Nirana008 : Awww merci c'est gentil 3 Mais je n'aime pas laisser trainer! J'ai déjà tendance à oublier tellement de choses, j'ai l'impression de relire tout le temps les chapitres précédents... xD (meme les premiers je redécouvre des fois! Il faut que je me recadre!)

Chapitre 99

D'autres équipes les avaient rejoints (ou eux-mêmes avaient rejoint ces équipes, il n'était plus très sûr de ce qui se passait), pour revenir au camp d'entraînement. Il faisaient partie des derniers, quelques groupes de traqueurs ayant abandonné, rentrant bredouilles. Un signal serait donné sous peu, sonnant la fin de l'exercice et autorisant ceux qui se camouflaient à sortir de leur cachette et rentrer à leur tour.

La pluie avait cessé, ne laissant derrière elle qu'une plaine gorgée d'eau à traverser. Les bottes hautes s'enfonçaient jusqu'aux cheville, le bruit de succion remontant à leurs oreilles.

Eren était dans le groupe en tête, Armin sur ses talons. Parfois, le petit blond jetait un coup d'œil en arrière, avant de revenir à son ami d'enfance. Les visages étaient graves, fermés, les traits tirés. Tous n'aspiraient qu'à rentrer, la fatigue d'une journée difficile s'abattant sur eux.

Eren avait le dos un peu courbé, remarqua Connie. De là où il était, un peu en retrait, il pouvait l'observer sans restriction. D'une certaine façon, c'était une activité qui lui permettait d'oublier la douleur aiguë qui lui vrillait le ventre, et ce fut bien malgré lui qu'il glissa un bras autour de son abdomen, serrant légèrement dans l'espoir d'atténuer la chose.

Le brun ne se retourna pas une seule fois. Les bras ballants, le long de son corps, ses mains seules dépassaient de sa cape trempée. Avec un soupir, Connie réajusta sa capuche sur son crâne. Un peu plus tôt, les sentiments qui l'avaient submergé l'avaient complètement pris à la gorge. Voir Eren débarquer de cette façon, sans crier gare -quand bien même il s'agissait du but de l'exercice- ne lui avait rien fait. C'était normal. Mais il y avait le reste. Ce geste, un peu particulier, qu'il avait eu envers Jean. Il se souvenait de la silhouette longiligne qui les surplombait sous la pluie diluvienne. Il se souvenait de la botte qui était venue proclamer une certaine supériorité sur le blond. Quelque chose de ce genre. Il ignorait quoi exactement. Mais à sa vue, à son ton –dur, épuisé-, à son geste –presque violent, dénudé des sentiments habituellement un peu débordants qu'il avait pour Jean-, il sentait que quelque chose remuait le brun plus que nécessaire.

Eren semblait las.

-Eh, ca va ? murmura une voix à ses côtés.

Jean s'était retourné, scrutant le moindre geste de Connie. Mais pour une fois, plutôt que ce regard condescendant qu'il arborait la plupart du temps –probablement sans s'en rendre compte à force-, le garçon semblait juste…Inquiet ?

Connie fit une petite moue, resserrant légèrement son bras contre lui.

-On…on en a déjà parlé, souffla-t-il.

-C'est douloureux ?

Il nota l'effort que faisait Jean pour parler aussi bas que possible afin de ne pas attirer l'attention, et esquissa un petit sourire.

-Plutôt, répondit-il sur le même ton. Enfin, parfois plus…

-T'es allé te faire examiner ? Il faudrait peut-être que…

-Jean, arrête avec ça, je te dis, ca ira.

Malgré lui, sa voix avait un peu plus porté que ce qu'il aurait voulu, et il sentit une paire d'yeux émeraude glisser sur lui un moment avant de retourner vers l'avant. Eren les avait entendus mais ignorait probablement le sujet de leur conversation. Dieu savait ce qu'il avait compris. Avec un petit soupir, il baissa les yeux, ralentit d'un pas pour être à la hauteur de Jean et parler plus facilement.

-Je…Pense que ça passera, dit-il bas de nouveau. C'est sûrement du stress, rien d'autre, tu sais.

-Ca dure depuis un petit moment, ca peut devenir inquiétant aussi…

Connie esquissa un petit sourire en levant les yeux sur son camarade. De temps en temps, comme l'autre nuit, Jean savait montrer qu'il était présent. Juste comme ça. C'était même à se demander s'il était conscient de son comportement. En tant qu'ami. Et dans ces moments-là, Connie comprenait pourquoi les gens se regroupaient naturellement autour de lui, malgré le caractère insupportable dont il savait les gratifier quand il s'y mettait.

-Idiot, je ferais le nécessaire si ça doit empirer. J'ai pas l'intention de crever ! gloussa-t-il.

Joueur l'espace d'une seconde, son bras quitta son abdomen pour donner un petit coup dans les côtes de Jean.

L'instant d'après, il regretta amèrement son geste, la douleur sourde et violente cette fois, revenant l'assaillir presque aussitôt, l'obligeant à se plier en deux dans un geste soudain, les arrêtant tout aussi brusquement, lui comme ses camarades qui le suivaient.

Il s'entendit. Du moins, un cri étranglé parvint à ses oreilles, suivit d'exclamations tout autour de lui. Ses genoux avaient touché le sol mou, il l'avait senti à travers le haut de ses bottes. Au même moment, deux paires de main avaient plongé pour le rattraper par les épaules, réussissant avec peine à le maintenir droit afin qu'il ne finisse pas le nez dans l'espèce de vase qui les entouraient.

-Connie !

Ce n'était pas Jean, et il se mordilla les lèvres par réflexe en reconnaissant le timbre. Les doigts passaient de son épaule à son cou, sa mâchoire, ses joues, le tapotant doucement.

-Connie-Connie-Connie… !

Les paupières étroitement fermées, Connie déglutit. Les mâchoires serrées sous la douleur brutale, il se sentait incapable de répondre à l'appel, hochant à peine la tête pour signaler qu'il avait entendu. Sa voix. Il entendait Jean à ses côtés, paniquant. Il entendait sa propre respiration, un peu forte et irrégulièrement, alors qu'il tentait de contenir le flot douloureux qui le transperçait. Et il entendait sa voix, à lui. Il reconnaissait ses doigts sur sa peau rendue moite par la douleur, le temps humide et la pluie. Il se sentait sale et nauséeux.

Il avait déjà vécu ce genre de douleur –un peu moins violemment, il devait cependant l'avouer-, mais elles survenaient principalement durant la nuit. Recroquevillé sur lui-même, il parvenait plus facilement à le camoufler. Quand il parvenait à s'endormir.

Respirer était douloureux, lui soulevait le cœur un peu plus et l'obligeait à se concentrer pour ne pas inspirer trop fort. Un hoquet, et il faillit hurler, laissant entendre un long gémissement à la place, la mâchoire crispée.

-Du calme, du calme…, murmura la voix près de lui. On va te ramener au plus vite…

Les mains qui le retenaient l'empêchaient de finir plié en deux dans la boue qu'était devenue la plaine. S'il ne les voyait pas, il pouvait sentir leurs autres camarades restés auprès d'eux, mus par une curiosité dont il se serait volontiers passé.

Mais quand il prit conscience de son incapacité à avancer, il songea qu'il était certainement préférable de les laisser faire. Eren et Jean étaient plus puissants que lui, seuls ou ensemble, et n'auraient certainement aucune difficulté à l'aider.

Les mains avaient quitté son visage, lui provoquant un instant de panique qu'il n'aurait avoué pour rien au monde. Un bruit de tissu humide, suivi d'une exclamation, attira son attention et il parvint à entrouvrir un œil, découvrant soudain un dos abaissé à sa hauteur. Il supposa voir un bout de la cape qui atterrissait dans les mains de Jean, qui grimaçait déjà au contact désagréable du tissu épais et détrempé.

-Eh, marmonna le blond, qu'est-ce que tu fous ?

-Ta gueule et installe-le ! répliqua aussitôt le brun. Attache-le avec ça, ajouta-il sur le même ton en montrant son propre vêtement qu'il avait jeta sur Jean.

-T'aurais pu la garder, oh !

-Abruti, elle est trempée, je vais pas mettre Connie sur ce truc, t'es malade !

Le plus petit des trois déglutit en les entendant de nouveau se prendre la tête pour des raisons aussi stupides. Il voulait juste rentrer. Dans son dos, il entendit le petit grognement d'approbation –pour une fois- de Jean. Ces deux-là n'étaient-il donc pas capables de faire les choses ensemble, en coopération, sans hurler l'un sur l'autre quand la situation l'obligeait ?

Bien malgré lui, une nouvelle vague de douleur lui arracha un gémissement. Le seul avantage fut d'enfin faire agir les deux garçons : sans un mot de plus, Jean positionna Connie sur le dos présenté, parvenant avec force tentatives à glisser les bras du garçon autour du cou du brun. La cape se faufilla sous son bassin pour le maintenir à la hauteur nécessaire, et Jean la noua étroitement devant Eren sans un mot.

Pas pour très longtemps.

-Ça ira comme ça ? finit-il néanmoins par demander, avec une inquiétude qu'il ne parvenait pas à camoufler.

Connie sentit les mains d'Eren glisser sous ses cuisses dans une prise ferme et qui se voulait assurée. Tétanisé sous le coup de la douleur, il laissait ses propres bras désespéremment serrés autour des épaules et du cou du brun, le front posé sur lui et oubliant de prendre garde à ne pas l'étrangler.

-Ca le fera, souffla Eren en se relevant.

Le poids de Connie le destabilisa plus qu'il ne l'aurait pensé et il lui fallut quelques secondes pour trouver nouveau centre d'équilibre. Il était pourtant plus léger que prévu. Contre le bas de son dos, il sentait le ventre chaudà travers leurs tee-shirts respectifs, sous la ligne du bas de leurs vestes de cuir.

Une main contre ses clavicules. Eren déglutit, un peu rassuré de sentir les doigts tièdes qui avaient glissé sous l'encolure de son vêtement.

-J-Jean ? murmura-t-il soudain, détournant les yeux malgré lui.

-Mh ?

Le blond avait haussé un sourcil, un peu méfiant au premier abord mais l'expression d'Eren combinée à la situation l'incitait plutôt à baisser sa garde. Doublement.

-Tu peux…Surveiller les arrières… ? hésita Eren.

Jean cligna des yeux, un peu perplexe.

-Hein ? Ah, euh, oui ?

-Je, je veux dire…Si…S'il tombe, ou-ou n'importe quoi…

Dans son dos, Eren n'eut droit qu'à un silence approbateur. Vu la relation qu'il y avait entre Jean et lui à l'origine, il savait que c'était un peu étrange d'agir ainsi. Il était même fort probable que quelques temps auparavant, il n'aurait même pas eu al présence d'esprit de demander de l'aide au blond.

Mais la respiration difficile et saccadée qu'il entendait contre son oreille lui indiquait qu'il valait mieux mettre toutes les chances de son côté. Toutes. C'était Connie, et le garçon avait visiblement trop mis de côté quelque chose qui l'anéantirait tôt ou tard s'il ne se prenait pas en main au plus vite.

Il savait que ce n'était pas dans les habitudes du garçon de s'agripper ainsi à lui. Ses doigts s'enroulaient sans douceur sur ses vêtements, ses bras le serraient jusqu'à ce que son étreinte en devînt douloureuse.

-T'es stupide, murmura-t-il. Comment t'as pu laisser les choses en arriver là… ?

Contre son cou, il sentait à peine les lèvres bouger alors qu'il avançait le plus rapidement qu'il lui était possible. Note à lui-même : renforcer son dos et ses bras. S'il ne restait pas un si long trajet, ce ne serait tout de même pas évident, et il hâta le pas autant que possible, dépassant la tête du groupe, Jean sur les talons pour veiller sur Connie.

-Me lâche pas, murmura Eren.

Il s'en voulait. Il avait pourtant vu, progressivement, la douleur qui s'emparait de son camarade. Il avait voulu lui faire confiance quand Connie disait que ce n'était rien. Qu'il n'y avait rien d'important, rien de grave.

Il était stupide.

Le calme et le silence tout autour de lui le rassuraient. Marco avait préféré ne pas attendre le retour de tout le monde avant de se glisser dans les douches, profitant du fait qu'il n'y aurait encore personne pendant un moment, le temps que tous reviennent. Il détestait se trouver en présence des autres, pour les mêmes raisons qui le poussaient à se lever plus tôt que la moyenne. Courir malgré le froid, se ruer sous la douche, puis se rendre à la grande salle, déjà prêt, en ignorant les regards surpris, puis de plus en plus habitués, de ses camarades qui peinaient à émerger dans leurs bols.

L'eau chaude lui délassait les épaules, le haut du dos. Il se sentait oppressé. Dans un coin de sa tête, les paroles de Reiner revenaient en boucle. Après tout, pourquoi pas ? Même s'il savait que Jean était sensible et facilement influençable, peut-être que continuer sur cette situation qui avait eu lieu le matin pouvait les conduire à mieux comprendre ce qu'il y avait réellement entre eux. Ou plutôt, en ce qui concernait Jean.

Si le blond avait ses moments de tendresse –voire de faiblesse-, il agissait la majorité du temps de façon plus amical qu'autre chose. Est-ce que Jean se rendait réellement compte de la situation dans laquelle il avait accepté de plonger ?

Bien sûr, il réagissait à ses contacts. Ses rougissements étaient adorables, ses gémissements et autres râles horriblement excitants et Marco ne comptait plus le nombre de fois où il avait dû s'exiler dans les sanitaires pour satisfaire ses besoins d'homme. C'était un peu frustrant par ailleurs. Mais il préférait faire les choses doucement, sans brusquer Jean. Il savait que le garçon n'était pas prêt pour ce genre de choses –et c'était déjà miraculeux qu'il pût le toucher de cette façon !

Soupirant, Marco s'accroupit pour ramasser le savon qui avait dû glisser sur le sol d'une douche précédente. Là, il esquissa un petit sourire en sentant l'objet glissant se faufiler entre ses doigts quand les propos –toujours de Reiner- lui revinrent. Savoir que les autres le voyaient comme un passif était plutôt amusant en soi, mais la réalité…Ne se passait pas toujours tel qu'on l'aurait imaginé. En revanche, que le grand blond soit au courant pour ses quelques aventures ne lui plaisait pas tellement et il soupira longuement.

La savonnette glissait sur sa peau. Il n'y avait pas besoin de beaucoup insister pour que le souvenir de Jean tentant désespérément de récupérer la sienne lui revînt en mémoire, le faisant sourire malgré lui. La panique qui les avait pris quand un de leur camarade était apparu dans l'encadrement. Et puis quand…

Marco déglutit. Il connaissait pertinemment la chaleur qui s'installait dans son bas-ventre, et qui n'avait rien à voir avec celle de l'eau –qui tendait plus à tiédir qu'autre chose. Se tournant dos à l'entrée du box de la douche, il fit glisser le morceau de savon, mousseux à souhait, contre son ventre. Il aurait pu imaginer. Imaginer qu'il s'agissait de Jean. De ses doigts. Jean était un peu hésitant, et manquait de confiance en lui lorsqu'il le touchait. Il savait que le bout de ses doigts tremblaient malgré lui.

Quand il se touchait lui-même, il ne parvenait pas à recréer cette hésitation naturelle. Ses doigts humides et glissants s'aventuraient sur sa propre verge, lentement, dans l'espoir de faire passer l'érection qui le prenait depuis un moment. Il pensait trop à Jean, trop à ce qui pourrait se passer si le blond acceptait cette relation.

Mais Marco se sentait seul coupable de sa propre frustration. Après tout, il était celui qui poussait Jean à se poser autant de questions. A hésiter. Il était celui qui le repoussait puis courait le chercher.

Il était le fautif.

Ses doigts couraient sur la chair sensible, ses lèvres pincées retenant les gémissements qu'il aurait voulu laisser échapper. N'importe qui pouvait entrer. Se masturber là, dans les douches, n'était certainement pas la meilleure idée de sa vie, mais c'était incroyablement plus agréable qu'aux toilettes, il devait bien l'avouer.

Même si c'était toujours meilleur quand il s'agissait de Jean. De ses doigts. De ses petites hésitations incontrôlées. De son souffle irrégulier dans son cou. De ses gémissements. De ses soupirs.

Et, peut-être un jour, de ses…

Un vacarme le fit sursauter. La porte principale avait sûrement volé en éclat, il n'en doutait pas, et les pas semblables à ceux d'un pachyderme tel que ceux qu'il avait aperçus dans des livres, se ruaient dans le couloir.

Grognant de déplaisir au départ, une des voix qu'il entendit hurler lorsqu'ils passèrent devant les douches le réveilla brusquement de son petit monde alors que son membre se déchargeait presque instantanément contre le mur carrelé de la douche.

La voix de Jean. Visiblement, c'était suffisant pour le faire venir.

Coupée par celle d'Eren.

Les dents serrées, Marco baissa les yeux sur son propre corps. D'une main, il faisait glisser ses doigts sur membre ramollissant trop lentement à son goût, essayant de faire évacuer les restes pour sortir au plus vite tandis que de l'autre main il faisait de son mieux pour effacer sa marque sur le mur.

-Merde, merde, merde…

Voir ses deux-là ensemble l'inquiétait. Au plus haut point. Rien que les entendre se hurler dessus dans quelque chose qui ressemblait à un semblant d'entente l'inquiétait encore plus.

Bon sang, pas moyen de les laisser seuls une minute, ou quoi ?