Hey !

Ok, je viens de me rendre compte que cette fic a dépasser les mille vues, ce qui me fait une drôle d'impression...

Alors merci, quelque chose comme, vraiment, vraiment merci, vous avez fait ma soirée ! Donc voilà un petit OS aux effluves de Destiel pour vous remercier.


J'avais besoin de toi.

Castiel avait ouvert ses yeux sur l'obscurité, inspirant profondément. Il avait mal, il avait la grâce à sang et l'esprit si embrumé qu'il n'arrivait à entendre ses pensées. Seule la violence de son cœur humain battant dans sa cage thoracique arrivait à le maintenir éveillé.

Il sentait les filaments de sa grâce remodeler son corps, recréer chaque cellules, chaque centimètres carrés. Il la sentait s'étendre, remettre lentement d'aplombs ses pensées. Lentement.

- Sam ! Dean !

Il se releva brusquement, sa tête heurtant un plafond à quelques centimètres de lui. Sa grâce vibra, hurla. Elle s'échappa par flopée autours de lui, l'entourant telle une protection avant de bruir, telle les ailes d'un anges au réveil. Il souffla, soudainement incapable du moindre mouvement. Le froid engourdissait ses muscles et le temps semblait avoir décidé de ne plus faire sens pour lui.

Semblable au jour de sa naissance, il força ses ailes à s'étendre dans son dos, les laissant s'enrouler dans l'espace-temps avec majestés. Le craquement sourd dans son dos se répercuta dans sa grâce, la faisant couiner de bonheur alors que son vaisseau s'empressait de le rappeler à l'ordre : il était toujours coincé dans cet espace minuscule, froid et obscur.

Avec douleur, son corps entièrement endolori comme un simple humain, il leva les bras, repoussant d'un mouvement lourd la porte qui le bloquait.

Comme il s'y attendait, il s'était retrouvé dans la morgue de l'hôpital le plus proche. Comme il l'avait redouté, Sam et Dean étaient allongés là, devant lui sur les tables en fer glacé. Retenant le hurlement qui remonta dans sa gorge, le transformant en grondement sourd, il ignora magistralement le pauvre légiste qui le fixait éberlué.

Et comme il se l'était toujours promis, quoi qu'il advienne, il posa ses mains sur les bras de ses amis, de ses frères, de sa famille.

L'air caressait sa peau et la douleur du vol coula dans son vaisseau avec violence alors qu'il tombait dans l'herbe, leurs corps à ses côtés. Alors qu'il se rendait enfin compte qu'il était de nouveau seul. Alors qu'il laissait la colère, la tristesse et le désespoir l'envahir.

Le hurlement fit craquer les arbres. Les oiseaux s'enfuirent à tires d'ailes. Et l'herbe s'enflamma.

Il resta prostré, le feu se propageant dans la forêt. Il resta prostré, nu, les mains serrées sur les épaules de ses amis. De ses frères. De sa famille. De tellement plus.

Il resta prostré alors que leurs corps disparurent, tas de cendre. Il resta prostré alors que l'herbe repoussait, que les arbres reprenaient place. Il resta prostré alors que les Hommes continuèrent de détruire. Il resta prostré, ne sachant plus que faire, ses ailes tombantes dans son dos.

Combien de temps resta-t-il là, à pleuré leur départ ? Combien de temps pour que les fleurs remontent sur son corps ? Pour que les animaux l'approchent sans s'en inquiéter ? Pour que la nature ne l'emprisonne dans un cocon de silence ?

Combien de temps, avant qu'il n'ose relever son vaisseau, sa grâce palpitante et ses yeux remplit de larmes asséchées ? Avant qu'il ne laisse ses ailes se déployer encore, s'envolant d'un seul mouvement ?

Il ne s'attendait pas à simplement le retrouver. À fermer les yeux, se laisser guider par le lien invisible mais infaillible qui avait toujours subsisté entre-eux. À simplement tendre la main comme il l'aurait fait dans une foule, suivant le son de sa voix.

Ses battements de cœur, son odeur, le son léger de son âme qui s'étire et se rétracte en un ballet sans fin. Il n'avait qu'à suivre ce chemin tout tracé, ces dalles de tendresse pour arriver à lui. Pour revivre et reprendre sens à son existence.

Pour soudainement, attraper ses doigts, glisser son front contre le sien et soupirer, lentement, bruyamment. Pour le sentir contre soit, et ne plus jamais l'abandonner.

- Hello Dean...

Et simplement se retrouver à la maison.