Rumi : Ilvacraquer-ilvacraquer-ilvacraquer... *tire sur la corde pour voir où ca lâche*

Saewoon : En parlant de ces deux-là... 8D

Un risque de ralentissement de l'écriture à prévoir pour les deux semaines qui arrivent! (Les déménagements, ca occupe...)


Chapitre 76


Le souffle un peu coupé, Jean cligna des yeux avec une certaine surprise. Il avait à peine eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, que, dans un élan soudain, il avait vu son environnement basculer sous ses yeux. Et à présent, là, au-dessus de lui, c'était les lattes de bois du lit qui les surplombait. Et ce visage. Les joues étaient teintées d'un adorable rose entre les taches de rousseur, les yeux pétillants de malice et de désir.

Jean déglutit. De part et d'autre de son bassin, les genoux de Marco l'emprisonnaient. Du coin de l'œil, il pouvait voir un avant-bras, la main qui y était rattachée s'était posée à côté de sa tête. Penché au-dessus de lui, Marco eut un petit sourire, et déposa un baiser rapide sur une pommette rougissante.

-Renversement de situation…, souffla-t-il.

-Tu…Tu triches ! marmonna Jean.

-Ah oui ?

Le brun eut un petit gloussement, visiblement amusé par la situation. Sa bouche glissa, de sa joue au coin de sa bouche. Celle-ci se courba en une petite moue pendant que son propriétaire retenait un petit soupir malgré tout.

-T'es plus fort que moi, maugréa-t-il faussement mécontent.

-Tu m'en vois navré, vraiment.

Contre son visage, Jean le sentait sourire de toutes ses dents, et il agrippa brusquement le col de la chemise de son camarade, faisant presque tomber son buste contre lui. Marco était un peu lourd, constata-t-il en retenant une petite grimace. Mais au final, ce n'était qu'une preuve de plus qu'il était . Et qu'il ne s'était pas enfui à nouveau. Avec un petit pincement, il devait se rendre à l'évidence qu'il s'agissait du même schéma que la fois précédente : il l'embrassait, Marco s'enfuyait, puis revenait le cajoler.

-Va falloir que je m'endurcisse un peu.., murmura-t-il. Surtout si je veux te retenir.

Un peu surpris par le mouvement inattendu, Marco s'était laissé tomber, un peu crispé sur l'instant, mais se reprit bien vite en se relaxant. Etalé de tout son long sur Jean, il redressa juste un peu le visage, revenant à celui de son vis-à-vis fréquemment pour picorer légèrement la bouche à sa portée.

Il haussa un sourcil à ses propos, perplexe avant de saisir le sous-entendu et rougit. De gêne cette fois.

-Désolé…, souffla-t-il.

Jean le fixa un moment, l'observant prendre une couleur avoisinant la pivoine, avant de bouger légèrement, remontant un peu une jambe. Sentant la cuisse glisser insidieusement entre les siennes, Marco pinça légèrement les lèvres pour finalement laisser échapper un soupir au contact. Là. Contre son entrejambe.

Il se pencha un tout petit peu plus, ses lèvres glissant contre celles de Jean, et il sentit le genou bouger contre lui à son propre mouvement, retenant un nouveau soupir. La chaleur dans son bas-ventre ne pouvait assurément pas passer inaperçue, il n'en doutait plus une seconde. Jean eut un petit sourire, jetant un coup d'œil vers le contact entre sa jambe et le bassin de Marco, lâchant un petit rire un peu déconcerté.

-Eh, tu bandes…, souffla-t-il.

Marco gloussa un peu. Il savait qu'il était écarlate.

-J'ai chaud…, prétexta-t-il en sachant pertinemment que le garçon comprenait la fausse excuse.

-Ah ouais ?

-Arrête de regarder…

-J'vois rien d'ici…

C'était un peu vrai. Allongé de tout son long –et de tout son poids- sur Jean, Marco cachait la visibilité sur à peu près tout, mis à part peut-être un bout de son bassin qui s'était décalé légèrement à cause de sa jambe.

Soudain, Marco sentit une main se promener innocemment sur sa ceinture et se prit à retenir son souffle alors qu'il mordillait la lèvre du garçon. Les doigts étaient un peu hésitants, et pourtant curieux. Un petit frisson le parcourut quand ils caressèrent l'os de la hanche lentement, avant de glisser sous le tissu, longeant la pliure de l'articulation.

Le bout d'un doigt frôla la peau sensible qui appuyait contre sa braguette à travers le tissu fin de ses sous-vêtements, lui prenant un gémissement qu'il eut du mal à couper en s'en rendant compte. Sous lui, il pouvait sentir Jean frémir entre deux petites morsures.

-Ca fait bizarre…, murmura le blond.

-Dis pas ça comme ça…

Son doigt remonta le long de la verge, lentement. Il pouvait en sentir la forme, la dureté, à travers les vêtements, contre le bas de son ventre. Il n'avait pas vraiment eu besoin de voir à proprement parler, le sentir était suffisant. Il sentit le garçon grogner légèrement, retenir un petit hoquet ; son doigt venait de glisser contre le gland. La peau était lisse, semblait brûlante.

-Jean, q-quelqu'un pourrait entrer…, gémit-il.

-Je sais…

Jean hésitait un peu pour continuer. Il sentait le membre s'agiter légèrement contre ses doigts, et rien n'était certain quant au temps qu'ils avaient pour être tranquilles sans que quiconque n'intervienne.

Et puis Marco agrippa brusquement son menton, sa bouche se faisant brusquement plus insistante contre ses lèvres. Quelque part, le contact entre la main du brun et sa peau le faisait fondre, et il répondait avec bonheur à la demande directe.

D'accord. On verrait plus tard, songea-t-il en sentant un brin de langue inquisiteur glisser de son côté. Il sentait son cœur battre rapidement, et le souffle de Marco réchauffait sa joue. Sur sa cuisse, il sentait l'entrejambe qui s'agitait un peu malgré tout, se frottant contre ses doigts coincés sous le tissu. Entre eux, de petits gémissements, qu'il trouvait effroyablement érotiques, s'élevaient. Sans prévenir, il fit descendre son autre main, essayant de défaire la ceinture. Il avait du mal à se concentrer sur ses mouvements, perturbé par la langue qui venait attaquer la sienne fiévreusement, et parvint tant bien que mal à faire sauter le bouton qui entravait son initiative.

La main sur son menton se dirigea plus haut, caressant la ligne de sa mâchoire, frôlant son oreille. Pour glisser dans ses cheveux, se serrant un peu sur quelques mèches claires.

Les soupirs, le bruit des tissus, la sensation des doigts dans ses cheveux, la chaleur contre sa main. Jean se sentait grisé, Et à peu près toutes les idées qui encombraient son esprit lui paraissaient…Lointaines.

Et la chaleur de Marco, sa présence, ses mains, son poids sur lui, tout cela lui semblait incroyablement normal en cet instant. Il en était presque à se demander pourquoi ce n'était pas arrivé plus tôt. C'était idiot.

Il se sentait brûler.

C'était normal.

C'était Marco.

Il voulait qu'il l'embrasse. Encore. Encore. Marco avait le souffle rapide, saccadé. Lui aussi, sûrement. Il savait qu'il était tout sauf calme au moment même. Le brun sursauta légèrement quand les doigts de Jean baissèrent soudain le haut de son pantalon, ses mains venant agripper ses hanches par-dessus le sous-vêtement, soulevant légèrement son bassin. Le garçon sourit à travers le baiser, les lèvres le quittant à ce moment-là. D'un coup de langue, il rompit le –tout fin- filet translucide qui les reliait. Un coup d'œil plus bas, et Jean retint un petit gloussement.

-Je te vois, cette fois…, souffla-t-il.

A seulement, il se rendit compte qu'il avait le souffle court. Pour un peu, il haletait presque.

Le nez contre sa pommette, Marco rougit furieusement et pinça les lèvres une seconde, rapidement pris au dépourvu par une main. Qui s'enroula autour de son érection, lentement. Quand était-il revenu ?

-I-idiot… ! Regarde pas ça…Comme ça !

Il n'était pas en position de force en cet instant, ses hanches bloquées par le vêtement descendu et les mains de Jean….Bref, les mains de Jean. Il le sentait hésiter malgré ses initiatives, et retint un petit sourire. Jean n'était pas naturellement sûr de lui et jouait de l'image qu'il renvoyait au quotidien.

Mais ses mains un peu tremblantes, son souffle rapide et ô combien irrégulier, ne trompait pas Marco. La rougeur sur son visage.

Ah, bon sang.

Il avait terriblement envie de lui. Contre son ventre, juste avant que le garçon ne le soulevât, il avait senti son excitation. C'était quelque chose de rassurant, de savoir qu'il réagissait ainsi. Même s'il avait l'air sûr de lui en l'acceptant à ses côtés –et il savait que c'était là de bien grands mots-, Jean n'avait cependant jamais touché un autre garçon à part lui-même et…Lui, Marco. Difficile de dire sans essayer, si la chose l'intéressait réellement.

A priori oui. Pour le moment.

Il y eut un gémissement. Puis un autre, et Marco finit par se rendre compte que c'était les siens. Le front posé contre les clavicules de Jeans, le nez sur un bouton de la chemise, il soupirait, geignait tour à tour sous les doigts de Jean. L'agilité qu'il avait était déconcertante. Il retint un petit bruit en sentant la main glisser jusqu'à la base du membre.

-M-mince, Jean…, gémit-il tout bas. Co-comment tu…

Un petit rire lui répondit. Visiblement, le blond était satisfait du savoir qu'il mettait en pratique, et le cerveau de Marco dut tourner malgré la difficulté.

La solution n'était pas bien loin, et il redressa légèrement le visage, un sourire en coin.

-C'est comme ça que tu te touches ? murmura-t-il.

Un gloussement lui répondit.

-Ouais…

-Merde, montre-moi la suite…

Il s'entendait parler dans un gémissement. Encore et encore.

La main remonta rapidement. Les doigts étaient légèrement humides, glissant plus facilement sur la peau, et Marco sentit qu'il en était responsable. Il soupira d'aise, frottant son visage contre le torse présenté.

Sa main était passée des cheveux à la nuque. L'autre avait rejoint le torse, glissant sur les côtes de Jean.

Et ce qui devait arriver arriva.

Le souffle court, immobile et l'oreille soudainement tendue, tous deux déglutirent en chœur. Là, dans le couloir, des bruits de pas et de voix. L'instant suivant, ce fut la poignée qui bougea, sûrement déjà attrapée par quelqu'un.

-Mais laisse ! lança Reiner à Guido qui était sur ses talons. Ils sont un peu bizarres en ce moment, mais ca devrait leur passer !

Il jeta un coup d'œil à la ronde, haussant les sourcils en voyant une forme immobile et silencieuse cachée à la hâte sous une des couverture.

A la hâte parce qu'il voyait les pieds dépasser. Deux paires. Et le haut d'un crâne, un peu clair. Avec un sourire en coin, il tâcha de faire comme s'il n'avait rien vu, pour ne pas attirer l'attention de l'autre garçon sur le couple mal caché.