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Rumi: Eeeeeeh...Non! Mais bientôt ^.^ Je tiens à garder quelque chose de mignon sur ces deux-là ;3


Chapitre 64


-Connie ?

Samuel avait arqué un sourcil, un peu surpris de la question qui lui avait été posée, et avait pris un petit temps pour réfléchir à sa réponse. Finalement, il avait désigné le fond de la cour, par la fenêtre qui éclairait le couloir.

-Si tu ne l'as pas trouvé, dit le garçon, il s'est probablement caché dans l'écurie.

Eren ressentit un petit pique agacé en constatant que le brun en savait plus sur Connie que lui-même. Pourtant, il passait son temps avec lui, mais il doutait que ce fût suffisant. Pas en si peu de jours. C'était normal. Alors d'une certaine façon, ca l'énervait.

Il remercia néanmoins Samuel rapidement d'un petit geste avant de se lancer vers le dortoir pour récupérer un vêtement plus chaud. A l'intérieur, il y avait quelques bruits de voix, et rapidement en avançant il tomba sur Bertold, en pleine discussion à voix basse avec Reiner. Le blond était assis, le dos collé contre le mur au fond du lit, son camarade avachi contre lui, livre en main. La tête légèrement inclinée en arrière, Reiner avait l'air un peu sur le point de s'endormir et répondait par monosyllabes quand l'autre parlait.

Ce dernier leva les yeux en le voyant passer, un peu surpris mais ne bougea pas de sa place, se calant un peu mieux contre le corps musclé qui lui servait partiellement de coussin. Reiner grogna légèrement, bougeant une jambe pour une position plus confortable.

Un peu perplexe de les voir ainsi, Eren détourna les yeux des deux garçons, pour fouiner dans ses propres affaires un peu plus loin. Il attrapa une grosse veste qui trainait et l'enfila rapidement.

-Tu sors ? entendit-il l'instant d'après.

Il se retourna les yeux sombres de Bertold le fixaient avec curiosité alors qu'il se frottait la nuque d'une main, s'étirant légèrement. Reiner eut à nouveau un grognement de mécontentement, évitant l'autre main qui passa près de son visage, le frappant presque.

Eren hocha la tête lentement en revenant sur ses pas, et s'arrêta devant eux au passage.

-Je vais prendre l'air, marmonna-t-il.

Betold eut un rapide petit signe de la main, et quand le garçon eut disparu derrière la porte, la laissant claquer avec un petit bruit sec, le brun laissa échapper un long soupir et Reiner entrouvrit un œil, sans parvenir à retenir un petit ricanement moqueur.

-T'es un chef, dis donc.

Le brun grogna légèrement et se décala un peu de son support, donnant une tape sur l'entrejambe qu'il cachait depuis quelques minutes seulement. Au contact un peu douloureux, Reiner se contracta un brin avant d'y frotter d'une main. Bertold enleva celle-ci rapidement, avec une moue.

-T'es déjà assez excité comme ça, marmonna-t-il.

-La faute à qui ?

Bertold pinça légèrement les lèvres. Pour être exact, il l'avait légèrement taquiné. A ce moment-là, il n'avait pas imaginé une seule seconde que quelqu'un –Eren ou qui que ce soit d'autre en fait- puisse entrer. Bien mal lui avait pris. D'ailleurs, qu'est-ce qui lui avait pris, justement ?

Qu'est-ce qui lui prenait ?

Depuis quelques temps, il avait ce besoin, comme une urgence, et il ne comprenait rien d'autre que la présence animale de Reiner à ses côtés. Etait-ce le blond, à force, qui l'avait amené à se comporter de cette façon ?

-Tu fais une drôle de tête, dit soudain Reiner.

Il s'était un peu redressé, pour se pencher vers Bertold qui se perdait dans ses pensées, assis en tailleur près de lui. Le menton au-dessus de son épaule légèrement affaissé, il souffla contre le lobe à découvert, le faisant sursauter.

-Eh ! s'exclama le brun, portant sa main à son oreille.

A peine avait-il tourné la tête qu'il s'était retrouvé pris dans le regard du blond, à deux doigts de rencontrer le bout de son nez. La façon qu'il avait de le regarder avait toujours été particulière, et aucun des deux n'avaient empêché les choses de continuer dans ce sens-là. Pas même lui, qui se revendiquait pourtant pleinement contre les agissements de Reiner. Et maintenant ?

Maintenant, il avait l'impression d'être celui qui le cherchait, comme s'il y avait eu un renversement de situation. Parfois, il ne comprenait plus vraiment ce qu'il faisait, se laissant aller à un besoin –un désir ?- soudain. Il ne réalisait qu'après. Dans ces moments-là, il se demandait si c'était ce que vivait et ressentait Reiner depuis tout ce temps. Probablement, et pourtant en même temps il avait un léger doute.

La bouche de Reiner s'étira en un grand sourire. Les yeux un peu étroits le regardaient, fixement, et il sentit une main s'appuyer sur sa cuisse, soutenant le corps lourd de muscles.

-A quoi tu penses ?

Il était proche. Reiner savait qu'il déstabilisait le garçon en bougeant de cette façon en le regardant de cette façon, même. Ses yeux brillaient légèrement, avec cette lueur qu'il avait juste avant d'attaquer. Quelque part, son cerveau lui hurla de se protéger. Il n'en avait pas envie.

Son train de pensées s'arrêta pendant une seconde. Les lèvres fines de Reiner venaient de le piquer d'un baiser rapide. Ce n'était pas quelque chose de chaste à proprement parler c'était trop rapide pour ça. Une plaisanterie ? Le blond souriait presque toutes dents dehors, le dévisageant pendant un moment. Du coin de l'œil, Bertold voyait ses mains s'activer il remettait sa chemise en place, malgré son pantalon encore tendu.

-T'es ailleurs, Bert', murmura-t-il.

La pression de sa main était revenue sur sa cuisse avant qu'il ait eu le temps de remarquer qu'elle avait disparu. Les doigts avaient légèrement accentué leur pression. Il s'entendit presque déglutir, et sentait son propre souffle, lourd et brûlant, quitter son visage. Reiner devait le sentir. Il n'en faisait pas part cependant.

Il ne le touchait pas outre-mesure. Il y avait quelque chose d'un peu étrange dans ses mouvements. Il n'avait pas l'habitude de cette attitude de la part du blond, et sa façon de le toucher, de le fixer, le perturbait terriblement, le laissant presque sans voix. A sa remarque cependant, il essaya de faire un effort, laissant échapper un bruit plus qu'une phrase. Légèrement honteux, il se sentit rougir jusqu'aux oreilles et détourna les yeux, brusquement gêné par leur proximité. Il était pourtant habitué, maintenant.

-Tu racontes n'importe quoi…, marmonna-t-il.

Le bout du nez toucha le haut de sa joue, le prenant par surprise alors qu'il regardait ailleurs, et il glissa un œil vers Reiner. Le garçon s'était un peu plus penché sur lui. Là, un brin de langue, fin et légèrement humide, glissa sur le coin de sa lèvre, et il eut du mal à contenir un frémissement. Il avait l'impression que le moindre bruit pouvait briser la tranquillité et le silence qui pesaient dans la pièce.

Le muscle chaud s'aventura sur sa lèvre inférieure, lent, curieux même si Reiner connaissait le chemin.

-Rein…

Les lèvres s'étaient posées au coin de sa bouche et il n'avait pas osé continuer, pris par la peur qu'il s'arrêtât de suite dans son mouvement. Bien malgré lui, un petit soupir lui échappa, et il tenta de se détendre. Si au moins Reiner daignait lui sauter dessus sans prévenir comme il le faisait toujours, il saurait à quoi s'en tenir.

Pendant un instant, il se sentir même presque rassuré en sentant les doigts descendre sur l'intérieur de sa cuisse alors que Reiner s'appuyait sur lui, jusqu'à ce qu'il comprenne que le geste était accidentel. Peu désireux de montrer à quel point il était perturbé par l'attitude du blond et ses gestes, il essaya de ne pas prêter attention aux doigts. Ces doigts, proches de son entrejambe. Ces doigts, qui frôlaient le tissu tendu.

Ni à cette bouche, qui venait lentement attraper sa lèvre entre ses dents, tirant légèrement. Avant de le lâcher.

Les bras musclés l'étreignirent soudain, et Bertold se retrouva tiré en avant, entraîné par le poids du corps lourd qui le serrait. Le nez dans une épaule, il cligna des yeux le temps de comprendre, allongé un peu de travers sur le grand blond.

-Reiner… ? appela-t-il comme il lui était possible ainsi, sa voix un peu étouffée contre sa peau.

Un petit grognement lui répondit au bout de quelques secondes. Il sentit les mains s'agripper dans son dos, le serrant. Un peu plus et il aurait réellement mal.

-Tu m'as dépassé, entendit-il soudain à son oreille.

Bertold déglutit lentement. La voix basse lui semblait terriblement chaude, un poil rauque. Il se rendit compte que les jambes de Reiner l'avaient presque emprisonné entre elles. Le corps était agréable, chaud, et il laissa un petit sourire s'installer, profitant du fait que le blond ne le voyait pas.

-Ca va sûrement continuer, dit-il.

Il y eut un petit silence, pendant lequel Bertold ne savait dire s'il devait en être gêné ou juste en profiter.

-Eh…, murmura soudain Reiner.

Le brun sentit une des mains courir dans son dos, avant que les doigts ne se glissent dans sa nuque, remontant lentement sur l'arrière de son crâne pour s'enfoncer dans ses cheveux.

-On rentrera ensemble, hein… ?

Bertold pinça légèrement les lèvres. Ils n'avaient pas abordé ce sujet depuis très longtemps. Probablement depuis leur départ pour s'enrôler. Ca avait toujours été une discussion un peu houleuse à chaque fois qu'ils s'y étaient mis. Ils avaient alors simplement cessé d'en parler et d'y penser pour se concentrer sur ce qu'ils devaient faire en cet instant. Du moins, c'était ce qu'il croyait.

Un peu bloqué par l'étreinte de Reiner, il glissa ses mains contre la taille sous lui, soupirant doucement.

-On rentrera…, murmura-t-il.

Il ne pouvait juste pas lui promettre qu'ils seraient encore deux.