Chapitre 64

Emma avait fini par s'endormir malgré les grondements furieux de l'orage. Dehors, le jour se levait et les arbres s'égouttaient de leurs gouttes d'eau. Vingt-quatre heures qu'elle n'avait pas quitté sa chambre, simplement vêtue de son pyjama et de son cœur brisé. La jeune blonde encore couchée fixait sa veste rouge qui brillait malgré l'obscurité.

Cette veste était son bouclier. C'était Cleo qui lui avait enseigné l'art de trouvé quelque chose pour se protéger, un pendentif, bracelet, vêtement, et Emma avait opté pour cette veste que jamais auparavant elle n'avait prémédité d'acheter.

Swan se leva de son lit, motivée. Elle partirait le lendemain pour Boston, elle profiterait donc de cette journée pour préparer et emballer ses quelques petites affaires. Elle se demandait bien quelles explications elle fournirait à Henry ? Devait-elle vraiment toujours justifier ses actes ? Emma prit des affaires propres et déverrouilla sa chambre. Elle hésita à ouvrir la porte.

Lorsqu'elle descendit, elle vit ses parents attablés, silencieux, anxieux. Mary Margaret se leva d'un bon faisant tomber sa chaise qui résonna lourdement sur le sol.

- Emma ! S'exclama t-elle avec une voix étouffée par le chagrin.

Mais la blonde ne la regarda qu'à peine trois secondes avant de s'enfermer dans la salle de bain silencieusement.

Belle était passée chercher Henry plus tôt ce matin, Regina ne se sentait pas capable de s'occuper de lui aujourd'hui. Elle avait peur de transférer sa colère à travers son fils, elle avait peur que la Méchante Reine ne refasse surface.

Plongée dans l'obscurité de son manoir, la Reine avait les yeux fixés dans les méandres profondes de son esprit. Elle avait décidé de retourner travailler. Elle s'était dite qu'elle devait se changer les idées et se noyer sous une montagnes de potentiels dossiers. Elle but d'une traite son café puis alla chercher son manteau. Elle empoigna les clefs de sa Mercedes et fila jusqu'au bâtiment blanc administratif.

- Veillez à ce qu'on ne me dérange pas, Aurore. Décrocha Regina en guise de salutations.

Les talons du maire claquaient sur le parquet derrière son passage. Elle traça sa route sans s'arrêter jusqu'à ce que la porte de son bureau claque dans son dos.

- Mes salutations Madame le Maire... murmura Aurore, exaspérée par le peu de considération que lui portait Regina Mills.

Emma venait de boucler son troisième cartons d'affaires. Elle tourna sur elle-même et constata que sa chambre était presque vide. Elle sourit. Elle consulta sa montre, 15h00 affichaient les aiguilles, elle était dans le bon timing. La blonde s'était dite qu'elle passerait à la mairie une dernière fois et qu'elle ferait ses adieux à Regina. C'était fini. Elle avait méticuleusement choisi ses arguments tandis qu'elle rangeait. Elle était prête.

La Coccinelle jaune traversa une dernière fois le long boulevard principal et tourna à gauche. Elle prit encore une petite rue avant d'arriver à la mairie. Le Shérif inspira-expira lourdement. Elle descendit de son véhicule et s'engagea dans l'allée.

- Ça ne prendra que quelques minutes ! Fit Emma à la secrétaire en ne prenant pas la peine de s'arrêter.

Regina était plongée dans un gros dossier quand la porte de son bureau claqua et la fit sursauter. Son regard se pétrifia. Emma était là, stone et le regard froid.

- Vous avez gagné, je suis tombée amoureuse de vous Regina. J'en ai marre de faire semblant. J'en ai marre de faire comme si tout me glissait dessus. Je n'en peux plus d'avoir besoin de vous chaque jours. J'abandonne. Je m'en vais. Je pars demain.

- Emma... murmura Regina stupéfaite et pétrifiée.

- Vous ne m'avez pas laissée vous emmener dans mon monde, vous ne m'avez pas laissée guider chacun de vos pas, vous ne m'avez pas laissée apprendre vos réveils ni inventer vos nuits, vous ne m'avez pas laissée rester près de vous. J'aurais effacée tous les destins tracés, recousu toutes les blessures. Vos jours de colère, je vous aurais liée vos mains dans votre dos pour que vous ne vous fassiez pas mal, j'aurai collé ma bouche à la vôtre pour étouffer vos cris et rien n'aurait été plus pareil, et si vous vous étiez sentie seule nous aurions été seules à deux. Mais rien ne tout cela n'est arrivé ni arrivera. Je vous remets mon insigne Regina, et mon arme de service.

L'ancienne Shérif défit son étoile et sortit son Glock de son étuis et déposa le tout sur le bureau marbré du maire.

- Je pensais qu'en couchant avec moi, vous me verriez comme quelqu'un de spécial Regina. Je pensais aussi que je deviendrai votre fin heureuse, ou votre grand amour. Quelque chose du style. Mais je me suis trompée. Je ne serais pas votre marionnette à temps perdu. Je ne suis pas un pantin que vous pouvez manipuler comme bon vous semble. Je croyais que l'autre nuit, vous étiez réelle, mais rien n'est réel avec vous.

Regina la regarda s'éloigner, sentant son cœur s'alourdir d'un coup. Les larmes commençaient à fuseler au bord de ses yeux. Emma ne pouvait pas partir comme cela, elle ne pouvait pas l'abandonner. Comme scotchée à son fauteuil, le maire ne put la rattraper. Swan prit la poignée dans sa main et se retourna une dernière fois.

- Vous n'avez jamais été un monstre à mes yeux mais un ange déchue qui tentait de chercher son absolution dans ce monde. Je vous aimais pour cela. Pour votre difficulté à vouloir changer la mauvaise personne que vous étiez afin d'effacer et de faire pardonner votre passé.

Emma disparut derrière la porte vitrée. Regina se leva et se jeta sur la porte mais incapable de l'ouvrir, elle se laissa glisser contre, rabattu ses jambes contre sa poitrine et enfonça sa tête dans ses bras. Emma, de l'autre côté, appuya ses paumes et écouta les sanglots du maire se mêler aux siens.

Ne jamais regarder en arrière et laisser passer. Elle ne reviendrait pas sur sa décision.

Vous aurez sûrement reconnu un passage du roman Sept jours pour une éternité de Marc Levy mais je trouvais qu'il collait parfaitement à la vision "Evil" et "Angel" du couple.