Rumi: Ahah, merci xD Je t'assure que c'est très difficile pourtant ! (j'ai l'impression d'écrire complètement brouillon et comme un enfant de 10ans là ;o;) Et...Les "je t'aime" c'est pour les tapettes 8D (Oh, wait...)

Aeshma-nya : Parce que les arrêts, c'est magique... 8) Sinon en espérant que la suite te soit aussi instructive... ;)


Chapitre 82


La pièce était sombre. Le tissu qui composait le sac était rêche, il ne tarderait pas à s'abîmer les poings dessus à force de frapper. De temps en temps, la petite flamme s'agitait, projetant les ombres d'une façon étrange sur le mur. Sur le sol, son haut gisait la première chose qu'il avait faite en entrant avait été de s'en débarrasser.

Il avait préféré battre en retraite de sa propre volonté. Le sang battait dans ses tempes. Le regard sombre, insistant en le fixant, ne quittait pas son esprit une seule seconde, et il avait besoin de redoubler d'effort pour ne plus y penser. C'était quelque chose qui lui collait presque à la peau. Il ne parvenait pas à s'en défaire. Combien de fois avait-il attendu que le brun lui jetât un regard –de n'importe quelle nature, au final ?

Quand son pied attaque le gros sac, il sentit le plafond trembler légèrement. Un petit grincement résonna dans la pièce, directement du mécanisme d'attache métallique au-dessus de sa tête.

Puis un deuxième bruit, similaire mais d'une autre origine, lui fit tendre l'oreille. Le sol grinçait légèrement, et ce n'était pas sous ses pieds, où le bois était tapissé d'un épais tapis qui protégeait contre les chutes. Essayant de ne pas se laisser déstabiliser, Reiner avait continué sur sa lancée, redoublant de force. Il savait. Même si ca lui avait pris du temps, il savait que Bertold était là, déjà derrière la porte probablement.

Pourtant, d'une certaine façon, il appréhendait un peu. Il savait qu'il aurait du mal à se retenir. La preuve en était l'état dans lequel il était, là, à tenter d'évacuer sa frustration accumulée depuis plusieurs jours –par principe, il avait évité de rejoindre de nouveau Jean et Marco dans le lit qui normalement était le sien. Il se retenait, bêtement, avec ce besoin de voir comment Bertold allait réagir s'il cessait simplement de le toucher ou de lui faire du rentre-dedans direct.

Contre toute attente –du moins contrairement à ce qu'il pensait-, quelque chose s'était produit. Bon sang.

Il sentait la sueur commencer à glisser le long de sa nuque. Chaque minute qui passait, il se sentait brûler un peu plus, et désespérait de calmer ses ardeurs.

La porte entrouverte ne lui avait pas échappé, et il pivota légèrement pour apparaitre autant que possible dans le champ de vision du brun qui l'épiait en silence, probablement persuadé de sa propre discrétion.

Le jeu de l'espion ne dura cependant que quelques minutes avant qu'il ne craquât lui-même. Gardant difficilement son sang-froid quand Bertold lui tomba dessus, il étira seulement un fin sourire.

-D-depuis quand tu as remarqué ?

La voix du brun était un peu chevrotante. Il adorait quand il le sentait perdu et hésitant. Dans ces moments-là, il le savait vulnérable. Il déglutit, essayant de garder contenance autant que possible.

- Un moment. Le plancher du couloir craque, lança-t-il dans l'espoir que son trouble n'apparaisse pas. Qu'est-ce que t'es venu faire ?

-Rien…Rien de spécial…, marmonna Bertold.

Il sentait son souffle dans son cou, froid contre sa peau moite, voire humide. Il devait certainement être un peu dégoûté, à se retrouver collé contre lui après l'effort qu'il venait de fournir, mais si tel était le cas il n'en disait rien pour le moment.

Il priait pour que Bertold ne se rendît pas compte. Pas compte que contre lui, sa frustration ne faisait que s'accentuer et que ses exercices n'avaient pas portés leurs fruits. Avoir sa chaleur collée à lui, son odeur juste là, son rythme cardiaque qui s'accélérait et résonnait entre eux, c'était…
Enivrant.

Il entendit à peine le garçon il l'avait déjà plaqué contre le mur le plus proche, glissant sa cuisse entre les siennes pour le maintenir assis et assurer sa supériorité en terme de taille, chose qui n'était pas évidente depuis que le garçon l'avait de nouveau dépassé. De loin cette fois. Il doutait de pouvoir le rattraper encore.

-Pourquoi t'es venu ?

Merde. Il peinait à garder son calme, de plus en plus. Sa main avait disparu derrière le crâne de Bertold, et il retenait de justesse ses doigts de jouer avec les mèches courtes.

Bertold baissait les yeux. Il voyait le haut de ses joue rougir, de plus en plus, la coloration –légère malgré tout- s'étalant progressivement jusqu'à ses oreilles. Il se demanda un moment ce que le garçon dirait s'il osait lui avouer à quel point ce qu'il voyait pouvait le retourner. Mais en tout cas, placé comme ça, aucun moyen que Bertold ne sentît le problème qui résidait dans son caleçon. Sauf s'il continuait à fixer par-là, et il priait cette fois pour qu'il ne descendît pas plus loin dans son observation forcée, se penchant pour essayer d'attirer son attention un peu plus haut. Pitié, quoi.

-A-arrête…De…M-me…Regarder comme ça…, gémit soudain Bertold.

-Et comment faut-il que je te regarde ?

Il n'avait pas pris le temps de réfléchir. Voir Bertold dans tous ses états, de cette façon, presque sous lui, l'empêchait d'accéder à une grande partie de sa réflexion. Rester calme était un enfer.

-Dis-moi, Bert'…, souffla-t-il.

-J'ai…Rien à dire…

Bertold était du genre têtu et il le savait. Gloussant doucement en le voyant presque désemparé, Reiner sortit lentement ses doigts qui se perdaient dans les cheveux sombres, avec regret.

Il n'eut pas le temps de comprendre la suite. Une main s'était jetée sur lui, agrippant sa nuque pour l'attirer dans un mouvement peu tendre, et la bouche, brûlante et avide, s'était emparée de la sienne sans un mot. Juste comme ça, d'une façon animale dont il avait cru perdre l'habitude pendant un moment.

La deuxième main s'ajouta rapidement, et il sentit les doigts s'accrocher possessivement à l'arrière de sa mâchoire, ses lèvres ne le lâchant pas. Le brin de langue qu'il tenta n'eut même pas à quémander la bouche entrouverte aurait pu l'engloutir d'elle-même et il retint un sourire en sentant que Bertold aurait probablement tenté de le dévorer s'il avait été sous une autre forme. Ce n'était pas désagréable à imaginer.

S'il avait su que simplement se restreindre aurait eu cet effet, il aurait essayé plus fort encore, et le résultat lui confirmait une idée, un peu saugrenue au premier abord : Bertold avait besoin de se sentir rejeté et acculé pour commencer à agir de lui-même. Du moins, dans leur cas. C'était quelque chose de perturbant et d'excitant à la fois. Presque autant que la main qui glissait à l'arrière de son crâne pour se perdre dans ses cheveux trop courts, essayant de s'y agripper sans réussir.

Et il cessa de réfléchir.

S'appuyant de tout son poids contre le garçon, il abandonna sa retenue, ses mains glissant sur les vêtements. Entre leurs lèvres, il entendait, sentait, les petits halètements quand il effleurait des points sensibles. Sous le coton, ses doigts ne ratèrent pas les boutons de chair qui se dressaient contre le tissu, et les laissa brusquement, sa main se lançant pour l'attraper par la mâchoire sans ménagement, l'autre venant saisir l'entrejambe qui, il l'avait remarqué, se frottait lentement contre la cuisse sur laquelle il était assis.

Un long gémissement lui répondit, Bertold s'agitant pour tenter de faire entendre son opposition.

-L-lâche-m…Moi… !

Haletant, le regard brûlant, Bertold essaya de tendre le cou pour reprendre la bouche qui s'était à peine éloignée, mais la main qui le tenait fermement ne le laissa pas faire et Reiner retint mal un petit rire.

-Ce que tu dis et fais ne vont pas ensemble…, souffla-t-il.

Ce-disant, il donna un petit coup de langue vif sur les lèvres rougies par les coups de dents, et son cœur rata un battement quand celles-ci s'ouvrirent un peu, puis se refermèrent à peine, à la recherche de plus, les yeux mi-clos le fixant.

-T-tais-toi…, entendit-il dans un grognement rauque.

Le grondement s'intensifia quand il insista de son autre main. Sous le pantalon, la verge ne pouvait pas se camoufler, et il ne parvenait pas à retenir son contentement. Ce n'était pas lui qui avait allumé l'étincelle.

Quelque part, il se sentait rassuré.

Et victorieux.

Surtout quand ses doigts tirèrent sur la ceinture et qu'il le réduisait de nouveau au silence, se repaissant de ses gémissements et autres soupirs alors que ses doigts frôlaient la peau sensible du membre mis à nu.

Il gloussa en s'en rendant compte.

-T'as encore pas mis de sous-vêtements.

-Je t'en pose, des questions ?

-Je me demande juste ce que t'as en tête en faisant ça…, souffla-t-il en refermant ses doigts.

Bertold hoqueta, rejetant la tête en arrière et Reiner le laissa faire, glissant sa main de sa mâchoire à sa gorge. Sous ses doigts, il sentait l'air passer et faire vibrer la pomme d'Adam.

-Eh, t'es brûlant partout…, souffla le blond.

Son visage, son cou, ses mains, ce qu'il avait entre les doigts. Tout n'était plus que frisson et gémissements dans le corps collé au sien.

-Arrête de…Dire des trucs comme ça…

Un nouveau hoquet le coupait un peu la main sur son sexe bougeait, glissant sur la peau chaude et les doigts savaient où le toucher. Du moins, Reiner savait. L'enfoiré.

-Et t'es super dur, ajouta-t-il d'un ton joueur.

Ca ne manqua pas : Bertold détourna les yeux sous ses paupières presque mi-closes, écarlate jusqu'aux oreilles, avant de laisser sa main descendre de la nuque qu'il tenait toujours, à l'épaule.

-Reiner…, grogna-t-il légèrement.

De là, les doigts s'avancèrent sur le torse, traçant les lignes nettes des muscles, sa peau glissant sur la sueur qui peinait à disparaître. Reiner le vit baisser les yeux un bref instant, puis déglutir en détournant le regard.

-Un problème ?

-Ca dépasse.

Le blond eut un rire, soufflant un « Profite de la vue, alors », au creux d'une oreille qu'il venait mordre sans grande douceur, alors qu'il lâchait la gorge pour s'aventurer sur une fesse pressée contre le mur.