Reviews

Pand'Asuka :C'est gentiiiil ! Faut pas hésiter avec les reviews, ca motive à continuer quand on a des retours qui font plaisir ;x; Sinon, eh oui, ce n'est pas une fête qui réjouit beaucoup de gens! En tout cas, courage! Pour la peine, fais-toi plaisir avec ce chapitre, il remonte un peu le moral ;) (Pour le coup, il devrait te plaire je pense?)


Chapitre 54


-Ils sont tous sortis.

Assis à la grande table de la salle, Bertold et Reiner savouraient un grand bol de tranquillité. Depuis maintenant trois jours qu'ils étaient de repos, c'était bien la première fois qu'ils se retrouvaient quasiment en tête-à-tête. Il n'y avait que Thomas et Samuel qui bâillaient un peu plus loin, usant de leur temps libre pour récupérer tout le sommeil qu'ils voulaient. Les deux garçons avaient encore battus des records, et tandis que les deux plus grands prenaient leur déjeuner, ils en étaient à peine à attaquer leur petit déjeuner. Quelque part dans le bâtiment, ils avaient croisé Armin un peu plus tôt. La garçon passait le plus clair de son temps dans la bibliothèque, malgré le maigre choix qu'il pouvait y avoir comparé à la grande bibliothèque de la ville la plus proche.

Bertold leva les yeux sur le blond le fixait, méditant sur son constat après un tour d'horizon. La pièce était presque plongée dans le silence. Des bruits de couverts, de temps en temps, résonnaient.

-C'est pas plus mal, dit-il.

Il remarqua le coup d'œil de Reiner vers leurs deux camarades, juste avant de sentir quelque chose se poser contre le bas de son mollet, puis glisser légèrement vers le haut. Bertold se racla la gorge en un avertissement sonore mais néanmoins discret, portant la cuillère à sa bouche dans le même temps.

-Qu'est-ce que je t'ai déjà dit ? marmonna-t-il tout bas.

Reiner le regarda un moment, avec une expression qui montrait ouvertement sa perplexité. Depuis un moment, Bertold s'était un peu trop ouvert à lui, et il l'avait pris pour acquis.

C'était se tromper lourdement. Le garçon savait retourner sa veste, et il le lui avait rapidement fait savoir. Pas en public, d'accord. Il ôta rapidement son pied du pantalon, calant tout de même son genou contre celui de Bertold.

-Cinq à zéro, Reiner. N'oublie pas.

Un clin d'œil discret. Un petit coup du bout de la langue sur sa lèvre inférieure.

Reiner déglutit, plongeant le nez dans son bol au rappel. Après la deuxième intrusion de Bertold, il y en avait eu d'autres les jours suivants. A chaque fois, il le prenait de court et, perdu dans les sensations que lui procuraient les mains du brun, il n'avait pas su le repousser. Il regrettait ensuite. Amèrement. Il avait l'impression sa position initiale –en fait c'était totalement le cas.

-J'avais compris…, grogna-t-il. On fait pas un concours… !

-Ce serait pourtant amusant.

Reiner piqua un fard. Comment Bertold faisait-il pour dire ce genre de choses comme ça, l'air de rien ? Ca avait l'air terriblement normal.

-Enfin un jeu où Reiner peut perdre ? dit soudain une voix en s'approchant.

Ils levèrent les yeux, dévisageant Armin pendant un moment alors que le garçon s'asseyait près d'eux, posant un énorme livre sur la table. Ils étaient plutôt habitués à cela le petit blond se perdait des heures durant dans des livres, de cette façon-là.

Bertold esquissa un petit sourire.

-On peut dire ça. Il manque de rapidité et de mordant.

-Hum, je vois, c'est un peu étrange. Vous jouez à quoi, en fait ?

Armin avait ouvert le livre, dérangeant légèrement Reiner qui décala son bol pour éviter un accident. Tournant les pages et se plongeant déjà dedans sa lecture, il ne semblait pas très attentif, parlant plus par automatisme qu'autre chose.

-C'est un secret, répondit simplement Bertold.

Sous la table, Reiner sentit le genou contre le sien se relever à ce moment-là. Une fraction de seconde plus tard, le pied de Bertold glissait entre ses cuisses sans prévenir, jusqu'à se coller contre son entrejambe.

Reiner eut l'impression que son visage s'embrasait d'un coup et pria pour que personne ne puisse remarquer quoi que ce soit. Un coup d'œil le rassura. Cette partie était dans un angle mort pour leurs camarades qui comataient sur leurs bols, et Armin n'avait carrément plus rien à faire du monde des vivants, se contentant d'écouter d'une oreille distraite et de leur jeter des coups d'œil sans vraiment prêter attention à ce qui se passait autour de lui.

-Ca a l'air amusant, vu la tête de Reiner, dit-il cependant.

-M-ma tête n'a rien, grogna-t-il d'une voix un peu rauque.

Il sentit le bout du pied appuyer légèrement, et pinça les lèvres au moment même où il songeait à porter la cuillère à s abouche. Armin cligna des yeux en le voyant s'arrêter à mi-chemin.

-C'est si horrible que ça, aujourd'hui ? demanda-t-il avec inquiétude en baissant les yeux sur le bol du blond. La soupe est dégueulasse, mais le riz est toujours mangeable…

-Ah, hum...Un-un peu...

Soudain inquiet que le garçon ne remarquât quoi que ce soit, Reiner gigota légèrement, montant légèrement la cuisse du côté où se trouvait le danger afin de camoufler la perversité de Bertold. Parce que c'en était, à ses yeux. Lui avait toujours plus ou moins agi caché du regard des autres, et avait supposé que c'était en grande partie à cause de la menace de l'émasculation que faisant planer le brun. Peut-être qu'il était juste comme ça de lui-même, finalement.

Néanmoins, il devait avouer que bouger ainsi était une très mauvais idée. Pas vis-à-vis d'Armin, apparemment le garçon n'avait absolument rien remarqué. Mais de lui-même. La pression s'était un peu accentuée, et il sentait le bout des orteils bouger légèrement dans la chaussure, envoyant une toute petite vague dans son entrejambe.

-Tu vas bien, toi ? Tu es écarlate ! réalisa soudain Armin, au grand damn de Reiner.

Une flopée de jurons lui traversa l'esprit, et le blond se força à sourire, tapotant le fond de son bol avec le bout de sa cuillère.

-Ah, hum, j'ai…J'ai un peu chaud ! dit-il un peu au hasard sans être vraiment sûr que son excuse pouvait passer.

Presque aussitôt, une toute petite main vint l'aveugler, sans qu'il ait eu le temps de réagir –ni de voir ce qui arrivait, en fait, Armin était plutôt discret dans ses mouvements. Entre deux doigts mal collés entre eux, il pouvait voir le visage de Bertold s'assombrir un peu. Entre les doigts du brun, la cuillère tournait rapidement.

-Tu as sûrement de la fièvre ! s'exclama Armin.

Reiner remarqua alors seulement que le garçon s'était agenouillé sur le banc, se rapprochant et se penchant presque sur lui. Surpris, il enleva d'une main celle, aussi frêle que les années précédentes, du blondinet, et esquissa un petit sourire.

-Reiner, il faut te faire soig…

-C'est bon, ça ira.

-M-mais…

Entre ses jambes, Reiner sentit le bout du pied glisser lentement vers le bas, pour s'enfoncer légèrement en dessous. Là, il remonta légèrement, jouant ouvertement avec ses parties, et Reiner n'osa pas regarder Bertold au même moment.

Le brun se racla soudain la gorge. Le menton posé dans la paume de sa main, il les dévisageait tous les deux.

-Armin, commença-t-il. Il a dit que ça allait.

Le petit blond fronça légèrement son petit nez en trompette, appuyé d'une main sur l'épaule de Reiner depuis quelques instants pour garder plus facilement sa position lorsqu'il s'était penché sur lui.

-Tu as du toupet, toi ! cracha-t-il. Tu étais bien content quand il a pris soin de toi, il n'y avait pas si longtemps !

Le bout de la semelle glissait lentement d'avant en arrière, caressant rudement à travers le tissu.

-Je ne vois pas en quoi ca te regarde. Prend son avis en considération, au moins.

Reiner soupira, principalement à cause du pied qui continuait et ne faisait qu'empirer les choses à chaque instant. Voir Bertold commencer à perdre son sang-froid, en même temps qu'il le titillait de lui-même sans se laisser perturber par la conversation, c'était juste…Comment dire ? Il se devait d'être honnête : être touché ainsi, quasiment à la vue de tous et de cette façon, était horriblement excitant et il en faisait les frais.

Et quelque part, il avait presque l'impression, dans cette discussion qui n'engageait que les deux garçons, que Bertold s'emportait un peu trop. Pour un peu, il avait presque l'impression que son compagnon se battait pour le récupérer des doigts d'Armin.

Ce n'était pas déplaisant à imaginer.

-Bon sang Reiner, fais quelque chose, et vite ! gémit Armin. Ton visage est effrayant ! Il ne faudrait pas que ca s'aggrave !

-Oui, oui, marmonna-t-il en levant les yeux au plafond.

Il n'était pas sûr de devoir bien le prendre –il savait ne pas être un prix Nobel de beauté, mais de là à dire qu'il faisait peur alors qu'on était à l'instant même en train de le toucher…C'était vexant. En face, il remarqua le petit rictus de Bertold, qui avait visiblement compris ce qui venait de lui passer par la tête.

A nouveau, il y eut ce petit bout de langue, pendant une fraction de seconde.

Le pied revint sur son entrejambe, pressant un peu plus haut, contre l'érection qui menaçait de tendre le tissu de son pantalon.

Le visage écarlate er brûlant, Reiner se redressa presque avec violence, sa main tirant un pan de sa chemise pour cacher le haut de son pantalon. Armin faillit tomber sous le choc, se rattrapant de justesse à la table en froissant une page du gros livre ouvert.

-Tu-tu as raison, bafouilla le grand blond en s'extirpant du piège que représentait le banc entravant leurs jambes. Bert' ! On bouge !

-Ah, m-mais… ?

Armin avait l'air perplexe, et lança un regard en coin à Bertold qui contournait déjà la table, un –tout petit- sourire fleurissant au coin de ses lèvres alors qu'il suivait le garçon.

Montrant son large dos –l'avant n'était pas décemment visible-, Reiner agita juste une main.

-Merci, Armin ! lança-t-il simplement.

Il y eut un petit gloussement, et Armin fronça les sourcils, seul à la table, en reconnaissant le timbre de Bertold.

Il avait raté une étape.