Hey !
Un grand merci à barjy02 pour ses reviews et voilà un OS sur Anna, qui aurait put être un personnage intéressant... Peut-être, j'en sais rien ! On ne l'a pas vue assez, et quelque part, je pense qu'elle a sans doute été très proche de Castiel à un moment donné. Et je la voit un peu comme une grande-sœur maintenant...
Bref, je vous laisse apprécié l'OS...
Raconte-moi la Lune.
Anna était assise sur le capot d'une vieille voiture aux suspensions abîmées. C'était une nuit qui ne souffrait de nuages, qui n'avait le temps pour un orage ou l'envie de cacher ses courbes. C'était une longue nuit, une belle nuit, une étrange nuit. Parce que le vent soufflait tendrement. Parce que les étoiles souriaient. Parce que le monde ne bruissait que d'un silence léger.
Lorsqu'il vint s'asseoir à ses côtés, elle ne bougea pas, ne tourna pas son visage vers lui. Elle se contenta d'attraper calmement ses doigts avant de lever sa main vers le ciel.
- C'est la constellation du Pégase, fit-elle avec un sourire doux, posant calmement sa tête sur son épaule. Un fidèle destrier à travers les voyages, comme Baby.
Il acquiesça, sa posture dur, ses épaules tendues et son corps à l'affût. Depuis combien de temps courrait-il pour ne même plus se laisser aller ? Pour ne plus apprécié la sensation simple du vent et de la fraîcheur nocturne ? Depuis combien de temps s'étaient-ils quittés pour qu'il ne ressente plus ce qu'ils avaient ressentis, sur la banquette arrière de sa voiture ? Pour qu'il ne puisse plus se sentir en sécurité avec elle ?
Alors elle leva à nouveau sa main, la pointant sur un autre amas d'étoiles qui brillait au dessus d'eux, tendresse involontaire.
- Là, tu peux voir les Gémeaux, comme toi et Sam.
Sourire doux, un simple tressautement d'épaule. Une tristesse qui la prit par surprise. Il avait toujours eu l'âme boursouflée de blessures, les sentiments enfouis mais à fleur de peau et la douleur comme compagne. Mais elle ne se souvenait pas de la lente agonie qui semblait briser ses os, s'envenimer dans ses veines et faire craquer son cœur. Elle devina plus qu'elle ne comprit ce qui pouvait le mettre dans un tel état. Un nom, un frère. Deux âmes-sœurs qui hurlaient pour se retrouver.
Alors elle leva à nouveau la main, cherchant dans l'écrin noir les quelques perles assemblées qu'il lui fallait :
- Et là Achille, le demi-dieu à l'unique point faible.
Il s'arrête, se tend. Elle sait. Elle n'est pas folle. Elle l'a compris bien avant de sentir la morsure froide de l'argent céleste dans sa chaire. C'était dans les regards, dans les mouvements, dans la façon que son frère avait de parler du chasseur. Dans la façon que son âme avait de sursauter, de se mouvoir brutalement et de frémir dans l'air comme les ailes qu'elle ne pouvait plus voir bruir dans son dos.
Une seule faiblesse.
Une seule force.
Glissant ses doigts dans ceux de Dean, elle embrassa tendrement sa pommette, observant ses tâches de rousseurs, constellations à elles seules. Il fut un temps, sans doute l'avait-il aimée. Sans doute avait-il pensé qu'elle serait celle avec qui il pourrait faire sa vie. Mais c'était un temps révolu, que les douleurs et les peines avaient détruit. Elle n'était plus qu'un vague souvenir pour lui, un ange tombé dans ses pattes avec violence.
Mais elle n'était pas son Achille. Elle n'était pas celui qui avait protégé les Gémeaux au péril de sa grâce. Elle n'était pas celle qui avait eu droit aux chasses démoniaques sur les vieux sièges de leur Pégase.
Et lui aussi le savait, quelque part au milieu de son déni et de sa maladresse.
Alors elle se contenta de l'embrasser encore un peu, plus une sœur qu'une amante, et de le laisser repartir. De le laisser repartir sans le quitter des yeux. Parce qu'elle était là. Ange qui veillait sur lui depuis les hauteurs. Ange qui l'aimait encore, tendrement.
Comme la Lune veille sur les étoiles.
