Âmes-sœurs.

C'était étrange.

L'impression d'être déchiré en deux. Celle de ne pas être entier, d'avoir un hurlement continu, malheureux et douloureux au fond de lui. Comme une sirène d'alarme brisée qui refuserait de s'arrêter. Qui rappellerait continuellement qu'il manquait quelque chose. Qu'il manquait.

Lui.

Le hurlement finit par jaillir de sa gorge. Le hurlement s'échappa par ses mains, par son corps. Il courut le long de sa peau, s'ancra sur la lame et frappa à sang. Le hurlement ne laissa rien passer. Meurtrière blessure qu'il n'arrivait à combler. Meurtrier qu'il était. Parce qu'il laissait ce hurlement se déchainer sans tenter de l'arrêter. Sans jamais rien y faire.

Et il hurla. Il hurla sans un mot. Grognement par moments. Ricanement à d'autres. Il hurla sans s'arrêter. Hurla en lui comme on hurler à la lune. Hurla sa peine. Hurla sa blessure. Hurla sa mort, sa tendresse, son amour, sa peur.

Et il poussa la porte, l'attrapa dans ses bras, le serra contre lui. Il passa une main sur son visage, enfouissait le sien dans son cou. Il respira son odeur, sa peau, sa vie. Il ne le lâcha plus, ne laissa rien d'autre. Ne fit rien pour bouger. Aucun mouvement, aucun mot. Juste la sensation froide de retrouver quelqu'un. Celle chaude de son âme qui retrouve sa moitié.

Et il sut, même si ce ne fut qu'une seconde, même si ce ne fut qu'un instant. Il sut ce qu'il avait toujours sut. Ce qu'il n'oublierait jamais. Ce qu'il savait depuis toujours. Depuis qu'il avait plongé dans ses yeux. Qu'importe les années. Qu'importe l'endroit. Qu'importe les blessure. Les trahisons. Les peurs. Les amours. Les autres. Qu'importe.

Il le sut comme il avait sut qu'il fallait courir ce jour là. Sortir de la maison en flamme pour serrer ce ballotin blanc contre lui. Pour le mettre en sécurité. L'aimer. Le choyer.

Qu'entre ses doigts, pour quelques secondes avant que les anges le rattrapent, Sam était là.