Hey !
Il y a quelque chose que j'ai toujours détesté dans le Paradis que SPN nous présente : seules les âmes-sœurs partagent leurs paradis personnels. Et je trouve ça à la fois triste et beau. Beau parce que cela veut dire que l'on retrouve la personne que l'on aime après. Mais triste parce que les familles, les amis et autres relations sont totalement déchirées.
P.S. : Merci pour toutes les reviews, les mises en favoris, follows, vous êtes des amours.
L'amour est un couloir sans issue.
Céleste avait attrapée la main de sa mère, en caressant distraitement le dos. Sur l'écran vieillit devant elles, The Hobbit tournait en une bruyante mise en forme de leur dernière entrevue. Il n'y avait aucuns mots, aucuns échanges. Juste elles, dans un silence invisible, leurs doigts serrés et leurs regards rivés devant-elles.
Elle avait laissée ses pieds pendre sur la table basse, la pizza refroidissant. Le bruit de son père qui se laissait tomber à ses côtés, passant avec tendresse une main dans ses cheveux roux. Et elle roucoula, se calant contre lui, sa main toujours dans celle de sa mère. Parce que Céleste était bien, dans la chaleur tendre de sa maison, le soleil se couchant à travers la vitre, le nez collé au cœur de son père, ses doigts sentant battre le sang de sa mère.
Elle était bien, la petite Céleste. Bien parce que tout le monde allait bien. Parce que tout était bien. Parce que tous l'aimait. Parce que le monde tournait rond. Et qu'elle n'était plus seule.
Lorsque le tonnerre gronda quelques mètres au dessus de sa tête, elle se dissimula dans les bras de son Papa. Elle chouina. Parce qu'elle n'aimait pas le tonnerre. Pas les éclairs. La pluie et la nuit. Elle voulait le soleil, la brise. Elle voulait garder la chaleur près d'elle. L'amour. Elle voulait sa famille. Elle voulait ceux qu'elle aimait.
Mais le tonnerre hurla à nouveau. Les murs s'ébranlèrent alors que ses parents ne bougeaient pas, fixant silencieusement l'écran grésillant. Et Céleste tira sa Maman, tira son Papa, les pressa contre elle, entonnant une chanson qui n'avait aucun sens. Elle chantait alors que le plafond geignait de douleur. Elle chantait, criait presque.
Son père chuta, sa mère sombra. Et les mains sur les oreilles, les yeux fermés et les larmes sur les joues, petite-fille terrifiée, elle soupirait les paroles d'une comptine. Elle ne voulait plus rien sentir. Plus jamais. Le froid qui l'envahissait de chaque côté était si douloureux. Le silence, l'absence n'étaient pas envisageable.
Deux mains sur ses joues, de grands yeux bleus. Elle renifla, pleura, fondit en larmes. Ses petites mains dans le cou de l'ange, son cœur en miette.
Elle le savait. Depuis toujours. Ce n'était pas sa mère, pas son père. Juste des projections de son esprit. Juste des idées qu'elle s'en était faites. Elle ne s'était jamais battue avec eux. N'avait jamais eu à élever la voix pour faire accepter à son père qu'elle aimait les filles. Jamais eu à s'expliquer sur ses références douteuses.
Mais elle avait simplement voulue y croire. Quelques heures. Quelques centaines d'années. Juste un petit millénaire. Sa famille autours d'elle.
Quand fut-elle revenue l'adulte aux cheveux courts et bouclés qui avait quitté le monde ? Elle n'en avait rien à faire. Juste la chaleur des mains dans son dos. Juste la douceur de cette voix qui murmurait à son oreille. Juste la tendresse de cette joue posée sur sa tête. C'était tout ce qu'elle voulait sentir. Tout ce dont elle se préoccupait.
Et lorsque Dean arriva, une moue entre le bonheur absolu et l'inquiétude vis-à-vis de ses larmes. Et lorsque Dean l'attrapa à la taille, la faisant tourner une seconde dans le vide, riant à son oreille. Et lorsque Castiel posa une main sur son épaule, sourire doux aux lèvres. Elle sut, lentement, surement. Elle savait.
Sa mère et son père étaient quelque part. Quelque part autour d'elle. Coincée avec une petite Céleste qui n'était pas elle. Une petite Céleste avec qui ils ne se disputaient jamais. Avec qui ils n'avaient pas a bataillée pour la sortir de son lit. Avec qui les journées filaient avec perfection. Une petite Céleste qui devait être si parfaite que l'ennui devait les rongés.
Et attrapant la main de Cas, poussant Dean vers la sortie, une lame à la main, le regard brillant d'expectation, elle se rua dans le couloir. Elle allait les trouvés. Et elle allait les ramener. Qu'importe s'il lui fallait quelques heures. Quelques centaines d'années. Même un petit millénaires.
Sa famille autours d'elle. Et plus.
