Le dernier principe.
Il y a toujours eu des choses en lesquelles Gabriel ne croyaient pas. Des choses plus grandes, plus précieuses, plus importantes que tout. Des choses dictées par son Père, et qui avaient finies par n'être qu'un ramassis d'absurdités pour lui. Celles censées être la base de sa mission, de son existence, de son voyage.
La vie avait été le premier point. Le premier que Dieu son Père avait agrégé. L'atteinte à la vie était un crime punissable, le seul crime dont il n'avait jamais été possible de se séparer selon Lui. Celui qui envoyait droit au Enfers. Et Gabriel avait vus son Père instruire les anges, leur expliqué en quoi chaque existence, chaque souffle étaient d'une importance capitale.
Puis Dieu avait ordonné le guerre. Puis Dieu avait pardonné à ceux qui tuait. Il avait accordé la miséricorde. La tendresse. L'Amour. Dieu était devenue partiale, fragile. Et chacun de ses mots s'étaient muée en une vase boueuse dans la bouche de l'archange.
Mais Gabriel avait voulut y croire. Croire en son Père. Comme tout bon fils avant lui.
La tolérance avait été le second point si cher à son père. S'aimer les uns les autres. Ne jamais se faire de mal. Un principe si ancré dans leurs esprits qu'il avait fallut des milliards d'années avant qu'un ange n'ose marché sur de l'herbe. La réalité de leur rôle : celle de protecteur pour chaque souffle existant. Chaque cœur battant.
Puis Dieu avait à nouveau brisé son principe. Dieu avait donnée la Terre aux Hommes. Il avait déclaré que chacun tout était pour eux. Uniquement pour eux. Il avait créer des places au Paradis, pour eux. Alors qu'il s'agissait de leur maison. De celle des anges. Des premiers enfants de l'Éternel. Renversé d'un revers de main par un Amour plus puissant. Un Amour si puissant que Dieu en avait révoqué son Premier fils. Que l'Étoile du Matin avait chut. Et que Gabriel avait hurlé.
Alors Gabriel avait cessé d'y croire. En son Père. En Dieu.
Et il était partit. Partit avant que le dernier des enseignements de son Père ne parte en fumé dans son esprit. Avant qu'il ne finisse briser, broyer. Abandonné dans un océan de malheur, de douleur et de fin. Un océan si immense qu'aucun sourire n'aurait put venir le comblé.
Il était partit alors qu'il voyait Michael poussé Lucifer dans la cage. Alors que les anges s'entre-tuaient. Alors que Raphaël avait abandonné son poste de guérisseur pour mieux détruire. Alors que les hurlements pleuvaient. Alors que Dieu avait déserté le champs de bataille, laissant le Paradis se déchirer de l'intérieur.
Il était partit alors en courant, volant, pleurant – il ne savait plus vraiment, l'instant n'avait été qu'une vague d'amertume, de calvaire et d'angoisse sourde. Il était partit sans regarder derrière lui, s'attendant à s'écraser sur Terre pour ne plus jamais avoir à se briser les ailes ici. Parce qu'il l'aurait voulut. Voulut répandre sa grâce dans l'univers, ne plus ressentir la moindre chose. Le moindre sentiment. Gabriel le Messager. Gabriel, l'archange qui aimait les Humains. Gabriel, l'archange au cœur d'artichaut. Mourir aurait été son salut. Mais il ne l'avait pas fait.
Parce qu'il croyait encore aux enseignements de son Père.
Et il avait croisé cet ange, aux ailes noires et à la grâce gémissant de détresse. Un ange comme il y en avait trop pour que Gabriel ne s'en souvienne. Un ange qui pourtant, semblait comme lui, la première fois qu'il avait vus Père revenir sur ses paroles. Mourant de l'intérieur. Suppliant pour que tout s'arrange. Pour le salut de tous.
Un ange qui avait croisé son regard, qui courrait vers le champs de bataille. Un ange qui ne demanda rien à Gabriel, qui n'essaya pas de le retenir, de le ramener avec eux. Qui ne le traita pas de lâche. Un ange qui se contenta de l'observer, d'acquiescer, de comprendre. Comprendre sa peine, sa désolation, sa faiblesse, son chagrin. La torture que cela engrangeait en lui.
Un ange qu'il ne fut plus amené à rencontrer, dissimulé aux yeux des célestes, dissimulé parmi les païens. Un ange qu'il pensait rester sans nom dans son esprit, l'unique ange qui avait semblé ne pas le juger sur son départ, sur sa fuite.
Mais il avait fallut les Winchesters. Il avait fallut ces maudits chasseurs. Ce maudit regard bleu. Cet absence de jugement, de hauteur. Cette grâce qui hurlait toujours, comme la sienne. Qui hurlait la peine. Et Gabriel l'avait fait. Il avait renverser sa balance, renverser sa croyance. Il l'avait fait. Devant ces deux frères qui partageaient ce que lui avait perdu. Devant cet ange qui semblait avoir trouvé sa place. Devant cet ensemble qui soudainement le ramenait des milliards d'années en arrière, écoutant sagement son Père, il le fit.
Il défia Lucifer. Il tenta de répondre au dernier principe, de ne pas abandonner.
D'avoir foi.
Et il en fut de nouveau affligé. De nouveau blessé. Poignardé en plein cœur par celui qu'il voulait sauvé. Humilié. Rabaisser. Pour sauver des païens que son propre frère n'aimait pas, mais qui n'avaient pas hésité non plus à le poignardé. Pour sauver deux chasseurs qui ne voulaient que se sauver l'un l'autre.
Mais pour un ange, qui ne lui fit jamais de reproche. Pour un ange aux ailes noires.
Pour un ange qui finit par ouvrir la porte de son Paradis – le sien, personnellement préparée par Papa. Un ange qui laissa un simple sourire poindre sur ses lèvres alors qu'il tendait ses bras pour se jeter dans les siens. Un frère qui ne lui tint par rigueur des fuites, de la lâchetés, de la peur qui consumait ses entrailles. Un petit-frère qui se contenta de murmurer, enfouit dans le creux de son cou :
- Je te ramène à la maison.
