Chapitre 56
- Eh bien... eh bien je crois que j'ai changé, vous comprenez. Je ne me sens plus comme avant, je ne ressens plus le mal parcourir mes entrailles à la recherche de la souffrance. Au contraire, je commence à ressentir de l'affection et... et jamais je n'avais ressenti cela pour quelqu'un hormis mon fils, Henry. Je ne comprends pas d'où provient ce sentiment, Docteur Hopper. Regina avait les yeux voilés de tristesse et d'impuissance. Plus les jours passaient, plus elle perdait son identité de Reine. De Méchante Reine.
- Est-ce que cela proviendrait à la suite d'un événement récent , ou éventuellement de la rencontre d'une personne dans votre vie ?
Regina dévisagea Archibald. Elle n'aimait pas la façon dont il tentait d'entrer dans sa tête. Elle n'aimait pas qu'on lise en elle comme dans un livre ouvert. Elle n'aimait pas se dévoiler surtout après son lourd passé. Le livre se transformerait en grimoire. Mais contrairement à sa haine, elle se mit tout de même à réfléchir à la question du psychologue.
- Euh non... euh si... enfin je ne vois pas en quoi cette personne me fait changer, je ne peux pas l'encadrer, même en peinture. Un visage apparu au fond de ses pensées, lui faisant ressentir de la fureur dans ses mains. La fureur monta si bien que des boules de feu se formèrent aux creux de ses paumes. Excusez-moi. Les boules disparurent.
- Vous savez Madame le maire, vous n'aimez pas grand monde. Vous ne pouvez pas m'en dire un peu plus sur cette personne ?
A cette parole, Pongo releva la tête et se mit à couiner. Les yeux de Regina passèrent du marron au noir en l'espace d'une seconde.
- Je-je vous prie de m'excuser. S'empressa de demander l'homme en balbutiant.
Regina se calma et inspira-expira profondément et sourit.
- Vous avez raison. Cette personne est arrivée un peu prématurément dans ma vie, comme un ouragan qui dévaste l'ensemble de vos plans aussi bien sentimentaux que d'avenir. Je ne pensais pas qu'en fait, cela se réaliserait. Je veux dire que je suis la Méchante Reine et que ce n'est pas conforme aux règles que l'on m'a toujours imposé et que je me force à respecter. Expliqua t-elle l'esprit confus, en agitant les mains.
- Que ressentez-vous envers cette personne ? Je veux dire quand vous la voyez ?
- Eh oh ! C'est personnel ! Hurla instinctivement Regina sur la défensive qui sentait très bien qu'il pénétrait de plus en plus dans ses secrets sentimentaux. Vous avez vraiment de la chance que j'ai promis à mon fils de garder ma haine pour ne pas vous réduire en purée de criquet.
Le Docteur avait touché une corde sensible, il le savait. Le sujet devait être tabou envers elle-même pour réagir ainsi. Néanmoins il attendit confortablement installé dans son fauteuil que le maire daigne se confier.
Regina regarda ses mains et joua avec nerveusement comme si jamais auparavant elle n'avait prit le temps de les observer. Elle cherchait au fond d'elle même une réponse à la question du Docteur Hopper.
- Je ressens ce que je ressentais autrefois pour Daniel.
Sur ces mots, Regina se releva brusquement prit ses affaires et se dirigea d'un pas pressé vers la porte. Le Docteur avait réussi, elle avait admis ce qu'il voulait entendre. Elle allait tourner la poignée quand il l'a retint une dernière minute.
- Cela s'appelle de l'amour, Madame le maire.
La porte claqua et Pongo se mit à couiner à nouveau.
Emma sortait tout juste du bureau du Shérif. Elle n'avait pas réussi à contacter la Reine de la matinée. Elle avait roulé à une extrême vitesse jusqu'au bureau du maire dans l'espoir qu'il ne soit rien arrivé à la Reine.
- Vous ne pouvez pas entrer Shérif ! Elle a demandé à être seule. Fit Aurore en se levant brusquement de sa chaise avec appréhension.
- C'est bien la solitude à deux non ?
Emma se dirigea à la porte et l'ouvrit avant de la laisser claquer derrière elle, faisant bondir de surprise le maire visiblement occupée avec de la paperasse - beaucoup de paperasse.
- Habituellement je broie du noir autour de deux ou trois verres d'alcools, pas avec du boulot, Majesté. Remarqua Emma en esquissant un grand sourire narquois.
- Swan. Oui je connais votre méthode. Est-ce que cela finit toujours au lit quand vous le faite ? Demanda Regina nonchalante en se remettant au travail.
Emma bégayait, prise de court. Elle allait essayer de formuler une réponse quand la Reine lui ordonna de laisser tomber.
- Où étiez-vous ce matin ? Impossible de vous joindre.
- A un rendez-vous... médical. Vous inquiétez-vous peut-être de ma santé Mademoiselle Swan ou comme d'habitude vous ne vous mêlez pas de vos affaires ?
Regina défia du regard le Shérif qui se tenait devant elle. Emma chancelait sur ses propres jambes. Les derniers jours avaient été particulièrement érotiques et tout à coup le maire devenait froide. Elle hésitait à répondre à Regina, cela reviendrait à révéler ce qu'elle ne voulait pas dévoiler au monde sur ce qu'elle ressentait depuis longtemps.
- Je m'inquiète pour vous.
Cela était sorti tout seul. Les mots avaient dépassé ses pensées. Elle se rendit compte de sa bêtise et se mit à rougir. Regina la fixait, incapable de dire quoi que ce soit. Elle se leva et vint se poster devant le Shérif.
- C'est peut-être mieux que vous sortiez d'ici.
Elles restèrent à se fixer l'une et l'autre sans pour autant bouger le petit doigt. Elles firent alors comme si les mots de la blonde n'avaient jamais été prononcés et Regina se mit à sourire victorieusement.
- Aurore a finit son travail dans dix minutes tout compte fait.
Emma sourit reconnaissant bien là la Reine et se jeta sur elle.
