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Rumi : En fait, j'en ai un nouveau tous les soirs/tous les deux jours environ, alors quand je trouve un moment pour poster, ca arrive qu'il y en ait plusieurs! Quant au reste...
Chapitre 49
Jean soupira, s'étirant lentement. La journée était passée plutôt rapidement, et pourtant il n'avait rien fait. Enfin, presque. Il lança un coup d'œil à ses côtés. Dans l'obscurité qui était tombée brusquement, il lui était difficile de distinguer les petites tâches qui martelaient la peau de Marco, assis à ses côtés. L'air de l'extérieur était plutôt…Rafraîchissant, voire plus.
Depuis plusieurs minutes, ils s'étaient isolés à l'extérieur. Le repas avait été étrangement calme, et seuls Guido et Thomas avaient mené un semblant de conversation. Et si Reiner et Bertold étaient restés dans la grande salle avec les autres, eux avaient préféré sortir prendre l'air.
Et ils étaient là, silencieux depuis un moment. Assis à côté de lui sur la barrière au fond de la cour, Marco soufflait lentement, observant la vapeur blanchâtre qui sortait de sa bouche. Ses pieds se balançaient de temps en temps, puis se posaient sur un barreau un peu trop haut, faisant remonter ses genoux au-dessus de son bassin.
-Il fait froid, dit soudain le brun.
Jean sursauta un peu, regardant pour la énième fois le garçon. Il était toujours fasciné par sa façon d'être, et ici son calme le perturbait. Cela ne lui faisait donc rien, d'être avec lui, comme ça ? Lui-même sentait presque les battements de son propre cœur, qui s'affolait pour un rien. Ce qui s'était passé le matin-même le dépassait un peu. Entre Eren et Marco, il avait eu son quota d'émotions en un jet !
-Un peu, marmonna-t-il.
Il rentra légèrement la tête dans les épaules, enfonçant son menton dans le col de sa veste. Lorsqu'il était allé chercher de quoi se vêtir un peu plus chaudement au dortoir, lever les yeux ne lui avait permis que d'apercevoir un tout petit bout d'Eren, recroquevillé sur lui-même sur son matelas en hauteur. A ses côtés à ce moment-là, Marco l'avait juste poussé pour qu'il continuât d'avancer. Sachant la présence du garçon dans la pièce, il avait jugé préférable de l'accompagner pour éviter tous risques. Deux fois, pas trois.
-Eh, Jean ? lança soudain Marco.
L'interpelé haussa les sourcils, surpris de la soudaineté et du sourire en coin qu'arborait son camarade.
-Mh ?
-T'as encore mal ?
Jean cligna des yeux, cherchant pendant une seconde quel était exactement le sujet de la conversation, avant de saisir. Ah, oui. Ses courbatures.
Il tendit une jambe, avant de la replier, penchant légèrement la tête de côté.
-Encore un peu dans les cuisses, marmonna-t-il. T'es un tyran, sérieux.
Marco gloussa doucement et se laissa glissa au bas de la barrière. Là, il pivota, juste assez pour être face à Jean.
-Lève une jambe, dit-il brusquement.
Il avait posé sa main sur une, bloquant le genou pour l'empêcher de bouger. Perplexe, Jean posa ses mains sur la barrière pour s'équilibrer plus sûrement, et obéit sagement en remontant un genou contre lui.
-Qu'est-ce qu…
-Tend.
-Eh…
-Tend, j'ai dit.
Au ton impérieux, Jean ne se fit pas prier, et déplia la jambe, grimaçant quand les muscles se mirent à tirer, autant à cause de la position, de l'effort, que des courbatures qui remontaient le long de sa cuisse.
Il eut un peu de mal à rester concentrer quand une main se referma sur son mollet, le maintenant en l'air, et qu'il se retrouva avec Marco presque collé contre lui. S'agrippant à la barrière, il déglutit.
-Je vais tomber, idiot…
Marco rit doucement et glissa son autre main dans le dos de Jean, entourant sa taille.
-Mais non !
Il posa sa joue contre la cuisse levée à sa hauteur, et tira un bout de langue.
-Te repose pas sur moi, tricheur. Je le sens.
-T'es fourbe, marmonna Jean.
Il reprit la tension de ses muscles en bougonnant légèrement. Le bras dans son dos le rassurait et le perturbait tour à tour. Marco était fidèle à lui-même. Ah, bon sang !
-Tout à l'heure, murmura Marco, tu te souviens quand Shadis m'a fait appeler ?
Jean hocha la tête. Ils avaient passé l'après-midi tous ensemble, déblatérant et jouant. Il n'y avait que Marco qui avait disparu à un moment, après qu'un soldat eût apparu quelques instants près d'eux.
-C'était pour l'entraînement ?
Marco soupira longuement.
-Ils ont analysé ton équipement tridimensionnel.
Jean le fixa un moment, interdit, et laissa retomber sa jambe, le bas de sa cuisse appuyant brusquement sur l'épaule de Marco qui traînait dessous. Malgré le peu de lumière qu'il y avait, il pouvait voir le visage un peu assombri devant lui.
-Tu l'avais amené à réviser récemment ?
-Bah…Oui, comme tout le monde !
-Tu sais où il était rangé ?
-Dans mon casier, comme tout le m…Eh, qu'est-ce qui se passe ?
Il avait senti la main se resserrer autour de son mollet. Marco ne souriait plus, affichant un visage inquiet.
-Quelqu'un l'a trafiqué, murmura-t-il. Enfin, quelqu'un a trafiqué ce que tu as utilisé…
Jean ouvrit de grands yeux. Dire qu'il était surpris eut été un euphémisme plutôt risible. Choqué eut été plus adapté. Et encore.
-Comment ça ?
-T'aurais pas dû te servir de celui-là, en fait. C'était celui de Connie…
Il était un peu fatigué. Passer la journée à se poser autant de questions ne lui avait jamais réussi, et Connie n'avait qu'une envie : se reposer. Lorsqu'il poussa la porte du dortoir, il regarda presque immédiatement en direction du lit normalement occupé par Jean, lança un coup d'œil à la ronde. Visiblement, le garçon n'était pas dans les parages, ce qui le rassurait un peu. En haut, dans le lit d'Eren, le brun venait de se retourner. Il pouvait apercevoir un bras, et la couleur d'une touffe de cheveux à travers les barreaux. Il dormait probablement depuis un moment, ce qui le fit sourire. Outre ses problèmes directement liés à Jean et se sensibilité physique –d'après lui en tout cas, il s'agissait de ça-, Eren était un garçon sympathique au possible.
Il avait ôté rapidement son pantalon, attrapé la couverture soigneusement pliée depuis le matin et qu'il avait posé sur un tabouret lorsqu'il avait quitté le lit du brun.
Sa joie à l'idée de s'allonger fut cependant de courte durée à peine au bas de l'échelle, il entendait des murmures, quelques gloussements. Il n'était pas difficile de reconnaître les voix, et il fronça du nez, enlevant le bout du pied qu'il avait déjà posé sur le premier barreau. C'était les mêmes qu'il avait entendu une bonne partie de la nuit, l'empêchant de dormir correctement.
Il soupira, un peu las. Il se voyait mal monter et s'installer comme si de rien n'était. Réfléchissant, il s'assit au bord du lit de Jean et Marco –et Reiner, même si celui-ci semblait bien plus intéressé par l'étage-, avant de tendre l'oreille.
Un petit grattement, très léger, lui parvenait, et il tourna la tête pour en chercher l'origine. Il ne mit pas très longtemps là-haut, il pouvait voir une main frotter rapidement les draps, avec une certaine discrétion.
Eren.
Il voyait un œil vert qui brillait, et la main fit un petit geste quand il croisa le regard, l'invitant à le rejoindre.
Connie eut un petit sourire, et resserra la couverture glissée sous son bras.
Bah…
Pourquoi pas ?
