Pand'Asuka : Ohlala, je ne pensais pas que ce serait à ce point ! XD
Chapitre 85
Il faisait un froid de tous les diables, et pendant la minute qu'il passa à traverser le bout de cour à grandes enjambées, Marco passa en revue à peu près tous les jurons qu'il connaissait dans un coin de sa tête. D'un coup d'oeil, il avait retrouvé où se cachaient les trois garçons qu'il avait aperçus plus tôt, ne les lâchant pas jusqu'à ce qu'il se retrouvât derrière eux. Le silence dont ils faisaient preuve n'était assurément pas normal, et il s'accroupit à leur hauteur sans un bruit dans un premier temps, curieux de savoir ce qui les rendaient si absorbés pour ne pas remarquer ni même entendre sa présence. La cour était pourtant suffisamment jonchée de graviers qui crissaient sous leurs bottes.
Levant les yeux sur la fenêtre d'où leurs crânes dépassaient à peine, il déglutit quand il vit ce qui les intéressait autant. Là, à peine mis en lumière par les jeux d'ombres, Reiner dominait clairement Bertold. Ce n'était pas bien difficile de comprendre pourquoi Jean avait été arrêté par la vue et il pinça finement les lèvres. Quant à Connie et Armin, en revanche...C'était une autre affaire, et il espérait qu'ils avaient seulement été entraînés par le grand blond.
Il posa subitement une main sur l'épaule de Jean, se raclant la gorge, et resserra sa poigne quand le garçon sursauta violemment avec un petit cri étranglé, imité en silence par les deux autres.
-M-Marco...! souffla-t-il entre ses dents.
Malgré la pénombre, le brun pouvait deviner les joues qui devenaient rapidement pourpres et, presque aussitôt, la situation, aussi incongrue qu'elle était déjà, continua sur sa lancée quand Armin se leva brusquement pour prendre ses jambes à son cou. Un peu perplexe, Marco soupira, pour revenir aux deux qui restaient.
-Vous m'expliquerez à l'intérieur, marmonna-t-il tout bas. Ils vont pas tarder à sonner le couvre-feu...!
Les épaules un peu basse, Connie et Jean étaient tournés vers lui, hochant lentement la tête. Il avait l'impression de prendre deux enfants en flagrant délit de voyeurisme. Quoique? En fait, non. C'était totalement ce qui se passait. Il n'aurait juste jamais pensé que ce genre de chose lui arriverait un jour.
Connie déglutit lentement. Le regard rivé sur ses chaussures, il venait à peine d'être libéré de la main de Jean plaquée sur son visage, et celle-ci avait été loin d'être réellement utile; les longs doigts de Jean se serraient mal, lui donnant la chance de profiter du spectacle. Il s'en serait terriblement bien passé, en fait. Sur son bras, les doigts d'Armin, qui les avait sommés de partir maintes et maintes fois sans lui-même décollé, étaient serrés étroitement, et il avait senti les ongles s'enfoncer dans sa peau à travers ses vêtements.
Et il fallait l'avouer : avoir Marco en face de soi, avec le bras de Jean encore sur ses épaules, le mettait mal à l'aise. Surtout en se faisant prendre dans cette situation. Avec ce qui se passait derrière eux, à travers la fenêtre au-dessus de leurs têtes.
Les premiers pas, ils restèrent penchés en avant afin de ne pas se faire repérer par le couple -il doutait que les deux concernés remarquent quelques chose vu leur occupation-, puis finirent par se redresser quand ils furent suffisamment loin pour ne pas être entendu. A ce moment-là, Marco tourna de nouveau la tête vers la fenêtre, piqué par une seconde de curiosité, et se demanda s'il allait s'étouffer par ce qu'il voyait, d'aussi loin qu'il était. Revenant aux deux garçons à ses côtés, il marmonna un peu, les poussant d'une main dans chaque dos pour leur faire presser le pas jusqu'à l'intérieur du bâtiment.
-Bon sang, qu'est-ce qui vous a pris, hein?
Ils avaient traversé la grande salle en silence, jusqu'à se laisser tomber autour d'une petite table. Ou plutôt, Marco les avait obligés à s'y asseoir. Là, Jean se tortillait sur place, tandis que Connie baissait la tête, les deux garçons assis l'un à côté de l'autre. A cet endroit un peu reculé de la salle, ils étaient plutôt traquilles, et Marco se laissa tomber en face d'eux, soupirant.
-Faites pas cette tête-là..., dit-il finalement, esquissant un petit sourire.
Connaissant le caractère des deux, il était étonné. Etonné qu'ils se soient adonnés à cette activité pour le moins...Particulière. Visiblement, à voir leur comportement en cet instant, ca n'avait pas été quelque chose de très réfléchi. Jean pâlissait sous son regard et l'évitait consciencieusement. Etait-il donc si insistant en le fixant? Connie, lui, ne dérougissait pas, ou difficilement, les yeux rivés sur un noeud dans le bois de la table. La situation en était presque comique.
-En...En fait...
Jean avait bougé les lèvres. Lentement. Sur le coup, rien n'était sorti. Puis, sa voix. Basse. Hésitante. Le garçon avait posé son coude sur la table, essayant de se reprendre l'air de rien, mais sa main essaya tout de même de le camoufler un peu aux yeux de Marco alors qu'il regardait du côté de Connie. Les épaules toujours basses et l'air ailleurs, Connie ne lui serait d'aucun secours. Ainsi, patient, le brun croisa ses bras sur la table, essayant de garder un sourire à peu près correct. Son envie de rire de leur mésaventure ne manquait pas.
-On...On s'est trouvé, euh...
Marco avança un pied, trouvant rapidement le pied face au sien, et retint un éclat de rire en voyant la mine déconfite qu'arbora le garçon presque aussitôt.
-L-là...Par hasard...! acheva-t-il à la va-vite.
Connie lui lança un coup d'oeil en biais, plus perplexe de sa façon de dire les choses que par les propos en eux-mêmes. Il était moins rouge, remarqua Marco. Et pendant un instant, le brun eut presque l'impression que la coloration du plus petit avait glissé sur le visage du plus grand. Jean devenait écarlate, visiblement concentré sur la pointe de pied qui caressait la sienne malgré l'épaisseur de leurs bottes.
Marco simula une petite moue, un air songeur. Voir Jean perdre tous ses moyens était juste horriblement adorable. Il aurait presque pu s'en vouloir, mais l'envie de profiter de sa soudaine faiblesse était plus forte.
-Et...Pourquoi vous êtes restés, alors?
Insister. Les voir piquer un far en même temps. Connie enfouit son visage dans ses mains en gémissant, bredouillant des excuses dont personne n'aurait su à qui elles étaient réellement destinées si ce n'était aux Dieux. De son côté, Jean mordillait sa lèvre inférieure, rouge jusqu'aux oreilles, hésitant à glisser les yeux vers lui.
Marco craqua finalement, gloussant doucement.
-Vous êtes deux idiots, dit-il en riant à moitié.
-A-arrête de te moquer!
Connie avait élevé la voix, un peu bougon entre ses doigts, et Marco soupira doucement.
-Franchement...Par contre, comment vous avez pu embarquer Armin avec vous? Vous n'êtes vraiment pas croyables!
Ils clignèrent des yeux en l'entendant, avant de se lancer un coup d'oeil réciproquement. Ah. Ca. Jean inclina légèrement la tête sur le côté, hésitant. A côté de lui, Connie toussota.
-Eh bien...
-En fait...
-Eh...T'es humide ici aussi...
Reiner avait plaqué sa propre main sur le bas de son visage. Quand Bertold avait brusquement inversé les rôles, il n'avait pas pensé que les choses tourneraient de cette façon-là. Son pantalon avait disparu en un tour de main, sans grande difficulté. Il avait l'impression de sentir encore la bouche du garçon sur sa peau. A droite, à gauche, en haut. En bas. Les lèvres avaient glissé, le brin de langue le caressant un peu durement en suivant les lignes de son torse, de son abdomen. Le nombril. Le pubis. L'extrémité de son sexe avait frôlé le haut de la gorge de Bertold, et il avait retenu sa respiration, dans un espoir dont il ne savait que faire. En vain. Le visage l'avait contourné, et les mains avaient glissé sous son bassin. Puis sur ses fesses. Ses cuisses. Au moment où il allait se poser des questions, il s'était retrouvé un genou relevé sans douceur, un doigt caressant le bout du gland frémissant.
-Bertold...!
L'interpelé avait écarté son visage un instant, pour fixer Reiner de sa position. Le blond aurait pu se défaire de sa prise à n'importe quel moment. Tous deux le savaient, en étaient conscients. C'était une espèce d'autorisation tacite. Le refus qui résonnait sonnait faux et ne faisait qu'exacerber l'excitation qu'il y avait entre les deux.
-C'est mouillé, avait-il soupiré, son doigt glissant le long de la verge tendue.
-Eh, dis pas ça!
-C'est pourtant vrai. Mais ici...
Reiner avait senti le coup de chaud s'emparer de son visage quand les mains avait redressé son bassin, l'exposant complètement au peu de lumière. Le doigt avait continué, du sexe aux testicules, glissant le long du périnée pour finalement caresser le bord de l'orifice. Et le visage s'était glissé tout contre. Le souffle réchauffait la peau sensible, chaque geste le poussant à se contenir autant que possible. Difficilement.
-...Il faut donner un petit coup de pouce, hein...
Un coup de langue. Puis un second. Il avait senti le muscle souple appuyer entre ses fesses, le titiller, insister, glisser. Il ne parvenait pas à voir son visage, gêné par les reliefs de son propre corps. L'appréhension, l'excitation, le contact avec la bouche du brun, mettaient ses sens en ébullition.
La pointe de la langue s'était brusquement immiscée à l'intérieur et il sentit son coeur rater un battement. Bertold. C'était Bertold. Et c'était bien ça le problème. Quand le garçon parla de nouveau, son souffle brûlant semblait refroidir la salive qui coulait lentement. Les doigts écartaient légèrement une de ses fesses, l'autre main toujours agrippée à sa cuisse qu'il maintenait. « T'es humide ici aussi… » La phrase avait résonné bizarrement. Il avait l'impression d'entendre sa voix un peu étranglée.
-Dis pas de conneries, je te dis...! grogna Reiner en se redressant sur un coude.
Il voulait le voir. Là, de suite.
Il ne regretta pas.
Le rouge aux joues, le garçon leva les yeux vers lui en remarquant son mouvement. Le coin des lèvres étaient humides, le brin de langue eut tout juste le temps de revenir dans la bouche. Et Bertold se redressa légèrement, laissant deux doigts s'enfoncer à la place de sa langue.
-Tu-tu fais quoi...?
Il n'avait pas pu retenir un long gémissement. Ils étaient humides. Les sentir glisser à l'intérieur de son corps de cette façon était...
Merde. Merde. Merde.
C'était comme d'habitude. Bertold le prenait avec ses mains, lui arrachait ces bruits incontrôlables. Enfin non, ce n'était pas comme d'habitude. Le brun avait ce regard, qui le fixait, le couvait, le traquait. Il avait l'impression de brûler de l'intérieur, comme le bout des doigts venaient appuyer contre les parois sensible, frôlant, caressant, au milieu des fluides que Bertold avait ajouté à son corps. Les frissons s'accentuaient, remontaient le long de sa colonne dans des sursauts qu'il ne parvenait pas à réprimer.
Bertold était remonté, son corps glissé entre ses jambes. Il profitait de sa taille, ses cuisses maintenant celles de Reiner surélevées, ses doigts s'agitant.
Contre son sexe, il sentait celui du brun glisser sournoisement. Le râle qu'il entendit n'était pas le sien et il déglutit.
-M-merde, r-réponds...! gémit-il.
-Je pourrais te prendre...
La voix était rauque, brûlante. Une main vint s'enrouler autour de leurs érections, un pouce glissant sur les extrémités humides, étalant dans un mouvement rapide le sperme qui suintait. Le souffle rapide, Reiner tenta de se focaliser sur le visage de Bertold. Pour la première fois, il eut l'impression qu'il n'y avait rien de plus difficile.
-Je voudrais te prendre, Reiner...Là...!
Il brûlait d'envie. Bertold sentait le moindre battement de son propre coeur. Il sentait les frémissements, les sursauts de plaisir qui parcouraient le blond. Il voyait son visage en feu, ses lèvres entrouvertes, découvrant les dents blanches qui se serraient.
-Comme ça...
D'un mouvement sec, il enfonça ses doigts, essayant de ne pas prêter attention au mouvement de hanches contre sa main. Il était dur de dire si s'était pour la masturbation ou pour s'empaler. Il s'en foutait. Les bruits que faisait Reiner lui suffisaient amplement. Il le sentait se resserrer autour de ses doigts au rythme où il le prenait, essayant à chaque passage de retrouver le point qu'il avait découvert. Celui-là, celui qui le faisait trembler, celui qui lui faisait retenir un cri à chaque fois.
-Je pourrais aller plus profond, Reiner..., souffla-t-il.
Le blond ne répondait pas. Ses dents avaient fini par se desserrer, son souffle chaotique, rapide. Un long râle s'élevait, saccadé, une litanie incompréhensible franchissait les lèvres fines. Les quelques mots qui atteignaient ses oreilles le faisaient sourire. Quelque chose de sale. D'incontrôlable. Quelque chose d'inhabituel. Il y avait tous ces bruits, sales, ces suintements, ces fluides un peu visqueux qui s'étalaient sur leurs sexes, sur ses mains. Et brusquement, il recula légèrement le bassin, faisant glisser la pointe de son membre jusqu'à sa propre main. Ses doigts quittèrent la chaleur et l'étroitesse du corps quelques secondes, le gland venant frotter contre la peau, et il jeta un coup d'oeil avant de se mordiller la lèvre. A cause des frottements de ses doigts, le trou étroit était légèrement rougi, la salive perlant légèrement sur les bords. Du bout du doigt, il tira légèrement sur la peau, écartant l'intimité. Reiner palpitait. C'était...
-Bertold...! Qu'est-ce que tu fous, merde...?
Le grand brun lui décocha un rapide coup d'oeil pour le détailler. Les muscles contractés étaient littéralement couverts d'une fine pellicule de sueur, qui n'avait plus rien à voir avec l'exercice auquel il s'était adonné plus tôt. Le visage en feu, le haut de ses joues arborait une couleur un peu vive, dans une belle nuance de rouge. Les yeux légèrement en amande, un peu petits et sombres, le fixaient, brûlants.
C'était...
Délicieux.
Reiner était délicieux, bordel.
Et il était censé s'en vouloir d'avoir une telle idée concernant le garçon; il n'en éprouvait, à cet instant, pas la moindre trace de remord.
-Tu m'énerves, souffla-t-il soudain.
Et brusquement, il agrippa le bassin du blond, se maintenant d'une main contre l'anneau de chair qui frémissait, avant de glisser à l'intérieur. Glisser, c'était le mot. Il eut presque l'impression que son gland s'était fait aspirer par le corps. La mâchoire serrée en le sentant malgré tout effroyablement étroit autour de lui, il leva de nouveau les yeux sur Reiner en entendant un gémissement sourd. Toujours dressé sur un coude, le géant de muscles haletait presque, les sourcils froncés, les lèvres pincées sous le coup de la douleur. A deux doigts de refermer ses dents sur sa main pour étouffer les bruits qui lui échappaient.
Merde.
-Eh, Reiner...
Il avait la voix rauque, se rendait-il compte. Le corps sous le sien tremblait légèrement. C'était presque imperceptible. Et pourtant, l'érection de son camarade n'avait pas disparu. Dans un sens, c'était rassurant, aussi se pencha-t-il en avant, rapprochant son bassin dans un petit coup de rein. Un peu malhabile. Ca n'avait rien à voir avec une fille. Rien.
C'était Reiner. Reiner. Reiner, bon sang! Reiner qui se contractait autour de son sexe, Reiner qui gémissait, Reiner qui plaquait sa main sur sa bouche pour s'empêcher de crier sous les assauts qu'il donnait, Reiner qui...
-Regarde-moi..., murmura-t-il.
Les prunelles sombres glissèrent vers lui. Les yeux étaient humides sous le coup de la douleur, et le regard se remit à fuir à peine Bertold l'eut-il remarqué. Le brun avait du mal à garder une contenance, le souffle court, le corps parcouru de frissons, subissant les vagues de plaisir de chacun de ses mouvements. Exhalant un long râle en sentant le corps qui réagissait, il se pencha un peu plus, glissant une main le long des abdominaux saillants, ses doigts remontant, dessinant les lignes jusqu'aux pectoraux. Un index frôla un téton qui pointait, dur et fier sur le corps à la peau claire, arrachant un murmure inaudible.
-Reiner...
Il n'en finissait pas de murmurer le nom. Difficile de s'en lasser. Pour la première fois, il avait la sensation d'avoir pénétré les barrières du géant. Pour la première fois, il sentait qu'il avait atteint quelque chose qu'il avait abandonné depuis longtemps. Des années, peut-être. Il ne savait plus.
Sa bouche glissa contre l'oreille du blond. Contre la sienne, il sentait le souffle laborieux, les gémissements, les plaintes étouffées. La main qui tentait de le réduire lui-même au silence avait abandonné, s'agrippant désespérément à l'épaule de Bertold. Sa bouche s'était jetée dans le creux de l'épaule. Il sentait la pression de ses dents, la chaleur de son souffle, de sa langue qui appuyait contre sa peau.
Reiner était...
-Tu es à moi, gronda-t-il sourdement dans l'oreille.
Le lobe sous ses dents était aussi brûlant que les gémissements qui résonnaient, aussi chaud que la semence qui s'étala brusquement entre eux, et bientôt aussi humide et souillé que l'intérieur du corps de Reiner.
