Hey !
Un petit OS sortit de nulle part.
Juste pour vous dire que cette série va bientôt se finir - ma liste de personnages arrive à sa fin - donc si jamais il y en a un en particulier que vous voulez voir, faites moi un petit signe, que je puisse lui rajouter un OS dédié.
Innocence.
Il avait observé ses frères des années durant. Il était le plus jeune, le dernier née, l'enfant du ciel. L'innocence au milieu des autres. Il était née dans les volutes du Paradis, dans les premiers pas de l'Univers, bien avant les Hommes. Il était venu dans les éclats d'étoiles et les merveilles de l'existence, dans les méandres du vide et les hurlements de l'espace. Il était venu comme vient un enfant, émerveillé devant l'impossible.
Mais il avait appris très vite que la beauté qu'il voyait s'entacherait. Il avait vus la guerre déchirer le Paradis. Il avait vus la guerre déchirer l'Eden. Déchirer la Terre. Il avait vus le sang, la peur, la Mort. Il avait vus les douleurs, entendus les cris, sentit les lames et perdus des morceaux de grâce. Il s'était battus, sur le péron du Paradis, au milieu des siens, dans les entrailles des Enfers où dans la boue terrestre.
Pourtant, sur les marches où sonnaient les cloches célestes, alors que les siens s'entre-tuaient ; alors que Gabriel manquait à l'appel ; alors que les armées de Lucifer remontaient vers eux ; il le vit. Son frère, face à un Michael qui dans toute sa grâce archangélique le toisait. Son frère qui ne bougeait pas, grâce inflexible et présomptueuse face à la fureur du premier-née.
Et il était là, regardant l'affrontement silencieux de la colère sans fin et du pardon amoureux. Il les regardait avec l'émerveillement qui l'avait saisit lorsqu'il avait vus les premières étincelles d'une supernovas. Lorsque les premiers organismes s'étaient mués dans les eaux sablonneuses des océans.
Il avait regarder ces deux improbabilités, ces deux opposés, ces deux ambivalences.
Celui qui voulait la guerre, l'ordre. Celui qui voulait que tout face partie d'un tout, d'un ensemble millimétré, huilé comme la pluie parfaite des machineries célestes, comme les cycles éternelles des chants angéliques.
Et celui qui refusait la guerre, qui voulait observer, protéger. Celui qui restait prostré au dessus des eaux tumultueuses de la Terre à observer la Vie. Celui qui voulait partager avec ses frères et sœurs la tendresse d'un silence bruyants.
Lorsqu'il l'avait revu, des milliards d'années plus tard, se tenant épuiser au côté de deux chasseurs abîmés, la courbes de ses ailes calcinées se brisant dans son dos, la seule chose qui avait traversé l'esprit de Samandriel n'avait été qu'une vague de chaleur. Parce qu'il était toujours là, malgré les combats, malgré les pertes, malgré la douleur.
Il était là, debout et faisant face à sa propre famille.
Il s'était demandé comment il pouvait à ce point tenir, supporter les désolations, les hurlements de douleurs de sa grâce et le poids disgracieux de ses ailes alors que toutes les voix célestes l'assaillaient d'insultes dans son crâne. Comment il pouvait encore rayonner de puissance alors qu'il n'était qu'un ange parmi les anges.
Et lorsque la lame avait déchirée les chaires de son vaisseau, lorsque Samandriel était tombé dans les yeux de Castiel, de son frère, de son modèle, il avait comprit.
Il avait été si innocent, si naïf, de croire que malgré tout, le Paradis avait laissé le rebelle sans rien lui faire. Sans jamais tenté de le brisé. Et Castiel, son Castiel, son frère, qu'il pensait emplit de tendresse, de miséricordes et de sacrifices, n'était qu'amas de souvenirs et de mémoires arrachées. Il était brisé, détruit. Il était en miettes, par delà les souffrances.
Et il avait vus, au fond de sa grâce, son frère lui demander pardon. Et il avait vus la douleur.
Et il avait pardonné.
Pardonné son frère d'être blessé, d'être brisé. De ne plus pouvoir s'en sortir seul et d'avoir l'esprit embourbé par leurs frères et sœurs. D'être manipulé. Il lui avait pardonné.
Parce que Castiel ne pouvait se pardonner lui-même.
Parce qu'il fallait quelqu'un pour pardonner au monde.
Et qu'il voulait simplement vivre en paix.
