Rumi : c'est un peu longuet depuis quelques temps, en même temps...Un peu de piment, ca fait du bien!
Saemoon : Hum, je crois que l'intimité, c'était en option... (un peu comme le tact de Jean 8D)
Aeshma-nya : Parce que sinon ce serait trop faciiiile ! 8'D Puis ils ont bien choisi leur créneau, quoi...Ravie que ca te plaise! :3
Aaaaah, Dieu seul sait quand j'aurais de nouveau Internet à partir de ce week end ! ;o;
Chapitre 77
-Pourquoi ?
La respiration saccadée, Connie déglutit. Sous ses yeux baissés, il voyait les lèvres d'Eren qui bougeaient lentement. L'autre main du garçon avait lâché son poignet, ayant compris qu'il ne s'enfuirait probablement pas. Probablement seulement. Les doigts étaient venus se cacher dans sa nuque et le garçon pouvait sentir leur pression sur sa peau.
Il devait bien avouer qu'Eren respectait sa parole. Si un doigt avait bien dérapé il y avait à peine un instant, il ne le touchait cependant pas, ou plus. Il sentait juste la main bouger contre lui, s'agitant sur l'appareil du brun. Il l'entendait. Il respirait un peu rapidement, soupirait, retenait parfois un gémissement rauque.
-Pourquoi tu te bloques sur ces choses-là ?
Eren murmurait. Son souffle lui chatouillait le menton.
-T'es presque en train de chialer, Connie…
Il ne se moquait cependant pas. Le plus petit des deux garçons se mordit la lèvre, s'entendit renifler un peu. C'était assez vrai. Ses yeux le brûlaient. Il ne savait pas comment il devait réagir.
-Je…
Sous sa main, le carrelage froid le rassurait un peu. Il était là. Ils étaient là. Eren eut un petit soupir, et force était de constater que ça n'avait rien à voir avec sa masturbation ; il avait enlevé sa main, pour attraper le poignet qui menaçait son visage d'un peu trop près à son goût.
-Tu ?
-J'veux-pas-aller-en-enfer…
Il y eut un blanc, et pendant quelques secondes qui lui parurent terriblement longues, Connie eut l'impression de n'entendre que le bruit de l'eau qui s'acharnait sur eux, et la respiration forte d'Eren. Il avait parlé tout bas, très vite, avec la sensation de se brûler la langue comme les mots sortaient à toute vitesse. Il n'osait pas lever les yeux. Il sentait le regard moqueur qui devait se poser sur lui. Bientôt, Eren rirait et…
Il étouffa un grognement quand sa tête rencontra les clavicules du brun sans prévenir. Derrière son crâne, la main l'avait attiré sans faire de manières. Autour de ses épaules, le deuxième bras s'était enroulé, libérant de nouveau sa main.
-Tu-tu fais quoi ? couina-t-il.
-Ta gueule, j'essaie de te consoler, soupira Eren.
-Je suis pas une gonzesse !
-Ouais, j'ai cru remarquer.
Quelque part, le petit ricanement qu'eut le brun sembla les rassurer tous les deux. Peut-être parce que malgré l'incongruité de la situation, ils étaient toujours eux-mêmes. Au-dessus de sa tête, Connie pouvait l'entendre jurer tout bas, sans trop comprendre. Sa poitrine se soulevait plus posément alors qu'il reprenait une respiration plus tranquille.
-Eh, Connie ? murmura-t-il soudain.
-Quoi ?
Il sentait les doigts tapoter son crâne. De temps en temps, l'un frottait la repousse de ses cheveux sombres. Ce n'était pas désagréable. Il se sentait un peu comme un petit animal, mais ce n'était probablement plus qu'un détail, au point où ca en était.
-Si Dieu se souciait de ce que tu fais de ton corps, tu ne crois pas qu'il s'occuperait des titans d'abord ?
Il parlait bas. D'une certaine façon, s'exprimer sur leurs deux sujets sensibles à a fois s'avérait un peu difficile. Alors, murmurer semblait adoucir les choses. Il supposait du moins. C'était ainsi que Mikasa procédait la plupart du temps pour lui faire entendre raison. Il l'avait remarqué et avait fini par comprendre. Si les gens l'écoutaient, c'était parce qu'elle avait cette voix calme et posée, un brin grave. Quelque chose qui poussait à se taire, se poser, et se pendre à ses lèvres.
-Peut-être…J'sais pas trop…Mais…
Connie avait un souffle chaud. Contre lui, aussi près –et il était à peu près sûr de lui avoir écrasé la tête contre ses os avant même d'y réfléchir-, sa respiration lui semblait brûlante.
-Mais…Je peux pas…Me…
Voir à quel point il était simple et prude était époustouflant, et Eren se demanda à quel point sa famille avait réussi à endoctriner le garçon sur ces choses-là. Il avait entendu parler de ce genre de choses –la masturbation était un acte non productif, Dieu les punirait, gnagnagna. Cependant, il n'avait lui-même jamais vraiment prêté l'oreille à ces choses-là. Ce qui l'étonnait en revanche, c'était que Connie semblait tout de même déjà connaître la chose. Un minimum. Comme tous les garçons, il avait dû déjà s'y essayer. Ou quelque chose d'approchant.
Alors quoi ?
Eren eut un petit sourire et soupira, avant de relâcher l'étreinte qu'il maintenait sur le garçon. Hésitant, celui-ci finit par lever les yeux. Il avait du mal à regarder son visage, et le brun trouva son air perdu atrocement mignon.
Et merde.
-Bon…
Il se redressa, et écarta Connie du bout d'un doigt, gentiment.
-Va à côté, dit-il.
Les joues de Connie s'empourprèrent quand celui-ci se souvint qu'il n'avait pas grand-chose à faire dans cette douche-là.
-Ah, euh, je…D'a-d'accord…
Il hésitait encore. Eren retint un sourire moqueur en le voyant baisser les yeux, perplexe, perdu, indécis même en le voyant dans le même état que plus tôt.
-Je me finirais comme un grand, ajouta le brun. Toi, douche froide !
La moue vexée menaça de lui faire perdre tous ses moyens. S'il n'avait pas eu un minimum de contrôle sur lui-même, il n'était pas sûr de ce qui aurait pu se passer. Probablement qu'il aurait envoyé au diable les principes religieux bon marché des parents de Connie.
Alors, quand ce dernier eut tourné les talons, Eren se permit juste une seconde de laisser ses yeux glisser les yeux le long du dos du garçon, jusqu'à la chute de rein qui se dessinait. Le fessier était incroyablement musclé. Il comprenait mieux l'aisance que le garçon avait dans ses déplacements tridimensionnels
-Eh, Connie ? appela-t-il brusquement.
Un œil caramel glissa vers lui, directement levé pour éviter de regarder son anatomie en pleine forme. Se retenant de glousser en le remarquant, Eren s'appuya contre le mur carrelé.
-J'irais bien en enfer à ta place.
L'expression de Connie à ce moment-là fut mémorable. Le nez légèrement retroussé, les coins de sa bouche hésitant entre se relever ou s'abaisser. Malgré lui, il avait apprécié la proposition, et Eren le connaissait suffisamment pour pouvoir en mettre sa main à couper.
-Va chier, grogna-t-il finalement.
-Ouais, ouais.
Il avait gagné une manche.
-Eh, qu'est-ce que ça veut dire ?
Un peu surpris, Bertold mit un moment avant de comprendre ce qui se passait réellement. En face de lui, le petit blondinet qui était apparu dans son champ de vision n'avait rien à voir avec l'armoire à glace qui le collait habituellement.
Les sourcils un peu sombres étaient froncés ; Armin le fixait droit dans les yeux, et le brun sentait une menace planer.
Sauf qu'il n'était pas sûr de comprendre.
-De quoi parles-tu ?
Sans oublier que le garçon venait de l'interrompre dans une discussion avec Sasha et Samuel. Non, finalement, il ne comprenait pas ce dont il était question. Pince-sans-rire, Samuel, qui s'était rapproché pour la conversation et se trouvait à côté d'Armin du même coup, eut un grand sourire.
-C'est le point de non-retour de la saucisse grillée, que tu ne comprends pas ? dit-il.
Le blondinet fronça du nez, visiblement peu à même de rire à la bêtise proposée. Ignorant totalement le garçon, il ramena son regard sur Bertold.
-Reiner n'a pas besoin de toi, dit-il.
Le grand brun cligna des yeux. Une fois. Deux fois. Ah. C'était donc ça. Encore qu'il doutait du sujet réel. Il opta pour l'innocence. C'était préférable plutôt que de tendre le bâton inutilement.
-Reiner n'a besoin de personne, répondit-il le plus simplement du monde. C'est un grand garçon.
Il le vit pince les lèvres, visiblement courroucé. Ce n'était visiblement pas la réponse escomptée, et Bertold essaya de paraître le plus calme et naturel possible. C'était quelque chose de difficile, avec tout ce qui était arrivé. Surtout concernant Reiner.
-Tu es accroché à lui en permanence.
Bertold leva les yeux, faisant mine de réfléchir.
-Je crois qu'il me colle depuis qu'on est môme.
-Je trouve pitoyable que tu le laisses faire.
-Qui trouves-tu pitoyable ? Lui, ou bien moi ?
Autour d'eux, Samuel et Sasha se taisaient, un peu perplexe quant à la tournure de la discussion. Face au silence qu'il récolta, Bertold se redressa pour quitter le banc avec un petit soupir. Il avait noté la mâchoire crispée d'Armin, ses dents serrées.
-Réfléchis mieux avant de venir sortir des inepties, ajouta-t-il. Reiner n'a plus besoin de qui que ce soit depuis bien longtemps.
Et c'était terriblement vrai, maintenant qu'il y pensait.
Reiner était un solitaire.
Et lui aussi.
