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Vava : Merciiiii ! Ahah, en même temps il faut avouer que ce n'est pas trop le sujet... :3 En espérant que la suite te plaise tout de même! ^.^


Chapitre 51


-Tu ne dors pas ?

Jean sursauta un peu en entendant le murmure dans son dos. Emmailloté dans sa couverture, il était allongé sur le côté, un avant-bras replié sous sa joue. Depuis un moment, il ressassait les propos de Marco, essayant de comprendre comment les choses avaient pu en arriver là. C'était probablement son soupir qui avait alerté le garçon, d'ailleurs.

Jean bougea légèrement un pied. A travers les couvertures dans lesquelles ils s'enroulaient presque pour combattre le froid de la pièce, il sentait la forme d'une épaule dans son dos, le bras le long de sa colonne. La main devait être proche de ses reins.

-J'ai un peu de mal, avoua-t-il tout bas.

-Tu t'inquiètes ?

-Je suppose…

Un bruit de tissu. Dans son dos, le tas de couverture et de vêtements qui cachaient Marco se colla à lui. Il le sentait un peu recroquevillé sur lui-même. Il avait probablement froid il savait à quel point il était craintif face au froid.

-Eh, souffla-t-il, toi non plus tu ne dors pas…

Il crut entendre un petit rire venant de derrière, et il se sentit sourire malgré lui. D'un petit mouvement rapide, il se retourna, réussissant par un tour de force à ne pas envoyer sa couverture au diable. Il n'avait pas vraiment envie de sentir le froid.

Marco lui faisait probablement face. Il tendit une main, touchant sa propre couverture. Il entendit un petit grognement quand ses doigts rencontrèrent de la résistance, et caressa lentement. Un petit soupir s'éleva. S'il en jugeait par la forme et l'emplacement, c'était probablement son bras.

Il sentit Marco bouger un petit peu, et sursauta quand quelque chose le toucha au niveau de la hanche. Presque aussitôt, il y porta la main par réflexe, la refermant sur les doigts qui avait glissé sous sa couverture. Pas besoin d'une grande réflexion. C'était ceux de Marco. Jean pinça légèrement les lèvres, venant serrer légèrement le poignet du garçon sans l'entraver pour autant.

Marco déglutit. Les couvertures maintenaient Jean au chaud. Ses propres doigts lui semblaient froids, aussi le contact avec le garçon était-il agréable lorsqu'il glissa sa main sous le tee-shirt, à la recherche de sa peau.

-J'ai un peu froid, c'est pour ça…, murmura Marco.

Jean ne put retenir un gloussement. Il avait bien vu son camarade avant qu'il disparaisse sous sa couverture : le garçon était perdu sous deux ou trois vestes, comme il le faisait habituellement.

-Te moque pas… souffla le brun.

Jean sourit en sentant la main remonter sur son ventre, et il fit glisser la sienne le long du bras qu'il tenait. Il boudait un peu les épaisseurs des manches qu'il rencontrait sous ses doigts, avec l'impossibilité de toucher plus que le tissu.

-Tu triches, murmura-t-il.

-Hum, non, ce sont les aléas…

Il devinait le sourire de son camarade, là, dans le noir, derrière les tissus. Il avait envie de soulever les couvertures et de s'engouffrer sous celle de Marco. Il appréhendait chacun de ses mouvements, les attendant malgré tout avec impatience.

Il sentit son ventre se contracter légèrement quand les doigts passèrent dessus, caressant sa peau. Puis un peu plus haut. Le bout d'un doigt frôla un téton, et il frissonna au courant qui le traversa.

-M-Marco…, souffla-t-il, hésitant.

Même s'ils n'étaient plus très nombreux dans la chambre à cause des départs momentanés, ils n'étaient pas seuls pour autant. Les couvertures avaient beau les protéger, n'importe lequel d'entre eux pouvaient se réveiller d'un moment à l'autre et entendre. Voire se réveiller en les entendant.

-Evite de faire du bruit… ? eut-il en guise de suggestion de la part du garçon.

Jean sentit le rouge lui monter aux joues. Marco le faisait exprès, au final. Il sentit la main redescendre lentement, ses doigts titillant son nombril quelques secondes jusqu'à ce qu'il lâchât un petit rire étouffé. Il savait qu'il était un peu chatouilleux, plus particulièrement à cet endroit-là. Il l'avait assez taquiné pour ça.

-C'est injuste…, gémit-il.

-Tu veux savoir ce qui est injuste ? murmura Marco.

Jean avait l'impression de retenir sa respiration sans même y penser. Les doigts venaient de caresser l'os de sa hanche, un auriculaire faisant claquer l'élastique lâche de son pantalon sur sa peau.

-C'est d'être bloqué comme ça…, continua-t-il. T'es là…On est presque l'un contre l'autre…Et…C'est…

Marco ferma les yeux. Jean avait cette peau naturellement douce qu'il gardait de l'enfance qu'il quittait juste.

-…Frustrant…, souffla Jean.

Marco hocha la tête dans son coin, quand bien même l'autre ne le verrait pas.

-T'étais pas obligé de le dire, hein.

-Quoi, c'est pire ?

-Un peu, rit Marco.

-Ah, me pince pas…

-C'est une punition.

Jean sentit les doigts s'aventurer un peu plus bas, caressant lentement et calmement les poils courts qui passaient.

-Qu'est-ce que tu f…

La main s'immobilisa un moment, et il sentit l'hésitation du garçon.

-Rien de plus…, murmura-t-il. Promis…

Jena sentit venir le moment où la main se désengageait déjà, et il la retint de justesse. Contre lui, il sentait Marco bouger un peu, comme s'il essayait sans succès de se rapprocher encore un peu. Sa main n'avait pas continué, fuyant juste sur sa hanche.

Et brusquement, Jean craqua ce qui était frustrant, c'était d'être contre lui et de ne pas pouvoir le toucher, le sentir.

Ils n'étaient que deux dans le lit.

Au diable le reste.

Il avait presque l'impression de se jeter hors de sa couverture, glissant sans transition sous celle de Marco qui s'était presque un peu superposée à la sienne. Là, il reconnut sous ses doigts le toucher des vestes que portait le garçon, le pantalon au tissu rêche. Un souffle chaud le salua, lui chatouillant le visage quand il se colla à lui, l'étreignant de toutes ses forces. Il posa son visage dans le ceux de l'épaule, respirant lentement. Là, son odeur le calmait, le rassurait.

-J…Jean… ?

-Mh…

Un peu perturbé de se retrouver avec le blond quasiment enroulé autour de lui, Marco mit un petit moment à oser bouger. Avec le corps brûlant qui s'était collé ainsi, il allait bientôt avoir chaud, à n'en pas douter. Il espérait juste que Jean ne remarquerait pas son coeur qui battait à tout rompre. Etre dans le noir était une bénédiction contre la rougeur qui s'étalait sur son visage.

Les bras de Jean étaient glissés à l'intérieur des vestes, quémandant la chaleur. Son souffle s'arrêtait parfois contre son épaule, pour un soupir.

De temps en temps un baiser, discret, se posait sur sa peau.

Pour rien au monde, il n'aurait laissé sa place.

Il était juste heureux d'être Marco et d'avoir l'affection du garçon. C'était beaucoup. Il doutait juste du fait que Jean se rendît réellement compte de ce que tout cela impliquait. Jean n'avait presque aucune connaissance là-dessus. Ni même avec une fille d'ailleurs.

Il sourit quand une jambe l'emprisonna, entourant ses cuisses.

-Et si je veux me lever ? sourit-il, glissant ses bras autour de Jean.

-M'en fous. Dors et c'est tout…

Marco gloussa doucement, et tapota le bas de la nuque de Jean du bout des doigts avant de le serrer.

-Il fait chaud, maintenant…, souffla-t-il au creux d'une oreille.

Il mourrait d'envie d'attraper le lobe entre ses dents.

-T'as pleins de trucs à enlever, ça tombe bien, répliqua aussitôt la voix étouffée de Jean.

-Je t'en prie.


Merde, j'ai chaud…

Les yeux grands ouverts, Connie redécouvrait les joies d'un lit où ils étaient plus de deux. Même si ca lui était arrivé récemment, il ne s'était pas trouvé bloqué au milieu de ses voisins de lit. Bougonnant, il essaya de rejeter un peu sa couverture, se rendant compte qu'elle était coincée sous le bras d'Eren. Le garçon aavait tendance à s'étaler, et il comprenait maintenant de quelle manière. Tous bras et jambes dehors, Eren avait à moitié élu domicile sur lui, le prenant pour un oreiller géant. C'était peut-être ça, son problème principal.

-'Tain, t'es lourd et tu tiens chaud, enfoiré…, maugréa-t-il à voix basse.

Un petit marmonnement lui répondit et il eut peur de l'avoir réveillé bêtement. Le bruit passa, sans se reproduire, et il se retint de soupirer de soulagement.

Ses yeux se fermaient tous seuls par moment, mais la chaleur le maintenant dans un état de conscience qui l'agaçait et l'empêchait de dormir.

Il était fatigué, merde ! Il voulait juste dormir. Rien de plus. C'était trop demander, sans doute ?

A côté de lui, un petit reniflement se fit entendre Eren se remit à marmonner de façon incohérente dans son sommeil.

Connie se figea.

Il faudrait le prévenir qu'il parlait en dormant.

Plus spécialement, qu'il pleurait. En répétant le nom de Jean. D'une façon tellement désespérée que ce n'était juste plus possible de le laisser ainsi.

Soupirant, Connie se tourna sur le côté, face au garçon, tentant de ne pas cogner Armin qui dormait de l'autre côté du matelas, et posa une main sur le crâne du brun. Il apercevait tout juste les contours de sa tête et son corps.

-Ca ira, murmura-t-il. T'oublieras. Passe à autre chose, mec…