Kyoko : Je plussoie mais...Du calme du calme, y'a le temps! 8'D (Il a fallu 90 chapitres pour les premiers qui se sont sautés dessus hein! xD )
Rancune : Trop de mouvements, trop de gens...Gniiiiiiiiiih X'D
Chapitre 95
-Arrête de râler, tu l'avais mérité…
Reiner retint un gloussement rauque quand Jean grimaça de nouveau pour la énième fois alors que Marco appliquait un coton au coin de sa bouche. Dans un coin de la petite infirmerie, Bertoldt soupira, les bras croisés et les jaugeant de toute sa hauteur.
-Merde, c'est un fou furieux… ! gémit Jean quand l'antiseptique brûla sa plaie sans douceur.
-Marco a raison, répliqua Bertoldt. Tu l'as cherché, et tu l'as fait délibérément.
-C'est stupide !
Les trois paires d'yeux posées sur lui, lui renvoyaient sa réplique sans possibilité de contrattaquer, et il baissa les yeux, se sentant brusquement à la fois gêné et désarmé. Totalement.
Bon. Il fallait l'avouer, ils avaient raison. Un peu. Un tout petit peu, vraiment. Pas tant que ça.
-Me…Me regardez pas comme ça… !
-Jean…Tout le monde sait que vous ne vous supportez pas, à la base…
-T'es obligé de préciser ça comme ça ? grogna le concerné.
Assis sur le bord du petit lit, Reiner ricana un peu à la répartie qu'avait reçu Marco, un brin moqueur.
-Va savoir pourquoi il a fait tout ça…, marmonna le brun. Eren est impulsif, si personne n'est là pour le contenir, il explose.
-Cet enfoiré ne sait pas se –aïe !- tenir, c'est tout ! Merde Marco, c'est bon là, non ?
-Je ne suis pas un expert ! Tu sais que Petra est occupée pour le moment…
Reiner se laissa tomber sur le matelas trop fin, faisant grincer les quelques ressorts encore en vie. Il y en avait un qui résistait encore, appuyant contre son omoplate, et il se tortilla un peu pour l'éviter.
-En parlant de ca…, lança-t-il soudain alors que le silence commençait à tomber. Mikasa et Connie sont restés dedans…
Marco pinça les lèvres tandis que Jean déglutissait bruyamment. Ils s'étaient fait embarquer par le flot de gens qui sortaient, essayant eux-mêmes de ne pas trop rester sur les lieux, et n'avaient pas pu récupérer le garçon, ni emmener Mikasa qui se trouvaient avec les soldats et Eren.
Aucun des deux n'avait été vu dans le couloir quand l'attroupement s'était dissipé.
-Bon sang…
-Connie s'est fait rosser par Eren en allant l'aider, ajouta Reiner. Cet enfoiré a de la force. Il lui a peut-être péter quelque chose.
-Ne-ne dis pas de bêtises ! Il est agile, il a dû éviter les coups… ! tenta Jean.
Un soupir lui répondit. Bertoldt décroisa les bras pour se rapprocher lentement.
-Impossible, dit-il.
-Mais il…
-Jean !
Au haussement de la voix du grand brun, les deux blonds rentrèrent la tête dans les épaules, Reiner plus par surprise qu'autre chose.
-Tu as très bien vu, continua-t-il. Tu étais aux premières loges.
Le silence s'installait graduellement, de même que la gêne de Jean qui émanait de plus en plus de lui. Connie n'était pas très résistant, et il n'osait pas imaginer ce qu'il avait dû ressentir avec les coups d'Eren.
-Dites…murmura-t-il finalement, après un long blanc.
Silencieux, Marco lui lança un regard plutôt encourageant. Jean baissa les yeux, pinça les lèvres quelques secondes. Ouvrit la bouche. La referma. Ce n'était pas quelque chose de compliqué à dire, pourtant. Cependant, la réponse qu'il risquait de recevoir lui faisait peur.
Parce que malgré tout, malgré ce qu'il faisait, malgré son caractère, Eren était un de leurs camarades.
Un des leurs.
-Qu'est-ce qui va lui arriver, à Eren… ?
Marco baissa les yeux. Sur le lit, Reiner bascula sur le côté, tournant le dos aux deux garçons. Bertoldt s'était assis sur le montant du lit, à proximité du grand blond. D'une main, il lui tapota l'épaule, récoltant un grognement.
-Jean, murmura Marco. Ecoute, c'est…
Un bruit l'interrompit au même moment, et ils se tournèrent vers la porte sans un sursaut. Dans l'encadrement, Gunther avait toutes les peines du monde à avancer et visiblement il avait mis de côté l'étape 'utilisation d'une poignée'. Il avait purement et simplement enfoncée la porte en bois d'un grand coup de genou.
-Ah ! G-Gunther… ! bégaya Jean en le reconnaissant.
-Il t'a bien arrangé, toi aussi ! ricana l'homme en entrant dans la pièce. Erde ! La voie est libre !
Il ne fallut pas bien longtemps aux garçons pour remarquer le corps dans le dos de Gunther, que le soldat maintenait de ses deux bras. Ses propres bras serrés autour de lui, Connie leur lança un regard indécis par-dessus l'épaule massive, avec une petite moue.
-S..Salut…, marmonna-t-il.
-Connie… !
Jean essaya de se lever, et presque aussitôt Marco appuya sur son épaule pour lui intimer de ne pas bouger de sa place.
-Calme-toi…, murmura-t-il. Il n'a pas besoin que tu lui sautes au cou, le pauvre.
-Je n'allais pas… !
Malgré tout, Jean se décala sur le matelas pour se rapprocher de Reiner qui s'était redressé. Laissant autant de place qu'il y en avait besoin pour le garçon qui grimaçait au moindre mouvement de son buste, il se mordit légèrement la lèvre inférieure, hésitant.
-Il va falloir attendre Petra, dit Gunther une fois qu'il eut déposé Connie. Elle ne va probablement pas tarder.
-N-non, ca ira, grommela le garçon en se redressant un tout petit peu.
Sur son visage, il y avait encore la trace de la semelle qui s'était écrasée, abîmant la peau et le nez. Le sang avait séché, maculant sa lèvre supérieure et une large partie au coin de sa bouche.
-Ne t'agite pas trop…Erde ! Qu'est-ce que tu fous ?
-J'arrive, j'arrive…Putain, il se traîne celui-là…
La voix n'était pas aussi grave que celle de Gunther, et quelques instants plus tard le grand homme apparaissait à son tour dans la pièce. Sauf qu'il n'était définitivement pas seul. Devant lui, Eren avançait sous la contrainte. Erde lui maintenait les poignets dans le dos en prévention, donnant la marche à suivre.
Le silence était devenu de plomb. En le voyant, Jean avait détourné les yeux, et serrait étroitement les dents.
-Il est calmé, lui aussi ? demanda le grand blond en donnant un coup de menton vers Jean.
Gunther acquiesça lentement. « Je m'en tiens garant pour cette fois, » dit-il en soupirant après un regard vers le garçon sur lequel Marco se penchait de nouveau en dénichant une nouvelle marque de coup.
Erde renifla sourdement. « Je passe mon tour pour le mien, on a assez de soucis comme ça. »
Eren ne relevait pas. Les yeux baissés, rivés sur le sol, il attendait. Attendait quoi ? Ses camarades lui lançaient fréquemment des petits coups d'œil. Le sang s'était étalé sur son menton, et son visage portait la trace de coups qui n'était assurément pas ceux de Jean. Il avait les épaules basses, la nuque légèrement inclinée vers l'avant, dans cette position de soumission qu'ils…Ne lui avaient jamais –ou si rarement- vue.
Gunther soupira en levant les yeux au plafond.
-C'est quoi votre problème, à vous deux ? grogna-t-il.
Son regard allait de Jean à Eren. D'Eren à Jean. Les deux évitaient soigneusement de se regarder. Le brun ouvrit la bouche une seconde. Ses yeux tombèrent sur Connie qui réfrénait une grimace douloureuse en se redressant.
Il ferma la bouche, silencieux.
Jean claqua légèrement de la langue.
-C'est un connard, grinça-t-il. On n'y peut rien.
Un brin désespéré, Marco frotta son visage d'une main. De l'autre, il donna un petit coup dans le haut du torse de Jean, le poussant durement jusqu'à ce qu'il tombât allongé sur le matelas. « Ils ne s'entendent pas spécialement bien, » expliqua Marco plus posément avec un regard noir pour Jean.
Erde secoua la tête.
-On en a entendu parler, dit-il. Petra est hors d'elle pour cette histoire. Et je ne donnais pas cher de votre peau quand le caporal s'en est mêlé !
-Où est Petra ? demanda Gunther.
Erde donna du pouce vers la porte.
-Au cachot avec la fille.
-Ce sera rapide alors.
-C'est mieux quand ils sont dociles, c'est sûr !
Presque aussitôt, Jean se redressa sur un coude, les yeux ronds, et lança un regard hagard autour de lui. A son air ensuite soucieux de comprendre ce qu'il se passait, Connie agita une main pour attirer son attention, murmurant.
-Mikasa s'est portée volontaire pour prendre la punition d'E-
Un cri étranglé le coupa dans sa phrase et il pinça légèrement les lèvres quand le blond commença à sortir une formidable litanie d'injures dédiées à Eren. Prenant sur lui, dents serrées, Connie leva une jambe pour frapper comme il le pouvait dans le buste du garçon qui se tut dans un gargouillement peu glorifiant.
-La ferme, toi ! C'est de ta faute, non ? grogna Connie.
-J'ai rien fait !
Connie donna un autre coup de pied. Etonnamment, Ni Marco, ni Reiner, ni Bertoldt ne l'arrêtèrent.
-Tu passes ton temps à le provoquer !
-Bordel, vous allez vous calmer, oui ?
La voix agacée de Erde résonnait dans la petite pièce alors qu'il lâchait les poignets d'Eren. Les épaules basses, le garçon s'approcha de Connie, frottant sa peau légèrement meurtrie de ses phalanges.
Là, il attrapa la jambe du plus petit en soupirant, l'immobilisant sans grand mal, et poussa son camarade à rester calme.
-Arrête ça, marmonna-t-il tout bas. J'en vaux pas la peine.
-E-Eren… !
-Laisse.
Il le lâcha sans ajouter un mot de plus, et recula de quelques pas. Lorsque Mikasa était intervenue, il n'aurait pas été présent que ca n'aurait fait aucune différence. Crier et implorer n'avait servi à rien. Il s'était retrouvé purement incapable de faire quoi que ce soit. Le corps lourd et massif de Gunther l'avait maintenu cloué au sol. Personne n'avait même remarqué qu'il était en train de se débattre. Les quelques coups que Jean lui avait rendus avaient ouvert un peu sa lèvre, et le goût du sang s'était invité dans sa bouche. Il sentait les muqueuses légèrement entaillées, sensibles, quand il passait le bout de sa langue dessus.
-Tu devrais te soigner, souffla Connie en regardant la forme de sa langue qui appuyait contre l'intérieur de sa joue.
Eren claqua de la langue en glissant un œil vers lui.
-Plus tard, répondit-il de la même manière. Merde, ca fait mal…
Un raclement de gorge les fit tous dresser soudainement, et Gunther continua en toussotant.
-Vous êtes bien mignons les garçons, commença-t-il de sa voix légèrement rauque, mais vous prenez de la place. Ceux qui sont soignés et qui peuvent bouger, vous dégagez ! Les autres, vous grouillez !
