour lui, Fíli devait rire et s'amuser avec lui, pas être contrarié. Il ouvrit la bouche pour parler mais fut coupé.

-Non ! Tais-toi ! Tu vas m'écouter pour une fois !

Le jeune prince frissonna. D'habitude, la voix de son amant lui faisait toujours de l'effet mais là, elle ne s'adressait pas à lui avec tendresse. Elle était grave et sombre et lui fit peur.

-C'est à cause de toi si on en est là ! Je t'ai déjà dit cent fois de te tenir lorsqu'on est avec les autres ! Le moindre petit écart peut nous trahir ! Les contacts doivent se limiter aux mains et bras sur les épaules, pas de caresses ! Tu veux qu'on soit découverts ? Tu ne réalises pas qu'on risque nos vies ! s'écria Fíli dont le ton était bien plus cinglant que d'ordinaire, ce qui ne lui ressemblait pas.

Des deux frères, il était celui qui ne se laissait pas contrôler par ses émotions. Il savait les masquer aussi bien que Thorin et ne s'énervait que rarement. C'est pourquoi le voir aussi remonté choqua Kíli qui ne sut comment réagir, d'autant qu'il ignorait ce qui lui était reproché.

-Pourquoi tu t'emportes ? J'ai rien fait de mal. Personne ne nous a dit quoi que ce soit.

-Mais c'est pas passé loin. Si je ne m'étais pas éloigné de toi, Balin nous aurait vus nous embrasser dans la clairière. C'était moins une et je suis sûr qu'il se doute de quelque chose.

-Tu t'inquiètes pour rien, il est loin de se faire des idées. Tout le monde sait qu'on est proches depuis toujours, tenta de le rassurer le plus jeune.

-Justement ! Les gens pensent que c'est suspect. A ton avis, pourquoi Balin nous faisait étudier des sujets différents ? Ce n'est pas pour rien si tu as été poussé vers le tir à l'arc. Ce n'est pas parce que tu avais un don particulier mais pour nous séparer.

Cette révélation surprit Kíli. Il n'y croyait pas. Aussi longtemps qu'il se souvienne, on lui avait toujours dit qu'il était l'un des uniques Nains à manier l'arc et qu'il était extrêmement doué. Son entraînement à l'épée et au maniement de la hache avait suivi, puisqu'il était obligatoire, mais il n'avait été que secondaire. Ce ne pouvait pas être faux. Fíli essayait de lui faire peur, voilà tout.

-Tu divagues, Balin prend soin de nous. Il doit se rappeler son enfance avec Dwalin.

-Leur relation n'a rien à voir avec la nôtre, ils sont moins proches.

-Bon, peut-être mais on fait rien de mal. Je vois vraiment pas pourquoi tu t'inquiètes.

-C'est justement ça le problème ! hurla Fíli. Tu ne comprends rien ! Tu crois que tout va bien, qu'on se cache pour s'amuser ! Dans ta tête, si on est découverts, on sera juste réprimandés ! Tu ne réalises pas qu'on risque nos vies ! Réveille-toi un peu ! Ouvre les yeux et utilise ta cervelle pour une fois ! On est en danger !

En cet instant, Kíli paniqua. Son amant ne levait quasiment jamais la voix contre lui. C'était quelqu'un de très posé qui faisait toujours passer le bien-être de son petit frère au-dessus de tout. Or aujourd'hui, il était vraiment remonté contre lui et le plus jeune ne put s'empêcher de le trouver beau dans sa fureur. Ses yeux brillaient, leur bleu ressortait encore plus, les rendant captivants. Ses cheveux volaient dans tous les sens à chaque mouvement de sa tête, lui donnant ce côté sauvage que l'archer aimait tant. Malgré cela, il ne se sentait pas à l'aise en sa présence. Il y avait quelque chose de dangereux émanant de Fíli et cette menace était dirigée vers lui, ce qui était l'inverse de leurs habitudes puisque l'épéiste le protégeait contre absolument tout.

Apeuré, Kíli se replia sur lui-même, croisant ses bras autour de son torse de manière protectrice. Et si le blond lui en voulait tellement qu'il l'abandonnait ? Non, ce n'était pas possible. Kíli refusa d'y songer, il ne pourrait pas vivre sans sa moitié, c'était aussi simple que ça. Cependant, les mots de son aîné étaient blessants et lui avaient fait mal.

-Pourquoi tu t'énerves après moi ? Je veux simplement être avec toi… murmura-t-il la tête baissée.

-Sauf que ton comportement risque de nous mener à notre perte, contra le blond qui se calma en voyant la tristesse sur le visage de son frère. Il faut qu'on mette un peu de distance entre nous, qu'on passe plus de temps chacun de notre côté-

-Non ! s'exclama soudainement le brun, coupant l'autre, en se précipitant vers son frère, oubliant sa blessure. Je ne veux pas me séparer de toi ! Jamais ! J'ai déjà failli te perdre. S'il te plaît Fi'. J'ai besoin de toi…

-Mais ça serait juste temporaire. Pour montrer qu'on peut vivre l'un sans l'autre, reprit Fíli un peu désemparé devant la détresse de son cadet.

-Mais je peux pas…

Cet aveu prononcé d'une voix si timide fit rendre les armes à l'épéiste. Il ne supportait pas quand son petit frère était triste. Il le prit dans ses bras et lui caressa tendrement la tête. Kíli n'était pas prêt à faire ce qu'il fallait pour rester en sécurité, c'était trop lui demander. L'aîné avait essayé d'être plus méchant pour faire passer le message mais ça n'avait pas fonctionné et de plus, il détestait agir ainsi avec son amant. Ce dernier n'avait absolument pas conscience de leur situation, il vivait dans son monde et Fíli redoutait le jour où sa bulle éclaterait. Il était trop innocent. Malheureusement, l'épéiste commençait à en avoir marre d'être le seul à tout faire pour préserver leur secret. Ce fardeau le pesait de plus en plus et l'écrasait. Il souhaitait que Kíli y mette du sien mais comme à chaque fois, il craqua et se plia à ses suppliques, incapable de lui refuser quoi que ce soit. Pourtant, il savait très bien que ça ne pouvait pas continuer ainsi. Il fallait agir, le danger d'être découverts se rapprochait de plus en plus et bientôt, ils ne pourraient plus se cacher. Cette éventualité terrorisait Fíli, d'autant qu'il savait que cela allait arriver. Il ignorait juste combien de temps lui restait avec son frère.

Pendant que les princes se réconciliaient, Bofur s'était perdu dans la contemplation de sa fleur. Il souriait en se remémorant l'expression de joie peinte sur le joli visage du Hobbit lorsqu'il lui avait remis le dragon de bois. Il avait semblé ravi de son cadeau et cela avait touché le mineur. Ce dernier ne pouvait d'ailleurs pas cesser d'observer l'ancolie. Elle n'avait malheureusement pas de parfum mais elle restait fascinante.

Il était assis sur un rocher devant la maison, à côté de son cousin qui sculptait et son frère qui somnolait. De là où il était, il vit clairement Thorin s'éloigner d'un pas vif. Il semblait excédé, sa mauvaise humeur se lisait clairement à l'expression meurtrière qu'il arborait, ses yeux lançaient des éclairs et sa bouche était pincée. Autant dire qu'il faisait peur à voir et que personne n'aurait osé l'approcher, à part Balin qui se leva et le suivit pour tenter de le calmer.

Bofur se demanda ce qui avait bien pu se passer pour le mettre dans un état pareil. Sa réponse vint de Gandalf qui apparut soudainement à ses côtés.

-Thorin pense que parce qu'il est roi, il peut convoiter tous les trésors à loisir. Je lui ai expliqué que rien ne devait passer avant sa quête et qu'il ne devait pas se laisser distraire par des futilités, expliqua le mage en regardant dans la direction où était parti leur leader.

Le mineur ne comprit pas de quoi voulait parler Gandalf mais il avait du cran de contredire Thorin. Quand le roi était énervé, c'était sur eux que ça retombait. Bofur soupira en pensant aux prochains jours.

-Cela marche aussi pour vous, maître Bofur, reprit le vieillard en fixant ses yeux énigmatiques sur le fabriquant de jouets qui se sentit pris au piège. Vous ne devriez pas perdre de vue ce qui est important. La route est longue et périlleuse jusqu'à Erebor, la moindre distraction peut s'avérer fatale.

Bofur ne saisit pas le sens des paroles de Gandalf mais y perçut un avertissement. Voyant que son message n'était pas parvenu au destinataire, le mage se fit plus clair.

-Vous ne devriez pas vous approcher trop près du Hobbit. Bilbo est un spécimen à part mais il n'est pas pour vous. Je ne l'ai pas choisi pour qu'il soit courtisé de tous les côtés. Il n'est ici que dans le but de vous aider. Son rôle se limite à celui de cambrioleur, considérez-le comme inaccessible. En d'autres termes, mettez fin à ce début de romance que vous avez créée. Je ne vous le dirai pas deux fois. Est-ce compris maître Bofur ?

Le ton de l'Istari ne laissait pas de place à un refus et le mineur, ne souhaitant pas s'attirer ses foudres, hocha la tête, se mordant la langue pour ne pas faire la moindre remarque, et le regarda partir. Le message avait été limpide : Bilbo ne lui appartenait pas et ne serait jamais à lui. Après tout, c'était normal. Un Nain et un Hobbit, on n'avait jamais entendu parler de mélange plus étrange. De plus, le semi-homme avait fait savoir qu'une fois tout cela fini, il retournerait chez lui, en Comté, tandis que la Compagnie resterait à Erebor. Chacun chez soi, c'était mieux ainsi, le cambrioleur ne se serait pas plu dans la montagne. Il avait besoin de Soleil et de nature, on ne pouvait le priver de cela. Et pourtant, Bofur avait espéré. Il s'était dit qu'il parviendrait à le faire se sentir comme à la maison entre les murs sombres et froids de la Montagne Solitaire. Il lui aurait tout donné, des plus précieuses gemmes aux objets sculptés les plus réussis de sa collection. Il l'aurait couvert d'attention et lui aurait montré son affection jour après jour. Bilbo n'était pas un Nain mais il était tolérant, il aurait pu s'adapter à son nouvel environnement et ils auraient été heureux ensemble. Malheureusement, ceci ne resterait à jamais qu'une chimère inventée par son esprit trop romantique, Gandalf l'avait prévenu. Cette réalisation porta un sérieux coup au moral du mineur. Sans cette promesse qui l'attendait au bout du chemin, il ne se voyait pas continuer.

Il était parti dans cette quête dans l'intention de devenir riche et de s'établir définitivement à Erebor pour profiter de la gloire restaurée de ce grand royaume. Au début, il n'avait eu besoin de rien de plus. Puis Bilbo était arrivé. Ce petit bonhomme lui avait fait réaliser, sans le vouloir, qu'avoir tout cela ne valait rien s'il n'avait personne avec qui le partager.

Bofur n'avait jamais vraiment cherché sa moitié, il n'était pas malheureux seul ni pressé de fonder une famille mais il avait souhaité trouver quelqu'un. Il s'était dit que même un pauvre mineur ne possédant rien pouvait avoir droit à la joie de vivre à deux. En réalité, cette envie était survenue suite à sa rencontre avec le Hobbit. Depuis qu'il avait posé les yeux sur lui, il avait désiré le protéger, le conserver à l'abri de tout danger. Cela ne lui était jamais arrivé avant. Il se sentait léger, souriait constamment, jouait plus de sa flûte et trouvait le chemin moins pénible en compagnie du cambrioleur. Penser à lui ne cessait de faire accélérer son cœur. Ce fut encore le cas aujourd'hui mais son sourire se fit plus amer, une douleur inconnue se glissa en lui. Le plus beau trésor qu'il avait jamais vu était à portée de main mais intouchable. Regardant une ultime fois l'ancolie, Bofur la rangea dans sa poche, en prenant grand soin de ne pas l'écraser, et se leva. Il avait besoin d'air, de réfléchir à tout ça. Il s'éloigna sans que sa famille ne s'en rende compte et s'enfonça dans le bois. Il devait être seul pendant quelques temps pour se remettre de sa déception. Il n'avait jamais été amoureux et ignorait donc que ce sentiment pouvait faire souffrir autant qu'il apaisait. Bofur se retrouvait désarmé, il ne savait ce qu'il devait faire et n'aimait pas se sentir aussi mal. Il aurait voulu que quelqu'un le guide, lui montre le chemin parce que seul, il était perdu dans un cocon noir et piquant et était totalement désemparé. Le Nain à la pioche ne s'était pas attendu à cela. Pour lui, trouver son Autre devait apporter joie et soulagement, c'était ce qu'il avait toujours entendu dire. Il avait cru que son bonheur serait sans fin et qu'il aurait l'impression de voler à chaque instant. Sa naïveté dans ce domaine équivalait à celle de Bilbo. Comme quoi, ils étaient faits pour s'entendre. Cette pensée l'attrista encore plus.

Les pieds du fabriquant de jouets l'emmenèrent assez loin de la maison. Il s'assura que personne ne le suivait, son réconfort se trouvait dans la solitude. Il s'arrêta au bord d'un lac dans une jolie clairière. Des pins, des érables et des hêtres délimitaient le périmètre. Quelques fleurs décoraient le sol au milieu de l'herbe verte. Elles l'agrémentaient de blanc, jaune et violet et Bofur les observa avec plus d'intérêt qu'auparavant. Un gros saule pleureur se tenait pile en face de lui, de l'autre côté de l'eau. Ses racines sortaient de terre, créant des petits espaces où une personne aurait pu s'installer. Ses branches montaient haut dans le ciel, resplendissant de lumière grâce aux rayons du Soleil qui passaient au travers. Le tronc était large, il était visiblement très vieux. Il représentait un peu le gardien du lieu, il devait veiller à ce qu'aucun danger n'entre ici, que les animaux aient toujours de quoi se nourrir. Il protégeait sûrement tout et donnait l'impression de puiser son énergie du lac. Les oiseaux ne chantaient pas mais on les savait présents dans les arbres. Les poissons ne sautaient pas hors de l'eau. Aucun bruit ne venait perturber la quiétude environnante. Seul l'air frais jouant avec les feuilles se faisait entendre. C'était un véritable lieu de paix.

Bofur secoua la tête. Il n'avait aucun intérêt pour la nature et à l'inverse de Radagast, les animaux ne lui parlaient pas. Cependant il devait avouer que cet endroit était reposant, il y régnait un silence apaisant. N'importe qui aurait pu sentir la magie et les forces telluriques émanant du saule pleureur. Malheureusement ce genre d'ambiance ne lui convenait pas. C'était trop calme, trop tranquille, pile ce qu'il fallait pour se noyer dans ses pensées or c'était exactement l'opposé de ce que souhaitait faire le mineur. Peut-être qu'un jour normal, il aurait apprécié ce lieu. Il se serait perdu dans la contemplation des rayons solaires sur la surface du lac, donnant des couleurs argentées aux poissons. Son esprit aurait été tellement détendu qu'il aurait composé une mélodie douce et éthérée correspondant parfaitement au cadre. Un certain Hobbit l'aurait probablement accompagné. Bofur ferma les yeux et visualisa Bilbo assis sur la berge, se trempant les pieds dans l'eau, jouant avec une fleur, d'autres étant parsemées dans sa chevelure. Puis il se retournerait vers lui, un sourire éblouissant sur le visage, dénué de tout souci, pas la moindre trace de tristesse dans ses vibrants yeux verts. Et à ce moment-là, Bofur en aurait le souffle coupé d'être celui à qui un tel sourire était dédié. Une émotion forte le saisirait et il en oublierait tout pour prendre ses délicates petites mains dans les siennes.

Il secoua la tête. Ce genre de fantaisie avait peu de chance de se réaliser. Gandalf avait été clair mais en même temps, ce n'était pas à lui de décider pour Bilbo. Le Hobbit avait le droit de prendre ses propres décisions et jusqu'à présent, son comportement laissait plutôt sous-entendre qu'il appréciait la compagnie du fabriquant de jouets. Ce qui le rassurait, c'était que Thorin avait eu droit au même discours, Bofur n'avait pas été évincé par le mage pour que le roi ait le champ libre. Cependant connaissant leur leader, il ne s'en tiendrait pas là. S'il voulait vraiment le cambrioleur, il trouverait un moyen de l'obtenir. Pauvre Bilbo. Est-ce que quelqu'un lui avait demandé son avis au moins ? Tous les trois se démenaient pour diriger sa vie alors qu'il ne les y avait pas autorisés. La culpabilité accabla le Nain à la pioche. Son attitude était abjecte, encore plus que lorsqu'il avait sauté sur le semi-homme tel un prédateur. Ajoutée à sa tristesse, il se sentit plus bas que terre, ce qui était assez rare pour lui. C'était pour cette raison qu'il avait préféré s'isoler. Tous le connaissaient comme le joyeux luron de l'équipe, toujours prêt à plaisanter. Sa personnalité optimiste et joyeuse faisait qu'il n'avait que rarement des soucis, cherchant le côté positif des choses au lieu de broyer du noir. Or aujourd'hui, sa légendaire bonne humeur ne lui fut d'aucune aide, elle s'évapora, le laissant en proie à de sombres réflexions. Bofur n'aimait pas spécialement réfléchir, il prenait les événements tels qu'ils venaient, et pour éviter d'avoir à le faire, il n'existait qu'un seul moyen.

Le mineur s'approcha du lac et y trempa les doigts. La température était suffisamment élevée, pas trop froide pour bloquer la circulation sanguine. Il se redressa et commença à se dévêtir. Son chapeau fut posé à terre, suivi par son écharpe, ses mitaines, sa veste épaisse et sa chemise. Il passa à ses chaussures qu'il retira, ainsi que ses chaussettes et le reste. Déposant le tout un peu plus loin, il retourna au bord et défit ses tresses à mesure qu'il rentrait dans l'eau. Une fois les cheveux libres, Bofur se laissa entièrement submerger et fit quelques brasses sous-marines. Lorsqu'il remonta à la surface, sa chevelure était plaquée dans son dos et son visage plus grave. Il passa négligemment une main dans ses mèches brunes et jeta un coup d'œil au ciel, des nuages menaçants approchaient. Un vent humide se leva, synonyme qu'un orage allait éclater. Il se mit sur le dos et fit la planche, ne pensant à rien du tout. Il s'amusa ainsi pendant une quinzaine de minutes, observant les cieux s'obscurcir de plus en plus. On pouvait déjà entendre le tonnerre au loin, avançant vers la clairière. D'ici peu, une tempête ferait rage. Décidant qu'il s'était assez détendu, Bofur regagna la berge, les premières gouttes tombant. Il ne remit que le bas une fois sec et alluma sa pipe, s'installant juste à côté du lac en attendant de pouvoir se recoiffer. Un bruissement l'alerta. Il releva la tête et vit quelqu'un sur la rive d'en face, un certain Hobbit qui hantait son esprit. Ce dernier le regardait fixement, semblant étonné de tomber sur lui. D'où pouvait-il bien sortir ? S'était-il caché dans un buisson en entendant des pas comme un lapin ? Ou était-il surgi de nulle part tel un farfadet ?

En réalité, Bilbo était venu se réfugier dans la clairière après sa discussion avec Gandalf. Il avait pris peur et s'était éloigné du groupe pour réfléchir à tout ce que le mage lui avait dit. S'étant senti mal, il avait finalement cessé de marcher pour se réfugier entre les racines du saule pleureur, se cachant du monde entier. La fatigue l'avait rattrapé et il s'était installé contre l'arbre, s'endormant presque aussitôt. La pluie l'avait réveillé et incité à sortir de sa cachette pour tomber sur Bofur. Son ami fumait tranquillement, le torse dénudé et les cheveux détachés. Ce détail alerta immédiatement le semi-homme qui se rappela la première et dernière fois qu'il l'avait vu ainsi. Il rougit et se demanda comment s'en aller sans avoir à faire à son ami.

De son côté, le Nain à la pioche se contenta d'observer en détails le nouveau venu. Il était toujours aussi adorable avec ses petits yeux verts pas bien ouverts, signe qu'il venait de se réveiller, ses épaules affaissées, cette expression incertaine et peinée. Il donnait envie de le pousser au plus profond de ses retranchements pour voir quelle réaction il aurait. Oui, le malheur le rendait à croquer mais c'était un fruit défendu, Gandalf avait été très clair à ce sujet. Bofur eut un sourire amer, Bilbo causerait sa perte. Il devenait de plus en plus irrésistible chaque jour et se rendait encore plus inaccessible mais le pire était qu'il n'en avait même pas conscience.

Le mineur se releva et se décida à entamer la conversation puisque son visiteur n'osait pas le faire.

-Vous vous êtes encore perdu, m'sieur Baggins ?

-Non, je… J'étais venu me reposer. Cet endroit est vraiment très beau, on s'y sent en sécurité et... (Bilbo se coupa, se rendant compte que sa gêne lui faisait dire tout et n'importe quoi.) Et vous ? demanda-t-il timidement.

-Juste venu nager. J'vais finir par croire qu'vous m'suivez. C'est la deuxième fois qu'vous m'surprenez pendant mon bain, reprit Bofur dans un sourire charmeur qui fit encore plus rougir son compagnon.

-Oh non ! Pas du tout ! Je ne me le permettrais pas ! Ce ne serait pas correct…

Cette réponse arracha un bref rire sarcastique à l'aîné. Non, c'est sûr qu'il ne correspondait pas à l'image du parfait gentleman dont avait besoin le Hobbit. Il n'était rien du tout, juste un compagnon de route qu'il oublierait une fois rentré chez lui. Il n'avait aucune chance de lui plaire parce que Bilbo avait des goûts de luxe et il n'était pas assez bien pour lui. C'était Thorin qu'il désirait, un roi fier et courageux qui saurait lui offrir tout ce qu'il souhaitait.

-Bien sûr. J'suis qu'un mineur après tout. Rien d'exceptionnel. J'suis pas l'prince charmant et j'ai aucune qualité. J'voudrais pas vous offenser par ma présence.

Son ton acerbe surprit le semi-homme qui ne s'était pas attendu à une attaque verbale. Pourquoi Bofur réagissait-il ainsi ? Il semblait vexé voire blessé. C'était la première fois qu'il mettait de côté son masque jovial et qu'il montrait ce qu'il ressentait vraiment. Ce fut un choc pour le Hobbit de le voir énervé, il ne le reconnaissait pas. Son comportement changeait entièrement lorsqu'il se détachait les cheveux. Il ne devenait pas simplement plus entreprenant, il laissait tomber les faux-semblants. En réalité, c'était dans ces moments-là qu'il était le vrai lui. Cette réalisation bouleversa Bilbo qui avait cru le connaître jusqu'à présent mais tout ce qu'il avait su de lui n'était qu'une façade. Le fabriquant de jouets était une âme toute aussi torturée que les autres, il arrivait juste à mieux le cacher.

-Absolument pas. Jamais je ne penserai cela. Vous m'êtes très cher Bofur. Je ne vous-

Il fut coupé par un nouvel éclat de rire tout aussi acide.

-C'est ça. Et quand vous s'rez d'nouveau chez vous, dans vot' Comté, vous pens'rez à moi ptétr ? M'prenez pas pour un idiot, m'sieur Baggins, j'sais très bien qu'vous languissez d'vous débarrasser d'nous et d'nous oublier. Sauf ptétr Thorin. Lui vous voudriez surtout pas l'perdre.

-C'est faux ! s'écria le cambrioleur outré. Tous les membres de la Compagnie sont de bons camarades. Si je parviens à rentrer à Bag End, il n'y en a pas un dont le souvenir ne me causera pas du chagrin. En particulier vous.

La forêt s'assombrit, la lumière avait disparu. Le ciel était entièrement noir et le tonnerre résonna plus fort. L'orage était arrivé. La cadence de la pluie augmenta, pénétrant terre et vêtements. L'ambiance était tendue dans la clairière, tous ses habitants s'étaient réfugiés chez eux pour éviter la tempête qui allait avoir lieu.

-Vous fatiguez pas. J'sais qu'les gens comme moi ont aucun av'nir. Vous feriez mieux d'retourner voir Thorin, il doit croire qu'j'vais vous corrompre.

Et puis Gandalf serait content de savoir que Bofur avait officiellement tiré un trait sur le Hobbit. Tout le monde y trouverait son compte : Bilbo irait voir le roi et ils se marieraient, avec la bénédiction du mage qui aurait fini par accepter le fait que c'était ainsi que les choses devaient se passer, et le mineur se retrouverait seul et oublié, observant celui qu'il désirait filer le parfait amour avec un autre. Une fin idéale pour une quête aussi risquée et grandiose que la leur. La princesse terminait toujours avec le prince, pas avec le serviteur.

-Si je suis là à vous parler, c'est que je le veux ! N'essayez pas de me chasser, je ne bougerai pas !

Le semi-homme en avait assez qu'on lui dise quoi faire. Tout le monde lui posait des limites, lui interdisant d'agir à sa guise. Gandalf voulait qu'il s'en tienne à sa mission et qu'il cesse d'importuner Thorin et Bofur. Le mineur souhaitait qu'il s'en aille retrouver leur leader pour une raison obscure et ce dernier attendait de lui qu'il reste sagement assis dans un coin à ne rien faire. Pas un ne l'écoutait ni ne lui demandait son avis. Puisqu'ils avaient tous décidé de n'en faire qu'à leurs têtes, il se conduirait de même. Ses nerfs étaient sur le point de lâcher. Il désirait simplement vivre sa vie librement, sans contrainte.

Le silence s'installa dans la clairière. L'orage se mit à frapper plus violemment, les éclairs déchiraient le ciel, le tonnerre vrombissait, faisant trembler les arbres, la pluie froide s'abattait en de grosses gouttes qui se noyaient dans l'eau du lac, ne formant qu'une seule entité. Les éléments se rejoignaient, créant un maelström impressionnant mais qui n'avait rien de menaçant. Au contraire, cette tempête abritait les habitants du lieu, elle les protégeait du monde extérieur. Le rideau de l'averse se transformant en barrière infranchissable, invisible mais solide.

Au milieu de tout ça se trouvait Bilbo. Il se tenait à quelques mètres de Bofur, ses cheveux tombant sur son front, ses vêtements trempés collant à sa peau, son visage recouvert de pluie à laquelle se mêlaient ses larmes. Ses épaules tremblaient sous la force de ses sanglots. Le Nain ne l'entendait pas et ne pouvait pas le voir pleurer mais il savait pourtant qu'il était en train de le faire. Cela le dérangea, il ignorait comment réagir face à ce genre de situation. Le Hobbit était dans un état pathétique et le mineur se voyait désemparé face à lui. Son autre personnalité était un spécialiste de la consolation des âmes en peine mais pas lui. Ils se tenaient là, séparés par trois mètres et aucun des deux n'osait bouger.

Un nouveau coup de tonnerre fit trembler la terre, la pluie redoubla de force, cachant presque entièrement les arbres autour, quelque chose se brisa dans l'air au même instant. La respiration de Bilbo s'accéléra, les pupilles de Bofur s'assombrirent. La seconde suivante, ils étaient l'un sur l'autre. Leurs bouches se rencontrèrent et se joignirent sans plus attendre, se réunissant comme deux amants qui auraient été séparés trop longtemps, créant des décharges électriques dans les corps des deux compagnons. Les petites mains du cambrioleur s'accrochèrent aux longs cheveux du Nain de manière désespérée, lui donnant de l'appui pour se coller encore plus près. Celles de Bofur s'enroulèrent autour de sa taille et le rapprochèrent à leur tour. Leur baiser était plus sauvage qu'amoureux, les langues se caressaient et se battaient en duel, ne laissant pas le temps aux poumons de se remplir. Ils étaient l'image même de la désespérance, fuyant le monde et leurs problèmes, se concentrant uniquement sur les multiples sensations provoquées par l'autre qui les envahissaient. Bilbo refusait de penser au fait qu'il était en train d'empirer les choses et qu'il allait à l'encontre de ce que lui avait dit Gandalf. Il voulait oublier, mettre de côté tout ce qui concernait cette maudite quête, ses peurs, ses remords à propos de Thorin. Il désirait simplement diminuer le chagrin qui pesait sur lui. En faisant passer son esprit au second plan, il permettait à son cœur de se reposer, de s'alléger. Pour une fois, il ne laissa pas ses sentiments ambigus pour le roi le stopper, il en avait plus qu'assez de toujours culpabiliser.

Il fut surpris de sentir la pluie froide entrer directement en contact avec sa peau. Bofur lui avait retiré sa veste et sa chemise sans qu'il ne s'en aperçoive. Son nouvel état de semi-nudité lui fit réaliser à quel point les températures avaient diminué en seulement quelques minutes. De violents frissons le parcoururent. Le fabriquant de jouets dut les sentir car il le rapprocha encore plus près pour partager sa chaleur corporelle. Ils étaient maintenant torse contre torse, plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été, dans une position très intime mais il ne recula pas pour autant. Son pantalon fut le prochain à partir, ainsi que son sous-vêtement, et cette fois il le remarqua. Il se retrouva entièrement nu à la vue du Nain mais au lieu d'en être gêné, il s'empressa de lui retirer ses vêtements à son tour, ce que le plus âgé accepta avec plaisir. Les caresses fiévreuses reprirent, passant sur chaque millimètre de peau disponible, créant de nouveaux frissons qui n'avaient plus rien à voir avec la pluie qui continuait de tomber. Pas un mot ne fut échangé, ni même un regard. Tout reposait sur les diverses sensations, le désir accumulé. Le tonnerre se chargeait de créer un fond sonore. Chaque nouveau coup résonnait en rythme avec le cœur de Bilbo.

Les minutes paraissaient durer à la fois des heures et des secondes. Tout allait si vite que le semi-homme ne savait où donner de la tête et pourtant, il avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il était dans les bras de Bofur. Soudain, il se sentit reculer, on le guidait quelque part. Ses pieds furent submergés et continuèrent d'avancer. Le niveau monta rapidement à ses genoux et la panique s'installa. Les Hobbits n'aimaient pas l'eau et ne savaient pas nager. Il avait beau être peu conventionnel, cela restait vrai pour lui. Bilbo s'accrocha plus fermement au mineur, coupant enfin court à leur baiser. L'aîné l'enserra silencieusement et l'emmena jusqu'à ce que ses épaules soient recouvertes. Il ne lui laissa pas le temps de s'affoler et l'embrassa à nouveau, glissant ses mains sur ses fesses et les empoignant. Le cambrioleur émit un petit couinement à ce contact et en souhaita davantage. L'eau était fraîche mais leurs températures corporelles les empêchaient de s'en offusquer. Bofur passa une de ses jambes entre celles du semi-homme et la bougea juste assez pour mettre son amant en émoi, le faire brûler de désir. Ce dernier nicha son visage dans le cou du plus grand et gémit de plus en plus fort. Le Nain changea de méthode et plaqua leurs bassins ensemble, leurs érections entrant en contact de plein fouet, faisant tourner la tête de plaisir à Bilbo. Ses mains ne pouvaient pas tenir en place, elle courraient depuis le crâne jusqu'au dos du fabriquant de jouets, le griffant par endroit.

Bofur se délectait des petits sons que produisait le semi-homme et d'entendre sa respiration haletante, c'était très érotique. Le tonnerre grondait toujours au-dessus de leurs têtes mais il paraissait distant, comme si l'orage avait lieu à des kilomètres d'ici. Les éclairs zébraient le ciel mais étaient moins éblouissants que les étoiles que voyaient les deux amants. Tous deux avaient oublié qu'ils se tenaient en pleine tempête, la pluie ne les gênait absolument pas, au contraire, elle ajoutait à l'ambiance brute et sauvage et les incitait à devenir plus féroces. Le Nain mordit une petite oreille lorsqu'un violent coup de tonnerre résonna. Cela provoqua une réaction inattendue chez Bilbo qui cria et balança son bassin contre celui de son partenaire. En réponse à cela, Bofur reprit d'assaut ses lèvres et l'embrassa fougueusement tout en glissant une de ses mains entre leurs deux corps afin d'attraper leurs membres. A peine ses doigts effleurèrent la virilité du Hobbit que celui-ci se cambra un peu plus, cherchant à obtenir davantage de contact. Bien content de le satisfaire, le mineur raffermit sa prise et entama une série de va-et-vient avec son poignet. Le cambrioleur se sentait perdre pieds, tous ses muscles étaient tendus, une tension l'habitait. Ses mains ne trouvaient pas de points de repère, elles se perdaient dans la masse de cheveux à l'origine de leurs activités. L'eau autour d'eux les enveloppait tendrement contrairement au ciel qui semblait proche de sa dissolution. Ils étaient entourés par un cocon protecteur créé par la nature, comme si cette dernière cherchait à conserver ses enfants à l'abri de tout danger.

Bilbo n'arrivait plus à tenir debout, il se pencha vers Bofur, s'appuyant de tout son poids sur lui, ses jambes trop molles pour le supporter, même dans l'eau. Les battements de son cœur résonnaient plus fort que l'orage. L'excitation monta en lui, le faisant haleter et gémir encore plus, ses joues étaient rouges, ses mèches collaient à son front et une expression de plaisir à l'état brut recouvrait son visage. En un mot il était désirable et le prédateur sommeillant en Bofur sourit à l'idée qu'il l'avait rendu ainsi et pouvait en profiter. Lui-même sentait que bientôt, son corps évacuerait toute sa tension. Ses mouvements se faisaient plus erratiques, moins contrôlés. Le Hobbit agrippa soudainement sa tête et l'abaissa vers lui afin de reprendre leur échange de baisers sauvages, son bassin se mouvant toujours en avant pour accélérer le processus. Aucun des deux n'entendit le violent coup de tonnerre ni ne vit l'éclair qui illumina brièvement la clairière car au même moment, Bilbo atteignit la jouissance. Il jeta sa tête en arrière et cria, fermant les yeux sous la force de son orgasme, son visage ouvert aux multiples gouttes de pluie qui s'écrasèrent dessus. Le fabriquant de jouets vit l'expression d'euphorie peinte sur sa figure et le suivit dans la volupté dans un rauque grave.

Il resserra sa prise autour de la taille de son compagnon et le rapprocha pour l'empêcher de s'écrouler et de couler. L'eau se chargea de les nettoyer de leur sueur et de leurs semences, les laissant reprendre leurs souffles. Ils ne bougèrent plus, appuyés l'un contre l'autre, les yeux fermés. Leurs cerveaux commencèrent à reprendre le dessus et à assimiler ce qui venait de se produire. Plusieurs minutes passèrent en silence, la pluie s'était calmée et l'orage avait poursuivi son voyage plus loin. Lorsque la température environnante les atteignit, Bilbo se mit à grelotter. Il comprit qu'il se trouvait au milieu d'un lac en pleine tempête, entièrement nu et fit abstraction du reste. Le mineur avait déjà regagné la rive et sans sa chaleur corporelle, il eut très froid. Il retourna donc péniblement sur l'herbe pour découvrir que ses vêtements étaient aussi trempés que lui. Il les enfila quand même, restant de dos et évitant de regarder dans la direction de Bofur. Sa gêne revint, le mettant horriblement mal à l'aise et sa conscience lui envoya toute la culpabilité dont il était capable en faisant apparaître des images de Thorin dans son esprit mais il refusa d'y penser, c'était trop tôt.

Bofur se rhabilla également, silencieusement, mais ne refit pas ses tresses. Pour la première fois de sa vie, il se sentait mal sous cette forme. Le moment avait été plus qu'agréable et avait tout à fait correspondu à ses attentes mais il se rendait compte que ce n'aurait pas dû arriver. Il ne regretta pas ses actions mais le contexte dans lequel elles eurent lieu. La situation était déjà suffisamment compliquée et il venait de l'empirer en beauté. Pour qu'il en arrive à le réaliser, c'est qu'il y avait un gros problème. Il était le premier à admettre qu'intellectuellement, il ne se plaçait pas très haut et même s'il s'amusait plus avec les cheveux détachés, il restait Bofur, le gentil et amical fabriquant de jouets. Ses pensées et sentiments ne changeaient pas, il devenait juste entièrement désinhibé, ce qui résultait en un manque total de considération pour ce qui l'entourait. Or aujourd'hui il s'en voulait réellement, il désirait corriger son erreur et espérait plus que tout qu'elle ne porterait pas préjudice au petit cambrioleur parce qu'il l'appréciait autant avec les deux personnalités. S'il avait tenté de le chasser tout à l'heure, c'était justement parce qu'il tenait à lui et qu'il ne supportait pas de l'avoir si près sans pouvoir le toucher. Ce à quoi il ne s'était pas attendu, c'était que Bilbo se rebiffe et lui montre qu'il était capable de faire ses propres choix. Cela avait mené à un des moments les plus forts dans la vie du fabriquant de jouets mais ils se retrouvaient maintenant tous deux piégés. Qu'allaient-ils faire à présent ?


Angelyoru : Si tu aimes Thorin en mode "moi mâle dominant, toi appartenir à moi", son évolution te plaira. Lorsqu'il réapparaîtra, il aura mis de côté sa patience et sa "gentillesse", mais bon, il aura des circonstances atténuantes aussi. ^^ Prends un ticket ! Il y a déjà plein de volontaires qui veulent consoler Bilbo. Tu vois la longue file d'attente qui traverse la rue ? Va au bout. ^^ Merci !

Kucsulain : Surprenant mais intriguant ou déroutant ? Si tu continues de lire, c'est que ça doit te plaire. ^^ Tu apprendras que c'est mon deuxième couple préféré dans cet univers alors ils apparaissent souvent ensemble dans mes fics, même si j'aime bien le Thorin/Bilbo. Bofur me fait toujours de la peine quand il est seul alors je le gâte. :P Lorsque que tu regarderas à nouveau les films, tu observeras en détail leur façon de se comporter et tu verras le concept sous-jacent ! XD Merci d'avoir commenté !

Mousseline : Heureusement ! Pfiou ! Ça me rassure. ^^ Comme tu le dis, tous vont en baver, sinon ça ne serait pas drôle. Qui veut des histoires pleine de romance et de bons sentiments qui finissent bien ? C'est tellement plus agréable de torturer les personnages ! Mwahahaha ! XD Du coup, ceux que je préfère s'en prennent une double dose ! Merci !